‹ Expose de la situation de la mecanique appliqueeChapitre 81 sur 186 · MACHINES ÉLÉVATOIRES · texte numérisé non relu

MACHINES ÉLÉVATOIRES

Les pompes n’ont pu recevoir dans ces dernières années que des perfectionnements de détail. On leur a donné de plus grandes dimensions; on y a introduit des dispositions qui permettent une ouverture plus rapide des clapets; on les a enfin appropriées à l’épuisement des eaux chargées de boues. Ce dernier perfectionnement a permis de les employer aux épuisements des fouilles dans les ouvrages hydrauliques. La pompe Letestu, qui prend peu de place et est d’un maniement facile, remplace partout aujourd’hui la vis d’Archimède pour les travaux de fondations. De môme, les Hollandais, qui autrefois faisaient usage de la vis d'Archimède pour mettre à sec leurs polders, y ont avantageusement substitué des pompes d’une grande puissance; vingt-sept pompes, mises en mouvement par trois machines à vapeur, enlèvent les eaux de pluie qui tombent dans le périmètre de l’ancien lac de Harlem

La vis d’Archimède, ainsi dépossédée par la pompe, n’en reste pas moins un appareil intéressant et capable de rendre les meilleurs services. On sait que la vis d’Archimède moderne n’est pas semblable à la vis inventée par Archimède et connue dans l’antiquité. L’ancienne vis était un simple tube en hélice, heureusement trèspeu étanche; car, lorsque le tube ne communique pas par un nombre suffisant d’ouvertures latérales avec l’air atmosphérique, l’eau ne peut se maintenir en équilibre dans les arcs hydrophores successifs,

1 Annale* de» punis et chaussées, l856, Gevcre d’Endcgeest, Du dessèchement du t. XII. — Le comté de Lincoln, c. iv. — lac de Harlem, seconde partie, t853.

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et le débit de la vis n’est plus assuré. La substitution d’une cloison hélicoïdale au tube d’Archimède donne à l'air un libre accès tout le long du noyau de la machine, et supprime entièrement cet inconvénient, sans demander aucune déperdition de liquide. La vis hollandaise offre une autre modification, qui, en laissant perdre un peu d’eau, réduit notablement l’effort à exercer pour mettre l’appareil en mouvement; la surface hélicoïdale est seule mobile autour de son axe, et le cylindre est remplacé par une paroi fixe, qui forme le coursier, dans lequel l’hélicoïde s’emboîte en laissant seulement un jeu très-petit.

Plusieurs appareils ont été récemment imaginés pour l’élévation des eaux : nous nous bornerons à citer les principaux. Les turbines élévatoires, ou pompes à force centrifuge, ont la forme des ventilateurs à ailes courbes dont M. Combes a donné la théorie et les règles de construction dans un mémoire présenté h l’Académie des sciences le 16 avril 1 838. Elles sont formées, comme les turbines-récepteurs, d’une couronne découpée par des cloisons et mobile autour d’un espace circulaire, qui peut être partagé par d’autres cloisons fixes; les cloisons mobiles sont ici courbées dans le même sens que les cloisons fixes, et non en sens contraire, comme dans les turbines-récepteurs.

La théorie des ventilateurs et des pompes à force centrifuge, dans le type desquelles rentre la pompe d’Appold , est la même que celle des roues à réaction 1 .

Le serpent de M. Le Blanc est une surface hélicoïdale à plan directeur mobile autour de son axe vertical, dans un corps de pompe; ce petit appareil fonctionne très-bien dans les grandes

1 M. Combes, Théorie du ventilateur à force centrifuge. ( Complet rendus de i Académie des sciences , t. VI, i838, p. Aga.) — Mémoire sur les roues à réaction. (Comptes rendus, etc. U Vil, i838, p. 3o6.) — Recherches théoriques et expérimentales sur tes

roues à réaction ou à tuyau, Paris. i843, Carillon-Cœury et V. Dalmont. — Des machines et appareils destinés à l'élévation des eaux, par M. Morin, i vol. in -8% i863, p. 137 . — Civil Entfineer Journal , 1 85 1 » p. 3 q6.

BÉLIER HYDRAULIQUE, vitesses; il a été imaginé par M. Le Blanc, ingénieur des ponts et chaussées, et ou l’a expérimenté à. la Flèche'.

Le système de roues élévatoires imaginé dernièrement par M. Beaumont aurait, d’après les expériences, un rendement de 0.60. Cet appareil, très-hahilement conçu, ne renferme aucune pièce délicate; c’est un perfeclionnement de la roue à palettes, qui donne à cet appareil une portée verticale pour ainsi dire indéfinie 2 .

La noria a reçu aussi un perfectionnement récent qui parait appelé à rendre de bons services. Il est dû à M. Aboilard. Un siphon, placé dans les godets du chapelet, donne issue à l’air au moment où le godet s’enfonce dans l’eau, et lui permet de se remplir entièrement; aucune déperdition de liquide n’est à craindre pendant que le godet remonte 3 .

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