‹ Exposé des applications de l'électricité (volume 2)Chapitre 47 sur 90 · PILES A SOLUTIONS AMMONIACALES · texte numérisé non relu

PILES A SOLUTIONS AMMONIACALES

Dans les piles dont le liquide excitateur est une solution alcaline, la décomposition de Teau par le zinc n^est pas la cause prédominante dans l'effet électrique produit, et on peut s'en convaincre par les cbiffires qne nous avons donnés p. 186, pour représenter les forces électro -motrices développées au contact des principaux liquides employés dans les piles. On voit en effet, que la force électro-motrice, développée au contact de Tacide azotique et de Teau acidulée par de Tacide sulfurique, n'est que le cinquième environ de la force électro-motrice du couple, alors qn'one solution de potasse substituée à cette eau acidulée, détermine une force électro-motrice qui entre dans celle du couple pour les six dixièmes. Suivant M. Leclancbé, il en serait de même pour les liquides excitateors composés avec des solutions de sulfates alcalins. On comprend, d'après cela, que l'emploi de ces solutions, quand il sera fait judicieusement, permettra d'utiliser plus complètement l'oxydation du zinc, car celai«ci ne pourra dès lors être attaqué que quand une action électrique sera produite. C'est cette considération qui a surtout été prise en considération dans les piles que nous allons maintenant étudier.

Plie de BI. Ijeèlanohé» an peroxyde de ma^>ganêse et aoluiion ammoniacale. — La pile de M. Leclancbé, que nou3 représentons, fig. 51, n'est, quant à sa forme, qu'une pile Marié-Davy, dans laquelle le sulfate de mercure est remplacé par une espèce de pâte, faite avec un mélange de poudre grossière de peroxyde de manganèse et de cbarbon, et l'eau par une solution de sel ammoniac. Fortement imbu des idées théoriques que nous avons développées page 201, relativement aux dimensions des électrodes polaires, M. Leclancbé a réduit le plus possible la lame électro-positive ; de sorte qu'au lieu d'un cylindre creux de zinc, enveloppant le vase poreux, il emploie im bout de fil de zinc n'ayant pas plus de un centimètre de diamètre. Ce fil est placé dans l'un des angles du vase extérieur de sa pile, ainsi qu'on le voit sur la figure. Cette disposition de pile, nous devons le dire dès à présent, est excellente et elle est de jour en jour plus appréciée. Aujourd'hui, on l'emploie sur plusieurs lignes de chemins de fer et dans un grand nombre d'applications électriques.

La théorie de cette pile, quoiqu'assez complexe dans les effets produits,

peut néanmoins être établie d'une manière nette et précise, voici en effet comment M. Leclanché la définit,

« Examinons, dit-il, ce qui se passe dans une pile à un liquide, excitée avec une solution ammoniacale quelconque, soit du sulfate d'ammoniaque SO'.O.AzH*. L'acide sulfurique etToxygène SO'.O viendront, sous Tinfluence du courant, se rendre sur le jiinc, et le composé AzH^, jouant le rôle

d'un métal, se portera sur la plaque négative sans décomposer Tean, et pourra être brûlé directement par le peroxyde de manganèse, ce qui n'a jamais lieu avec Thydrogène libre. Cette grande différence de combustibilité entre le produit AzH* (ammonium), et Thydrogëne libre, en présence du peroxyde de manganèse, est si réelle, qu'en mettant du peroxyde de manganèse en présence d'un amalgame de sodium et de Feau, on n'obtient jamais de traces de sesquioxydes on d'oxydes inférieurs, tandis qu'en substituant un almagame d'ammonium, àPamalgame de sodium, il y a toujours une réduction manifeste du peroxyde de manganèse, c En prenant une solution de chlorhydrate d'amntoniaque, les mêmes

effets se reproduisent : le courant décompose ce sel, en donnant naissance à un oxy-cMorure de zinc, et Thydrogène uni à Tammoniaque, se rendant au pôle positif, y détermine la réduction du peroxyde de manganèse. >

Le peroxyde de manganèse, mêlé au charbon, étantbon conducteur de rélectricité, ce système peut être considéré comme une pile à un seul liquide, dans laquelle le pôle positif est formé d'un métal artificiel, ayant une grande affinité pour Thydrogènc ; on supprime ainsi l'endosmose inévitable dans les piles à deux liquides. De plus, le zinc se conservant indéfiniment sans altération dans la solution ammoniacale, et le peroxyde de manganèse étant complètement insoluble dans ce liquide, la pile, une fols montée, ne donne jamais lieu à une action locale intérieure.

< Pour obtenir de bons résultats, dit M. Leclanché, certaines précautions sont à prendre :

c n faut avoir soin de choisir un peroxyde de manganèse très-pur et bon conducteur de rélectricité : le meilleur est celui qui est connu dans le commerce sous le nom de manganèse aiguillé : il est cristallisé, soyeux, et possède un éclat grapbitoïde très-prononcé ; s'il joint à ces différents caractères une certaine dureté, il possédera le pouvoir conducteur le plus considérable. Pour employer ce peroxyde, on commence par enlever la gangue, puis on le concasse en grains grossiers ; on le passe sur un tamis afin de supprimer la poudre, et on y ajoute un volume égal de charbon de cornue concassé. On a ainsi an mélange conduisant parfaitement l'électricité.

€ Les chififres suivants, qui représentent la polarisation de l'élément, montrent la différence énorme qui existe entre le pouvoir dépolarisateur des poudres fines et celui des poudres grossières :

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