‹ Exposé des applications de l'électricité (volume 2)Chapitre 45 sur 90 · PILES AU SULFATE DE BIOXYDE DE MERCURE · texte numérisé non relu

PILES AU SULFATE DE BIOXYDE DE MERCURE

Quand il s'agit de produire une action énergique et de courte durée, la pile à sulfate de mercure peut être disposée d'une manière extrêmement simple et atteindre des dimensions pour ainsi dire microscopiques. Aussi cette pile a-t-elle été utilisée avec le plus grand succès dans les appareils électro-médicaux qui, grâce à elle et à d'heureuses dispositions apportées à ces appareils par MM. Ruhmkorff et Gaiffe, ont pu être contenus dans de petites boites de 18 centimètres de longueur sur 9 de largeur et 3^ 1/2 d'épaisseur. La disposition que M. Gaiffe a donnée à cette pile est des plus simples et des plus commodes ; c'est une petite auge en guttarpercha de 7^ 1/2 de longueur sur 3« 1/2 de largeur et 2® de profondeur, divisée en deux compartiments carrés, au fond desquels se trouvent fixées à plat deux plaques de charbon C et G' (fig. 43). Des fils de platine ÀP', C'P, CB, insérés dans le corps même de lagutta-percha, relient les deux éléments et constituent en À et B les deux appendices polaires de la pile. Pour cela, les fils AP' C'P font saillie en P et P', et c'est sur eux et sur deux petits taquets / et i que les zincs viennent se poser quand la pile est chargée; le fil C'P est d'ailleurs fixé en C' dans le

charbon C' et le fil CB communique pareillement avec le charbon C ; de telle sorte que les parties des fils AP^ CB, qui ressortent en dehors de la caisse de gutta-percha, peuvent transporter les deux pôles de la pile sur deux ressorts R et R', entre lesquels celle-ci se trouve introduite quand on veut s'en servir.

Pour charger cette pile, il suffit de jeter sur les lames de charbon une pincée de sulfate de bioxyde de mercure, qu'on arrose d'une quantité d'eau suffisante pour dépasser les fils P et P', et il ne s'agit plus que de poser les zincs Z, Z', sur ces fils et sur les taquets ^ et / pDur mettre l'appareil en marche.

Le courant que cette pile fournit, peut durer suffisamment intense pendant trois quarts d'heure, mais au bout de ce temps, il s'affaiblit rapidement et finit par être à peine appéciable. Le sel est devenu alors complètement jaune, et les zincs se trouvent recouverts d'un dépôt de mercure, ce qui en rend Tusure pour ainsi dire insignifiante. La différence qui existe entre cette pile et celle que nous avons décrite précédemment, c'est que Tune a un diaphragme poreux, tandis que l'autre n'en a pas et que le sel employé dans cette dernière, dont la formule est SO'HGO, est soluble, ou plutôt se partage en un sel acide qui se dissout et en turbith qui se précipite.

La force électro-motrice de cette pile placée dans les conditions de grandeur des éléments télégraphiques peut être représentée par 8323 et la résistance par 166 mètres. Les proportions d'acide et de sel sont les suivantes :

Eau acidulée au vingtième 1 litre

Sulfate de bioxyde de mercure 100 grammes.

Estimée d'après les effets thermiques qu'elle produit, l'énergie de cette pile peut être représentée comme on l'a vu, par 29302 calories et il reste confinées, dans la pile, 8270 calories, qui représentent les actions chimiques non utilisées.

Ce genre de pile, en raison des dimensions très-petites qu'on peut leur donner, sont d'un emploi très-fréquent dans beaucoup de petites applications électriques. Ainsi, M. Trouvé en a renfermé une dans un étui, de la dimension des étuis ordinaires pour les aiguilles à coudre et l'a disposée de manière à n'être chargée que quand l'étui se trouve placé dans une position déterminée. Ainsi, quand l'étui est placé verticalement, les pôles en haut, les lames polaires ne plongent pas dans le liquide; au contraire, elles y plongent dans une position inverse ou simplement quand Fétui est couché horizontalement. Cette pile a été appliquée à l'animation de petits bijoux électriques que M. Trouvé coDsiruit d'une manière fort habile.

Dans cette pile, à laquelle M. Trouvé a, du reste, donné différentes dimensions, les électrodes polaires sont disposées de manière à satisfaire aux conditions de bon fonctionnement dont nous avons parlé p. 201. Ainsi, la lame de charbon qui est très-mince est circulaire et appliquée exactement contre les parois de la boite cylindrique en caoutchouc durci,

qui constitue Tétui dons nous avons parlé ; la lame positive formée d'un

bout de fil de zinc assez court, est scellée dans le couvercle également en

caoutchouc durci qui se visse exactement sur cette boîte, et le liquide exci-

Fig.44. * tateur ne remplit celle-ci qu'à moitié, pour éviter

Texplosion qui pourrait résulter du dégagement

des gaz et dç la clôture hermétique de Tappareil.

La fig. 44 ci-contre représente la coupe de

grandeur naturelle du moyen modèle de cette

pile, qui a été imaginée dès Tannée 1864.

D'un autre côté, MM. Duchenne, de Boulogne, et Ruhmkorff ont cherché à disposer la pile a bisulfate de mercure de manière à la rendre susceptible de fournir des courants continus assez intenses pour agir par leur action électrolytiqne dans les applications qu'on peut en faire en cbi< rurgie ou en thérapeutique, et comme Faction de ces courants doit varier suivant les cas, la pile est disposée de manière à ce que son intensité (sous le rapport de la quantité) et sa tension puissent être gradués à la volonté de Texpérimentateur.

Nous représentons, fig. 45, cette nouvelle pile habilement construite par M. Ruhmkorff.

L'appareil est enfermé dans une boite À À', contenant 42 éléments ; les vases en verre V sont placés au fond B de la boite, dans les loges d'un casier divisé en six rangs contenant, chacun, sept compcurtiments. Les zincs Z et les charbons c de chaque élément sont fixés au double fond mobile C, qui estfait de caoutchouc durci, et on les enfonce à volonté dans les vases V contenant une solution faible de bi-sulfate de mercure, a Taide d'un pignon d et d'une crémaillère ^, placée de chaque côté. Dans l'intervalle des applications de la pile, le double fond C est soulevé de manière que les zincs et les charbons ne plongent plus dans la solution .

On trouvera tous les détails concernant cette pile dans la Gazette des hôpitaux du 32 mars 1870, au compte rendu de la Société de médecine du 7 janvier 1870.

M. Barker, dans l'emploi qu'il en avait fait aux grandes orgues de

Saint-Ai:qjustin, avait grandement perfectionné les piles au sulfate de bioxyde de mercure en leur donnant de grandes dimensions, en préparant le sel de manière à ne plus précipiter de turbith, ce qu'il obtenait

Fig. 45.

en opérant par la voie humide, et en le faisant entrer dans la solution avant sa dessiccation, enfin, en établissant des contacts parfaits entre le charbon et la lame polaire qui s'y trouve adhérente. Il paraît, suivant lui, que le sulfate de bioxyde de mercure que Ton achète est très-défectueux et que quand il est préparé convenablement, il ne se produit jamais aucun précipité au fond des vases. Ce qui est certain, c'est que 12 éléments de 30 cent, de hauteur sur 15 de diamètre ont suffi pour faire marcher les grandes orgues de Sain t-Âugustin et mettre en action simultanément jusqu'à 30 électro-aimants à gros fil (i millimètre de diamètre). S'il faut en croire M. Roudel, on aurait un grand avantage à remplacer dans les piles précédentes le sulfate de bioxyde de mercure par du chlorure-double de mercure et de potassium : il faudrait alors remplacer le charbon par un fil de platine, employer un diaphragme poreux et prendre pour liquide excitateur, de Teau salée avec du chlorhydrate d'ammoniaque. Voici en deux mots comment cette pile doit être disposée.

Le fond du vase poreux de forme conique doit être couvert de mereore. Dans ce liquide, plonge le bout d'un fil de platine soudé par l'autre bout à un fil de cuivre recouvert (ainsi que celui de platine sur toute la partie qui doit être en contact avec la solution aqueuse de chlorure), d'un enduit isolant. Le zinc est immergé dans une solution de chlorhydrate d'ammoniaque, et la solution de chlorure double est maintenue à saturation^ par une quantité suffisante de ce sel. Par économie, le fil de platine n'a qu'un centimètre de longueur et un demi millioiètre de diamètre.

La force de cet élément est plus grande que celle d'un pareil élément à bisulfate de mercure dans le rapport de 42 à 37 et elle est, suivant l'aaleur, beaucoup plus constante»

Le chlorure double de mercure et de potassium se prépare en traitant 1200 parties de mercure par 245 parties de chlorate de potasse et un excès d'acide chlorhydrique. Le sel obtenu sec doit renfermer six équivalents de bichlorure de mercure pour un équivalent de chlorure de potassium.

PILES AUX SULFATES DE PLOMB, d'aNTIMOINE, D' ALUMINE, ETC.

PUes A salftite de plomb de M. Marlé-Davy • — Le prix dispendieux du sulfate de mercure a donné l'idée à M. Marié-Davj de rechercher, parmi les seb insolubles^ un autre sel moins coàteux et pouvant donner lieu à des effets analogues. Les qualités physiques de ce sel^ destiné à absorber l'hydrogène et à fournir au zinc l'acide appelé à le dissoudre, devaient donc être, qu'il fut bon conducteur en même temps que &cile à réduire ; or le sulfate de plomb qui s'obtient comme résidu du traitement de l'alun par l'acétate de plomb, pour la préparation de l'acétate d'alumine employé en teinture, qu'on trouve, même à l'état minéral, dans certaines mines du Midi de la France, lui parut réanir les conditions voulues pour former une pile pratique, d'autant mieux que celle-ci devait donner, comme résidu, du plomb à l'état métaUique. C'est ainsi qu'il s'est trouvé conduit à la pile à sulfate de plomb qui a été en vogue pendant quelque temps, et qui du reste avait été imaginée dans l'origine par H. Becquerel.

Pensant qu'en raison de son insolubilité complète, le sulfate de plomb, employé comme réducteur dans une pile, pouvait constituer lui-même

le diaphragme poreux de celle-ci, M. Mario-Davy a disposé sa nouvelle pile à la manière des piles primitives & colonne.

c Mes piles, dit-il, sont formées de plats en for battu éiamé, fabriqués par Japy, pour les usages domestiques. Le fond de ces vases est doublé extérieurement d*une rondelle de zinc de môme dimension, fondue en forme de grille, et chacun d'eux contient une couche de sulfate de plomb de quelques millimètres d'épaisseur, noyée dans une couche d'eau pure, ou contenant du sel de zinc en dissolution ; tous ces vases sont placés parallèlement les uns au-dessus des autres, de manière que le zinc d'un élément plonge dans Teau de l'élément inférieur. Quarante éléments ainsi disposés forment une colonne qui ne dopasse pas un mètre de hauteur.

c L'emploi des sels de plomb présente un autre avantage. Tai badi-* geonné au pinceau, d'un cAté seulement, une feuille de papier épais et non collé avec du sel de plomb broyé dans un peu d'eau légèrement gommée ; ce papier a été coupé en rondelles, et j'ai monté une pile de Volta fer-blanc, zinc, papier an sel de plomb. Trois de ces éléments ont fait marcher pendant six heures une sonnerie électrique à (H court. »

Nous devons dire, toutefois, que cette pile n'a pas réalisé les espé-* rances qu'on avait conçues dans l'origine. Le dépAt de plomb qui se formait sur le zinc au préjudice de la force électro-motrice développée, et qui se produisait à travers même les diaphragmes de flanelle et de papier épais, qu'on avait fini par placer au-dessus de la couche de sulfate, rendait cette pile tellement inconstante, que son énergie disparais- -sait en peu de temps. Elle n'avait, d'ailleurs, qu'une faible intensité^ trèspeu de tension, et donnait lieu à des débordements de liquide qui éta-^ blissaient une communication conductrice entre les différents éléments au préjudice du courant fourni. D'un autre cété, les effets nuisibles de la polarisation étaient extrêmes dans cette pile, par suite de sa disposition verticale qui empêchait les gaz de se dégager, et de l'absorption trop lente de l'hydrogène par le sulfate de plomb. On a montré, il est vrai, qu'une sonnerie électrique avait pu marcher pendant très4ongtemps avec une pile de cette nature ; mais il n'y a en cela rien d'étonnant, si l'on considère que certaines sonneries sont assez sensibles pour marcher avec un seul élément à sable simplement imbibé d'eau pure.

Pour éviter les différents inconvénients que nous venons de signaler, on a fait subir à cette pile différentes transfomations ; on a d'abord

rendu les disques de zinc indépendants des lames négatives, et, an lien d'employer pour celles-ci des plats en fer battu, on a construit ces plats en cuivre. D'un autre côté, on a employé comme diaphragmes des vases poreux très-larges, très-bas de bords, et disposés de manière que la par* tio bombée des plats de cuivre pût s'y adapter hermétiquement. On pouvait alors combiner les éléments de deux manières différentea : soit en plaçant les zincs au fond des assiettes et en mettant la p&te de snl* fate de plomb au fond des vases poreux, soit en prenant la disposition inverse, c'est-èrdire en mettant le sulfate de plomb dans les assiettes et en plaçant les zincs dans les vases poreux. Ces dei^x dispositions ont donné des résultats plus avantageux que ceux dont nous avons parlé en premier lieu, mais il se formait toujours un dépôt de plomb du côté du zinc et un autre du côté du cuivre. De plus, les assiettes se trouvaient bien vite corrodées et devenaient mauvaises conductrices. Enfin, on a abandonné la disposition verticale pour en revenir à la disposition ordinaire des piles de Daniell, et lés résultats en ont été assez satisfaisants ; on a en soin seulement de composer Télectrode négative avec une large lame de cuivre étamé, repliée sur elle-même, pour fournir une plus grande surface. M. Prudhomme, pendant longtemps, n'a pas employé d'autres éléments pour ses sonneries. Leur force électro-motrice est environ moitié de celle des éléments Daniell, comme on Fa vu page 171.

Piles A snUSate de plomb de M. Beeqnerel. — Gomme nons Tavons déjà dit, la pile à sulfate de plomb avait été imaginée et employée par M. Becquerel dès Tannée 1846. Voici, en effet, ce que dit à ce sujet, cet illustre savant, dans une communication faite par lui à TÂcadémie des sciences, le 2 avril 1860 :

c Les physiciens s'occupent en ce moment des piles à sulfate de plomb que j'ai fait connaître il y a longtemps, et dont je me suis fréquemment servi depuis^ particulièrement pour le traitement des minerais de plomb argentifère. Dès 1837 {Comptes rendus de r Académie^ t. IV, p. 824), en mettant plusieurs substances insolubles en contact, j^étais parvenu à réduire en masse différentes substances métalliques , notamment le chlorure et le sulfure d'argent, le sulfate de plomb et le phosphate de ce métal. En 1846 (t. XXII, p. 780), j'ai montré tout le parti que Ton pouvait tirer de l'emploi des substances insolubles dans la construction des couples voltaïques à courants constants^ ces couples pouvant être composés d'un métal oxydable (de zinc ou de fer), d'un «eul liquide (en gé-

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néral d'eau salée), et d'un conducteur en fer-blanc, ou autre, entouré d'une des substances indiquées dans le mémoire, notamment des minérais à base d'argent, de plomb, de cuivre, et en particulier de sulfate de plomb. Je disais, page 785 : c En réunissant voltaîquement un certain c nombre d'appareils pour augmenter Fintensité de l'action électro-chi- I mique, on a une pile à courant constant, semblable à celles que j'ai forf mées il 7 a plus de 15 ans (en 1829) et qui ont servi de types à toutes c celles en usage aujourd'hui. > Depuis cette époque, dans le cours de mes recherches électro-chimiques, j'ai fait usage fréquemment des piles à sulfate de plomb ; j'ai exposé les principes sur lesquels elUs reposent dans les cours du Muséum d'histoire naturelle, et mon fils les a exposés, de son côté, dans ses leçons au Conservatoire des arts et métiers.

c Les couples à sulfate de plomb étaient à un seul liquide ; ils fonctionnaient, en général, avec de l'eau salée ; le métal altérable était le zinc, le second élément était une tige de charbon, une lame de cuivre, de fer-blanc ou de plomb plongeant au milieu d'un sac en toile à voile ou d'un vase perméable rempli d'eau salée, saturée de sulfate.de plomb, ou de sulfate en suspension dans le liquide. L'intensité de l'action de ces couples provient de la dépolarisation de la lame négative par le sul-* fate de plomb, avec^réduction du métal par l'hydrogène, de l'absen/c de dégagement d'hydrogène, et de ce que le sulfate de plomb est dissous par l'eau salée saturée (dans la proportion de 1 de «sulfate pour 50 de dissolvant) à la température ordinaire. La dissolution renferme du sulfate de plomb qui est réduit en même temps que le sulfate en masse* La cloison perméable est utile pour s'opposer à ce queJe plomb, précipité sur le zinc^ quand on emploie l'eau salée, ne forme pas circuit et ne détruise pas l'effet de la pile. Il y a quelques années, à l'usine de Dieuzc, on a réduit ainsi à l'état métallique, des masses de sulfate de plomb de la fabrique d'acide sulfurique, et qui n'étaient d'aucun usage ; mais il importe d'indiquer qu'il faut user de certaines précautions pour opérer la fusion du plomb ainsi réduit. »

Pile &siilfkte de plomb de M. Ed. Beeqaerel. — M. Ed. Becquerel, ayant reconnu les inconvénients de la disposition de. la pile employée par M. Marié-Davy, a voulu faire revenir cette pile à la forme ordinaire, en profitant de la propriété partictdière que possède le sulfate de plomb de pouvoir se gâcher et se prendre en masse à la manière du plâtre, après avoir été délayé dans une dissolution saturée de chlorure

de sodium ; en conséquence, il fait de cette substance nn cylindre an milieu duquel il implante une tige de plomb, et celui-ci étant plongé dans le vase rempli du liquide excitateur, qui n'est autre que de Teau salée, joue à la fois le réle de vase poreux, de dépolarisateur et d'élément négatif de la pile. Le seul inconvénient de cette pile est de n'avoir qu'une faible force électro-motrice et de présenter une grande résistance. Estimées avec l'appareil qui a servi h déterminer les chiflVes que nous avons donnés pour les piles de Daniell, de Bunsen et de Marié- Davy, ces constantes sont représentées par E •= SSOl . R = 880 mitres. (Voir page 171.) Voici, du reste, la description que M. Ed. Becquerel a faite lui-même de ces piles :

€ Le sulfate de plomb jouit de la propriété, lorsqu'on Ta délayé à rétat de pâte dans une dissolution saturée de chlorure de sodium, d'acquérir de la compacité et de durcir ; d'autres chlorures donnent lien à une action analogue. On sait que cette propriété de durcir à la manière du plâtre est partagée par différentes matières, lorsqu'elles sont imbibées par certaines dissolutions. On peut alors mouler des cylindres avec cette pâte de sulfate de plomb, en ayant soin de placer au centre une tige de cuivre, de plomb, de fer étamé, ou môme de charbon de comne. Ces cylindres, une fois desséchés, sont perméables au liquide conducteur dans lequel on les plonge, et, avec une plaque en zinc immergée dans ce liquide, ils constituent un couple à courant constant. On peut également mouler des plaques avec cette matière ; et, en faisant reposer ces plaques au fond d'un vase sur un support conducteur en cuivre, en plomb on en fer-blanc, si Ton suspend une lame de zinc au-dessus, et que le vase renferme une dissolution de chlorure de sodium ou de l'eau acidulée, on forme également un couple à courant constant à un seul liquide et sans diaphragme. Mais, la plupart du temps, la forme cylindrique me semble préférable, ainsi que l'emploi d'un diaphragme en toile ou en porcelaine, d'un diamètre un peu plus grand que celui des cylindres.

< Tous les échantillons de sulfate de plomb ne se comportent pas de la même manière, probablement en raison des matières mélangées. Il j en a qui deviennent très-durs ; d'autres n'acquièrent pas une résistance assez grande, et ne tardent pas à se dilater d^ns l'intérieur des couples. Sans connaître quelles sont les conditions nécessaires dans certains cas pour éviter cet inconvénient, j'ai rémarqué qu'un mélange de 100 grammes de sulfate de plomb, préalablement desséché et broyé, de 20 à 30

grammes de chlorure de sodium, ei de 50 centimètres cubes d'une disse* lution saitirée de chlorure de sodium, donnait de bons résultats ; Taddition de 30 à ^5 grammes d'oxyde dé plomb (massicot ou minium) augmente la dureté de la masse. U y a, du reste, un moyen qui permet d'utiliser les différents sulfates de plomb, et qui sera peut-être préféré à tout antre. On enduit extérieurement le sulfate de plomb qui vient d'être moulé au moyen d*une légère couche de plâtre, ou bien Ton coule simplement le plâtre autour du cylindre en sulfate. Cette masse, recouverte d'un enduit en plâtre, étant plongée dans un liquide au milieu d'un cylindre creux en sine, constitue un couple ; on évite^ par ce moyen, que le sulfate ne se dilate > et, en outre, on n'a pas besoin de diaphragme, puisque le plâtre en tient lieu et s'oppose au contact du plomb réduit et du ziac. Ce mode d'envelopper le sulfate de plomb solide peut s'appliquer aussi à d'autres composés. Je me propose du reste de revenir sur les précautions à prendre pour obtenir des masses compactes et perméables dans les conditions les plus favorables.

< On peut former un couple avec un cylindre ou une phique de sulfate de plomb ainsi piréparée et une laole de zinc amalgamé ou non, en se servuit soit d'eau salée, soit d'eau faiblement acidulée par l'acide suifurique ; quand on emploie l'eau acidulée, la force ékctro-motrice est un peu moindre qu'avec ht dissolution de chlorure de sodium, mais le pouvoir dissolvant de ce dernier liquide pour le sulfate de plomb fait que le sine se couvre de plomb réduit, qu'il faut enlever de temps à autre ; avec l'eau acidulée, cet inconvénient n'a pas lieu.

< Dans les premiers instants de l'action des couples, la forde éleetro-i motrice dépend de la nature du conducteur en contact avec le sulfate de plomb, mais aussitôt qu'il y a du ploûib métallique réduit, elle ac^ quiert une valeur constante. Il suffit donc dé prendre une tige de plomb pour tige métallique centrale de ces couples.

< Lorsque ces couples fonctionnent, les masses de sulfate de plomb sont réduites à l'état métallique, et Tacide sulfurique qui en provient forme du sulfate de îSinc ; on peut obtenir le plomb par fusion. Il est facile, d'après les équivalents chimiques, de connaître les poids relatifs de deux électrodes de chaque couple pour que le courant soit constant pendant toute la durée de l'action électrique; Pour 100 grammes de zînc, il faut 470 grammes de sulfate de plonlb, c'est-à-dire près de cinq fois plus de sulfate que de s^inc. Les massos sdides perméables aux liquides

et employées commo électrode négative, en évitant la polarisation, jouent le même rôle que les peroxydes de manganèse et de plomb, Tacide azotique et les sels métalliques réductibles ; mais leur résistaoce à la conductibilité, qui du reste varie à mesure que la réduction du sol* fate est plus avancée, s'oppose à ce que ces couples à un seul liquide puissent être employés aux mêmes usages que les couples à acide azotique. Cependant, je ne doute pas que, dans les circonstances où Ton a besoin de pile à grande résistance et de longue durée, on ne puisse les utiliser avec avantage. »

M. Denis, dans un très-intéressant travail publié dans les Hémoires de TÀcadémie de Stanislas de Nancy (année 1860), a démontré les avantages des piles à sulfate de plomb, dont le liquide excitateur est aiguisé avec du chlorure de sodium (sel marin), et qui donne pour résidu du sulfate de soude, du chlorure de zinc et du plomb métallique. Il montre le parti avantageux qu'on pourrait tirer de ces piles dans les applicatiens en grand de Télcctricité, et indique les moyens d'utiliser les résidas.

Pile à, ffolfSAte d'antimoine de M. Pérémé. ^ H. Pérémé a proposé de substituer au sulfate de mercure dans les piles Marie-Davy du sulfate d'antimoine, mais les expériences que j'ai faites avec cette disposition de pile, n'ont pas été aussi avantageuses que leur auteur l'avait supposé. La force électro-motrice n'est en effet représentée que par 4817 et la résistance du couple atteint en moyenne 713 mètres ; d'où l'on peut conclure que cette pile est environ moitié plus faible qu'un élément Marié-Davy. D'un autre côté, la pâte de sulfate se couvre au bout de peu de temps d'une couche liquide très-acide, qui attaque vigoureusement le zinc vers son extrémité supérieure, sans produire pour cela une action électrique plus énergique.

Pile de M. Van den Eiynde à, sulfate d'alumine. — Dans cette pile, l'élément électro-négatif se compose d'un charbon entouré de sulfate d'alumine concassé, tassé dans le vase poreux, et ce sulfate est recouvert d'une couche de sable qui achève de remplir celui-ci. Le hquide est de Teau fortement salée. Cette pile, suivant l'auteur, serait très-constante et pourrait fonctionner de 6 à 8 mois sans avoir besoin d'être remontée.

Plie de M. de La Rive au peroxyde de plomb. — M. de La Rive a démontré que l'absorption de l'hydrogène de l'eau décomposée dans la pile à eau acidulée pouvait être obtenue de la part même

cran oxyde solide. Cet oxyde solide est le peroxyde de plomb. Ainsi, en tassant du peroxyde de plomb en poudre, dans on diaphragme, autour d'une lame de platine ou de charbon, et plongeant ce diaphragme dans un vase contenant un zinc et de Peau acidulée, on forme un couple qui, suivant M. de la Rive, est presque aussi énergique que les couples de Bunsen. Malheureusement le peroxyde de plomb est très-cher.

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