‹ Exposé des applications de l'électricité (volume 2)Chapitre 54 sur 90 · j:A:"fl · texte numérisé non relu

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Le mercure éteit déposé en couche mince, au fond d'une cuvette câr«rée de gattarpercha £F6D, iig. 57. (Cette figure repréfleoie uu élément, de cette pile, vu en coupe.) Au-dessus de cette couche de meiroure. était versée une dissolution d'iodure de potassiuiB, et sur ce liquide flottait \uie seconde cuvette dont les côtés étaient en gutta-percba, mais dont le fond était en porcelaine poreuse. Enfin, dans cette seconde cuvette ae trouYftit appliquée une grille conductrice A, faite en charbon de cornue, et sor laquelle étaient déposés quelques cristaux d'iode. Cette grille ploagesit elle-même dans une légère couche d'iodure de potassium, et constituait le pôle positif de l'élément. Le mercure constituait le pôle négatif. Dans cette pile, la cause initiale du dégagement électrique, au lieu Fig, 07. d'être une oxydation comme dans les

3>b;jl^. jy 6 piles Bunsen, est Tioduration du mer-

cure. L'iodure de potassium, en effet, étant en contact avec ce liquide métalUque, se décompose pour former, d'un côté du proto-iodure de mercure, qui ne tarde pas à passer à Fétat de peri.odure de mercure, en révivifiant par ce seul fait une partie du mercure qui le constitue, et de Tautre une combinaison nouvelle du potassium devenu libre avec Tiode placé en provision sur la grille de chai*bon. Cette dernière combinaison, qui réalise Veffet dépolarisateur dû à l'absorption de Thydrogène dans les piles de Bunsen, et qui rend dans la nouvelle pile le dégagement électrique plus constant et plus énergique, recon.stitue de l'iodure de potassium, de telle sorte que la solution excitatrice se trouve entretenue au même degré de saturation jusqu'à l'entière absorption de l'iode. Si l'on considère maintenant que le periodure de mercure, qui se forme comme résidu et qui sature plus ou moins la solution d'iodure de potassium, provoque l'action excitatrice de cette solution, au lieu de la diminuer, comme le fait le sulfate de zinc dans les piles Bunsen, on comprendra facilement que cette pile doit être d'une constance remarquable.

Quand l'iode qui est sur la grille de charbon est entièrement épuisé, lasolution d'iodure de potassium n'étant plus entretenue, se sature complètement de periodiu*o de mercure, et alors la pile s'affaiblit considérablement.

Pour révivifier les éléments excitateurs, M. Doat commence par chauffer, sous un large récipient de verre et dans une capsule de platine, la dissolution qu'il a retirée de la pile (au moyen d'un sypbon), A une tem-

d^6 TEGHN0L06IE ÉLECTRIQUE.

pératnre qttl n^est pas trës-élevée le periodnre de mercure se volatilise ot vient se condenser sur les parois du récipient, laissant dans la capsule riodure de potassium qui se trouve ainsi revérifié. En prenant ensuite ce periodure de mercure qui a été condensé, et le mêlant à de la baryte caustique, de manière que celle-ci soit en excès, il se forme tm oxyde de mercure et un iodure debarium qu*il devient facile de séparer par un nouveau chauffage. Le mercure, en effet, se volatilise et vient se condenser en gouttelettes très^fines sur les parois du récipient. Pour le recueillir, ce récipient est emboîté dans une large rigole circulaire, pratiquée sur une plaque de fer. Alors, les gouttelettes de mercure, en glissant le long des parois du récipient, viennent se réunir dans la rigole et forment bientôt une masse plus ou moins compacte de mercure liquide. Âpres cette seconde opération de chauffage, il reste dans la capsule de riodure de barium, dont on extrait Tiode en ajoutant de Teau mêlée à quelques cristaux d'iode et en faisant chauffer de nouveau. L'iode se cristallise sur les parois du récipient, et par une évaporation à siccité, on finit par avoir pour résidu définitif de la baryte caustique qui sert pour une nouvelle révivification.

Au premier abord, quand on considère le prix élevé de Tîode et du mercure, les dimensions considérables qu'on est obligé de donner à chaque élément pour qu'il présente à l'action chimique, une surface métallique suffisamment grande, le soin qu'il faut apporter à l'installation de ces différents éléments pour que leur horizontalité soit parfaite, on pourrait croire que cette pile n'est guère susceptible d'une application pratique. Mais, si à ces inconvénients on oppose les avantages qu'elle présente, la production d'un courant énergique, rigoureusement constant, pendant plusieurs jours consécutifs, la possibilité de révivifier au prix courant d'une très-minime quantité de charbon les matières excitantes, on finira par comprendre que, dans les applications en grand de l'électricité où la dépense première des appareils n'est que très-peu de chose auprès des dépenses d'entretien, ces piles pourraient êlre d'une très-grande ressource. Ces applications en grand, sauf celles qui se rapportent à l'argenture, à la dorure et à l'électrotypie, n'existent pas encore, il est vrai, mais elles pourront être créées un jour, et c'est alors qu'il sera important d'employer des piles dont les éléments puissent se révivifier. Quant à l'installation des piles dont nous parlons, elle deviendrait dans ce cas facile, car on pourrait en disposer les diffé-

rents éléments sardes étagères superposées, dont les planches pourraient être inclinées plus ou moins^ à Taide d*unc tige munie d'une yis à écrou, jnsqn^à ce que leur horizontalité fût complète.

Nous deyons dire toutefois que la force électro-motrice qui se trouve développée dans ces piles étant moitié de celle des piles Bunsen, Télectricité qu'elles fournissent a peu de tension, mais en revanche elle s'y trouve développée en quantité considérable. Il y aurait donc des applications spéciales, et la galvanoplastie serait de ce nombre, où ces piles devraient être principalement choisies. M. Doat calcule que la force d'un élément de sa pile est un tiers-plus faible que celle d'an élément pareil de Bunsen de même surface.

Depuis la présentation de sa pile à l'Institut, H. Doat l'a notablement améliorée tant au point de vue de la force qu'au point de vue économique. Laissons en effet parler l'auteur.

c A répoqueoù M. Becquerel me fit l'honneur de présenter lui-même à VÀcadémie ma pile galvanique ayant le mercure et l'iode pour éléments actifs et la révivification de ces éléments pour principe, il m'était déjà démontré que, dans plusieurs circonstances, pouvait se faire sentir le besoin d'une action plus riche en force électro-motrice ; aussi, immédiatement après la communication de mon travail, je portai toute mon attention SUT les compositions de l'iode avec les métaux les plus électro-positifs amalgamés avec le mercure, et j'obtins des dispositions de pile dont l'énergie et la constance ne pouvaient être égalées par aucime des piles déjà existantes. Seulement, pendant longtemps, la révivification des iodures des métaux de première classe, et notamment de l'iodure de zinc, me présenta de telles complications, que plusieurs fois je fus sur le point de renoncer à mes recherches, regardant comme insurmontables les difficultés qui s'accumulaient devant moi. Ainsi Fiodure de zinc, qui est indiqué dans les meilleurs traités de chimie comme perdant l'iode lorsqu'on le chauffe en présence de l'oxygène de Tair, devient volatil juste à la température où l'oxygène le décompose ; il se forme alors une atmosphère d'iodure de zinc qui écarte l'oxygène de la masse chauffée, et ce n'est qu'après des opérations bien souvent répétées qu'on élimine une quantité notable d'iode.

« Heureusement, dans le cours de mes travaux, j'ai trouvé un agent de décomposition des plus énergiques, relativement à la plupart des iodures, c'est le carbonate basique de bioxyde de cuivre. Tandi» que les

gels solttbles de bioxyde de cuivre^ en réagissant sur les iodures alcalins, m précipitent que la moitié de riûde, j^ai trouvé que les sels baaiqaes, principalement le carbonate, n'exercent qa'une action à pdne seDsiUe snr ces iodures alcalins, et qu'au contraire ils agissent avec la plas grande rapidité sur les iodures alcalinoterreux des classes plus élevées^ notamment sur riodnre de zinc; ils éliminent alors la totalUé de Fiode en passant à rétat de sel protoxyde et en oxydant le métal combiné avec l'iode.

c C'est d'après ce principe que je produis la révivification des éléments de ma pile galvanique formée avec l'amalgame de zinc, Fiodure de potassium et l'iode.

c Les vases ont absolument la même forme que celui qui fat mis sons les yeux de rÀcadémie lors de la présentation de ma pile à mercure pur. Seulement, sur le pôle plat en charbon, on dispose un filtre trës--évasé ea terre poreuse, renfermant du carbonate de bioxyde de cuivre hydraté. Lorsque la pile a fonctionné, on soutire le liquide contenu dans les auges et on le rejette sur les filtres. Ce liquide, qui n'est alors formé que d\ui iodnre double de zinc et de potassium, est décomposé par le sel de cuivre. L'iodure alcalin reste pur, et l'iodnre de zinc est changé en oxyde de ce métal, tandis que l'iode, mis à nu, se dissout dans l'iodore alcsUn, passe avec lui à travers le filtre et va tomber sur le pôle en charbon, ojt il empêche de nouveau la polarisation. A la température ordinaire, l'aotion du sel de cuivre et trbs-prompte, mais, vers 60<* centigrades» elle est instantanée.

c Ainsi la révivification de l'iode n'exige d'autre dépense et d'aube soin que de soutirer et de jeter le liquide saturé des auges sur un filtre chargé de carbonate hydraté de cuivre.

c Pour opérer la révivification du tinc, on prend les produits restés à rétat insoluble sur le filtre et composant un mélange de carbonate de pn^toxyde do cuivre et d'oxyde de zinc, et, après les avoir broyés avec dn charbon en poudre, on les met dans un creuset ordinaire qu'on place dans un fourneau dont le tirage soit bon ; on chauffe, et dans un temps fort court la réduction est opérée. Primitivement, je poussais la chaleur au rouge blanc pour recevoir le zinc par distillation, tandis que le cuivre restait pur dans le creuset et pouvait être livré au commerce ; mais l'expérience m'a démontré qu'il est bien plus simple de ne pousser la chaleur qu'au rouge ; c'est alors du laiton que Ton obtient, mais ce laiton, livré sn commerce au prix des vieilles mitrailles de hûton, couvre parfaitement

les dépenses de la pile, lesquelles ne consistent que dans Tachât du zinc métallique, da sulfate de cuivre et du carbonate de soude, ces deux der« niers sels^ en dissolution, servant à produire le carbonate hydraté de cniTre. Ces divers produits se trouvent partout, et la mitraille de laiton a son éoodilCTient dans les pluspetits centres de population.

« Dans la pratique, je me suis bien trouvé d'opérer la révivification de Viode toutes les vingts-quatre heures, cette opération n'exigeant que la peine de verser un liquide dans un vase à filtration. Quant aux produits mètaUiques, je les place de côté pour en opérer la révivification tons les mois seulement, car en opérant sur des quantités un peu considérables de matière^ on peut produire une très*belle fonte de laiton et augmenter ainsi sa valeur commerciale, »

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