‹ Exposé des applications de l'électricité (volume 2)Chapitre 37 sur 82 · PILES AU SULFATE DE CUIVRE · texte numérisé non relu

PILES AU SULFATE DE CUIVRE

Pile de Daniell. — Nous avons vu, dans l'historique que nous avons fait des différents perfectionnements apportés à la pile, Porigine de la pile de Daniell ou de Becquerel, et quelles sont les différentes actions physiques mises en jeu dans ce remarquahie élément, qui, malgré toutes les découvertes nouvelles, est demeuré toujours le plus parfait pour les applications mécaniques de Télectricité n'exigeant pas une grande force. Nous allons examiner maintenant les différentes propriétés qui le caractérisent, les différents perfectionnements qu'on lui a apportés et les différentes piles dont il a été le point de départ.

La pile de Daniell consistait, dans T origine, dans un vase de verre renfermant la dissolution saturée de sulfate de cuivre, et dans lequel plongeaient : 1^ un cylindre de cuivre muni, à sa partie supérieure, d'une espèce de petite gouttière percée de trous, destinée à recevoir des cristaux de sulfate ; ^^ un vase poreux contenant de l'eau salée ou légère^ ment acidulée et une lame de zinc amalgamé. Ces éléments étaient généralement de grandes dimensions, afin de diminuer la résistance du couple et de lui donner plus de quantité.

L'application qu'on fit de ces éléments à la télégraphie, fit simplifier cette disposition ; la solution de sulfate de cuivre, au lieu d'occuper le vase extérieur, fut versée dans le vase poreux ; le cylindre de cuivre fut remplacé par un cylindre de zinc, et une petite lame de cuivre, soudée au cylindre de zinc de l'élément suivant, occupa dans le vase poreux la place de l'ancienne lame de zinc. Afin de soutenir les cristaux de sulfate de cuivre, destinés à entretenir la solution, une petite capsule percée de trous fut soudée sur la lame de cuivre constituant le pôle positif de la pile \ enfin^ de l'eau pure fut substituée à l'eau acidulée et

à Teau salée qa^oD employait primitivement, et qui ne servait d'ailleurs qu'à mettre la pile en état de fonctionner immédiatement. Les dimensions de ces éléments, dans leur application à la télégraphie, sont généralement très-exiguës. Le cylindre de zinc n'a que 9 centimètres de hauteur sur 7 de diamètre, et le vase poreux n'a que 12 centimètres de haut sur 54 millimètres de diamètre. Dans ces derniers temps, des expériences entreprises à l'administration des lignes télégraphiques françaises, ont conduit à faire augmenter considérablement ces dimensions.

Quoique cette pile aitété employée avec succès sur nos lignes télégraplùques, sa disposition, par les raisons que nous avons exposées page 206, n'était pas, par le fait, un progrès réalisé sur la pile primitive ; elle était moins dispendieuse de premier achat, et c'est évidemment là le secret de son succès. Du reste, comme toutes les autres piles, elle n'a pas tardé à être l'objet d'une foule de modifications et de perfectionnements plus ou moins heureux, que nous allons examiner et qui peuvent évidemment présenter des avantages, suivant les cas particuliers de leur application. Mais, parmi ces perfectionnements, il en est un qui devrait être acueilli avec empressement et qui a été appliqué aux piles de Daniell employées en Angleterre : ce serait de substituer à la simple lame de cuivre plongeant dans la solution de sulfate de cuivre, un cylindre de cuivre du diamètre le plus grsmd possible. De cette manière, la résistance de l'élément se trouve réduite^ le courant est plus constant, et, si on dispose la lame de zinc de manière à ne plonger que fort peu dans le liquide et à pouvoir s'abaisser au fur et à mesure de son usure, la dépense de la pile devient beaucoup moindre, son entretien plus facile, et les efflorescences salines sont considérablement diminuées. Nous en avons expliqué les raisons page 215.

On peut réduire encore la résistance des éléments Daniell en prenant des vases poreux très-minces et très-perméables, mais, dans la pratique, cette question est moins simple qu'on ne le croirait à première vue. Ou a fait, en effet, aux vases très-poreux des objections qui ne laissent pas r{ue d'être fondées. Ainsi on dit, et l'expérience, du reste, le prouve, (lue la solution de sulfate, en filtrant trop facilement à travers le vase poreux, forme sur le zinc des dépôts de cuivre qui non-seulement constituent une dépense de sulfate en pure perte, mais tendent à développer sur le zinc une polarité électrique contraire à celle qui est produite

par Toxjldation du zinc (1). J'ai reconnu en effet que ces dépôts qui sont fortement polarisés en sens contraire de ce métal, tendent à dériver une partie du courant à Tintérieur de la pile. Suivant M. Denys, de Nancy, on pourrait conjurer ce défaut en substituant au sulfate de cuivre un mélange d'eau acidulée à 4 pour 100 et d'oxyde noir de cuivre (80 ou 100 grammes). Dans ce cas, il n'y aurait que très-peu de sulfate de cuivre de formé à la fois, et il n'y aurait pas de réduction directe en dehors de celle qui résulterait du courant ; on aurait de plus l'avantage qu'il ne se formerait pas de dépôts de cuivre réduit dans la pâte du vase poreux, et que la surface du zinc resterait beaucoup plus nette. La fabrication de l'oxyde noir de cuivre est d'ailleurs, suivant M. Denys, extrêmement facile (S).

Les inconvénients ordinaires des piles de Daniell sont, d'une part, les iiicrustations de cuivre da^s les vases poreux ; d'autre part, les efflorescences de sulfate de zinc qui grimpent le long des parois des vases de verre contenaut le liquide excitateur, et qui, en se déversant au-dessus de ces vases, établissent par endosmose une communication liquide entre les divers éléments, au grand détriment, bien entendu^ du courant produit.

Le premier inconvénient n'a seulement de sérieux que l'action destructive qui en résulte et qui fait que ces vases, au bout d'un an de service et même de moins, se désagrègent et se fendent ; car, sous le rapport électrique, on gagne plutôt à cette incrustation, puisque, ainsi que je l'ai démontré, la résistance de ces vases est grandement dimi* nuée. Toutefois, il est un moyen assez simple d'éviter les incrustations, c'est d'empêcher le contact des lames électro-négatives avec les parois des vases poreux ; ce moyeu, indiqué par M. Smée, a été essayé par M. Froment et lui a parfaitement réussi ; nous avons vu, d'ailleurs, qu'avec le système de M. Denys on pouvait l'éviter.

(1) Voir mon mémoire sur cette question. Annales lélégraphiquet, tome IV, p. i7S.

(2) Pour obtenir économiquement l'oxyde de cuivre, M. Denys emploie tous les fragments de cuivre rejetés comme ferraille, et particulièrement ceux qui constituent les dépôts des piles de Daniell ; il les introduit dans un tube en terre réfractaire, et les soumet pendant plusieurs heures à une chaleur rouge; sous cette influence calorifique, une couche plus ou moins épaisse d'oxyde de cuivre se détermine à la surface de ces fragments, et il snfAt de triturer ceux-ci dans un mortier avec de Teau, pour détacher entièrement cette couche d'oxyde, qui peut être employée dans cet état ou transformée en bioxydc par une nouvelle caioinalion.

Qaant au second inconvénient, il est plus difficile à conjurer ; on a bien proposé de recouvrir d'huile la surface des liquides, afin d'éviter leur évaporation et d'empêcher ainsi la formation du dépôt sur la circonférence de contact du liquide avec les parois du vase extérieur ; mais ce moyen exige beaucoup de précautions pour qu'il fournisse des effets avantageux, et le meilleur système, suivant M. Froment, serait de tremper les bords des vases dans de la cire jaune fondue avec de la graisse, après les avoir préalablement lavés avec de Tessence de térébenthine. On pourrait également y parvenir, suivant certains constructeurs, en fermant hermétiquement ces vases. Quoiqu'il en soit, le moyen le plus sûr de résoudre ce problème est de réduire considérablement la surface du zinc, d'employer de grands vases renfermant une grande quantité de liquide et de ne pas les remplir trop près des bords.

Quant aux conditions de bon fonctionnement de la pile de Daniell, la plus importante, selon moi, est de maintenir la solution de sulfate également saturée, et c'est à cet effet qu'a été adaptée la capsule trouée, soudée à la lame électro-négative. La solution de sulfate de cuivre, en effet, étant plus lourde que l'eau, tend toujours à occuper le fond du vase poreux, et l'on comprend aisément que si les cristaux de sulfate sont déposés au fond de ce vase, la partie inférieure de la solution se trouve toujours saturée de ce sel, alors que la partie supérieure en est plus ou moins dépourvue. Dans ce cas, l'acide du sulfate, ne filtrant à travers le vase poreux que sur une très-petite surface, ne peut suffire à aiguiser convenablement le liquide excitateur et, en même temps, la solution se trouve beaucoup plus résistante en dessus qu^en dessous. Il en résulte nécessairement que la force électro -motrice de la pile est affaiblie et que sa résistance est augmentée, comme on peut en avoir la preuve par les expériences suivantes.

En prenant un élément dans les conditions que nous venons d'indiquer, les constantes de cet élément ont été trouvées :

Pour la force électro-motrice 4155

Pour la résistance du couple 1309"

En agitant la solution de sulfate de cuivre, ces constantes sont devenues :

Force électro-motrice 5566

Résistance du couple. 795"

Or ces Taleurs, avec rinstrument que nous avons employé pour ces expériences, étaient, pour le même élément bien chargé:

Force électro-motrice 5671

Résistance dn couple 756"*

Quand la solution de sulfate de cuivre est bien saturée, Tagitation de la pile produit FeSèt contraire. .

S'il faut en croire M. de Valicourt, le traducteur du livre de H. Smée, le moyen le plus efficace pour maintenir une solution de sulfate de cuivre également saturée, serait d'ajouter de temps en temps à la solution cuivreuse quelques cristaux de carbonate de ce métal. Ce sel, connu sous le nom de bleu de Brème, se prépare facilement en précipitant une solution de sulfate de cuivre par du carbonate de soude ou soude ordinaire du commerce. Ce moyen est dû à H. Philipp.

L'effet des solutions Tune sur Tautre est, dans cette pile, bien différent, suivant que le circuit qui lui correspond est fermé ou ouvert ; dans le premier cas, il y a transport par le courant du liquide excitateur dans le vase poreux, et le niveau delà solution de sulfate s'élëve. Dans le second cas, le contraire a lieu. Le R. P. Secchi a imaginé une disposition pour éviter les inconvénients de cet exhaussement. Quant au rétablissement du niveau de la solution quand elle est abaissée, il est toujours facile, à l'aide d'une petite seringue.

Suivant M. Bergon, l'entretien d'une pile deDanielldumodèle employé

sur les lignes télégraphiques n'est pas dispendieux ; chaque élément ne

consomme pas en moyenne 1 kilogramme de sulfate de cuivre, soit 90

centimes ; les zincs durent de deux à trois ans, mais les vases poreux

doivent être renouvelés deux fois dans l'année ; le prix coûtant d'un

élément peut être établi de la manière suivante :

Vase extérieur de verre 0^,30

Vase poreux 0,17

Zinc et lame soudés ensemble 0,90

Total l',37

D'après ces données, le prix annuel d'entretien d'un élément Daniell

peut être établi ainsi qu'il suit :

Sulfate de cuivre 0^90

Vases poreux 0,34

Zinc 0,45

Casse, faux frais 0,31

Total "Vfib

J'ai étudié peAdant longtemps la constance des éléments Daniell et j'ai reconnu qu'un élément chargé avec 100 grammes de sulfate de enivre et expérimenté à quatorze reprises différentes, pendant deux mois avec une résistance de circuit d'environ onze kilomètres de fil télégraphique, a fourni, pour valeurs de E et de R, des nombres qui ont varié pour R de 850 à il 90 mètres, et pour E de 5950 à 6^90. Une fermeture de vingt heures du circuit, produite par la réunion des deux pôles, n'a pas changé d'une manière sensible la valeur de ces constantes.

La force électro-motrice de la pile de Daniell, d'après les expériences de M. Gaugain(i)et déterminée d'après la méthode d'opposition, avec sa pile thermo-électrique, bismuth-cuivre, est en moyenne comme nous l'avons vu, de 173 unités ; elle varie peu, que les éléments soient en activité ou en repos^ et qui plus est, il faut toujours à peu près le même temps pour les mettre hors de service. Ce résultat n'a rien de surprenant, car la destruction des piles à sulfate de cuivre dépend surtout des dépôts de cuivre qui se forment sur l'électrode zinc, et ces dépôts résultant du mélange des liquides doivent se former à peu près avec la même rapidité quand la pile est en activité et quand elle est en repos.

La résistance des piles de Daniell est, d'après M. Gaugain, en moyenne de 700 à 1000 mètres de fil télégraphique de 4 millimètres ou de 7 à 10 unités Siemens. C'est, du moins, le chiffre qui la représente quand les solutions sont complètement saturées et les diaphragmes poreux imbibés, ce qui exige au moins 5 ou 6 jours après le montage à neuf de la pile. Au moment de ce montage, cette résistance peut atteindre jusqu'à 6000 mètres.

Il est à remarquer, toutefois, que la plus ou moins grande perméabilité des vases poreux n'entraîne pas une augmentation ou une diminution proportionnelle de la résistance électrique des couples. Celle-ci peut varier extrêmement peu, tandis que celle-là peut fournir des différences très-notables. Il en résulte qu'on a tout avantage pour ces piles, à choisir des vases poreux très-peu perméables, car ces derniers s'opposent plus efficacement au mélange des liquides (3).

(1) Voir le rapport de M. Gaugain,' dans le Journal des TéUgrapheSy année 1869.

(2) Voici ce que M. Gaugain 'dit relativement à cette question dans son rapport :

• J*ai fait quelques expériences ^lans le but de reofcercher s'il existe un rapport entre la résistance qu'un vase poreux oppose au piMsage du courant, et celle qui oppose au

SaivAnt M. Gnillemin (1), la fermeture directe du circuit d^une pile^e Daniell sur lui-même, épuise vite cette pile^ tant au point de vue de sa force électro-motrice que de son intensité. Au bout de 11 jours, la force électro-motrice est réduite à 1/4 de sa valeur initiale. Avec un circuit de peu de résistance interrompu, la pile de Daniell perd sa force électromotrice un peu moins rapidement, et quand une résistance est interposée, on ne remarque plus de variations bien appréciables.

D'après mes propres recherches, les valeurs numériques de la pile de Daniell sont en moyenne , pour la force électro-motrice, 5973 et pour la résistance, 931 mètres, et avec la disposition Callaud, 5706 et 717 mètres. On a vu, d'après les expériences de M. Favre, que sur les 25,060 calo-

transport mécanique des liquides, et bien que ces expériences soient fort incoDiplètes, elles m'ont conduit à un résultat qui me paraît offrir quelque intérêt.

« J'ai opéré sur deux cylindres qui étaient marqués Tun du mot Ghoisy, Tautre des lettres B6. J'ai constaté d'abord, la perméabilité de ces deux vases, par le procédé que mettent habituellement en usage les employés du contrôle, j'ai rempli d'eau les i vases, puis j'ai recueilli et pesé la quantité de liquide qu'ils ont laissé passer dans le même intervalle de temps. Le vase marqué Choidy, a laissé passer en Si heures 61,6 grammes d*eau, tandis que le vase marqué Bb a donné 1,1 gramme seulement! Les perméabilités des 9 vases étaient, comme on le voit, extrêmement différentes.

« Pour mesurer leurs résistances électriques, j'ai procédé de la manière suivante : Dans un vase cylindrique de verre contenant une dissolution concentrée de sulfate dd cuivre, j'ai plongé deux lames de cuivre qui étaient fixées à une planchette, de manière que leurs positions relatives fussent invariables, j'ai fait passer uu courant de l'une à l'autre de ces lames et j'ai déterminé d'abord, la résistance de Télectrolyte au moyen d'un pont de Wheatstone ; cela fait, j*ai interposé le cylindre poreux marqué Bb entre les i électrodes et j'ai de nouveau mesuré la résistance de l'électrolyte, lorsque l'imbibition du vase poreux a été complète. J'ai trouvé que l'accroissement de résistance dû à l'interposition de ce vase était égal à 2 unités. En opérant exactement de la même manière, j'ai trouvé que l'interposition du vase poreux, marqué Choisy augmentait de 1^ seulement la résistance de l'électrolyte.

« Il résulte de ces expériences, que deux diaphragmes poreux, qui opposent au passage des liquides des résistances extrêmement différentes, peuvent cependant ne pas différer beaucoup sous le rapport de la résistance électrique. Ce résultat n'a rien qui doive surprendre et la théorie parait même indiquer que le plus perméable des deux diaphragmes pourrait être, dans certains cas, celui qui oupose le plus de résistance au passage du courant. En effet , d'après les formules que MM. Wiedemann, Hagen et Poiseule ont obtenues chacun de leur côté, la quantité de liquide qui traverse dans l'unité de temps un tube capillaire à tection circulaire est proportionnelle, toutes choses égales, d'ailleurs, à lai* puissance du rayon de ce tube. D'un autre côté, l'intensité du courant qui traverse le liquide contenu dans le tube est, conformémert à la loi d'Ohm, proportionnelle au carré de ce même rayon. Il résulte de là, que si l'on compare un tube de rayon 2 et un faisceau formé de la réunion de 8 tubes de rayon 1, le tube de rayon 2 laissera passer 2 fois plus de liquide que le faisceau des 8 tubes plus petits, tandis que ce faisceau sera traversé par un courant 2 fois plus intense que le tube, de rayon 2.

(1) Voir le rapport de M. GuiUemiu dans le Journal des TélégrapheSy anuée 1870.

'Un TECHNOLOGIE ÉLECTRIQUE.

ri^ qui sont mises en jeu dans l'action d'un seul élément Daniell, 28993 sont transmissibles au circuit et représentent son énergie. Il en résulte que la chaleur confinée dans la pile et qui est en rapport avec les actions locales non profitables au courant, n'est que 1067 calories; c'est le chiffre le moins élevé que présentent les différentes piles pour cette chaleur perdue.

La disposition de la pile de Daniell a été, comme nous TaTons dit, extrêmement variée ; les plus importantes modifications sont celles de MM. Callaud, Meidenger, Minotto, Siemens, Seccfai, BuS*, etc., etc., que jious allons maintenant passer en revue. Toutefois, avant d'étudier ces nouvelles piles, nous devons dire quelques mots de perfectionnements de détails, qui ont été apportés aux piles de Daniell, par MM. Parelle, Vérité, Breguet, Bourseul, Gérard, le R. P. Timothée Bertelli^ Viollet, etc.

Système de MM. Pa/relle et Vérité. — Lorsque les piles de Daniell doivent fournir une action électrique continue et qu'elles se composent d'un petit nombre d'éléments^ comme, par exemple, quand on les emploie pour l'horlogerie électrique, leur charge se trouve assez promptement épuisée, et il devient nécessaire de la renouveler souvent. Pour éviter ce soin, que l'on pourrait quelquefois oublier de prendre, M. Parelie, en 1852, imagina une disposition qui permettait à ces piles de fonctionner pendant un temps très-long (six mois environ), sans qu'on ait à s'en occuper. Cette disposition consiste à surmonter les vases poreux dans lesquels se trouve la dissolution de sulfate de cuivre, d'un ballon en verre rempli de cristaux de sulfate de cuivre baignés dans de l'eau. Le goulot de ce ballon plonge dans le vase poreux, comme on le voitfig. 35 et comme la dissolution cuivrée est plus lourde que l'eau ordinaire, elle sature toujours la dissolution du vase poreux à mesure que celle-ci s'affiiiblit sous l'influence électrique.

Cette disposition, connue vulgairement sous le nom de pile à Ballon^ revient, comme on le comprend aisément, à l'emploi d'un trës-^rand vase poreux, au milieu duquel se trouverait une grille surmontée d'une quantité considérable de cristaux de sulfate de cuivre. Toutefois, un phénomène assez curieux se manifeste dans ces sortes de piles : c'est un affaiblissement assez notable du courant qui en provient.

Supposons, pour fixer les idées, que deux cléments de Daniell, montés d'après la méthode ordinaire, soient à peine suffisants pour faire marcher une horloge électrique. En plaçant au-dessus d'eux des ballons

remplis de sulfate de oulTre, leur force électriqaeae trouvera dtminnée au point de nécesaiter la présence d'un troisième élément, pour exercer le même effet électro-mécanique. Ce phénomène est probablement de la même nature qne celui par lequel les piles Bunsen sont moins énerf^ques quand le3 vases poreux renfermant l'acide aîtriqne se trouvent herméti- ^ement bouchés.

If. Pwelle, dans le brevet qu'U a pris, indique encore une antre disposition supplémentaire pour maintenir toujours le liquide des vases extérieurs au même nivean ; mais comme cette disposition compliquerait la pile sans qn'il en résnlt&t de grands avantages, je n'en parierai pas d'avantage.

M. Vérité, qui sans doute, ignorait les droits de priorité de H. PareUe, avait fait figurer à l'Exposition de 1855 un modide de ses piles, et ce modèle a pn faire fonctionner les appareils élec^o-magnétîqiies qn'il avait exposés pendant tonte la dorée de l'Exposition.

Du reste, ce système de pile a été aussi perfectionné par M. Breguet, par l'introduction au sein du ballon d'an tubelO(fig.35), percé latéralement de deux petites ouvertures A,C, qui permettent l'une C, l'introduction de l'air à la partie supérieure dn ballon, quand le liquide du vase poreux est descendu au-dessous de son niveau, l'autre A, l'écoulement du liquide saturé.

Fig. SB.

Cette disposition empêche en même temps l'obstruction de l'orifice de déversement, qui, de cette manière, se trouve toujoiu^ immerge. Les ballons eux-mêmes, au lieu de se trouver soutenus par les bords du vase extérieur, sont ^puyés sur un couvercle en bois, ce qui permet anx appendices polaires de sortir aisément du vase de verre.

^i TECHNOLOGIE ÉLEGTBIQUE.

Système Bourseul, -^Ponr éviter les incnistations des vases por^uc des piles de Daniell^ M. Boursenl propose d'entourer la tige de cuivre qui constitue Télectrode négative d'une spirale en fil de cuivre soudée par le milieu au pôle positif, laquelle emboîtant exactement rintérieur du vase poreux, se termine par une spirale plate appliquée au fond de ce vase. Nous ignorons jusqu'à quel point ce système est efQcace, toujours estril qu*il a été en partie réinventé par M. Gérard, de Liège, qui a rn^ne établi dons ce système l'électrode zinc.

System du R. P. Timoihée Bertelli. — Afin d'éviter la filtration du sulfate de cuivre à travers les pores du vase poreux de la pile de Daniell, et en même temps pour préserver ce vase des incrustations,M. Bertelli emploie pour électrode négative un vase de cuivre cylindrique, qu'il plonge dans le vase poreux, et c'est ce vase de cuivre qui reçoit les cristaux de sulfate de cuivre ; deux entailles faites à la partie supérieure de ce vase, et qui n'ont pas plus de deux centimètres de longueur sur 8 millimètres de largeur, établissent la communication entre les liquides^ et à cause de cela, ces liquides^ dans cette pile, ne doivent pas descendre au-dessous d'un certain niveau, qui correspond kla hauteur de ces entailles. Le cylindre de cuivre est d'ailleurs recouvert de cire vierge fondue dans sa partie siq>érieure, afin d'éviter les effiorescences, et le zinc se trouve suspesdu au milieu du liquide du vase extérieur, à l'aide de 3 oreilles qui appuient sur les bords de ce vase, et qui font partie d'un collier de cuivre, sur lequel l'appendice polaire est soudé : ce collier de cuivre est fixé sur le zinc, à l'aide d'une vis de pression (1).

On a encore proposé plusieurs améliorations de la disposition Daniell, faites en vue de diminuer la résistance des vases poreux, en les rendant plus perméables et cela, par l'incorporation, dans un mélange céramique convenable, d'une substance organique qui se détruit par la cuisson. M. Viollet,auteurdecetteinventiou,croitquelespiles gagneraient beaucoup à cette disposition ; mais nous ne le pensons pas, attendu que le mélange des liquides deviendrait alors tellement facile, que la pile serait bien vite épuisée (2).

Piles'de Callaud. — Préoccupé des inconvénients que présentent dans les piles de Daniell, les vases poreux qui se couvrent assez promptement,

(1) Voir les Mondes^ tome 7, p. 670.

(2) Voir, les Mondes^ tome 1, p. €46.

TECHNOLOGIE ËIjECTRIQUB. 34&

comme on le saît, de dépôts de enivre plus on moins abondanla, lesquels dépôts les mettent bientôt hors de service, M.Callaud, horloger àNaates, a cherché à les supprimer entièrement et pour cela, il a mis à contribution la différence de densité qui existe entre l'eau pure, ou même chargée, un peu de sulfate de zinc, et la dissolution de solfate de cuivre. Chaque dément se compose donc d'un vase de verre rempli de ces deux dissolutions superposées, et ce vase porte à sa partie supérieure, un cylindre de zinc A (&g. 36) qui ne dépasse pas en hauteur la moitié du vase. Or ce cylindre étant accroché sur les bords dn vase, à l'aide de 3 petites tiges recourbées, se trouve suspendu au milieu de la solution dépourvue de sulfate de cuivre, et joue, comme dans la pile de Daniell, le rôle d'électrode positive, tandis qu'un ruban de cuivre B enroulé sur lui-même, et plongeant au fond du vase, au milieu de la solution de sulfate de cuivre, constitue l'électrode négative. Ponr obtenir la polarité positive, un fil de cuivre recouvert de gutla-percha est soudé à ce ruban de cuivre et-sort de la double solution sans que son état électrique soit bi)ubU, en raison de son isolement (1).

Pig. se. Fig. 87.

Pour chaîner cette pile, il suffit de jeter le sulfate de cuivre au milieu de la solution, avec le moins de secousse possible. Sans doute, en ce moment, les deux liquides se trouvent un peu méluigés, mais le trouble électrique est peu marqué, et les liquides ne sont pas longtemps à reprendre leur assiette ordinaire. On peut, du reste, éviter ce trouble en préparant d'avance la solution de sulfate de cuivre, et en l'introduisant au fond du vase, par l'intermédiaire d'un entonnoir.

(1) Cette diipoiition,ai^onrd'hui a(toptèepartout,eit celle que j'avBit indiqua enlSSB dan« ma revue des application* de l'électricîlé ; celle de H. CalUud était beaucoup moina pratique, aile nécouilait un vase i, S tubuluretlalérales,parle*qn«UBi pauaient leitiget det éledrodei, couiiue oit le loit Ug. S7.

Les avantages pratiques de cette pilé sont inconstestables ; le dégagement électrique est beaucoup plus régulier que dans la pile de Daniell, tant que la pile est dans un état de propreté convenable, il n'y a que quand les dépôts de cuivre sur le zinc sont assez considérables pour former des stalactites, qui descendent quelquefois assez bas pour toucher rélectrode de cuivre, que la pile devient irréguliëre. Dans ce cas, on la voit souvent donner des courants énergiques immédiatement après avoir fourni des courants d'une faiblesse extrême, et cela vient de la cbute intermittente de ces stalactites qui interrompent, par leur détachement du zinc, les circuits dérivés par lesquels une grande partie de Télectricité fournie par la pile, se trouve absorbée. Dans cette pile^ il importe donc qu'on secoue de temps en temps le cylindre de zinc, afin de le débarrasser de ces stalactites. Du reste, les dépôts ainsi rejetés au fond du vase, au milieu du sulfate de cuivre, n'ont pas d'inconvénients réels, car ils sont fortement polarisés dans le même sens que ce sulfate.

Les recherches que MM. Gaugain et Guillemin ont entreprises dernièrement sur cette pile, ont démontré qu'on avait un grand intérêt à employer des éléments les plus grands possibles, tant au. point de vue de la constance de leur force électro-motrice, qu'à celui de leur moindre résistance et de leur durée plus longue. C'est du reste un avantage que cette pile partage avec toutes les autres, comme on le verra par la suite. Les modèles, dont le vase en verre a ^ centimètres de hauteur sur 12 de diamètre, ont donné de très-bons résultats, mais il y aurait peut-être avantage à faire usage de couples de dimensions encore plus grandes.

On pourra avoir une idée des avantages des grands couples de Callaud, par les moyennes des forces électro-motrices déterminées par M. Gaugain, avec des couples de grandes et de petites dimensions.

Farce électro-motrice du grcmd modèle.

Les courants étant continus 190,42 unités th. élect.

Les courants étant interrompus 185,51 — —

Les courants non fermés 183^10 — ^

Force électro-motrice du petit modèle.

Les courants étant continus 170^99 unités th. élect.

Les courants étant interrompus 178,7 — —

Les courants non fermés. . . / 161,16 -* —

Cette différence ne peut évidemmeDt provenir qne des ùrréguloritéa dont nous avons indiqué précédemment la cause, et qui sont beaucoup plus sensibles avec les couples de petites dimensions qu'avec les autres ; car, au point de vue théorique, la force électro- motrice doit être la mâme dans un cas comme dans l'antre.

D'après les formules d'Ohm, la résistance des éléments Callaud du grand modèle devrait être moindre que celle du petit, toutefois, l'espérience démontre qu'elle reste à peu près la même. Ce fait s'explique aisément par cette considération qne si la colonne liquide du grand modèle oflre une plus grande section, elle présente aussi une plus grande longueur.

La résistance d'un couple Callaud récemment monté est asseï considérable, mais elle diminue graduellement lorsque le couple est mis en activité ^ voici quelques nombres qui mettent bien en évidence la variation de cette résistance. Ainsi, H. Gaugain ayant trouvé que la résistance d'un couple du petit modèle était 37,6 unités Siemens, au moment même où le couple venùt d'être monté, a reconnu que le circuit ayant été fermé, cette résistance était devenue :

Après 3 jours démarche 10,6

Après 3 jours — 8,7

Après 5 jours — 7,

Après 23 jours — 5,5

Cette diminution de résistance tient principalement k ce que l'eau dans

laquelle se trouve plongée primitivement l'électrode de zinc se charge

graduellement de sulfate de zinc sous l'influence du courant et acquiert

ainsi une conductibilité de plus en plus grande.

Fig. 38. FIg. 39.

Les figures 38 et 39 ci-dessns représentent les modèles lesjplns perfectionnés des piles Callaud, construits par M. Robert-Houdin. Dans le

premier, les deux électrodes peuvent se rapprocher plus ou moins, à Taide de vis de pression adaptées à un couvercle qui supporte leurs tiges . Dans le second, la solution de sulfate de cuivre se trouve entretenue, à rétat de concentration, par des cristaux de sulfate de enivre mis en provision dans un entonnoir en verre, dont les bords, en s'épanouissant, servent de couvercle à la pile et dont le goulot, muni d'une fermeture en bois à ressort, ne laisse filtrer que la quantité de liquide nécessaire pour entretenir la solution.

Piles de MM* IVormann, Melden^er, Mlnotto^ Jat^oMml, Secchi, Candido, Siemens, etc. — La première idée de la pile

Callaud appartient à M. Gauthier de Claubry qui, dans ses recherches sur le traitement électrique des minerais métalliques, avait été conduit à adopter une disposition de ce genre. Du reste, cette idée est tellement simple^ qu'une foule de personnes se Tapproprient sans s'en douter. Ainsi, les piles de M. Normann, employées dans les bureaux télégraphiques de l'Italie méridionale, sont les mêmes que celles de M. Callaud, sauf qu'au lieu de lames de cuivre pour constituer l'électrode négative, ce sont des lames de plomb, et que le zinc au lieu d'être soutenu par des crochets, est maintenu par le vase de verre lui-même qui est, à cet effet, plus ouvert en haut qu'en bas. Les piles de M. Meidenger, employées dans le grand duché de Bade, en sont également une reproduction sous une autre forme. Cette dernière pile a été faite surtout en vue do maintenir toujours propre la solution de sulfate de cuivre.

A cet effet, le sulfate de cuivre est placé dans une espèce de tube de verre, analogue à un verre de lampe, qui plonge dans un verre à boire^ de grandeur moyenne^ lequel est placé lui-même à l'intérieur d'un large bocal rempli d'eau. Un cylindre de cuivre, soudé à un fil métallique isolé dans un petit tube de verre, est plongé dans le verre à boire et, par l'intermédiaire du fil qui ressort du bocal, coiistitue le ptie positif de l'élément. Le pôle négatif est formé par une lame ou un cylindre de zinc, qui est soutenu^ comme dans la pile Callaud, ou celle de Normann, à la partie supérieure du vase de verre, et le tout est bouché avec un large bouchon de liège. L'inconvénient de cette pile est de présenter une grande résistance.

La pile de M. Minotto, employée dans l'Italie septentrionale, est une pile de Callaud, dans laquelle la ^paration des liquides se trouve mieux assurée par l'intervention d'une couche de sable qui forme diaphragme

poreux. Pour obtenir ce résultat, M.-Minotto remplit le fond du vase de verre de la pile où se trouve déjà la plaque négative, avec une couche assez épaisse de sulfate de cuivre concassé et en partie pulvérisé, et une couche de sable fin^ d'environ 2 centimètres d'épaisseur, sur laquelle appuie le zinc, surmonte le tout (1). De Teau versée avec précaution sur cet ensemble de matières poreuses et remplissant le vase, charge la pile à la manière d'une pile Callaud ordinaire.

Cette pile présente quelques avantages sous le rapport de la constance et de la durée, mais elle a aussi quelques inconvénients ; ainsi, au moment du rechargement, qui, du reste, nedoitse&ire qu'une fois par an, on ne peut recueillir le cuivre déposé, et on est obligé de rejeter sable et résidus, qui forment alors une espèce de boue dégoûtante ; elle présente aussi une grande résistance. 11 est vrai que M. Çalla, en disposant la lame électro-négative au-dessus de la couche de sulfate et en employant pour lame électro-positive un cylindre de zinc, comme dans la disposi* fion Callaud, diminue considérablement cette résistance, mais quoiqu'on fasse, elle est en;.'ore plus considérable que dans la pile de Callaud.

Pour rendre la pile Minotto moins résistante et en même temps susceptible d'être rechargée, sans qu'il soit besoin de retirer le sable, M. Jacobini compose Télectrode négative d'un cylindre de cuivre ouvert par les deux bouts, lequel plonge jusqu'au fond du vase et se trouve percé dans sa partie inférieure de largestrous, jusqu'à la hauteur de 5 centimètres. Le bord inférieur de ce cylindre est déchiqueté en larges dents, comme une scie, et le bord supérieur est sondé au fil polaire. Ce cylin-^ dre métallique appuie au fond du vase sur une première couche de sablû de 1 c. 1/2 d'épaisseur, sur laquelle se trouve appliquée une feuille de papier buvard, percée d'un trou au milieu (de la grandeur du cylindre de cuivre) et le zinc, qui a la forme d'un cylindre, comme dans la pile de Daniell, et qui enveloppe le cylindre en cuivre, appuie sur ce papier. Le reste du vase est rempli avec du sable, et le sulfate de cuivre concassé ou en poudre occupe seulement la capacité du cylindre de cuivre. Enfin, le tout est imbibé d'eau.

Le R. P. Secchi, à son tour, a modifié la pile de M. Jacobini, en fermant le tube de cuivre de la pile précédente avec un large sac en vessie, qu'il remplit de sulfate et en repliant en dehors les déchiquetures du

(1) Le sine, dans cette pile, a la forme d'un disque et est posé à plat aiir la aaUe.

fond du tube, pour empêcher qu'il ne soit ferme avec le cuivre précipité. M. Secchi prétend que cette pile est d'une constance de beaucoup supérieure à celle des autres piles, et explique cette particularité, en disant que la disposition que nous venons de décrire atténue les mouvements produits ordinairement au sein des liquides, par suite de Toxydation du zinc, lesquels mouvements provoquent des actions locales nuisibles.

D'après cette théorie, le R. P. Secchi a été conduit à remplir de sable l'intervalle laissé entre le vase poreux et le vase extérieur des piles or~ dinaires, et il s'en est, parait-il, fort bien trouvé, car les vases n'ont présenté, au bout de 6 mois d'action continue, aucune trace d'inorustations(]).

La pile que M. Candide a présentée à l'Exposition de 1867, et qui a été imaginée en vue d'éviter la résistance des diaphragmes poreux, n'est en définitive qu'une simple modification de la pile de M. Jacobini. Comme dans celle-ci, l'électrode négative est constituée par un cylindre de cuivre, muni d'un large fond, dans lequel sont emmagasinés les cristaux de sulfate de cuivre, et ce cylindre, qui est troué de place enplace,'est séparé du cylindre de zinc par un tube poreux^ qui remplit les fonctions du sable dans la pile Jacobini. Comme la filtration de la solution de sulfate à travers les trous du cylindre de cuivre placerait cette pile dans les conditions de la pile Callaud, le cylindre de zinc est maintenu à la partie supérieure du vase extérieur, au moyen de 3 petites oreilles adaptées au vase poreux, et sur lesquelles il appuie. Enfin, pour éviter le mélange trop direct de la solution de sulfate avec le liquide extérieur, au point d'application du tube poreux sur le fond du cylindre de cuivre (lequel est presque de la largeur du vase extérieur), on introduit du sable, de manière à former un diaphragme annulaire d'environ 2 centimètres de hauteur> De cette manière, la résistance de la pile ne se compose uniquement que de la couche liquide qui sépare le zinc du disque de cuivre. Comme cette solution doit contenir le moins possible de sulfate de cuivre, sa couleur peut servir de guide pour régler l'épaisseur de la couche de sable du diaphragme ; si elle est bleue à une trop grande hauteur^ il faudra évidemment augmenter l'épaisseur de la couche de sable (2).

(1) Voir, pour les détails de ces piles, les Mondes, tome I, p. 318, tome II, p 849 et 453, tome lY, p. 550 et tome Y, p. 516.

(2) Voiries MontUi^ tome 43« pa^e 68t.

La pile de M. Siemens, que nous représentons ci-contre, fig. 40, et qui a précédé celle de M. Minotto, ne diffère de ^'K- *"■ celle-ci qu'en ce qu'au lieu de sable pour dia-

' phragme poreux, on emploie une couche de pâte de papier préparé à l'acide sulfurique concentré. Cette p&te ff est soutenue sur une rondelle de carton, laquelle est soutenue elle-même par une spirale de cuivre ce, servant d'électrode négative, et k travers ce diaphragme passe un tube de verre A qui contient les cristaux de sulfate de cuivre destinés à alimenter la solution négative. C'est à travers ce tube que passe le fil de cuivre t qui fournit le pôle positif, et le cylindre de zinc ZZ repose sur la couche de p&te de papier.

Pile de H. 'Wtaeatstone. — Dans la pile de M. Wheatstone, l'élément négatif est nn amalgame pâteux de zinc, l'élément positif, un fil de cuivre, comme dans la pile DanieD. L'amalgame de zinc occupe le vase poreux, et le sulfate de cuivre est placé dans le vase extérieur. C'est alors la dissolution saline elle-même qui attaque le linc et qui provoque ta réaction électrique, sans qu'il y ait eu un dégagement électrique préalable. Le courant de cette pile reste constant tant que la dissolution de sulfate est maintenue à un degré convenable de saturation. L'avantage que présente cette pile, est de pouvoir utiliser tous les morceaux de linc des autres piles qui se trouvent tonjours perdus. Elle n'est du reste qu'une pile de Daniell à un seul liquide.

Cette pile a été modifiée dernièrement par Tabbé Fortin, qui prétend l'avoir rendue supérieure à celle de Daniell, eu égard à la durée, à la constance et à la résistance intérieure, qui, suivant lui, se trouve grandement diminuée. Dans cette pile, comme dans la précédente, l'élément positif est l'amalgame liquide de zinc, l'élément négatif une plaque de cuivre. Le vase extérieur est impénétrable et vernissé dans sa partie inférieure, contenant l'amalgame de zinc. A partir du niveau de l'amalgame, il est poreux sur une hauteur de 2 à 3 centimètres pour un diamètre de 8 centimètres. Cette paroi poreuse est destinée ^ éliminer le sulfate de zinc par voie de filtration ou d'effloreacence ; le sel s'attache à la paroi après l'évaporatioa de l'eau et on le détache au moyen d'un grattoir, qui peut prendre la forme du vase. Un fil de cuivre isolé et plongé dans le mercure, prend la polarité de l'am^game. Prolongé josqu'u bord

supériear du vase, il se recourbe et y reste fixé par sa courbure. Le vase intérieur ou poreux est un peu moins large que le vase extérieur, moins élevé aussi de 4 centimètres ; il est soutenu sur le bord supérieur de ce dernier dans lequel il entre, par deux petites oreilles. Il est poreux principalement par le fond et un peu sur les côtés, jusqu'à moitié ou un peu plus de sa hauteur, et il est vernissé sur le reste de sa surface, pour éviter le mélange des liquides ; son fond descend jusqu'à 3 centimètres de Tamalgame liquide et reçoit pour électrode négative une rondelle de cuivre. On j verse une dissolution de sulfate de cuivre^ en même temps qu'on verse dans le vase extérieur de Peau ou de Tacide sulfurique dilué, c Par cela même que le sulfate de zinc formé est incessamment éliminé, c dit M. Fortin, cette pile, à la condition seule que Ton remplacera, au € fur et à mesure du besoin, la solution saline du vase intérieur, fonc- < tionnera incessamment avec une grande constance. >

M. Fortin a du reste indiqué la même disposition pour les piles à sel de merciu*e, de plomb et d'argent (1).

Pile Carré. — Afin de diminuer la résistance de la pile de Daniell, M. Carré constitue le vase poreux en papier préparé à l'acide sulfurique, et place dans cette espèce de sac une carcasse de bois, sur laquelle est adaptée une longue spirale de fil de cuivre, aboutissant à un collier de cuivre, qui constitue le pôle positif; de plus, il emploie des éléments de très-grandes dimensions (60 centimètres de hauteur). M. Carré prétend qu'un élément de cette pile est plus énergique qu'un élément Bunsen, mais cette prétention est réellement par trop exagérée, attendu que, comme l'a fort bien fait observer M. Becquerel, la force électro-motrice de l'élément ne peut rien gagner à cette disposition, et que quand bien même la résistance serait réduite à celle de l'élément Bunsen, il j aurait toujours une différence de force entre ces deux éléments dans le rapport de 11123 à 5973, soit 1,86 en faveur de l'élément Bunsen. Voici du reste la description de cette pile, faite par M. Carré lui-même.

< Dans un vase de 0"*,!^ de diamètre et 0"',60 de hauteur, est un zinc haut de 0'",55, porté sur un croisillon qui l'isole de la boue métallique qui tombe au fond, et qui produirait l'incrustation, en venant toucher le diaphragme ; le diaphragme est formé d'un papier préparé à l'acide

sulfurique, dit pof ter pa/rchemin^ ou, à son défaut, d'un papier imprégné

(1) Voir Iw Mmtdei, tome 18, p. sae, 4n, 597.

d'albumine sorcoagolé à 230 degrés, température qui le rend complète^ ment inattaquable par les liquides de la pile. Le papier est collé avec de la gomme laque sur lui-même et autour d*un godet en matière non conductrice qui sert de pied au diaphragme et repose sur le croisillon précité. A rintérieur du diaphragme, se place une carcasse cylindrique de même hauteur, formée de baguettes de bois, espacées de 3 à 4 mîHimëtres^ assemblées sur un fond de même matière et réunies supérieurement par une bague de cuivre qui forme comme une garniture cylindrique à l'extrémité de cette carcasse. Cette bague est dentelée en dehors et le fond de bois qui sert de support au cylindre, portant lui-même des saillies en correspondance avec les dentelures, permet à un fil de cuivre entortillé autour d'elles, d'envelopper la carcasse d'une espèce de réseau présentant un développement considérable et sur lequel le dépôt de cuivre s'opère normalement dans toutes ses parties. A l'intérieur de la carcasse et sur toute la hauteur du diaphragme se placent les cristaux de sel de cuivre, qui forment une colonne divisée, que le liquide intérieur baigne sur une large surface, ce qui donne une solution toujours saturée sur toute la hauteur du diaphragme, quelque grande qu'elle soit, et assure le maximum d'effet utile. On comprend que la carcasse et son cercle collecteur servent indéfiniment ; lorsque le fil du réseau est surchargé de cuivre, trois minutes suffisent pour le remplacer. >

Nous devons dire, dans l'intérêt de la vérité, que ces sortes de diar phragmes en papier avaient déjà été employés par M. Jedlick et Csapo.

Le meilleur liquide extérieur, suivant M. Carré, est une solution de sulfate de zinc à 18 degrés, acidulée au vingtième; elle fournit un dégagement d'éleclricité sensiblement constant, jusqu'à ce qu'elle atteigne 40 degrés. Il suffit alors, pour maintenir la constance, de la remplacer en partie par de l'eau. En mêlant cette solution avec un dixième de son volume d'une solution saturée de sel ammoniac, on obtient un courant électrique plus intense, sans éprouver les inconvénients que pourrait apporter la présence d'autres sels.

Pile de M. BnlT. — c La cause principale des changements qui s'opèrent peu à peu dans la pile de Daniell, dit M. Buff, est l'endosmose qui transporte la solution de cuivre dans celle du zinc. Non-seulement il y a du cuivre précipité par la voie chimique ordinaire et un Suivaient de rinc perdu pour l'action électrique, mais de plus le enivre, précipité sur la surface du zinc, modifie l'état de la surface du métal

^&i TBCBNaUffilB âLBCmOtlB.

âectro-^wsitif et doone ahtsî nussanee k d« ooaraato aMORdaires qui favorisent one nouvelle précipitatioade cuivre, et entraînent SBepert««OB~ sidérabie en zinc. Ces courants locaux sont également cause que les pont de la cellule en terre se remplissent peu à peu de ctiivre métallique, et qu'enfin ce métal apparaît sur la surface extàienre de ia cellule. Par la disposition qui suit, on réduit an minimum l'iu&nence de l'endosmose. < Un vase en verre t, t, k bords dépolis (fig. 41), eat'recoavert par un couvercle fermant bien dd, qui est percé de trois ouvertures destinées à recevoir trois tubes cylindriques en verre. Le tube rr, qui pénètre par rouverture du milieu et qui est le plus grand possible, est fermé par le bas par une vessie. Des deux autres tubes, l'un oo, descend jusque dans une couche de mercure qui recouvre le fond du vase, et l'autre bb, débouche immédiatement à la surface de ce PIg. il. mercure. Le vase est rempli avec du sulfate de

zinc jusqu'à la hauteur gk, de façon que la liqueur baigne la cloison poreuse. Dans le cylindre rr, on verse la solution cuivreuse mé- , langée à des morceaux solides de sulfate de enivre. Si dans cette dernière liqueur on in- - trodoit une lame ou même un simple fil de

cuivre c, puis dans te tube a un fil de zinc Z, . et qu'on mette en communication c avec Z par

un bon conducteur de l'électricité, il en résulte un courant d'une constance parfaite, puisqu'il se dissout constamment du lino dans le mercure et en quantité suffisante pour l'entretien d'une activité uniforme.

c L'endosmose, par cette disposition, n'est pas, il est vrai, complètement évitée, mais elle se produit avec une extrême lenteur, parce que la dissolution du sulfate de zinc se fait plus difficilement que celle du sulhte de cuivre. Le fil de zinc plonge et descend à mesure que son extrémité inférieure se dissout.

■ Pour pouvoir remplacer facilement le sulfate de cuivre sans arrêter le eonraot, on a coupé le bouchon de liège que porte le vase au cuivre, de manière qu'on puisse en enlever un segment et découvrir une ouverture sans àterle cuivre de place. Au moyen du tube bb, on peut au besoin retirer un peu de sulfate de zinc et le remplacer par de l'eau.

< Une expérience compar^ve servira à indiquer combien cette diapoflitioD eat supérieure à celle ordinaire de Daniell,

TECHNOLOGIE ÉLECTBIQUE. "^

< Une pile ordinaire de DaoieD, dans le circuit de laquée on avait introduit un long mnUipUeateur, a accusé d'abord 78®, puis après neuf jours de marche 83^ setdement de déviation^ tandis qu'une pile de la constraetioD décrite ci-dessus, avec introduction du même multiplicateur qui donnait en commençant une déviation de 77^,5, n'a pas présenté de changement au bout de neuf jours. Dans la pile de Daniell, on a consommé (par suite des influences locales indiquées) cent soixante-huit fois plus de zinc, et dans la nouvelle pile, sept fois seulement (dans le même temps), que la quantité qid egtv&eaum d'âpre»!» lois doa flttoHnûteurs pour la production du courant; de façon que la nouvelle disposition présente non-seulement une plus grande constance, mais est, sans comparaison, beaucoup plus économique en raison des pertes moindres en zinc.»

Pile de M. RyUner. — Cette pile se compose : 1® d'un cylindre en fonte de fer qui, pour augmenter sa surface oxydable, est pourvu intérieurement de mamelons pyramidaux, et porte en deux points opposés de son bord supérieur deux prolongements servant de points d^attache aux conducteurs et en même tfemps d'anses pour le soulever ; S** d'un cylindre en grosse toile recouverte de trois ou quatre doubles de papier ; 3<* d'un cylindre de plomb servant de lame négative. On charge cette pile avec une solution concentrée de sulfate de cuivre d'une part et de l'autre avec de l'eau salée. Dans la première de ces solutions, on introduit le cylindre de plomb, dans la seconde le cylindre de fonte. Ce der-^ nier n'a jamais besoin d'être nettoyé, attendu que les enduits les plus épais de rouille se dissolvent d'eux-mêmes dans l'eau salée. D'un autre côté, les dépôts de cuivre peuvent aisément être retirés des lames de plomb, en raison de la flexibilité de celles-ci.

< Cette pile, dit l'auteur, opère avec une constance remarquable ; elle n'a, il est vrai, qu'une faible influence sur l'aiguille aimantée, mais elle jouit d'une grande force de réduction sur les solutions de sels métalliques. >

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