ÉCARTS DE LA LOI DE M ARIOTTE. 2()'J
que le produit de la pression par le volume serait égal à la température absolue multipliée par un nombre, constant pour un même corps, et variable d’un corps un autre en raison inverse des densités des deux corps pris sous une même pression et à une même température.
L’hydrogène, l’oxygène, l’azote, l'oxyde de carbone et le petit nombre, d’autres gaz qu’on n’est point encore parvenu à liquéfier, s’écartent fort peu de la loi précédente. Tous ont à peu près le même coefficient de dilatation, sensiblement égal à la fraction -j-j-j, la température étant mesurée en degrés centigrades; leur chaleur spécifique à pression constante reste la même, quelles que soient la pression et la température, ou du moins les expériences les plus délicates n’y ont fait découvrir aucune variation.
11 est loin d’en être de même pour les substances qui, entre les limites de pression et de température que nous pouvons réaliser, se présentent tantôt à l'état de gaz ou de vapeur, tantôt à l’état liquide, et parmi celles-ci se rangent l’acide carbonique, l’acide sulfureux, le protoxyde d'azote. Les expériences de M. Régnault montrent que la compressibilité de ces substances, prises à l’état de vapeurs, augmente, à mesure que la pression croît, plus rapidement que ne le suppose la loi de Mariotte, et que cet accroissement est de plus en plus rapide, à mesure qu’on approche du point de liquéfaction. L’écart de la loi de Mariotte est encore trèssensible à une grande distance de ce point. Même pour les gaz de la première espèce, auxquels on conserve encore la dénomination de gai permanents, cet écart n’est pas nul et est mis en évidence par l’observation directe. Il est à remarquer enfin que, pour l'hydrogène , l’écart est en sens inverse des autres gaz, c’est-à-dire que la compressibilité diminue, au lieu d’augmenter, lorsque la pression augmente.
Le gaz qui suivrait rigoureusement les lois de Mariotte et de Gay-Lussac est donc purement idéal; mais l’hydrogène, l'oxygène, l’azote et l’air atmosphérique s’en écartent tellement peu, que, dans
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