EXERCICE
Il est bon de dire ‘out d’abord que, malgré l’augmentation de nos revenus et la c'iminution de nos dépenses civiles, les charges financières de l’:dministration vont être beaucoup plus lourdes cette année encore que l’année dernière. Notre dernière loi des crédits de guerre autorisait une dépense de 100 millions. La loi des crédits de guerre de la présente session autorisera une dépense de 250 millions, dont il faudra employer le tout, sinon davan‘age, à l’enrôlement, l'équipement, le transport et l'entretien de troupes dont le nombre croît rapidement. La question à considérer est donc avant tout de savoir où trouver l’argent qu’il faut. Il n’y a que deux sources d’où cet argent puisse légitimement venir: l'impôt et l'emprunt. Le Gouvernement est bien décidé à maintenir la circulation sur le pied où elle a été mise et à ne pas avoir recours à l’émission d’un papier non garanti, qui n’est qu’un emprunt forcé, sans intérêt, menart à la dépréciation et aux maux économiques les plus graves qui puissent afliger un peuple. A ce propos, il sera de quelque intérêt pour la Chambre de savoir que notre réserve d’or garantissant les billets du Dominion monte à $115,- 147,985, ou 64.2 p. 100 de notre présente circulation.
Pour ce qui est de nos dépenses ordinaires et de capital, nous continuerons de les réduire dans la mesure du possible, Notre budget contient de nombreux articles adoptés jusqu'ici par le Parlement, lesquels représentent des ouvrages à l’exécution desquels nous n’entendons point procéder tant que la guerre durera. Nous continverons de suivre la ligne à conduite adoptée ar “ébut, et qui, jusqu’à présent, a donné de si bons résultats: seuls les travaux en cours d’exécution seront continués. De plus, si l’état de nos finances l’exige, nous n’hé-
siterons pas à limiter ces travaux et à les laisser inachevés malgré la perte et les dommages qui devront s’ensuivre, Je ne crois pas cependant qu’il faille en venir là.
Autant que nous en pouvons juger nos dépenses ordinaires du prochain exercice monteront à près de 135 millions. Pour le présent exercice, ils ont été de 125 millions, et de 135 l’an dernier. Nos dépenses de capital sont de 30 millions, quand, pour le présent exercice, elles ont été de 46 millions. Les dépenses ordinaires et les dépenses de capital mises ensemble nous font croire que le total des dépenses civiles de l’exercice sera de 160 millions, comparés aux 165 millions du présent exercice et aux 187 millions du dernier exercice. On ne devrait pas oublier que, dans nos dépenses ordinaires du prochain exercice, se trouve comprise une somme de 36 millions représentant les charges qui pèsent sur notre dette publique, dont une somme de 20 millions au moins pour le surcroît d’intérêts occasionné par nos emprunts de guerre et d’une autre somme de 2 millions pour des pensions à payer en conséquence de la guerre. Dans une comparaison de nos dépenses ordinaires pour le prochain exercice avec celles des exercices précédents, il faut tnir compte de cette somme de 22 millions que la guerre ajoute à notre budget.
Si nous le jugeons utite, nous croirons bien faire en emprun tant comme cette année, pour nos dépenses de capital. Supposé la chose faite, nous devrons avoir, à raison des revenus actuels, un excédent de 35 millions à employer pour la guerre. Ceci laisserait à emprunter pour la même fin une somme additionnelle de 215 millions. Ajoutez à cela la somme que nous projetons d'emprunter pour nos dépenses de capital, et nous nous trouvons en présence d’une augmentation de la dette publique de près de 250 millions l’an prochain.