VI AVERTISSEMENT
auteurs originaux emploient soMvent des expressions détournées de leur sens ordinaire, et pour ainsi dire énigmatiqucs, ce n'est que par la comparaison d'un grand nombre de passages qu'on peut espérer d'entrer complètement dans leur pensée , et de pénétrer dans le fond de leur doctrine. Je n'ai rien négligé pour y parvenir, ayant traduit d'abord en entier les quatre volumes de la Bibliothèque du ' roi , où sont contenus les écrits religieux de cette secte. La Bibliothèque d'Oxford m'a fourni plus tard un cinquième volume dont je me suis contenté de faire des extraits, mais qui a peu ajouté à la connaissance que j'avais acquise du système religieux des Druzes.
Lorsque je parle du système religieux des Druzes, j'entends par là te système de religion établi par Hamza du vivant de Hakem, et enseigné après lui, sans aucun changement notable, par son disciple Moktana ou Béba-eddin. C'est l'objet spécial et presque unique des deux volumes que je publie. Mon intention est de réunir dans un troisième volume, si la Providence m'en accorde le temps, divers documents relatils k la croyance actuelle des Druzes, et dont quelques-uns ont déjà été publiés ailleurs : peut-être même y joindrai-je , en original et avec des traductions, quelques-uns des écrits d'après lesquels j'ai composé mon Expose de la
AVERTISSEMENT. vu
RdîpoD desDnues; mais, quand même je ne pom*m point réaliser ce projet , Touvrage que je publie aqomdlHii n'en devrait pas moins être regardé comme eomplet.
Je GKHS devoir prévenir les lecteurs que , dans feqKieition des systèmes religieux auxquels cet OBvnfge est consacré, on rencontrera parfois des eqiressioiis grossières ou des allégories dont la pudeur peut s'offenser. Je n ai pas cru devoir les supprimer» parce qu'elles appartiennent essentiellement i tnon sujet : je n'ai ))as même pensé qu*il fallût les d^;uiser sous le voile d'une langue étrangère. Présentées dans toute leur nudité, elles n*ont aucun attrait pour les sens, et elles n'inspirent que le dégoût. Le vice n'est jamais moins séduisant que quand il se montre à découvert. Ce sont les voiles transparents dont on le couvre, et les fleurs dont on l'entoure, qui lui prêtent des attraits cornipteurs, et faident à s'insinuer dans les cœurs. C'est \k une vérité dont on n'a que trop l'occasion de iaîre l'expérience tous les jours. On sait, d ailleurs, qu à certaines époques de la civilisation la délicatesse du langage est presque en raison inverse de la pureté des mœurs.
n me reste un devoir «^ remplir, c est de remercier la Providence, qui ma permis de terminer ce travail à un âge oii fon peut à peine compter sur