‹ Exposé des applications de l'électricitéChapitre 25 sur 46 · III · texte numérisé non relu

III

450 T8£taRAroBS A TRANS10SBI0R8 MULTIPLES.

de-l'béHi^ lotigae, larémstance dd cette httce est beaucoap moindre, pour anmèdie fioi&bre de spires» qae iliélice courte qui comprend les spires» extérieures. II ne se produira donc aucun effet à la station qui transmet; mais il n'en sera plus de mémo à la station de réception : le courant de la pile de cette station qui passera alor&seul à travers son relais pourra le faire réSigir, et dès lors les transmissions s'effectueront/ non plus avec le courant expéditeur, mais avec cehii du poste de réception.

Quaod les deux clefs sont abaissées simultanément aux deux stations, lee courants trasmis à travers la ligne sont neutralisés, comme dans le cas eb «es deCs sont en repoe, mais les courants des deux piles peuvent réagir alors localement sur les deux relais par les hélices extérieures qm se trou* vent mises «n contact avec la terre. Gomme l'intensité mimétique déterminée, dans ce cas» est à pou près le même que celle qui serait déterminée par les courants de ligne, ainsi qu'on Ta vu précédemment» le problème de la double transmission se trouve ainsi résolu» du moins en admettant que la ligne est parftûtement isolée.

Quand la Ugne est parfaitement isolée» ce qui eurrive toujours» un courant de£ûble intensité se prodmra nécessairement sur les r^is aux deux stations» et pour y remédier» M. Winter propose d-employer des relais pola*lises en leur donnant une tendance à produire des signaux en sens opposé de ceux- qui seraient produits par les courants résultant des pertes à la terre. Toutefbis l'intensité de ces derniers courants dépendant de la somme et de la position des dérivations, cette possibilité de compensaûpn plourrait devenir souvent douteuse.

M. Zetache» prétend enéoreque cette disposition du système de M. Winter n'est pas fiouvelle» et qu'il en a vue rappltcation à la transmission simple à Vienne» en 1^856. M« 1l\ inter, a du reste spécifié dans son brevet plusieurs autres dispositions dont on pourra se faire une idée dans Tarticle publié par M. Zetzche (tems le journal Télégraphique, de Berne, tome n» p. 482. Mais nous nous contenterons de celle qui précède» car elle seule présente une idée réellement nouvelle.

Sysitêmeside M. Vstex de Rotterdam. ^ Comme nous l'avons dit» la Hollande malgré le dédain qu*on avait manisfesté dans les autres pays pour les systèmes télégraphiques à double transmission» s'est trouvée satisfaite des résultats obtenus par M. Wan-Kebach» et a souvent employé des dispositions de ce genre dans son service télégraphique ordinaire. C'est pourquoi bon nombre d'inventeurs Hollandais» no soupçonnant pas la rèpugnance qu'on avait généralement pour ces systèmes de transmission, ont envoyé aux différentes administrations télégraphiques des projets doper*

TÉLtôH/kPHES A TRAK8MI880NS MULTIPLES. 451

fectionnement de ce Bystème télégraphique qui, naturellement, n'ont pas été adoptés. Les plus importants de ces projets ont été imaginés par M. Vaez de Rotterdam, et son système a été adapté au télégraphe Morse comme au télégraphe Hughes. Au moment où nous avons composé le manuscrit de ce TOiume nous n'avions eu connaissance de ce système que par le dispositif qui avait été envoyé à l'administration des lignes télégraphiques françaises, en 1868, et c'est lui que nous avons représenté fig. 163 ; mais il parait qu'il a été donné suite à cette idée, car nous voyons dans un article publié par M. ZetKsche dans \e journal UUgraphique de Berne, du 25 mai 1874, une description fort longue extraite d'une notice publiée par l'auteur en 1872, Nous allons résumer en quelques mots cette nouvelle disposition, nous réservant de décrire ensuite, pour l'application au télégraphe Hughes, celle qoi avait été proposée en 1868. et sur laquelle j'avais fait un rapport à Tadministration, le 30 avril 1870.

Suivant M. Yaez, la cause de l'insuccès des tentatives faites dans les différents pays avec les systèmes à transmissions simultanées devrait être attribuée à ce que « la résistance des conducteurs aux différents moments de la transmission télégraphique varie constamment, ce qui rend le réglage des appareils difGicile, même sur des lignes très-courtes, et aussi à ce qu'A suffit d'une petite altération dans la réâstance de la ligne pour empêcher entièrement le travail des appareils i Or, M. Vaez prétend que son système, en fiûsant disparaitie ces inconvénients, permet une transmission certaine sur des circuits très-longs, et, suivant lui, dès Tannée 1868, ses essais avaient produit d'excellents résultats sur une ligne de 300 kilomètres.

Dans son système appliqué aux télégraphes Morse, M. Vaez n'apporte aucun cha^nement à Tappaieil récepteur. C'est un relais à hélice double qui remplit les fonctions nécessaires à la double transmission, mais il a cherché à n'employer pour dirige la marche des courants et assiu^r leur action que deux des trois positions différentes que MM. Siemens et Frischen ont donné au manipulateur Morse pour obtenir le même effet, savoir celle de la réception ou du repos et celle des émissions ou du travail. Pour obtenir ce résultat il ftdt réagir le levier du manipulateur sur un interrupteur de courant qui, au moment de l'émission du courant de ligne, rompt le circuit local réunissant les héfices du relais du poste à la terre. De cette manière, le courant de ligne envoyé à ce relais de la station correspondante, ne peut passer que quand le manipulateur du poste est sur le contact de repos^^ et, quand il passe, le courant local contraire qui pourrait annihiler cette action ne peut réagir sur le relais, puisqu'il n'y a pas contact entre Tinterrupteur el le levier manipulateur ; mais quand celui-ci est abaissé en même

temps que son correspondant à Tautre station, il n'est est plus de même; ce contact se produit, et le relais est mis en activité, non sous Tinfluence da courant qui est transmis de la station opposée et qui ne passe pas, mais sous l'influence du courant local du poste lui-même.

Pour que la transmission dans les deux sens soit possible, il fiiut, comme ou Ta vu, que les deux courants bifurques, partant de la station qui transmet, puissent se compenser dans le relais de cette même station. Or, comme la partie du courant qui entre dans la ligne parvient au til de terre de la station d^arrivée, soit par le contact de repos de Tinterrupteur supplémentaire, soit par le contact de celui-ci avec le mam'pulateur suivant que ce dernier est à Tétat de repos ou de travail, M, Yaez a cru devoir intercaler sur le fil de jonction du contact de Tinterrupteur en question avec le fil de terre, une résistance égaie à celle de la batterie, afin que les deux courants rencontrent toujours exactement la même résistance.

Ck>mme on le voit, la disposition de M. Yaez n'offrait en somme de nouveau sur celle de MM* Siemens et Frîschen^ que l'addition de Tinterrupteur auxiliaire qui forme à la fois rhétome diijoncteur et coi^ncteur, et l'installation d'une deuxième résistance égale à celle des batteries de ligne sur le fil réunissant cet interrupteur à la terre.

Suivant M. Zetzche, ces modifications sont inutiles et ne oonstiluent en ancune façon une amélioration du système de MM. Frishen et Siemens ; il essaie même, par une dissertation, il est vrai, très-contestable ( voir Journal UUgra/phiqae^ tome it, p. 437 ), de démontrer que le système de M. Yaez est inférieur à celui de M. Siemens. Mais nous croyons que le jugement de M. Zetzsche se ressent beaucoup d'un parti pris contre tout ce qui n'est pas d'origine prussienne ; quoi^ll en soit, après avoir critiqué le système de M. Yaez, il termine en disant :

Enfin M. Yaez n'est pas le premier qui ait proposé de supprimer la suspension du manipulateur, et le moyen qu'il propose, à cet égard, n*est pas nouveau. En 1863 déjà, M. Maron de Berlin avait dans son système de transmission simultanée dont l'appareil de réception avait un ilecttoaimant enroulé avec un seul filet se trouvait intercalé sur la diagonale d'un pont de Wbeatstone, supprimé la suspensi<Ki du levier en fermant en court circuit le courant de la pile de ligne, pendant que le levier du manipulateur se trouve en repos (I). Mais pour éviter la fermeture en court

(i) Cette disposition avait été prise avant lui, en itiAi 1856, par M. Gintl; en octobre 18S5, par M. Bosscha de Letde et en février 1SS6, par M. Krainer, do Beriia.

circuit qui atait une durée assez longue. Maron transporta, ainsi que M. Sfchreder, de Vienne, l'avait déjà imaginé en 1801 pour son appareil à double transmission, les contacts de repos et de travail du manipulateur sur un levier à un bras, au moyen duquel Taxe du levier manipulateur, relié à la ligne, était séparé de la terre au moment même où il était mis en communication avec le pôle de la pile de ligne ; de sorte qu'il ne se produisait qu'un court circuit momentané. Dans cette même ïinnée de 1863, M. F. Schaack fit connaître son système 'de transmission simultanée, où il avait cherché à éviter une interruption delà ligne pendant la suspension du manipulateur, en munissant le levier métallique de ce dernier, de deux ressorts de contact, qui, dans la position horizontale du levier du manipu* lateur, reposaient simultanément sur les contacts de repos et de travail. Enfin j'ai imaginé moi-même, en 1865, un groupe de dispositions semblables pour le manipulateur, au moyen desquelles la transmission simultanée en sens contraire pouvait se combiner avec la double transmission, mais qui laissaient également se produire pendant le moment de la suspension du manipulateur une fermeture très*brève delà pile en court cir* cuit i.

La disposition du système de M. Vaez appliquée aux télégraphes Hughes, est représentée fig. 163. Elle nécessite 4 appareils, deux par chaque station, et ces appareils sont reliés Tun à Tautre, de manière que l'un soit aflfecté à la réception et l'autre à la transmission et à l'impression de contrôle. Il n'y a d'ailleurs aucun relais, mais les bobines de Télectro-aimant de Tappareil affecté à la réception sont isolées l'une de l'autre, et appartiennent, comme dans le sytème Siemens, à deux circuits distints. Un rhéotome à la fois con joncteur et disjoncteur adapté au levier de l'armature de rélectro-ai« mant de l'appareil affecté à la transmission est le seul changement apporté à la disposition des appareils.

Nous n'avons indiqué dans la fig. 163 que les pièces des appareils Hughes» qui sont reliées d'une manière quelconque au système, c'est-à-dire l'électro-aimant déclancheur £, le commutateur suisse S, le conjoncteur X, le rhéotome e constitué par la came correctrice, le râteau tournant T du transmetteur, Tune des touches M du manipulateur, enfin Téquerre D qui ramène les appai-eils au repère. Un seul poste est indiqué sur la figure, le correspondant étant disposé exactement de la même manière. Le fil de ligne L est indiqué à droite entre les deux appareils de la première station, et, pour comprendre la manière dont il est en communication avec les appareils de la seconde station, il suffit de considérer qu'au lieu d'être atta* ché au bouton L, en venant de droite, il est attaché au même bouton en

venant de gauche. Enfin, nous ferons remarquer que l'électro^aixnant est vu de profil dans l'appareil du de89U9 afin de montrer le rhéotome, tandis

Figr 163..

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3B93tl r^s^—^

qu'il est vu de face dans Tappareil du dessous pour montrer les communi-' ;:^ioas électriques de s<3s bobines.

.TÉLtOBAFHBS À TBÀHSlOSSiONS UOVTmMË. M

Pour qu'on puisse suivre plus aisément la marche des courants dans ce système de transmission, nous avons représenté les différents circuits par des lignes ponctuées de différentes manières. La pile est en P.

Gomme on le voit, ce système ne met à contribution qu'une seule pile k chaque station, mais on emprunte à cette pile quelques éléments pour réagir sur un circuit local (indiqué en lignes ponctuées en points serrés), equel circuit met en action le récepteur de l'appareil qui transmet. Il y a en plus à chaque station un commutateur G, G' et un rhéostat R, H'.

Le rhéotome dcxit nous avons parlé, et qu'on dislingue en Isur la fig. id»i est constitué par une lame d'ébonite L, flg. 164, fixée au levier A de l'arma-^ ture de Télectro^îmant de l'appareil à transmission, au-delà de son point

d'articulation, et à l'extrémité de cette lame est fixée une équerre en cuivra avec une vis de contacta, qui est en rapport métallique aved la terre. Unres^ sort r fixé au-^dessous de la lame L et en contact ordinaire avec la vis v, est relié au circuit de ligne. Enfin, au-dessous de ce ressort r, est uàe autre vis V mise en rapport avec le pdle positif de la pile de la station par l'intermé* dîaire du commutateur G, fig. 163.

Les communications étant établies comme on le voit sw la figure, nous allons étudier ce qui arrive quand les stations transmettent ensemble ou séparément Nous supposerons d'abord que la station A transmet seule. :

Sous l'influence de l'établissement de Tune oii de Tautre des touches M du clavier fig. 163, le courant delà petite partie de la pile P, irade Af au massif de l'appareil par le chariot T, et de là, par la came correctrice e mise en rapport avec ce massif, au commutateur suisse 8, puis à rélecIro-éimantE» au conjoncteur X, après avoir repassé par le commutateur S, puis- enfin à la terre par le quatrième contact- du commutateur G.- Bous l'infliieAoe dé ce courant, l'éleclro-aimant E déclanchera le mécanisme imprimeur, et l'armature en s'élevant fera fonctionner rjnlerruptèuirT,7lè~féIÏFm*âmèrê que le contact du ressort r avec la vis v sera rompu pour être rétabli avec la vis V. Alors, le confiant de la pile P sera envoyé sur la ligne en passant pa^ l'électro-aimant E' du second télégraphe de la station A,' où il ne prodiiira aucun effet, par suite de l'arrangement différentiel de ses bobines.;Poiy

456 TiLtQRÀPHES A TRANSMISSIONS BIULtlPLES.

Gomprendre cet e£fot» il saffit de suivre le courant dans son trajet. Ce courant au sortir de la vis Y se trouve dirigé sur le massif de ce second appareil par le ressort r et le troisème contact du commutateur G, et de là sur rélectro-aitnant £' par ia came correctrice c' et le commutateur 6'« Là il trouve deux chemins pour circuler ; le premier de ces chemins lui est ouvert par la lame !, qui le conduit à travers la bobine de gauche de l'ilectro aimant £' ( de gauche à droite ), pour aller de là sur la ligne par le conjoncteur X% et le bouton d'attache L. Le second chemin correspond à la lame 2, qui le conduit à la bobine de droite de Télectro-aimant ET, où il entre dans un sens opposé, de manière à créer dans celui-ci une action magnétique contraire à celle développée par la première bobine. De là cette partie du courant va regagner la terre en passant à travers le rhéostat U, dont la résistance est équivalante à celle du circuit de ligne à partir de cet endroit. Gomme ces deux courants traversent des résistances égales, l'effet sur Télectro-aimant F est nul, et on se trouve avoir ainsi résolu la première partie du problème. Mais voyons ce que devient notre courant, après avoir traversé la ligne.

Il entre d'abord dans le second télégraphe de la station B, par le bouton L, et de là il suit, mais en sens inverse, exactement le même chemin qu'il avait parcouru à travers le second appared de la station A. Seulement arrivé au commutateur S' (I), il se bifurque à son tour à la lame n* 1, pour entrer dans les deux bobines de l'électro-aimant E" dans un même sens, c'est-à-dire de manière à fournir deux actions magnétiques conspirantes; et cet effet tient à ce que le courant conserve la même direction dans la dérivation ouverte par ia lame %, tandis qu*il se trouve renversé dans la dérivation ouverte par la lame 1. Gomme ces deux dérivations sont complétées, d'une part, par le rhéostat R' et la terre, de l'autre, par la came correctrice e'\ le massif de l'appareil, la 3* lame du commutateur G', l'interrupteur r (dont le ressort r est en contact alors avec lavis v), et ia terre; il en résulte un déclanchement du .mécanisme imprimeur du second récepteur de la station B qui réalise l'effet voulu.

Examinons maintenant le cas oix les deux stations transmettent en même temps. Cette fois les deux touches M et M" étant abaissées simultanément,

(i) Nous mettons aux lettres deux accents au lieu d'un, pour indiquer que les pièces qu'elles désignent appartiennent à Tappareil du dessous de la 2« station. Par la même raison, trois accents se rapportent aux lettres du 4* appareU qui est en dessus."

les èlectro-aîmants E et £" sont mis respectivement en activité par leur courant local, les impressions de contrôle sont produites et les rhôotomes I et I' sont dans la situation qui convient pour que les courants des piles de ligne P et F soient mis en action et dirigés en même temps à travers les circuits de ligne par les chemins que nous avons déjà étudiés. Mais comme ces courants sont égaux et opposés à travers la ligne, ils se neutralisent dans les parties du circuit qui correspondent à la ligne jusqu'aux points où ils se bifurquent, c'est-à-dire jusqu'aux lames n» 1. Mais trouvant dans les lames n* 2 des issues pour s'échapper librement, ils prennent le chemin suivi déjà par les courants dérivés locaux et doublent leur énergie. Il en résulte que les bobines de gauche des électro-aimants £' E*, ne sont tra- Tersées par aucun courant ou du moins que par un courant fiaible résultant du mauvais isolement de la ligne, tandis que les bobines de droite possèdent un courant d'une intensité presque double. Conséquemment, les électroaimants deviennent actifs aux deux stations, comme si le courant avait passé à travers les deux bobines, c'est-à-dire, comme s'il avait passé à travers la ligne.

On remarquera que dans ce système, la communication de la ligne au massif à travers le rhéotome contitué par l'armature de l'électro-aimant et le levier déclancheur n'a aucun emploi, puisque la lame du commutateur 8' à laquelle elle aboutit est isolée des autres lames ; conséquemment elle ne sert à rien, mais elle ne nuit pas non plus, et son usage peut se retrouver quand on utilise les appareils en transmission simple. Du reste, avec la double transmission, cette communication n'u pas sa raison d'être, puisque rélectro-aimaat de la station qui transmet doit ôtie inerte au moment des transmissions, et n'a par conséquent pas besoin d'avoir son courant interrompu plus vite qu'à la station de réception, pour foire effectuer les deux déclanchements dans les mêmes conditions de force magnétique.

Nous ne parierons pas ici des autres combinaisons accessoires de courants que M. Vaez a ajoutées à son système, car elles embrouilleraient un peu la question; elles ont été imaginées pour la mise au repère des appareils, et pour se servir de ceux-ci en transmission simple, si on le désire (1). ,..

(1) Pour comprendre comment on arrive à ces effets, il nous suffira de dire que

' si le courant de ligne arrive au récepteur de la station qui transmet au moment où

la touche D de la mise au repère est abaissée, le courant va de L en X, et de là dans

la bobine de gauche de E', mais dans un sens qui n^est pas convenable pour Tactiôn

de cet électro-aimant, puis il se bifurque en 1, pour aller, en terre, d'un côté par la

4ft8 TËUÊaRAPHBS A TRANSMISSIONS MULTIPLES.

Ce système, comme on le voit, est simple et ingénieux, et maintmant que le problème des transmissions simultanées est à l'ordre du jour dans les administrations télégraphiques, et que les lignes télégraphiques sont mieux isolées, il faut espérer qu'on rexpérimentera plus sérieusement qu'on ne Ta fait jusqu'ici ; il renferme d'ailleurs en lui les perfectionoements de détails qui ont été introduits par M. Stearns, et rien ne s'oppose plus à son application.

Nous ferons toutefois remarquer que, par suite de la disposition particulière que M. Hughes a donnée à son électro-aimant, le système d'équilibrement des courants adopté primitivement par M. Vaez, et qui réussit fort bien avec les électro -aimants ordinaires, comme Tout prouvé les expériences de M. Siemens, est tout à fait impropre pour les appareils Hughes. On comprend, en efifet, qu'avec une aimantation normale communiquée aux noyaux magnétiques par un aimant persistant en fer à cheval, la désaimantation complète d'un de ces noyaux n'entraîne nullement celle de l'autre, comme cela aurait lieu pour l'aimantation avec les électro-aimants ordinaires; il faut pour cela que l'effet désaimantant s'effectue simultanément par les deux bobines, et on se trouve dès lors obligé d'avoir recours au système des doubles hélices dont il a été parlé en commençant Ceci

came c' et le massif, et d*un autre côté par le fil de la mise au repère qui est alors en contact avec la terre, par suite de rabaissement de la pédale D. La seconde bobine de rélectro-aimant ne reçoit donc aucun courant, et celui-ci reste inerte ; oe qui résout le premier point de la question quand l'appareil est disposé en double transmission. En cas de transmission simple une liaison établie entre le fil de la mise au repère et le second contact de X, résout le problème, comme dans le cas ordinaire sans rien changer au commutateur S*.

Pour employer les appareils en transmission simple il suffit d*adpater les chevilles aux deux premières lames de gauches du commutateur G, et de retirer celles des autres lames, ainsi que la jonction au rhéostat R. De cette manière, la communication de la partie inférieure de Taxe du chariot avec la terre est rétablie sur la seconde lame du commutateur comme dans le cas ordinaire, et, comme le commutateur X est alors sur le second contact, le courant envoyé par le manipulateur M* va à la came c\ comme à Tordinaire, puis à la bobine de gauche de Télectro-aimantE, et de celle-ci au commutateur C parle fil complémentaire pointillé ; il va ensuite par le fil du rhéostat à la bobine de droite de E', puis à la lame 2 du commutateur, au second contact de X, et par X à la ligne. Les deux bobines sont donc traversées à la fois par le même courant, et cette fois dans le sens convenable pour produire le déclanchement, comme cela a lieu dans les transmissions simples ,

ne change d'ailleurs en rien la disposition du système, car au lieu que la bobine de gauche de rêlectro-aimant £' communique à la lame 1 et à la ligne, et la bobine de droite à la lame 2 et à la terre, par Tintermédiaire du rhéostat H, on peut faire en sorte de substituer à la première bobine Tun des flls des hélices doubles de Tétectro-aimant et à l'autre bobine le second fil qui est enroulé en sens contraire ; on peut d'ailleurs s'arranger de ma« nière que ces hélicss ne présentent pas individuellement une résistance plus grande que chacune des bobines. H est probable que M. Vaez avait donné la préférence à la disposition que nous avons décrite, afin d'employer, sans leur fisdre subir de changement, les appareils Hughes existants, et c'est sans doute là la raison pour laquelle les premiers essais de ce système n'ont pas été avantageux; mais nous ne voyons pas pourquoi on ne réussirait pas en lui faisant subir la légère modification que nous indiquons, puisque le système de M. Stearns qui ressemble beaucoup à celui de M. Vaez est aujourd'hui reconnu excellent.

Cette description, comme je l'ai déjà dit, a été faite avant que je n'aie entendu parler de la brochure de M. Vaez. N'ayant pas en ma possession cette brochure, et le système de M. Vaez n'étant décrit que très-sommairement dans l'article de M. Zetzsche, j'ignore si la modification indiquée précédemment a été adopté pu M. Vaez. On pourrait le croire, d'après les quelques lignes qui suivent et qui terminent Tarticle de M. Zetzche.

c En terminant, je ferai observer que pour la transmission simultanée en sens opposé avec l'appareil Hughes, M. Vaez fait usage dans chaque station de deux appareils, dont l'un sert comme appareil de transmission, et l'autre comme appareil de réception. L'électro-aimant du premier n'est enroulé que d'un seul fil, et celui de Tappareil récepteur de deux. Par une des extrémités de ces enroulements, l'un est relié avec la ligne, et l'autre établit la communication avec la résistance de compensation, tandis que par les deux autres extrémités, ils sont reliés chacun avec un ressort fixé à la came de correction de l'appareil de réception qui tommunique avec le massif de l'appareil. Le courant de dépaurt passe ainsi par les deux bobines de réieciro-aimant de l'appareil de réception, et le courant d'arrivée par une seule. »

SymiémjB de M. Steavas. — [.e système de M. Stearns, directeur de la compagnie américaine daFraïUcUn téUgraph, qui a été essayé en prem ier Ueu entre New- York et Boston, est fondé exactement sur le même principe que ceux de MM. Siemens et Vaez, et il se recommande plus par la manière dont son auteur est parvenu à écarter l'action des causes peiturbairices que par l'originalité de sa conception.

La fig. 165 représente la disposition qui a été définitivement adoptée ; elle ne se rapporte qu'à un seul poste, l'autre étant exactement dans les mêmes conditions^ sauf la disposition de la pile qui est au contraire pour les deux postes en correspondance. Pour que Ton distingue tout d'abord les organes essentiels du système, nous dirons que M représente le relais enroulé avec deux fils, comme ceux déjà décrits, R le récepteur, L| la pile locale pour le fonctionnement de ce récepteur, B la batterie de ligne L» une seconde pile locale pour la marche d'un parleur local S dont nous verrons à l'instant les fonctions, enfin K, D et N trois interrupteurs reliés les uns

Fig. 165.

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aux autres, et dont la combinaison réalise les effets que nous avons annoncés.

Le premier de ces interrupteurs K, est une clef Morse ordinaire, qui, au lieu d'agir sur le circuit de ligne, ne fait que mettre en action Télectroaimant S du parleur sous Tinfluence de la pile locale L| ; l'employé qui transmet entend de la sorte sa propre transmission. Ce parleur en réagissant sur rarmattilre D, provoque le jeu du levier 6 D qui pivote en d et qui se trouve de cette manière mis en contact avec l'extrémité b du levier n b Celui-ci pivote en N et fournit un second contact en A avec une pièce mise en rapport avec un rhéostat X^ et le sol. C'est ce levier qui étant relié au relais M par les deux fils de son hélice, comme on le voit sur la figure, réagit sur le fil de ligne par le fil n^ 3, et sur le fil du circuit local, en écoulant en terre par le fil no 5, et la résistance X| le courant de la pile B. Le fil n* 5 est d'ailleurs mis en rapport, d'autre part, avec un condensateur G. Enfin la batterie de ligne B communique avec le levier 6 D par Tintermédiaire d'une troisième résistance X,. La résistance X, doit être égaie à

cette du cireait de ligoe; la résistance X,à celle du relais, enfin la résistance X3 à celle de la batterie. Voici maintenant ce qui se passe quand l'une des stations transmet seule :

Sous l'influence des fermetures du courant local opérées par la clef K, le parleur est mis en action et constitue avec le levier D b une seconde clef qui répète tous les signaux. Or, à chaque attraction de ce levier, c'est-à-dire à chaque abaissement de la clef K, un contact s'établit entre lui et le levier fi 6, d'où il résulte : d*abord la séparation de ce dernier du contact h, et en second lieu, la transmission du courant positif de la batterie B aux deux fils de la bobine M, lesquels fils, en conduisant le courant dans un sens opposé à travers Télectro-aimant, rendent son action nulle sur le relais M, mais efifective sur le relais M' de la 2* station. £n effet, à cette station, le levier n b n'étant pas soulevé, le courant sort du relais M' pour s'écouler en terre par le fil 2, le contact h, la résistance X, et le fil 6. Une petite portion de ce courant se dériver a bien en a pour s'écouler aussi en terre par la résistance X( et le fil 5, mais en raison de la grande résistance de X^, il s'en écoulera fort peu, et cette partie même, traversant le relais dans la même direction que le courant principal, ajoutera son effet à celui de ce dernier. Comme à ce moment le relais n'est parcouru par aucun courant opposé, le courant d'arrivée produira naturellement dans la station considérée, les signaux émis par le manipulateur de la station correspondante.

Quand, au contraire, les manipulateurs sont fermés en même temps aux deux extrémités de la ligne, les deux piles principales se trouvent à la fois dans le circuit de la ligne, et un courant d'une force double traversera la ligne ainsi que Tun des fils du relais de chaque station. Ce courant ne sera en conséquence, contrariédans son effet sur les relais, que par celui qui circulera dans le second fil de chaque relais, et comme celui-ci provient uniquement de la pile avec laquelle il est en correspondance» il se trouvera être beaucoup plus faible que l'autre. Il en résultera que les relais ne seront affectés que par des courants différentiels, qui, pour la station A, en désignant par B la pile de A

(pi p' \ p —- 4. J — ^et

/ p p \ p' pour la station B» par ^^ + —j --. Ainsi, dans ce cas; chaque

station reçoit un signal par le seul effet de la pile de l'autre station.

On remarquera que la pile B est momentanément réduite à un court circuit pendant le temps qui s'écoule entre le moment où se produit le contact en b et celui de l'interruption du contact entre g ei h; or, c'est pour éviter les perturbations qui pourraient résulter de cette cause de dérange-

ment que l'on a intercalé les résistances X, et X,» qui sont calculées de manière que la résistance que rencontre le courant de la station en corres« pondance, reste la même, que la communication à la terre s'effectue par le fil i, ou par le fil 6.

Le rapport que doivent avoir ces résistances, les unes à Tégard des au-tres, est une question de la plus haute importance pour assurer une division égale du courant de départ entre les deux fils opposés des reluis par lesquels il est émis.

Par exemple, si les résistances des différentes parties du circuit sont les suivantes :

Ligne =200 000 mètres

Relais (chaque fil). . . == 20 000

Pile = 5 000

Rhéostat X3 = 5 000

L'on devra donner au rhéostat X| une résistance de 240 000" et au rhéostat X^ une résistance de 20 000".

Le courant de départ, à son arrivée au point a, rencontrera alors une résistance égale pour chacune des deux routes, savoir :

!• Pour la !«• route 2* Pour la ?• route

Fil dn relais de la station de Un fil du relais de la

départ 20 000» station de départ. . . 20 000

Ligne 200 000 Rhéostat X. 240 000

Fils du relais de la station Total. . . 260 000

d'arrivée 20 000

Rhéostat X, à la station

d'arrivée 20 000

Total. . . 260 000

Dans la pratique, la résistance X| devrait être un peu plus faible que le chiffre ci-dessus indiqué, puisqu'une petite partie du courant d'arrivée s'écoule en terre à partir de a par les fils 4 et 5, et le rhéostat X|. Cela réduit, dans le cas ci-dessus, d'environ 4 p. %, larésistance effective à offirir à la pile delà station correspondante Xj devra donc être réduite dans la même proportion. £n manœuvrant pratiquement l'appareil» il est aisé de régler la résistance X| de façon à égaliser les courants parcourant le relais M dans des directions opposées. Quand le relais n'est en rien affecté par l'ouverture et la fermeture du manipulateur K, l'on reconnaît que la résistance X|, est convenablement réglée.

Quand on introduisit pour la première fois cet appareil entre New- York et BuffdlOy dont la distance est de près de 500 milles (environ 800 kilomàtrès), on observa un trouble considérable provenant des effets de l'induction latérale ou statique, phénomène qui n'avait jusqu'alors que peu ' attiré l'attention sur les lignes terrestres. Le courant de retour venant de la ligne n'étant pas compensé par un courant égal dans le second ûl du relais, il se produisit une grande confusion. M. Bteanis triompha de cette dif-* ficulté d'une manière très ingénieuse en employant le condensateur G formé de couches alternées de feuilles d'étain et de papier imprégné de parafine,, et disposées comme les feuillets d'un Uvra. Les feuilles métalliques étaient reliées alternativement les unes aux autres, de façon à former deux séries distinctes, isolées chacune Tune de l'autre, et dont Tune communiquait avee le fil 5, et l'autre avec la terre, ainsi que le montre la figure. Ce con-> densateur présentait une surface suffisante pour produire un efiet d'induction précisément égal à celui de la ligne. M. Stearns, toutefois, a reconnu qu'il n'est pas absolument nécessaire d'employer des condensateurs pour les lignes d'une longueur ordinaire, c'est-à-dire de 250 à 300 milles (400 à 480 kilomètres) ; mais pour les longues lignes ils deviennent très-utiles, et leur adoption a toujours été suivie du succès le plus prompt. Entre New- York et Chicago, il y a une ligne en service tous les jours, avee un seul translateur à Buffalo, et depuis que des condensateurs ont été introduits, l'on n'a plus éprouvé aucune difficulté provenant des effets de l'indue- ' tion.

Au lieu d'employer un relais de forme ordinaire muni de deux fils» on peut construire le relais différentiel avec l'intermédiaire de deux aimants égaux^ disposés de foçon à agir dans des directions opposées sur la même armature. En principe l'effet est exactement le même que dans l'autre cas ; mais, suivant M. Stearns, il y a quelques considérations pratiques qui militent en foveur de la forme précédentCi car avec ce dernier sytème les réglages rendus nécessah^ par les variations de la résistance de la ligne, peuvent s'obtenir par le rapprochement ou Téloignement de l'un des ai- • mants de l'armature, au lieu de nécessiter le changement de la résistance du rhéostat Xj.

<c L'appareil que nous venons de décrire, dit le journal Télégraphiquef tome II, p. 160, se rapproche, comme on le voit, beaucoup plus que tout antre de celui de MM. Frischen et Siemens. L^amélioration introduite par M. Stearns, consiste à disposer l'appareil de transmission de telle sorte, que kt communication avec la pile s'étabUsse en même temps ou même avant que la communication avec la terre soit interrompue, et à compenser la*

464 TÉLÉGRAPHES A TRàNSMISSIONg MULTIPLES.

résistance de la pile ; ces dispositions ont pour résultat de donner, dans Tappareil de Stearns» aux résistances et par conséquent à la force du courant, une uniformité constante, ce qui était bien loin d'être obtenu avec le système de MM. Frischen et Siemens. L'on a également reconnu que la mise en jeu du frappeur d'émission par le manipulateur et remploi d'une pile locale étaient très-favorables à la manœuvre de l'appareil. Enfin, l'ad* jonction du condensateur a écarté le dernier obstacle qui pouvait s'opposer à la généralisation de Tusage des appareils à double transmission sur des lignes de toute longueur, et dans le cas où l'activité du trafic rend son adoption désirable.

« La compagnie de Westem-Unioni donne k l'emploi de l'appareil de M. Stearns une rapide extention, et dans très-peu de temps il desservira probablement 1j plus grand nombre de lignes jdirectes appartenant à cette compagnie, car les résultats obtenus depuis quatre ans sur les lignes de la compagnie Franklin, en ont démontré toute l'importance pratique. Grâce à ce système, en eftet, le travail de chaque ligne peut être presque doublé, n

Cette appréciation du journal Téligraphiqtie, de Berne, a été combattue, comme on devait s'y attendre, par M. Zetczhe» puisqu'on somme» sauf l'emploi du condensateur, ce système n'est que la reproduction avec quel* ques variantes du système de M. Vaez; il le regarde même, précisément à cause de ces variantes, comme inférieur à celui de ce dernier inventeur, et son seul mérite, suivant lui, est l'adjonction du condensateur. Encore £ait*' il ses réserves à ce sujet : < car, dit-il, M, Stearns ne peut s'attribuer en » principe le mérite de l'application du condensateur à la télégraphie. Le » premier brevet pour ce genre d'application a été délivré à M. Isham » Baggs, le 22 mai 1858^ et c'est M. Werner Siemens qui en a faut la pre- » mière application pratique, sans avoir eu connaissance de l'idée de » Baggs ; la preuve, c'est que M. Siemens était déjà, dès l'automne 1858, » parti avec l'expédition chargée de Timmersion du c&ble de la mer Rouge, ^1 et cette même année 1858, il remplaça la terre à rextrémité du câble sur ) laquelle la transmission devait s'opérer par une grande bouteille de » Leyde (im morceau du câble destiné à prolonger la ligne jusqu'aux Indes), » et forma ainsi ce qu'il appela le $ac électrique, i»

Quant à nous» sans être aussi affîrmatif que M. Zetiche, et aussi enthou* siaste que le jourual TéUgraph ique, de Berne, nous croyons que M. SteamSf quoique n'ayant, en somme, imaginé rien de bien nouveau» a rendu un véritable service à la télégraphie eu sachant vaincre, par son opiniâtreté et des essais nombreux faits dans de bonnes conditions, les pr^ugéa adieux

TÉLÉGRAPHES A TJEIANSMISSIONS MULTIPLES. M5

attachés dès rorigine à ce genre de transmission électrique. Cette invention, comme toutes celles qui se rattachent à la télégraphie est une œuvre collective à laquelle chacun a apporté son contingent, et il est arrivé que quand cette œuvre a pu atteindre un assez grand degré de perfection, ii a suffi d'un homme hardi et entreprenant pour la faire adopter. Or, M. Stearns a été précisément cet homme pour les transmissions simultanées.

Nous n'avons décrit qu*un seul des systèmes exposés par M. Stearns dans son brevet, mais il en mentionne plusieurs autres, et notamment un basé sur l'emploi d'une combinaison de circuits reproduisant un pont de Wheatstone. Nous avons décrit précédemment, p. 442, un système de ce genre, mais M. Zetzche fidèle à son principe de tout attribuer à TAllemagne, rapporte cette disposition à M. Maron, de Berlin, qui, suivant lui, l'aurait imaginée en 1863. Dans le système de M. Stearns, les résistances qui se trouvent, des deux côtés du pont, placées entre la diagonale et la pile de ligne, sont égales, et naturellement la troisième résistance qui est celle de compensation est égalisée avec celle de la b'gne. Pour compenser la variation éventuelle de la résistance de la ligne, M. Stearns recommande l'emploi d'un rhéostat dont le bras mobile soit relié avec le fil communia quant au pôle de la pile, et dont le mouvement permette de changer simultanément les deux premières résistances dans le même rapport que les deux dernières.

Les condensateurs employés dans le système à double transmission de M. Stearns, jont généralement une capacité électro-étatique de cinq micro» fttrads, et sont composés de cinq plateaux réunies par l'intermédiaire d'un commutateur, afin de pouvoir en faire varier à volonté la puissance con* densante. Ces cinq plateaux ont des capacités différentes et représentées, pour l'un par deux microfkrads, pour un autre par un microfiirad, pour un autre par la moitié d'un microforad, pour un autre encore par un quart de microforad ; enfin le dernier a un huitième de microfàrad.

La matière employée pour les surfieuses inductrices de ces condensateurs est toujours de Tétain, et le diélectrique, du papier trempé dans de la para* ffine de cire. Ce papier est de la même qualité que celui des billets de banque et a pour dimensions, 21<>, 76 en longueur, 18<*, 5 en largeur. Le papier d'étain dont l'épaisseur ne dépasse pas i4 miUièmes de millimètre est un peu plus petit, et n'a que 18*, 4 en longueur, sur 15«, 24 en largeur. L'un des coins est coupé sur une longueur de 6 centimètres.

L'une des armures constituées par les feuilles d'étain est en rapport avec la ligne, l'autre est reliée à la terre, et le nombre des feuilles qui constituent cette dernière dépasse celui des autres feuilles d*une unité. Gomme les ni 30

4M TÊLÉÔHAPllEd A TRÀKSMlâSlONS MULTII^isS.

feuilles de pa^ner ont deux coins coupés, il résulte de la superposition alternative de ces feuilles et des feuilles d'étain, tournées successivement dans un sens différent, que celles-ci peuvent se trouver réunies métalliquement par les coins non coupés, soit à droite, soit à gauche, suivant qu'elles appartiennent à Tarmure de la ligne ou à l'armure de la terre.

Cette réunion est assurée au moyen de petits morceaux de cuivre étamé, qui sont eux-mêmes réunis par un fil, et qui communiquent, du moins d'un côté, avec un plateau servant d'enveloppe à Tappareil, lequel plateau est en métal très-poli. Quand les feuilles ont été disposées convenablement sur ce plateau, on le chauffe en dessous au moyen d'un appareil Bunsen ou d'un chauffeur à gaz, et on laisse écouler dans une rainure qu'il porte tout autour, l'excédent de la paraffine qui ressort de la pile de feuilles superposées. On soumet ensuite cette pile avec les deux plaques métalliques qui la recouvrent à une pression d'environ 450 kilogrammes, et, quand chaque pile est ainsi formée, chacune des plaques du plateau est en rapport à chaque bout avec une lame appartenant à l'armature de terre. Enfin le tout est confiolidé par une couche de paraffine £Dndue dont on enduit les bords de la pile.

Généralement la surface condensante des condensateurs de un microfarad de capacité électro-statique est à peu près de 9,86 pieds carrés.

Des expériences entreprises par M. Culley et plusieurs autres (1), montrent, qu'après une cei*taine limite, l'augmentation de la surface condensante des condensateurs employés pour les doubles transmissions, est sans effet sur les résultats obtenus ; et, s'il fout en croire M. Marson, on peut obtenir les mêmes effets avec des condensateurs variant en capacité électro-statique de 2 à 5 microfarads. On a cherché à expliquer cette particularité par des réactions d'induction secondaires échangées entre les plateaux des condensateurs, mais M. Culley ne Ta pas reconnu dans ses expériences.

Système de H. €. Varley. — Ce système qui est basé sur les effets particuliers des condensateurs à grande surface, ne change en rien la disposition ordinaire des lignes télégraphiques établies dans le système Morse. On correspond donc, comme à l'ordinaire, et la transmission multiple s'effectue par l'addition, aux deux extrémités de la ligne, d'un ou de deux condensateurs qui permettent de superposer aux courants ordinaires traversant la ligne, des courants statiques qui agissent isolément sur des récepteurs spéciaux combinés en conséquence.

(1) Voir le Télégraphie Journal^ tome u, p. 134.

TÉLÉGRAPHES Â tAAJNSMlâSlONd MULTIPLES. 467

Ces récepteurs sont auditife et constitués par un électro-aimant droit dont le noyau assez petit, mobile dans sa bobine magnétisante, est influencé par un aimant persistant, et peut, par conséquent, yibrer assez rapidement sous rinfluence de courants fréquemment interrompus. De plus, si cet éiectro-ainmnt est placé sur une caisse sonore, et si son noyau peut buter contre un timbre, il pourra fournir des sons brefe ou des sons composés de roulements, selon que le courant statique qui Timpressionnera sera court ou prolongé; ce qui permettra, par conséquent, l'usage de Talpbabet Morse pour la correspondance. Enfin, on comprend aisément que, si Faimant agissant sur le noyau magnétique est placé différemment pour deux récepteurs du même genre, Tun de ces récepteurs sera impressionné par les courants dirigés dans un sens déterminé, Fautre par les courants contraires.

Cela posé, admettons qu'aux deux stations opposées, les armures homologues de deux condensateurs soient mises directement en rapport avec la ligne, et que les deux autres armures soient mises en rapport avec le levier basculant d'une clef Morse ordinaire, le contact de repos de ce levier étant en rapport avec le récepteur auditif que nous avons décrit : il arrivera que, par suite de la manœuvre de cette clef à l'un ou Fautre des postes, les deuTk condensateurs se trouveront chargés et déchargés successivement, comme dans les transmissions à travers les appareils sous marins, et, sous rinfluence des flux repoussés, le récepteur auditif de la station opposée fonctionnera de manière à fournir la dépèche sans que la transmission avec l'appareil Morse en soit en aucune façon gênée, puisque les courants provoqués par les condensateurs ne peuvent passer à travers cet appareil. De plus, comme les deux charges provenant d'une pile sont solidaires Tune de Tautre, si au lieu d'un seul condensateur à chaque station, il y en a deux avec une disposition inverse de la pile par rapport à un second transmetteur qui correspondra au second condensateur, et avec une disposition inverse de l'aimant permanent sur les deux récepteurs auditifs, on pourra obtenir simultanément trois systèmes de correspondance. Il faudra avoir soin seulement que le courant des piles desservant les appareils auditif soit fréquemment interrompu au moyen d'un rhéotome particulier. Celui qui a été adopté par M. Yarley accomplissût 200 vibrations par seconde, et la pile qu'il employait pour obtenir ce résultat était composée de 40 éléments Daniell disposés en dix séries, de quatre éléments chacune.

Système de M. l¥lieatatoiie. — liO Télégraphie journal, dans son numéro de mars 1873, annonce que ce système a été mis en essai par M. Culley sur les lignes des télégraphes postaux desservies par le télégraph0 Wheatstone, et que le service de ces lignes» grâce à ce système, a

m TÉLÉGRAPHES A TRANSHiSStONS MllLTIt>LEÔ.

été presque doublé. Ce journal donne les dispositions des communications électriques qui ont été alors établies entre les appareils ; mais il ne décrit pas le système, de sorte qu'il est assez difficile de pouvoir s'en foire une idée bien nette. Tout ce que j'ai pu comprendre, à défaut d'autre renseignements que je n'ai pu obtenir, c'est qu'à chaque station existe, en outre des appareils déjà en fonction, un système rhéostatique composé de 5 bobines de résistance en rapport avec 5 boutons d'attache. Ces boutons d'attache communiquent séparément à chaque station, V avec celui des contacts du manipulateur magnéto-électrique qui ne correspond pas à la terre, 2<» aveo le fil de ligne. S» avec le commutateur de l'alarme, 4» avec le récepteur, 5» avec la terre. De plus, la communication à la terre du transmetteur est effectuée dans un sens inverse aux deux stations. Quand tout est réglé convenablement, le récepteur de la station qui transmet ne fonctionne pas sous l'influence du courant envoyé par son transmetteur, comme cela a lieu dans les autres systèmes de ce genre, mais il suffit de rompre la communication à la terre des rhéostats, pour que la partie de l'appareil fourmssant la double transmission soit mise hors du circuit^ et alors les appareils fonctionnent dans les conditions ordinaires.

Système de M. Vianisi. — Le Journal télégraphique de Berne (tome n, p. 500) [donne ime description détaillée de ce système qui ne paraît pas avoir été expérimenté et sur lequel nous devrons en conséquence, glisser un peu rapidement. Yoici, suivant l'auteur, le principe sur lequd est fondé ce système : c Si l'on place un pôle d'une pile en communication avec une ligne télégraphique et qu'on relie l'autre pôle de la même pile à celm de même nom d'une seconde pile, composée d'un plus petit nombre d'éléments en faisant communiquer l'autre pôle de cette seconde pile à l'électro aimant d'un récepteur relié à la terre, on annule le courant de la petite pile, et il ne reste que celui de la plus grande pile réduit à la différence des deux courants opposés. Ce reste de courant de la plus grande pile, en passant à travers la petite pile, peut avoir une intensité suffisante pour développer du magnétisme dans Télectro-aimant du récepteur qu'il doit traverser avant de se rendre à la terre ; mais lorsqu'il y a un autre conducteur qui établit une communication entre le point où se relient ces deux pôles de même nom et la terre, on peut, en faisant varier la résistance de ce conducteur au moyen d'un rhéostat, partager le courant de la plus grande pile entre ces deux conducteurs, jusqu'à ce que le courant opposé de la plus petite soit nul, et que de même soit nul aussi celui de la plus grande pile dans la branche du circuit où ces deux courants sont opposés. De cette manièrej il ne se développe aucune action dans le récepteur.

<c Lorsqu'on oppose au courant de la plus grande pile d'un poste un autre courant du même nom et de force égale d'un poste correspondant, les courants des grandes piles seront nuls, ce qui n'arrivera pas aux courants des petites piles qui continueront à circuler indépendamment des autres, et ces derniers courants, en agissant sur les électro-aimants des récepteurs, feront marcher ceux-ci. On peut en même temps établir ou rompre les communications de la plus grande pile avec la ligne et celles du circuit de la plus petite pile au moyen d'un arrangement particulier du manipulateur. •

ConcluBloiiB. — Suivant M. Zetzche les nouveaux perfectionnements apportés aux appareils de transmission en sens opposéne sont pas plus parfaits aujourd'hui qu'il y a 20 ans, et s'ils réussissent mieux aujourd'hui, il faut en rechercher la cause dans les conditions de l'installation des lignes et dans les nécessités du service qui forcent les administrations à se préoccuper davantage de la célérité de transmission des dépêches.

a La construction des lignes, dit-il, a été améliorée d'une manière notable pendant ces 20 dernières années. Quoique les dérivations d'une ligne n'entravent pas le fonctionnement des appareils à double transmission aussi longtemps qu'elles restent invariables, des changements brusques dans ces dérivations ou des passages intermittents de courants d'une ligne à une autre tendue sur le même parcours, nécessitent cependant un réglage répété des résistances de compensation, et augmentent ainsi sensiblement la difficulté de la transmission en sens contraire. Mais ce sont justement ces variations qui ont été considérablement diminuées par la meilleure isolation de nos lignes actuelles, et cette amélioration a naturellement ime grande importance pour la réussite de la correspondance en sens contraire.

« En outre, le besoin d'une utilisation aussi complète que possible des lignes télégraphiques est aujourd'hui beaucoup plus urgent qu'auparavant Tandis que l'appareil de transmission en sens opposé n'avait pu arriver dans l'origine à être appliqué utilement, parce qu'il est moins simple et que sa compréhension et sa manipulation supposent et exigent des connaissances plus approfondies et une plus grande attention, le personnel actuel dont l'aptitude et l'instruction générale ont considérablement progressé depuis lors, grâce à la pratique de l'appareil Hughes, des appareils automatiques, etc., doit trouver l'appareil de transmission en sens contraire assez simple pour ne pas en entraver l'introduction par sa répugnance, et assez attrayant pour la faciliter au contrah*e par ses bomies dispositions.

a Enfin, diverses transformations qui se sont opérées pendant ce temps

dans le système d'exploitation des télégraphes sont aussi de nature à fiaYOriser la vulgarisation de l'appareil de transmission en sens opposé. On ne cherche plus, par exemple, à foire transmettre directement à la station d'arrivée chaque télégramme par la station de départ, en les mettant en communication, sans intermédiaires, aux plus grandes distances possibles ; mais on donne, une fois pour toutes, l'instruction à certains bureaux, séparés les uns des autres par des distances convenables, de recevoir tous les télégrammes qui leur parviennent. Or, pour la transmission en sens opposé, ainsi que pour la transmission par l'appareil Hughes, le changement fréquent des stations qui correspondent ensemble, est une cause d'embarras et de retards, par suite de la nécessité de changer les résistances de compensation, tandis qu'une communication permanente entre les mêmes stations contribue au contraire pour beaucoup à les faciliter. £n outre, la faculté d'interrompre immédiatement, à un instant donné, rémission des signaux (ce qui ne peut avoir lieu avec la transmission en sens opposé^ ne paraît plus présenter, dans les conditions actuelles du service télégraphique, un avantage essentiel ni même bien appréciable.

c L'amélioration des lignes, la meilleure instruction et l'aptitude plus grande du personnel, le tout joint à la nécessité urgente d'utiliser autant que possible les lignes télégraphiques, telles sont donc les principales causes qui ont fait attacher au système de transmission en sens opposé dont l'invention et l'application pratique datent déjà de 20 ans, tout l'intérêt et le prix qui lui sont dus, et la justice ainsi que la vérité historique exigent que Ton ne méconnaisse point à cet égard les mérites des premiers inventeurs. »

Suivant M. J. W. Hagers, inspecteur des télégraphes à Rotterdam, Tune des principales causes pour lesquelles les anciens systèmes n'ont pas donné des résultats assez satisfaisants pour qu'on s'y soit arrêté, serait Tétat du relais du bureau qui transmet au moment de la suspension du manipulateur de l'autre bureau. « On sait, dit- il, que ce relais doit à ce moment être à rétat neutre; cependant la force du courant dans la partie du relais qui est reliée à la ligne ne sera que la moitié de la force du courant dans l'autre partie du relais et c'est là où est le défaut. Il est clair que le relais doit être réglé de manière que cette différence des deux courants ne puisse pas le faire agir. On pourra remplir cette condition quand le fil est bien isolé, mais quand il y a des pertes sur ce fil, ce n'est plus le cas. On sera alors forcé de régler le relais par des courants plus faibles, et ainsi la différence susdite peut acquérir assez de force relative pour faire parler le relais. >

M. Hagers croit d'ailleurs que les autres raisons mentionnées précédem-

ment out également contribué pour une part assez notable aux résultats défavorables qui ont étéobtenus ; mais il pense que c'estau système d'exploitation télégraphique usité en Amérique et en Angleterre que le système de M. Stearns doit surtout son succès (voir le Journal télégraphique de Berne, tome II, p. 498-

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