‹ Expose de la situation de la mecanique appliqueeChapitre 110 sur 186 · AUX GARES DE CHEMINS DE FER · texte numérisé non relu

AUX GARES DE CHEMINS DE FER

La machine à vapeur amène ce contre-poids à son point le plus haut; cette hauteur obtenue, elle s’arrête d’elle-même. Mais, sitôt que les travaux de la gare ont abaissé le niveau de l’eau dans la colonne, la machine se remet en mouvement, et ne s’arrête que quand le niveau supérieur est atteint de nouveau. L’eau dépensée par les presses hydrauliques qui donnent le mouvement à tous les appareils de la gare retourne au réservoir, où la machine à vapeur la reprend pour la refouler dans la colonne, de sorte que c’est toujours la même eau qui circule dans cet ensemble de machines.

Telle est la disposition qu’on donne aujourd’hui aux accumulateurs hydrauliques.

Ce système consiste essentiellement à emmagasiner un travail dont la production est à peu près continue, pour le dépenser avec intermittence. A cet égard, il est impossible de ne pas remarquer l’analogie du système hydraulique avec l’écluse employée sur les rivières et les canaux navigables. Le mouvement naturel de l'eau dans un canal où elle ne rencontre pas d’obstacle est un écoulement continu, par lequel elle acquiert une certaine force vive, représentant un travail moteur. Le partage du canal en biefs successifs avec barrages écluses a pour effet, d’accumuler dans des réservoirs ces quantités de travail disponibles, que l’on dépense au moment précis où l’on a à faire passer un bateau d’un bief dans un bief à un niveau différent, c’est-à-dire au moment où le travail moteur peut produire un travail utile. A ce point de vue l’écluse est comme une grue hydraulique primitive, appliquée au mouvement vertical des corps flottants.

Hydraulique agricole. — Bien que, assurément, on ait toujours connu le principe du drainage, c’est seulement dans notre siècle qu'il est entré dans la pratique courante de l'agriculture. L’Angleterre a été le premier théâtre de cette transformation. La France, dont le sol est moins humide et plus riche en terrains perméables, a imité l'Angleterre dans la mesure de ce qui lui était utile. Nous n’avons pas ici à décrire les procédés du drainage, qui sont main-

Uth HYDRAULIQUE AGRICOLE,

tenant universellement connus, ni les effets de cette opération, que tout le inonde est à même d’apprécier. Nous nous contenterons donc de présenter deux observations qui en font voir l’influence dans certains cas particuliers.

Le service d’un puits de mine exigeait des épuisements continuels 1 . On draina le sol dans l’étendue du bassin de cepuiLs; aussitôt une réduction très-notable se produisit dans les épuisements, qui étaient autrefois fort irréguliers, abondants après les orages, presque nuis après les longues sécheresses. Depuis que le drainage est fait, la quantité d’eau à extraire du puits ne subit plus que de légères variations d'une saison à l’autre. De là une économie sur la marche des machines d’épuisement. Que se passe-t-il , en résumé? Les eaux qui tombent sur la surface du bassin, au lieu de pénétrer dans le terrain à une profondeur indéfinie cl d’inonder les travaux de la mine, rencontrent à une faible profondeur le réseau des drains et suivent cette route facile, pour revenir aux canaux naturels par lesquels elles s’écoulent au dehors. Dans cet exemple, le drainage a pour effet d’empêcher l’eau de s’infiltrer dans le terrain au-dessous du niveau des tuyaux, plutôt que de dessécher partiellement les terres situées au-dessus de ce niveau.

Certains terrains voisins du canal de Bourgogne étaient rendus improductifs par les infiltrations causées par ce canal 2 . Les pertes d’eau n’étaient pas très-considérables, mais elles rencontraient un sous-sol imperméable, et, soutenues parce matelas qu’elles ne pouvaient traverser, elles imprégnaient la couche supérieure du terrain de manière à la rendre impropre à la végétation. On essaya , en 1 8 f> ô et en i855, d’appliquer le drainage à une soixantaine d’hectares placés dans ces conditions, et l’essai réussit parfaitement. La présence des drains suffit pour entraîner les eaux d’infiltration et les empêcher de noyer la couche végétale. Malheureusement , les racines des bois

1 Mines de Sarthe et Mayenne, puits * Renseignement fourni j»ar M. Bazin, Clülilde. (Annales des ponts et chaussées , ingénieur des pouls et chaussées . attaché

chronique. i85ft.) au service du canal de Bourgogne.

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