‹ Exposé de l'administration générale et locale des finances du Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et d'Irlande contenant des documents sur l'Échiquier, la dette nationale, les banques, la navigation, les consommations etcChapitre 58 sur 92 · EN · texte numérisé non relu

EN

hectoUlres.

PKODDITS.

francs.

En abandonnant, depuis iSaS, une partie du droit sur les esprits fabriqués dans le pays, l'État a doncpréparé une forte augmentation de revenu que lui enlevait la fraude. Eu égard à la faveur accordée aux productions coloniales, le rhum a profité d'une manière sensible en consommation et en produit. Ce qui est pent-étre plus remarquable, c'est que i'eau-de-vie de France présente, depuis dix années, une consommation égale, nonobstant un droit de 6 1 8 francs 5o centimes par hectolitre , tandis que le genièvre , frappé d'un droit semblable, a perdu considérablement. La consommation de l'eau-de-vie, que n'a pas favorisée, comme on voit, l'abaissement du tarif, ne saurait s'expliquer que par une préférence constante accordée à cette boisson. L'on ne peut attribuer, au contraire, la diminution croissante de celle du genièvre qu'aux encouragements que le tarif donne au smoglage, à l'abri duquel n'est pas l'Angleterre, mais qui s'exerce plus grandement en Irlande , sur les esprits étrangers comme sur le tabac. En 1790, lorsque le droit sur les esprits ne dépassait pas i3o francs, leur importation constatée s'élevait, dans ce royaume, à 5 1,000 hectolitres. A mesure de l'élévation des droits pendant la guerre, et tandis que la population a doublé, l'introduction patente a diminué , et les douanes n'atteignent plus que T,5oo hectolitres. Par l'obstacle apporté à l'importation légale , une partie de la population irlandaise a été, il est vrai, amenée à donner la

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préférence aux esprits du pays; et leur consommatioD , qui n'était, en 1790, que de 1 18,000 hectolitres, s'élève aujourd'hui à 5oo mille. Telles sont cependant les inclinations et les habitudes auxquelles la misère réduit la population irlandaise, qu'en 1 83o il a été établi, dans un document parlementaire, que de 4^o mille hectolitres d'esprits qui étaient consommés alors dans ce pays, plus de 3oo mille étaient introduits ou fabriqués en fraude. A la connaissance de ce fait est due la modération du droit d'excisé sur les esprits distillés.

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