H RÉSUMÉ DE LA NOUVELLE THÉORIE
Telles sont les principales conséquences de la théorie mécanique de la chaleur, au point de vue de la constitution de l'univers. L'équivalence de la chaleur et du travail mécanique est le principe de toutes ces grandes hypothèses. Ce principe se vérifie universellement, car les diverses sources de travail mises parla nature à notre disposition sont presque exclusivement des transformations de la chaleur solaire. La végétation la fixe dans les plantes ; les plantes la transmettent aux animaux sous forme d'aliments, et aux foyers de nos machines sous forme de combustible. Elle devient force musculaire dans les uns, puissance mécanique dans les autres. La chaleur solaire produit seule l'énorme travail qui, dans l'atmosphère, s'accomplit sous nos yeux; c'est elle qui élève les eaux destinées à retomber en pluie pour alimenter les fleuves; c'est elle qui entretient indéfiniment la puissance motrice utilisée dans les chutes d'eau, et, à ce point de vue, la chaleur est encore le premier moteur des machines hydrauliques.
Il reste encore beaucoup à faire pour compléter la théorie mécanique de la chaleur. Si elle fournit une explication satisfaisante des propriétés principales des gaz et des vapeurs, quelques points essentiels, parmi lesquels la compressibilité de l'hydrogène croissant avec la pression, sont encore obscurs, et de nombreuses expériences restent à faire sur les propriétés des vapeurs dans le voisinage de la saturation. La notion de la température ne s*en dégage peut-être pas avec toute la clarté désirable. L'étude des lois de la chaleur rayonnante est moins avancée que celle des radiations lumineuses. L'équivalence de la chaleur et du travail mécanique et la transformation de l'une dans l'autre sont des faits désormais acquis à la science; mais l'identité de la chaleur et de la force vive est une hypothèse qui échappe à toute démonstration.
Une théorie physique n'est que l'énoncé d'un petit nombre de principes et de faits généraux, dans lesquels les faits* particuliers sont logiquement renfermés. On peut dire que la nouvelle manière d'envisager les phénomènes caloriques rend mieux compte que