‹ Exposé des applications de l'électricité (volume 2)Chapitre 51 sur 82 · PILES DIVERSES · texte numérisé non relu

PILES DIVERSES

Plie de mi. Defonirielle et Hambert à. acide cUorhydriqae et eonrant de chlore* — Le Cosmos décrit cette pile en ces termes : c Cette pile est à un seul liquide : de Teau acidulée par un ' dixième d'acide chlorhjdrique. Elle se compose de lames de zinc et de plaques de charbon réunies par des conducteurs métalliques. Quoique fonctionnant avec un seul liquide, elle est constante, la dépolarisation se produisant par un courant de chlore. Le gaz, par sa combinaison avec l'hydrogène naissant de la pile, maintient le liquide excitateur au même degré de concentration. On atteint au bout de quelques minutes, pour un dégagement de chlore déterminé, dégagement qui se produit bulle à bulle^ un certain effet qui reste le même pendant tout le temps que dure le passage du gaz. Les effets électroly tiques, lumineux et calorifiques sont remarquables par leur intensité. En résumé, la pile zinc et charbon, armée comme elle est par MM. Defonvielle et Humbert, réunit les avantages suivants : 1® elle est constante ; S*» elle fonctionne avec un seul liquide ; 3"* les substances qu'elle consomme se trouvent toutes à bas

prix dans le commerce ; i^ la majeure partie des résidus possède une certaine valeur vénale, surtout si on les traite comme Va indiqué M. Kulilmann. >

Pile de lll. Maynnoth ou de Callan & acide saltariqae mêlé à. de Fean salée — Cette pile, décrite dans le Cosmos^ d'après une communication de l'ingénieur du Panopticon, M. Warner, est une pile du même genre que la précédente. Elle se compose d'une série d'éléments ou de couples de fonte et de zinc amalgamés, que Ton charge ou excite avec un des liquides suivants : 1® acide chlorhydrique du commerce ou acide chlorhydrique concentré, étendu de moitié d'eau ; 2* un mélange en parties égales d'acide sulfurique et d'acide chlorhydrique, étendu d'un égal volume d'eau ; 3^ acide sulfurique mélangé dans t)*ois fois son volume d'une dissolution de sel de cuisine. Ce dernier liquide est préférable aux autres, et le courant voltaîque qu'il produit sur deux plaques fer et zinc, placées l'une à côté de l'autre, est beaucoup plus intense, suivant l'auteur, que celui que l'on obtient d'une pile quelconque à acide nitrique de mêmes dimensions, du moins si on l'expérimente an moyen d'un bon galvanomètre k fil court et gros.

Pile de M. ti. Roudel & eau aeidulée avec de Facide chlorhydrique et diaphragme en arn^Ie. — Le Cosmos décrit cette pile de la manière suivante : c Nous prenons date pour un de nos correspondants, M. J. Roudel, professeur de physique au petit séminaire deBrives, d'une nouvelle disposition de pile à un seul liquide très-simple, assez énergique, et qui aura pour grand avantage de donner comme résidu une solution concentrée de chlorure de 2Înc, dont l'industrie tire déjà et tirera plus encore un précieux parti. Prenez de l'argile de potier, ne faisant pas effervescence avec les acides, laissez-la sécher d'abord à l'ombre ; broyez-la avec de l'acide chlorhydrique, de manière à la transformer en pâte homogène, peu résistante ; prenez un vase de porcelaine plus ru moins grand, suivant qae vous voulez avoir un élément plus ou moins énergique 5 déposez au fond du vase en porcelaine une plaque en cuivre ou en laiton, à laquelle est soudée une lame verticale de même métal, recouverte sur la portion plongée d'un enduit isolant ; recouvrez la lame d'une couche suffisamment épaisse de Vargile préparée, versez sur la couche de Tacide chlorhydrique du commerce, étendu de cinq fois son poids d'eau ; suspendez au sein de la solution acidulée un cylindre de zinc amalgamé, portant une languette de cuivre, lapile estalors constituée ;

son énergie semble comparable à celle des piles connues ; elle est trèsconstante ; la dissolution de chlorure de zinc qu'elle produit pendant son exercice arrive à peser 20 ou 30 degrés au pèse-sel.

Pile de M. Blanc Filipo & eau salée et fleur de soufre. — Cette pile à un seul liquide a pour électrodes métalliques une lame de zinc et une lame de plomb suspendues parallèlement l'une à côté de l'autre au milieu du liquide, seulement la lame de plomb qui descend jusqu'au fond du vase doit être recouverte d'une couche isolante dans sa partie supérieure, celle qui avoisine le plus le zinc, et d^une couche de sulfure de cuivre dans sa partie inférieure. Le liquide excitateur est une solution de chlorure de sodium (eau salée), dans laquelle on jette une certaine quantité de soufre, en poudre, de manière à former au fond du vase une couche d'une certaine épaisseur, et c'est au milieu de cette couche que l'on plonge la partie de la lame de plomb recouverte de sulfure de cuivre.

Voici, suivant l'auteur, ce qui se passe dans cette pile : Thydrogëne qui se développe à l'électrode négative étant en contact avec le soufre en poudre, donne naissance à de l'acide sulfhydrique qui décompose le chlorure de sodium en formant du sulfure de sodium et de l'acide chlorhydrique; celui-ci se porte alors sur le zinc en déterminant la formation d'un chlorure de zinc qui, à son tour, est transformé en sulfure, par le sulfure de sodium et celui-ci se trouve de nouveau converti en chlorure.

Les avantages de cette pile, suivant l'auteur, seraient :

l"" Économie par la qualité des substances employées ;

2^ Economie par les quantités employées , relativement aux piles de Daniell ;

3® Commodité par la longue durée de son action et le petit volume qu'on peut donner aux couples.

M. Matteucci, qui a étudié cette pile^ en parle de la manière suivante :

€ Le soufre divisé, placé au contact du métal électro-négatif augmente naturellement la force électro-motrice, la constance et la durée de cette pile ; on peut donc espérer d'obtenir de l'usage du soufre dans une combinaison voltaïque, certains avantages, principalement pour les piles employées ordinairement dans l'industrie. Le soufre quoique insoluble et isolant, entre en combinaison avec l'hydrogène et, par son intermédiaire, avec le sodium rendu libre par le courant électrique : reste à expliquer l'action exercée par une quantité très-petite de sulfure de cuivre dans

ccsphénoTnènes, action qui est démontrée indispensable parTexpérience. > Suivant M. Matteucci, il y aurait à tenir compte dans cette pile du courant électrique qui se développe au contact d'une solution de sel marin et de sulfure de sodium, lequel courant est en sens contraire de celui de cette pile (1).

Slément de M. Prax à. diaphraf^es en flanelle et papier. — L'élément combiné par M* Prax, professeur de physique, n'est aussi qu'une modification de la pile de Bagration. Il se compose d'une plaque de zinc et d'une plaque de cuivre séparées par 5 doubles de flanelle et de deux diaphragmes de papier imbibés des liquides excitateurs. Pour charger cette pile, on commence d'abord par humecter les deux surfaces métalliques avec une dissolution de sel ammoniac, puis on place sur la lame de zinc un des morceaux de flanelle imbibée de cette même dissolution. On place au-dessus de cette flanelle un diaphragme en papier également humecté, et au-dessus de celui-ci deux morceaux de flanelle imbibés de la dissolution saline et de plus chargés d'une couche de sel ammoniac pulvérisé ; au-dessus de ces deux doubles de flanelle, on place un nouveau diaphragme de papier, et, au-dessus de lui, les deux derniers doubles de flanelle qui sont seulement imprégnés d'eau. C'est sur ce matelas de laine qu'est placée la plaque de cuivre du côté bien entendu où elle a été mouillée. On assure la bonne adhérence de tous les éléments qui composent cette pile à l'aide d'un poids que l'on place sur la plaque de cuivre. Il paraîtrait, d'après l'auteur, qu'une pile ainsi disposée aurait beaucoup d'avantages sur les autres piles à courants faibles. Par une disposition un peu différente, l'inventeur a pu donner à ces piles une énergie beaucoup plus grande et sufiisante pour qu'avec 5 éléments on puisse avoir de belles étincelles et brûler des fils de platine.

Dans cette disposition, on n'emploie que quatre morceaux de flanelle au lieu de cinq ; 41s sont tous trempés dans la dissolution de sel ammoniac et recouverts d'une couche d'un sel excitant. Les deux couches qui sont placées du côté du zinc sont composés du verdet pulvérisé, les deux autres de sel ammoniac également pulvérisé, mais elles sont séparées par un diaphragme de papier humecté qui empêche les deux corps de se mé-

(i) Voir les Mondes, tome 7> p. 652.

langer. On pourrait, comme on le conçoit facilement, n'employer que deux morceaux de flanelle au lieu de quatre ; mais l'action électrique serait moins durable.

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