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CONSTANTES SPÉCIFIQUES

matière, mais encore sur des constructions de différentes formes,

et qui ont permis d’apprécier à un point de vue pratique la valeur

des nouveaux types qu’on venait de créer. Le compte rendu de ces

observations, poussées généralement jusqu'à la rupture, se trouve

dans les monographies de la construction des grands ponts de

Stephenson.

Toutes ces observations ont conduit à des déterminations plus exactes des constantes spécifiques relatives au fer; elles ont montré que le fer obéissait sensiblement, pour les petites déformations, aux lois théoriques de la flexion transversale; que le coefficient d’élasticité subissait une réduction dans les grands ouvrages; qu’enfin la rupture des pièces de fer arrivait généralement sous une charge moindre à la compression qu’à l’extension. Le contraire a lieu pour la fonte. De plus, pour celle-ci, la limite d’élasticité a, pour la compression, une valeur plus grande qu’à l’extension, tandis que, pour le bois et pour le fer, les limites d’élasticité sont les mêmes. Le coefficient d’élasticité de la fonte n’est pas non plus le même quand on la comprime et quand on l’étend : anomalie singulière, qui rendrait extrêmement difficile le calcul rigoureux des flexions des pièces de fonte. MM. Collet-Meygret et Desplaces, ingénieurs des ponts et chaussées, ont déduit des observations faites sur le viaduc de Tarascon une autre conséquence intéressante 1 : dans la fonte, les sections du métal ne présentent pas partout une élasticité égale, et, pour serrer de près la réalité, il faudrait distinguer le noyau de la pièce des parties voisines de la surface , et attribuer à chacune de ces régions un coefficient d’élasticité particulier. La ligne de démarcation des deux régions à considérer paraît diilicile à tracer d’une manière rigoureuse. Le fer sortant de la filière sous un très-petit diamètre présente des phénomènes analogues, et les constructeurs savent depuis longtemps que les fils de fer ont dans leur pourtour les éléments d'un surcroît de résistance à

' liafiffort sur Ir r indue de Tantsrnn, ( Annale* de * pont» et chtmuèeg, 1 854.)

RÉSISTANCE DES COLONNES, l’extension, propriété qu’on utilise pour la composition des râbles des ponts suspendus.

Hodgkinson a étudié d’une manière spéciale la résistance des pièces pressées par leurs abouts, et entre autres des colonnes de fonte. Ses formules empiriques donnent la charge de rupture d’une colonne creuse, en fonction de sa hauteur et de ses diamètres intérieurs et extérieurs. La charge qu’on peut faire porter avec sécurité à une colonne est fixée au sixième de la charge de rupture donnée par la formule. Hodgkinson a montré par de nombreuses expériences l'influence de la fixité des hases, de leur forme plate ou arrondie, enfin du renflement des colonnes vers le milieu. Pour les bois, il a substitué une formule à la table donnée par Rondelet, et montré que la charge qu’on peut faire supporter à une pièce de chêne varie à peu près proporlionneilement à la quatrième puissance de la moindre dimension divisée par le carré de la longueur. M. Love, discutant les expériences de Hodgkinson, a posé des formules plus commodes pour les colonnes pleines, de fonte ou de fer; elles conduisent sans difficulté au meilleur choix à faire entre le fer et la fonte pour une colonne dont les dimensions sont données.

L’observation des mouvements vibratoires des solides élastiques mène à la détermination des coefficients d’élasticité. C’est le seul procédé applicable aux lames minces ou aux fils. A cet ordre de recherches se rattachent les expériences de Wertheim, et celles de. M. Phillips sur le spiral réglant.

A un point de vue scientifique les expériences sur la résistance des matériaux ont montré qu’on ne peut pas regarder comme vraies d’une manière absolue les hypothèses admises pour appliquer le calcul au problème de la flexion des poutres. La limite d’élasticité est d’une détermination à peu près impossible. Une tige métallique, une fois qu'elle a été soumise à une tension , ne revient pas exactement à sa première forme lorsque la tension cesse, et son élasticité a déjà subi une certaine altération. La limite d’élasticité, telle qu’on doit l’entendre dans la pratique, est la limite à partir de la-

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