ÉMISSION D'EMPRUNTS
Nous avons commencé le présent exercice avec £3,000,000 de bons du trésor qui devenaient échus au mois de juin. En outre, nous devions aux banques $5,000,000. Ces bons du trésor furent retirés à l’échéance et nos dettes aux banques furent acquittées. Le Gouvernement n’a pas de bons du trésor en cours sur le marché de Londres et il n’a pas déprécié son crédit dans les institutions financières. Au contraire, nous avons aujourd’hui, des balances considérables à notre crédit et au Canada et à l’étranger. En réalité, le Gouvernement possède les finances nécessaires jusqu’au commencement de l’été prochain.
Voici quelles ont été nos opérations relatives aux emprunts, pour l’année,
Au mois de mars dernier, nous avons fait sur le marché de Londres une émission de £5,000,000 en obligations de 44 p. 100 à échoir de 1920 à 1925. Le prix de l'émission a été 994 et la souscription a dépassé le montant de l’émission,
Au mois d’août, nous avons fait à New-York une émission de $25,000,000 de bons à 5 p. 100 devant échoir le 1er août 1916, et de $20,000,000 de bons de 5 p. 100 venant dus le 1er août 1917, soit une émission totale de $45.000,000. Ces bons furent vendus au pair et à 994 respectivement, moins une commission de 4 de 1 p. 100 et ils peuvent être convertis en
obligations du Dominion à 5 p. 100, devant échoir le ler août 1935. Le but de cet emprunt était de faire face aux dépenses faites pour les entreprises publiques en voie d’exécution et à d’autres frais imputables sur le capital par tout le pays.
Nous avons au mois de novembre offert à la population du Canada un emprunt domestique de $850,000,000 représentés par des obligations à 5 p. 100, remboursables dans dix ans, le prix de l’émission étant de 97%, payable par versements, de novembre 1915 au ler mai 1916. La Chambre sait parfaitement que cette émission fut reçue avec beaucoup d’enthousiasme et de patriotisme par le pays, à tel point que cet emprunt fut plus que deux fois souscrit. Etant donnés ce sentiment et le désir ardent manifesté par les capitalistes, les particuliers, et les institutions financières qui avaient souscrit des sommes considérables pour prendre part à cet emprunt, le montant autorisé fut doublé et l’on fit une répartition de $100,000,000 de ces valeurs.
Il est arrivé qu’au temps de cette émission, le gouvernement impérial, à cause de l’état défavorable du change du sterling, qui avait prévalu durant un certain temps, s’est trouvé en face d’un désavantage sérieux pour acquitter le coût des munitions et celui d’autres commandes placées au Canada. Pour aider à surmonter cet embarras et pour rendre plus faciles d’autres achats au Canada, le Gouvernement a placé la somme de $50,000,000 de l'emprunt de guerre domestique au crédit du trésor impérial. On peut maintenant disposer d:: ce crédit pour la fin mentionnée.
Dans mon dernier exposé budgétaire j'ai expliqué à la Chambre la convention arrêtée par le ‘ouvernement relativement aux avances faites par le gouver nent impérial, en vue de nos dépenses de guerre. Le montant total de ces avances a été de £27,000,000 jusqu’à ce jour. La Chambre apprendra avec plaisir que depuis le début de la période de déclin sérieux dans le change du sterling, c’est-à-dire depuis le mois de juin jusqu’à ce jour, le Gouvernement a pu acquitter toutes les dépenses de guerre qu’il a faites et cela, sans l’aide du trésor impérial.
Si nous avions été obligés pendant cette période de faire venir de l’or de Londres, non seulement nous aurions perdu beaucoup, mais nous nous serions trouvés à faire une concurrence directe au trésor impérial dans la vente du change sterling faite dans le but de payer les obligation: qui devenaient dues sur les commandes de munitions et fe rnitures de guerre données de ce côté-ci de l’Atlantique. L’accroissement de nos recettes et des emprunts que nous avons placés aux Etats-Unis et au Canada ont fait qu’il n’a pas été nécessaire de négocier du sterling depuis le mois de juin dernier.