‹ Exposé des applications de l'électricitéChapitre 17 sur 43 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

érée au point de vue des relations de peuple à peuple, de gouverk gouvernement, de famille à famille, d'individu à individu, la lie électrique, en annulant les distances, comble un vide inunense t un bienfait vraiment providentiel et humanitaire d'une portée ; incommensurable qu'on peut la considérer maintenant comme itution inséparable de la civilisation moderne, a I.e télégraphe 3, dit M. Walker, a une existence à part; il ne peut être remplacé il fait ce que la poste ne peut pas faire; il distance les pigeons s, il va plus vite que le vent, il arra::he le sablier de la main du ; efface les limites de Tespace. Si nous pouvions soulever le voile ts que nos rapports avec le public nous obligent de garder sur la idance dont on nous fait les dépositaires, il y aurait de quoi plusieurs volumes d'anxiétés domestiques calmées par la téléélectrique. C'est surtout dans les circonstances graves et soule le public a recours à nous, comme on a recours au médecin en laladie. Ces anxiétés ont quelquefois un. côté comique; d'autres sont excessivement pénibles. Nous avons été chargés de comin mémo temps un turbot et un cercueil, un dîner et un médecin Tico au mois et une jaquette de course, une machine industrielle aine-cùble, un uniforme d'officier et des glaces du lac de Weham, iastique et une perruque d'avocat, un étendard royal et un panier etc. Que d'objets divers les voyageurs des chemins de fer ont ; au moyen des télégraphes! que de criminels découverts, que de enus, que de spéculations mauvaises arrêtées à temps, que de conclus, que d'accidents évitésj

sto dressée par catégories de sujets aux bureaux télégraphiques e donner quelque idée des diverses espèces et de la multiplicité ces rendus par le télégraphe.

îtant les yeux sur cette liste, n'est-on pas frappé de la confiance i dans le télégraphe? Pour adresser à notre ami le plus cher une aplie des plus secrètes pensées de notre cœur, et pour confier un

422 APPLICATIONS DE LA tÊLÊGRAPHIE.

tel document à des mains étrangères, à des hommes que nous n*avoQS jamais vus, dont nous n'avons aucune idée personnelle, il faut avoir une grande confiance, une grande foi dans les institutions de notre pays. Le facteur de la poste ignore les joies ou les douleurs qu'il porte ; il en est tout autrement avec 1q télégraphe ; nous sommes dans la confidence du public, nous connaissons la nouvelle que nous portons. La preuve que cette confiance est bien placée, c'est l'augmentation toujours croissante dans le nombre et la valeur des dé pèches qui nous sont confiées, b

En dehors de ces services que Ton peut considérer comme individuels, il en est d'autres d'un intérêt général ou collectif dont on peut apprécier tous les jours l'importance; de ce nombre sont ceux qui résultent de l'application qu'on a faite de la télégraphie au sernce des chemins de fer, aux opérations militaires, à la prévision du temps, au service des sapeurspompiers en cas d'incendie, au service nautique dans les grands vaisseaux, au service sémaphorique, à la transmission du midi vrai et du midi moyen dans les ports, au règlement des horloges publiques, aux annonces des inondations sur \o. parcoui-s des fleuves sujets à des débordements, aux opérations scientifiques pour la détermination des différences de longitude, à la pêche du hareng dans les fiords de la Norvège, à la correspondance dfô ouvriers occupés aux travaux sous-marins, enfin à une foule de cas particuliers de la vie domestique qu'il serait trop long d'énumércr.

Pour qu'on puisse se faire une idée bien nette et bien précise de ces différentes applications de la télégraphie, nous allons entrer dans quelques détails sur la manière dont les principales d'entre elles ont été combinées. Nous ne parlerons pas toutefois de Tapplication qui en a été taite aux chemins de fer et à la détermination des différences de longitude, ayant déjà traité celte question d'une manière spéciale dans la troisième section de cette partie de notre ouvrage.

Application de la télég^raphie aux opérations militaires. — Des dilTérentes applications de la télégraphie, la plus importante, dans un moment donné, est bien certainement celle qu'on peut en faire aux opérations militaires. Quand on réfléchit que le télégraphe électrique donne à un général en chef, non-seulement la facilité de transmettre instantanément ses ordres aux difl'ércnts corps d'armée qu'il commande, mais encore la possibilité d'être renseigné à chaque moment sur les mouvements de Tennemi ; quand on pense qu'une armée peut se trouver de cette manière reliée directement avec ses bases d'opérations et la mère patrie, on se demande si, avec de pareils moyens, le hasard ou l'imprévu joueront encore un rôle dans les guerres futures. Dans tous les

cas, la partie pourra être jouée savamment sans que des circonstances accidentelles viennent déranger les combinaisons, et le général pourra déployer alors toute sa tactique et son habileté.

Dans notre campap^ne d'Italie de 1859, la télégraphie électrique militaire, bien qu*à son premier essai, a joué un rôle important, non-seulement pour les renseignements qu'elle a transmis continuellement au quartier général, mais surtout pour lo ravitaillement de Tarmée. Assurer toujours les communications télégraphiques du grand quartier général avec la France et les bases d'opérations, c'est-à-dire Turin, Alexandrie et Gênes, relier entre eux, autant que pouvait le permettre la rapidité de leurs mouvements, les différents corps des armées alliées, tel était le problème qu'il s'agissait de résoudre, et on peut dire que la solution fut presque toujours remplie et souvent même dépassée.

Dans l'origine on avait pensé que des supports volants pourraient sufQre tu soutien des fils dans ce genre de télégraphie, et en conséquence ou n'avait songé à employer que des espèces de perches de 4™, 50 fendues par un bout, taillés en pointe par l'autre, que l'on devait ficher en terre comme des écbaias. C'est même ainsi qu'avait été installée la télégraphie militaire des Autrichiens et des Piémontais ; mais on n'a pas tardé à reconnaître que, pour ces sortes de communications télégraphiques, comme pour la télégraphie permanente, il allait une organisation solide de poteaux, qui pût non-seulement résister au choc des voitures et des mulets chargés qui eocombrenl toutes les routes à la suite des armées, mais qui fut dans des conditions telles que la cavalerie pût passer sous les fils avec armes et Ingages, et que les soldats ne pussent pas les enlever facilement pour en tdre des supports à leurs tentes ou du combustible pour leurs feux. D'après le rapport de M. Lair, chef du service télégraphique de Texpé- <iition d'Italie, ce seraient des poteaux de 6 mètres ayant pour diamètres extrêmes 0^,10 et 0<",05 qui devraient être choisis pour cet usage, et ces poteaux devraient porter à leur sommet une petite tige de fer afin qu'on pût y fixer immédiatement après la pose, et sans le secours d'aucun outil, k support isolateur. Gelui-d devrait être en caoutchouc et disposé comme dans le système autrichien. Cette disposition n'est du reste autre que celle da support à champignon que nous avons décrit tome II, à cette diffénoce près que la tige de fer qui doit le soutenir, au lieu d'être scellée d'une manière fixe dans la tête du champignon, n'y est simplement qu'enfoncée et retenue par la force élastique du caoutchouc. Ce système <l'iiQUteur a l'avantage d'être très-léger, incassable et d'un maniement extrêmement fiidle.

4S4 APPLICàTIONS DE LA TÊL&GRÀPHIE.

Les fils de fer les plus convenables pour la télégraphie militaire sont doi fils recuits de 2 millimètres de diamètre; on peut les dérouler facilement ^ les tendre à la main ; ils sont de plus d'une pose facile et d'un raccorde* moment qui n'exige pas d'outil spécial; il suffît pour les fixer, de lei enrouler deux fois autour de la tète des supports isolateurs, ce qui dispense des tendeurs, doches d'arrêt, etc.

Quant aux appareils télégraphiques eux-mêmes, le point important est qu*ils soient solides et facilement transportables. Plusieurs modèles ont été proposés dans ce but par MM. Hipp, Digney, Siemens, etc., les uns fonctionnant avec des courants magnéto-électriques, les autres avec des pitei à sulfate de mercure. Us paraissent tous dans de bonnes conditions, et oa n'a que rembarras du choix. Ceux dont on s'est servi à la campagiM d'Italie, pour l'armée française, sont des télégraphes Morse, systèmi Digney, fonctionnant avec une pile à sulfate de mercure de 10 éléments. L'appareil avec tous ses accessoires, savoir : le manipulateur, le rouai, l'encre oléique, les rouleaux de papier, les clefs, etc., était disposé ) demeure dans une boite de 38 centimètres de longueur sur 17 centimètrei de largeur et de hauteur, et la pile était renfermée dans une boite à pail de mômes dimensions en longueur et largeur, mais n'ayant pas plus de 14 centimètres en hauteur. Bien entendu, le tout était enveloppé dans uni espèce de sac en cuir, analogue aux havre-sacs do nos soldats, et suscep tible d'être porté facilement à dos d'homme. M. Lair croil que ces boita devraient contenir en plus un parafoudre et des galvanomètres de rechange car ces instruments ont été les seuls qui se soient dérangés pendant U campagne.

a La plus grande difliculté que nous ayons eue à surmonter pendant toute la campagne, dit M. Lair, a été celle du transport de notre matérie sur des charrettes de toutes formes imllement appropriées à nos besoins e ne pouvant prendre que de très-faibles chargements; il était en outre très difficile de faire marcher les voituriers, qui, n étant soumis à aucuD< discipline, n'obéissaient que contraints par la force, et se sauvaient avei leurs voitures quand ils n étaient pas bien surveillés, laissant sur la routi nos poteaux et nos fils. La main-d'œuvre pour la plantation des poteaux i été souvent aussi un obstacle à la prompte exécution des lignes. Il fallai perdre un temps précieux pour recruter directement ou réclamer da municipalités des manœuvres qu'elles étaient elles-mêmes très-embar rassées de nous fournir, et toujours en nombre insuffisant. »

Ces diverses considérations ont engagé M. Lair à demander que k service télégraphique mihtaire fut organisé de la manière suivante :

APPLICATIONS DE U TÉIi^GlUPHIE. W

i^ Un chef de tout le service disposant d'autant de brigades que devrait *enget l'extension des opérations militaires;

2* Chaque brigade comprendrait un inspecteur expérimenté, ayant sous let ordres un adjoint inspecteur d'une classe inférieure, ou un directeur Usant fonction d'inspecteur, quatre stationnaires qui seraient renouvelés par le chef de service à mesure que le nombre des stations s'accroîtrait, nx surveillants pour la distribution du matériel, la surveillance de la plantation, le déroulement du fil, sa pose et celle des supports^ un détachement de planteurs (quinze hommes environ) commandés par un souseffider, un détachement du train des équipages avec dix chariots dont huit chargés de poteaux et de fils, supports et outils.

Depuis ce rapport, l'administration des lignes télégraphiques a établi da fourgons spéciaux pour ce genre de transports qui paraissent être dans de bonnes conditions : Ce sont des espèces de chariots couverts dont la partie du devant formant une espèce de coupé renferme tout installés, les appareils télégraphiques. C'est en quelque sorte un bureau ambulant qui porte en même temps avec lui un matériel suffisant pour une installalion volante, c'est-à-dire des câbles solides et légers.

Le Gouvernement français, à la suite de la guerre d'Italie, avait été disposé à confier beaucoup des manœuvres télégraphiques aux armes spéciales de l'armée; mais les résultats déplorables qu'on a eus à constater Ion de notre désastreuse campagne de 1870, ont changé complètement les idées à cet égard, et c'est l'administration télégraphique qui est aujourd'hui chargée de ce service, mais avec ime organisation tout à fait militaire, du Qioins, pour les employés de cette administration qui seraient appelés à (iaire partie des corps expéditionnaires. Avec la nouvelle loi de recrutement ie l'armée, cette organisation est assez simple puisque tout le monde Ai Koldat jusqu'à qiiarante ans, et que ceux qui font partie de l'administi-ar ^n télégraphique peuvent faire aussi bien leur service militaire dans ft télégraphie miUtaire, que dans les manœuvres auxquelles on assujettit ordinairement les soldats. Les essais qu'on a faits de cette nouvelle organisation lors des différentes manœuvres qui se font chaque année en Lutomne, ont montré que ce système était satisfaisant et qu'on pouvait en ispérer de bons résultats dans l'avenir. Nous donnons, du reste, plus loin fuelques détails sur cette organisation.

Nous avons, dans la partie de notre ouvrage consacrée à la télégraphie iectrique, donné des détails suffisants sur les télégraphes militaires rdinairement employés, et môme sur certains appareils de poche disosés tout exprès dans ce but; le téléphone va trouver encore là une

application très-importante et avantageuse; mais en attendant que des expériences décisives soient entreprises à cet égard, nous croyons devoir appeler ici l'attention sur un petit système très-simple dit parleur qui est d'une extrême simplicité, et qui, confié à des employés intelligents et exercés, peut être même préférable aux appareils plus ou moins compliqués jusqu'ici en usage. On doit se rappeler, en eflfet, que la simple action du passage du courant à travers la langue d'un de ces employés, a pu lui permettre, pendant le siège de Paris, de recevoir un message transmis à travers un câble immergé dans la Seine, et nous voyons souvent dans nos bureaux télégraphiques, que les dépèches peuvent être lues par les employés, rien que par le bruit produit par les oscillations de Tarmature de l'électro-aimant de leur appareil. Le parieur qui n'est autre chose qu^un électro-aimant à armature frappante, est d'ailleuis souvent employé, comme nous l'avons vu, dans le service télégraphique, et l'on conçoit que son emploi à l'armée, dans les conditions actuelles, puisse être d'un grand secours pour la télégraphie volante.

Système de télégraphk militaire volante proposé par M, Trouvé, — Nous représentons ôg. 123, le modèle du parleur eu question construit par M. Trouvé, et les fig. 122 et 121 montrent la manière dont il peut être appliqué, a Voici du reste comment le journal la Nature rend compte de ce système.

o L'ensemble se compose d'un câble à deux fils destiné à réunir deux stations, et, pour chaque station, d'une pile et d'un appareil de correspondance. La figure 121 représente la ligne et les deux stations, ou, pour parler un langage moins technique, les deux correspondants. L'oflBcier qu'on voit à droite a choisi son point d'observation. Il porte en bandoulière une pile qu'on voit à son côté et un appareil télégraphique, gros comme une montre, qu'il peut mettre dans sa poche ou accrocher à son épaulette dans les intervalles de la correspondance.

« Le soldat qu'on voit s'éloignant à gauche porte sur le dos im crochet, analogue à ceux dont se servent les commissionnaires à Paris ; sur ce crochet on voit d'abord, à la partie supérieure, une grosse bobine sur laquelle est enroulé le câble, et ensuite, à la partie inférieure, la pile; il a en outre le petit appareil télégraphique, qui est, au moment considéré, accroché en haut et à gauche du crochet.

« A mesure que le soldat marche en avant, le câble se déroule derrière lui sur le sol, et la bobine tourne sur son axe; le moment venu de correspondre, il décrochera le petit appareil télégraphique, et, le prenant k la main, commencera l'envoi ou la réception des dépêches qui se présen- ]

Le c&ble est à deux conducteurs isolés ; chacun d'eux est recouvert te gutta-percha, et tous deux ensemble sont réunis sous une enveloppe dl ruban caoutchouté; avec cette protection, il peut être étendu sur un Ht sec ou humide, il peut même être exposé à la pluie ou traverser un nùseau sans que la communication en soit troublée. Nous ferons remarqua ici, par parenthèse, que, vu le peu de résistance électrique de la hgne, 11» petite perte serait de peu de conséquence- Les deux conducteurs sont attachés à la pile de l'offlcïer stationnain avant la séparation àa ^'^' *^- deux taégraphistes; dd

boutons spéciaux, désignés par des lettres, M laissent place à aucun erreur. Avant de se quitter, ils véiiâeront leun appareils en transmetunt dans les deux sens une courte phrase. Après anir repris sa position, le télégraphiste mobile en ansera son correspondant par l'envoi dumot d'ordre, et réchange des dépèches pourra commencer.

a Le soldat porteur du crochet recherche les sentiers inaccessibles aux witures; s'il a une roule l traverser, il choisit de pré, férence un endroit où da arbres lui permettent di monter le 111 k une hauteur sufl santé pour laisser pasacr par desEOUS les voitures et les canons; car on comprend du r st que s ce fil était étendu au travers du chemifli il cour a t cl ante d tire Lcrdbc et coupé par les roues qui passenùa* dessus 1 \ra d rc pour ce cas et d autres analogues, il faudra adjoindi» au t 1 graph ste un con pSono charge d enlever le cible sur les brancM des arbres et de d vers soms de ce genre. D'ailleurs, le moment veaudt cesaur U commuuiuaUu 1 It teliv^sraphiste reçoit l'ordre de revenir à soi

point de départ, et là encore un compagnon lui est nécessaire pour enrouler le câble sur la bobine; Taide se sert alors d'une manivelle qui s'emmanche sur le bout de droite de Taxe de la bobine fig. 122; il la tourne et enroule le fil pendant que le porteur marche au petit pas pour faciliter l'opération. « Nous avons montré ici deux télégraphistes, Tun stationnaire, Tautre mobile, séparés par ime distance maximum de mille mètres. Mais le second peut être accompagné d'im troisième, porteur d'un crochet et d'une lx>bine identiques; quand l'un des porteurs aura épuise son câble, le second commencera à dérouler le sien, non sans avoir établi la liaison entre les deux câbles, au moyen de petits mousquetons. U sera donc possible d'établir la correspondance entre deux points distants de deux ou plusieurs kilomètres, sans rien changer au système.

« Pour faire comprendre toute l'utilité de cet ensemble si simple, il faut insister sur ce point que, dans im cas de grande urgence, ime ligne d'un kilomètre peut être établie sur un terrain découvert, en dix minutes, c'est-à-dire dans le temps nécessaire pour parcourir à pied cette distance, c On aura remarqué dans ce qui précède que nous avons parlé d'un câble à deux fils, tandis que le télégraphe ordinaire n'emploie qu'un seul fil et se sert de la terre pour suppléer au fil de retour. En y réfléchissant, on verra ^e cette télégraphie volante ne peut pas fonctionner dans les conditions <^dinaires; l'établissement d'une bonne terre est en effet indispensable à chaque station ; or, les télégraphistes militaires ne peuvent pas toujours choisir un terrain convenable à cette communication avec la terre, qui d'ailleurs ne peut que bien rarement être établie d'une manière instantanée. Dans les plaines de sable briïlées par le soleil, en Algérie par exemple, on n'arriverait pas à établir im iil de terre; dans une plaine gelée ï plusieurs pieds d'épaisseur, comme ont été nos campagnes pendant une iH)table partie du temps qu'a duré la dernière guerre, on n'y arriverait pas davantage. Ces raisons ont déterminé M. Trouvé à employer deux conducteurs et à s'écarter des habitudes du service télégraphique ordinaire; et nous sommes convaincu qu'il a eu raison, sans vouloir dire que la télégraphie militaire doive dans tous les cas procéder ainsi.

• Si on avait à employer le télégraphe Trouvé à de grandes distances, il serait à propos de faire usage des deux conducteurs comme d'un seul, ce qui réduirait de moitié la résistance de la hgne, et permettrait d'employer la terre pour le retour.

c L'appareil de correspondance dit Parleur est représenté en demi-gran* deur dans la figure 123. S a la dimension d'une grosse montre et peut être porté dans un gousset. La botte est en métal; on la fait habituellement en

Fig. 133.

laiton nickelé à la pile. On a figuré l'instrumeiit avec l'un des fonds eulert pour laisser voir le mécanisme, qui est d'ailleurs très-simple. Un ëlectnaimant en est le principal organe ; son armature, placée au-dessous, a un mouvement peu étendu autour d'un axe placé du côlh du spectateur; c«IU armature vient par un petit appendice frapper un bouton monté sur le fond de la boîte qui est en arrière. Ces petits coups font un bruit sufBsaol avec une pile convenable pour permettre facilement la lecture, sans même qu'il soit nécessaire de mettre l'appareil près de l'oreille ; on comprend que la boite du Parleur sert de caisse de fésonnance et contribue notablement b la netteté de la perception.

« Le manipulateur, ou clef Mofse,at placé à l'extérieur de la botte; c'est lU petit levier qui pivote autour d'un u& et dont l'extrémité est relevée ; la muipulation peut se foire avec le bout d> l'index de la main droite, la boite élut tenue dans ta main gauche.

a Depuis l'invention du téléphone, A surtout depuis le Icléphone à i lama vibranlcs qu'il a imaginé, M, TrouTS croit que son parleur pourrait être remplacé avantage use ment par cet iDSlnmenl qui permet, par l'action simultanée des i bmcs vibrantes, d'obtenir des cITcts renforcés, ou de parler dans quatre directions à la fois. (Voir la description de ce lélùplione dans les comptes-rendas de décembre 1877.

Trois fils conducteurs isolés sont atuchés à l'appareil et seivent à le lelior ii la pile et aux deux Lgnes. Ce conducteurs sont foi'més chacun du plusieurs fds de cuîiiTe très-fift tressés, ce qui donne une souplesse cxlrOme à l'ensemble; ils sont recw verts chacun de soie d'une couleur spéciale; d'ailleurs ie petit crochet q"" les termine est numéroté ; et ces numéi'Os correspondent à ceux des hw tons de la caisse à pile auxquels ils doivent être attachés; de telle sortef malgré la hàlc fiévreuse avec laquelle toutes ces liaisons peuveDtW foites quclaucfois, il ne parait pas possiule de commettre d'erreur.

La pile employée n'est autre que celle nous avons déijà décrite plusiMB fois et que nous avons représentée flg. Iti et 113. f

Organisation actuelle de la télégraphie militaire en France. — Aujourd'hui la télégraphie militaire, en France, fait partie de Tarmée, et relève, comme nous le disions, à la fois du ministre de la guerre et de Tadministration des lignes télégraphiques. A chaque corps d'armée, est adjointe mie section télégraphique dont le personnel est composé de quarante-six hommes avec un chef qui, sous la désignation de chef de section, a im grade équivalent à celui de capitaine. Ce chef a sous ses ordres; 1* trois chefs de poste, 2<* dix télégraphistes, 3® six chefs d'équipe, i^ vingt ouvriers (y compris quatre ordonnances). La section se subdivise en deux ateliers, et en un groupe de réserve, et chaque atelier comprend dix ouvriers qui remplissent les fbnctxons de marqueurs, de distributeurs, de dérouleurs de fils, et de monteurs. Le parc de télégraphie de chaque section se compose de deux voitures postes, de quatre chariots et de trois voitures régimentaires.

Les chariots contiennent des bobines de câbles et de fil nu, des assortiments de cordages, do grosse toile, de rubans goudronnés, de gutta-percha, de tubes de caoutchouc, de fils à ligatures, des piles portatives, des parleurs, des commutateurs, des sen'e-fils, du fil recouvert pour poste, des galvanomètres, des piquets de haubans, des brouettes, des perches de différentes hauteurs, généralement munies de rallonges et d'isolateurs en èbonite, et de tous les outils nécessaires à la pose d'une ligne volante ou durable. Il y a aussi une cantine pour les deux chariots de réserve, et cette cantine possède un morse et une pile portative.

Les câbles employés sont enroulés sur de grandes bobines par bouts de I kilomètre, et leur enveloppe portative est une sorte de gaine en filin tressé et goudronné, qu'on recouvre souvent d'un ruban en caoutchouc ou de rubans goudronnés enroulés en sens inverse.

Les bobines sont munies de joues assez larges pour contenir le bout de càbie qu'elles pçrtent, et dont le bout intérieur ressort par l'intérieur du canon de la bobine. Au centre de ce canon, est fixé un axe de forme particulière qui permet de placer la bobine sur la brouette de manière à opérer le déroulement d'une manière facile. CSomme cette brouette est faite à peu près comme les brouettes pour saisir les sacs dans les moulins, on peut aisément enlever et disposer ces bobines.

Les isolateurs sont, comme nous Tavons déjà dit, en ébonite, et leur tète porte une rainure courbe qui permet de fixer le câble ou le fil à mesure qu*on le pose; leur ajustement sur les perches est préalablement fEÛt d'après le système ordinaire.

Les perches qui peuvent être doubles et triples, se composent de tubes pissant les uns dans les autres, et pouvant être maintenus à des hauteurs

variables, à Taîde de vis de pression ; elles se terminent inférieiirement par une pointe que Ton enfonce en terre au moyen d'un avant-trou fkit avec une pièce de fer pointue qu'on enfonce à coups de masse.

Les fonctions spéciales de chacun des employés préposés dans chaque section à la construction d'une ligne^ sont les suivantes :

lo Le chef d'atelier reconnaît le terrain et étudie le tracé de la ligne, ainsi que ses conditions de construction; il donne ses instructions au marqueur, surveille le travail général, et inspecté la ligne, môme en arrière du bout qui est en construction; il requiert, quand besoin en est, du commandant des troupes les plus voisines, des secours pour assurer la protection du travail de la ligne, et procède aux essais de la ligne à chaque kilomètre construit; s'il y a discontinuité du circuit en arrière, il calcule à peu près en quel endroit est le défaut et il fait procéder à sa réparation.

î'^Le sous-chef cTatelier s'occupe des détails de la construction delà ligne et surveille les monteurs, la pose des ôls et des poteaux. Si le perfb* rateur pour planter les poteaux ne peut fournir un trou convenable, il &it utiliser pour la consolidation des perches, les ressources locales, les grilles, les troncs d*arbres, les tas de pierres, etc. ; il fait Tessai de la ligne aui points des raccordements, et doit renseigner le chef d'atelier après avoir fini le travail.

3° Les îélégraphisles ont diverses fonctions; les uns doivent examiner les lignes abandonnées par l'ennemi, au point de vue de leur isolement et de leur conductibilité, et comme généralement elles sont plus ou moins en mauvais état, on les étudie par sections de 1 kilomètre, et on procède à la repèration des solutions de continuité, au moyen de simples hgatures, et des moufles dont nous avons parlé dans notre tome IL Les autres sont appelés à organiser les postes télégraphiques et à échanger les correspondances ; nous en parlerons plus tard.

Le marqueur indique sur le sol ou sur les murs la nature du matériel à employer et la direction à suivre; il plante une fiche de piquetage à la place même que doit occuper la perche, surveille et aide le déroulement du câble, indique le tracé de la tranchée, s'occupe de Tenroulement du câble lors du relèvement. Ce déroulement et cet enroulement s'effectuent d'ailleurs à la brouette ou au chariot comme nous le verrons à l'instant.

Le distributeur s' oczxi^Qf sous sa responsabilité, du matériel contenu dans le chariot, et de ce qui concerne la marche de celui-ci; il passe au marqueur les diflférents objets dont il a besoin, et les replace quand celui-ci les lui rapporte; il prépare les appareils d'essai, et conduit le chariot qui doit suivre les monteurs à une distance d'environ 150 mètres. Il est aidé dans

^V APPUCATI0N9 DE LA TeLEORAPHIK. il3

» SWTim qui t'appli(tue aux difi^àreatea phases ds la construction ou du nlève.inent île la tlgiio, par deux aides distributeurs. Ces trois distributeoTS portent sur aux un sac où se trouvent une lime en tien point, une pinoa plate et lûO mètres de Si de ligature.

Lé dèrvulewr nuige ii terre les bobines de 01 conducteur et les objelB nécessaireg à leur dÉroulement, lea monte succecsÎTement sur leur axe en teiual coiopte du sens da l'enroulement, les place sur les brouettes et unfiillA le dérouloment, prépare les boute du câble, surveille leurs raccor- (UtutnU, guida leur déroulement dans les sentiers ou les tronchâes, et procide k la manœuvre de la manivelle de la bobine, lors du relèvement; ■OD râle est le mênie pour la réparation d'une ligne mauvaise. 11 est aidé dans «es fonctions par un aide dérouleur qui hit la partie matérielle da la bMOgiie,

D arrive quelquerois qu'on déroule et qu'on relève le fil au chariot aussi ^^Lpi'à la brouette, alors les dérouleurs sont aidés par les marqueurs. ^^B vwnleurt prennent eui-mèmés sur le chariot les échelles et les HAm dont ild 0[)t besoin pour la montage de la ligne, lesquelles sont i&ipo«êcs en dehors du chariot. Dâ doivent ensuite les replacer quand le tMvail til Uni. Ces monteurs sont chargés de la planlation des perches, de bi fixation des isolateurs et de la fixation du fil sur cas isolateurs; ils «Biicluonl ensuite la tension du fil par le redressement de la perche. Quand lu ligne est dans une tranchée, ce sont les monteurs qui referment « suc la cibla, ol qui l'ouvrent en cas de r«Uvement de celui-ci. inteuta sont au nombre de quatre, deux monteur* et deux aides. ■ maintenant nous occuper des postes télégraphiées et do

iota sont installés dans le coiipé des deux voitures- postes

I parlé. Ils sont pourvus, d'une suspension de montre et

ï, de deux appareils d'éclairage, d'une sonnerie, d'im commu-

I, et de trois commutateurs Bavarois, de deux parleun &

k d'un paratonoerra à stries pour deux tils, d'une planchette à

I deu ^pareils morte, portatib et de tous lea accessoirs

bifl. tels que quatra bouteillea à encre oléique, pinceaux,

■ mobiles, bandes de papier, fila recouverts, bobines do

es, imprimés, etc. Les parlons pourraient être remplacés par des

raptoyées sont composéea d'élt-ments Leclanché de

> modèle et il y en n quatre pour chaque bureau.

L'srhère do la voiture renferma six bobines de c&blet, trois piquets de

Mm, quatre boblui>s vides, quatre piles porUtlvef, des appareils do

WÊL T. T. 28 .

rechange, tels que commutateurs, appareils morse portatifs^ serre-fils, etc. puis des outils, des tubes de caoutchouc, de la cordelette, de la grone toile, des assortiments d'imprimés.

Enfin à Tintérieur de la voiture on trouve des lanternes, des écroas d'essieu, des piquets de terre, un réservoir d'eau, un sceau à graisse, des perches doubles, des échelles, un axe de déroulement, etc., etc.

Les piquets de terre sont destinés à établir les communications à la terre, et ils doivent être enfoncées dans les terrains les plus humides. Des ouvertures pratiquées dans les deux faces latérales du coupé per mettent l'introduction des fils qui sont reliés à ces piquets, et de c^iz qui correspondent à la ligne. Ces fils sont au nombre de trois de chaque cM, deux correspondant aux fils de Hgne, un au fil de terre. Le fil de tem de gauche dessert les piles et Tappareil de gauche, celui de droite comnmnique aux parleurs et à l'appareil de droite.

L'une des piles correspond aux parleurs, la deuxième à Tapparefl de droite, la troisième à l'appareil de gauche, la quatrième est une pile de secours, destinée à remplacer ime des trois autres, ou à les renforcer à l'aide du commutateur suisse; on amène les fils de hgne sur l'un quelconque des appareils ou parleurs. Le commutateur bavarois sert à reUer la sonn^à la masse de l'appareil et aux parleurs.

Le cable léger dont est pourvue la voiture-poste peut être déroulé à bras d'hommes à l'aide d'un piquet de terre servant d'axe.

Application de la télég^raphie À la préTiaioni du temiMi. — Dès la seconde moitié du siècle dernier, des obser\^tions météorologiques régulières avaient été instituées en quelques points de l'Europe, et notamment en France, et Lavoisier, dans le troisième volume de ses œuvres, indique dans deux notes l'importance que pouvaient présenter ces observations pour la prévision du temps, et la manière dont cette prévision pouvait en être déduite (1). Il conclut en ces termes : « La prédiction des changements qui doivent arriver au temps est un art qui a ses principes et ses règles, et qui exige une grande expérience et l'attention d'un physideo très-exercé. Les données nécessaires pour cet art sont : l'observation habituelle et journalière des variations de la hauteur du mercure dans le baromètre, la force et la direction des vents à !difierentes élévations, l'état hygrométrique de l'air.

« Avec toutes ces données, il est presque possible de prévoir un jour on

(1) Vair un ouvra{;e intéressant sur cette question de M. Marié Davy iatitulé de^ Mêwtetnents de t atmosphère, — V. Masson 1866.

deux d'ayance avec une très-grande probabilité, le temps qu'il doit faire; OQ pense même qu'il ne serait pas impossible de publier tous les matins un journal de prédictions qui serait d'une très-grande utilité pour la société. »

c A I*époque où Lavoisier procédait à cette organisation, dit M« Marié Davy, il ne pouvait user d'aucun des moyens de communication rapide mis à notre disposition. Ses idées avaient cependant assez frappé Topinion publique pour que quelques années après, en 1793, Romme, député à la Constituante, chargé de présenter à cette assemblée un rapport sur le télégr^>he aérien de Chappe, n'oubliât pas de mentionner au nombre des airantages présentés par la nouvelle invention, la possibilité pour les physiciens de prévoir Farrivée des tempêtes et d'en donner avis aux ports et aux cultivateurs.

« Œnquante ans après, Piddington appela de nouveau l'attention sur c6 point, et dans un mémoire qu'il publia en 1842, il montra les avantages que la navigation pourrait retirer de l'emploi du télégraphe pour donner avis aux ports de l'approche des ouragans. Ce désir s'est trouvé réalisé en partie en Amérique, et c'est au professeur Espy qu'il £Aut rapporter cette heazeoae initiative, i

Toutefois, ce service était loin d'être organisé d'une manière régulière, et lea avertissements n'étaient le plus souvent fournis que par des dépèches privées. En Angleterre, dès l'origine de l'établissement des lignes télégraphiques^ certaines localités communales demandaient bien au télégraphe quelques indications sur l'état du temps en dififérents points du royaume, mais c'était plutôt dans un but spéculatif et commercial que dans un intérêt général et d'utilité publique.

Cest en définitive à la France qu'il faut rapporter la première application de la télégraphie météorologique. Dès l'année 1855, en effet, Tadministration des lignes télégraphiques françaises, de concert avec M. Le Verrier, avait posé les bases d'im service météorologique qui devait fournir chaque matin à l'Observatoire de Paris, non-seulement l'état du temps en différents points de la France, mais encore les hauteurs barométriques et les températures de ces points. Ce service, d'abord appliqué à quatorze villes choisies en divers endroits du territoire français, fut successivement étendu aux villes étrangères les plus voisines, et aujourd'hui l'Observatoire de Paris concentre journellement les observations météorologiques d'un très-grand nombre de villes parmi lesquelles nous citerons Paris, Strasbourg, Mézières, Dunkerque, Boulogne, le Havre, Cherbourg, Brest, Lorient, Napoléon- Vendée, Rochefort, Limoges, Montauban, Bordeaux, Montpellier, Cette, Marseille, Toulon, Antibes, Avignon, Lyon, Besançon,

436 APPLICATIONS m U T&UGRAPJUE.

Bruxelles, Greencastie» Pensanoe* Naïra» Greenwick, Porto» BarceloD^ Bilbao, Turin, Ancône, livourae^ Florenoo, Vieime, Berne, teipvi LeHelder, Groningue, Stockolm^ Hennaad, Baparanda, SkudeanoQa, Svnl- Pétersbourg, Moscou, Helsingfords^ libeaui Biga et surtout Yalentia m Irlande qui fournit les plus utiles indications ; car maintenant qu'il «t démontré que les cyclones viennent presque tous de rOoâan Atlantique, soloa la ligne du sud-ouest, quand une dépreaaion se ^t sentir à Yalentia, il etf plus que probable qu'elle indique l'approche d'un cyclone se dirigeant m nous et le nord de l'Europe.

Vu WQ, l'amiral anglais Fits Boy, pensant que des obsenratlons météo» rologiques ainsi concentrées simultanément dans im mtoe lieu poumW permettre à un météorologiste habile de suivre dans leur marcbo to diverses fluctuations atmosphériques» et par suite de pronostiquer le bm et le mauvais temps, proposa au gouvernement anglais^ dans un H d'utilité maritime» l'établissement sur divers points de l'Angletene. de vingt stations météorologiques, annonçant qu'il se âùsait fort, par rétsé comparative des indications ainsi fournies et de celles venant de Ptni» d'annoncer quelque temps à l'avance les coups de vent et les tempêtes sur les dififérentes côtes du Royaume- Uni% Sa proposition ne fut pas tout d'abord accueillie, et souleva beaucoup d'incrédulité. Cependant il finit par triompher, et, après avoir organisé les stations qu'il avait demandées» il put établir son système de prévision du temps. Ce système, nous deYonsto dire tout d'abord, a réussi au delà de toute espérance, et a fourni en pea d'années des renseignements tellement utiles^ que quatre ans après, tous tes ports de l'Angleterre et môme les compagnies d'assurances les plus im[K)r« tantes de ce pays les réclamaient avec avidité.

Devant de pareils résultats, l'Observatoire de Paris, qui avait eu l'initiative de la création des stations météorologiques, ne pouvait rester inactid et vers 1864, il a établi un système de prévision du temps tout à iail analogue. Les journaux nous ont appris à diverses époques que, en phi* sieurs circonstances, les prédictions qui avaient été annoncées s'étaient liir Usées et avaient empêché dans plusieurs de nos ports de grands désastre Il est probable qu'à mesure qu'on se familiarisera davantage avec l'interprétation des données météorologiques, cette science deviendra de moioi en moins obscure, et alors la télégraphie jouera non-seulement le rolejl messager actif de nos pensées et de nos volontés, mais sera encore II sauvegarde de notre sûreté individuelle et de nos intérêts.

Depuis la réussite du systèma de ramixal Fitz Boy» il a sur^ comme Jfi enchantement une foule de propbétQS qui» malheureusement» au lieu d'aidv

▲PMJCATlONS DE LA TËLEGRAPUÎS. 437

ï tmfSiûet cette science ii(mvelle, tendent à la dâconsldérer , en la ftiisant confondre, aux yeux du public, avec une espèce de nécromancie, digne lOot au plus dea Nostradamus et dea Mathieu-Lansberg. Il y a pourtant ttot un monde entre les indicationa fournies par M. Fitz Roy ou robsenrar ttiie de Paria, et lee prophéties que nous voyons tous les jours étalées, aveo HA aplomb réellement comiquei dans nos journaux politiques. Les unes font basées sur des principes sdentiflques incontestables, les autres ne lepoieût sur rien que le caprice. Pour qu*on puisse en apprécier la dilPÂleoce, il nous suffira d'exposer en quelques mots la base du système sur k^ èUes sont appuyées.

Tons les météorologistes savent que tous les vents de nos contrées dérivent du grand courant équatorial du sud-ouest qui est le contrecoaitnt de l'Alizé, et qui s'abat sur nos côtes à une latitude plus ou nolns élevée, mais qui varie de la 35* à la 60« parallèle. Tontdt ce courant s'écoule paisiblement, tantôt brusquement, et il en résulte, avec kl couches d'air qui bordent ce grand courant, des espèces de grands nmous circulaires ou cyclones, analogues à ces tourbillons de pous* fière que Ton observe souvent dans les rafales, et qui fournissent des courants d'air plus ou moins rapides, et des directions de vent qui varient, par rapport aux points géographiques sur lesquels ils passent, suivant la liartie de la courbe du cyclone qui se présente au-dessus d'eux. Or, les mouvements de tous ces courants, leur grandeur et leur intensité peuvent m révéler h nous à quelque hauteur d'ailleurs qu'ils se produisent dans l'Umosphère, par les variations de la colonne barométrique ; et, suivant la hauteur plus ou moins grande de cellO'-ci, suivant la manière plus ou oioins prompte dont s'effectuent ces variations, un météorologiste habile peut reconnaître non-seulement la nature du vent qui va prédominer, asls encore la vitesse dont il est animé. D'après les hauteurs relatives du ttrotnètre aux diflférentes localités où Ton obser\'c, on peut même recon« attre sll y a formation d'un oyclone, et déterminer les points au-dessus lesquels il passe. Il ne s'agit dès lors que de suivre les déplacements de ce ^done et la marche des courants dons le sens que rexpéricncc indique, NKtf savoir les points terrestres qui recevront rinllucncc des vents dont on [ teconnu la présence, et, comme leur vitesse peut être calculée approximaivement, ainsi qu'on Ta vu à l'instant, on peut reconnaitro ceux de ces dots qui auront un vent fbrt Ou un vont faible, surtout si on fiait entrer Q ligne de compte les influences qui peuvent résulter de Télat du ciel et e la température des localités. En examinant ensuite les effets qui devront sfulter de la présence des vents, ainsi prévus, par rapport & Tétat météo-

rologique de la contrée où on les suppose arriver, on pourra reconnattn aisément s'il y aura pluie ou beau temps dans cette localité.

t Connaissant l'état météorologique aux extrémités et au centre de nos lies, dit M. Fitz Roy, nous pouvons être avertis de tout grand changemeoft qui doit survenir^ car les grandes perturbations atmosphériques se calculent par jours et non par heures. Il n'est pas question, bien entendu, des pe^ turbations locales; celles-ci, quelque dangereuses qu'elles puissent être, précisément à cause de leur soudaineté, n'exercent leur influence que sur un petit nombre de milles carrés, s

Sans doute les réactions qui résultent des variations physiques de Tatmosphère sont extrêmement nombreuses, et il faut certainement beaucoup de tact et d'habitude pour prévoir celles qui doivent prédominer, mais on peut comprendre que la solution du problème est possible, du moins en ce qui concerne des contrées assez étendues; aussi l'amiral fiti Roy n'appliquait-il ses prédictions qu'à six régions qui sont :|

{• Le nord du Moray Firth, au milieu du Northumberland, le long de la côte;

2» L'Irlande tout entière en suivant la côte;

3** Le centre du pays de Galles jusqu'à la Solway;

i^ L'est du Northumberland jusqu'à la Tamise;

5° Du sud de la Tamise au pays de Galles;

6® L'Ecosse tout entière.

Le temps probable était publié cliaqiie jour pour le lendemain et le surlendemain; c'est, suivant M. Fitz Roy, la limite habituelle des prévisions auxquelles on peut se fier, quoique à certains moments une prédiction plus étendue puisse être donnée.

« Comme les instruments météorologiques signalent ordinairement les changements importants plusieurs jours d'arance, dit M. Fitz Roy, nous examinons quel temps et quel vent on doit attendre d'après les observations du matin, comparées à celles des jours précédents, et nous en concluons, pour chaque lieu, le temps probable du lendemain et du surlendemain. Nous prenons une moyenne de ces indications locales pour former celle de la région, et nous calculons alors les efifets qui doivent se priHluiro. Nous plaçons sur une carte des fiches mobiles qui indiquent le sens du courant et la possibiUté des cyclones, et nous notons la direction, retondue et la marche de ces vents autour de leur centre, suivant qu'ils se rencontrent, se combinent ou se succèdent.

Quand rôtat probable du temps avait été ainsi établi pour les cinq riions dont nous avons parle, on envoyait par le télégraphe, en cas de

8 de vent présumés, un avis aux différents ports .qui en étaient

su^ée, et immédiatement le signal d*alarme était hissé au roàt des

IUZ9 ce qui voulait dire : faites attention, soyez sur vos cardes, Patînos-

e est troublée. Les marins se trouvaient ainâ avertis et pouvaient agir

onséquence.

s bulletins journaliers publiés par Tamiral Fitz Roy étaient disposés

me il suit :

TBMPS PROBABLE.

Ecosse,

MtMIBDl. JIVBI.

O. à N.N.E. fort. | N.O. à N.E. frais, neigeux.

Irlande,

me le jour précédent ; avec un peu 1 N.N.O à E.N.E. modéré, pluie ou de neige. |

Pays de Galles.

N. et E. modéré; beau temps | Comme le jour précédent.

Sud-ouest de r Angleterre.

à N.E. modéré; beau temps. | Comme le jour précédent.

Svd-est de r Angleterre, E. à E.N.E. modéré; beau temps. | N. à E. modéré; beau temps.

Côte orientale, N. et E. modéré; beau temps. | N.N.O. à E.N.E. frais; beau temps.

organisation française du service électro-météorologique pour la prévidu temps, est plus complète que celle qui précède, car elle permet de re aisément la marche des cyclones et de donner des indications sur le )s pluvieux et orageux.

ins l'origine, le travail de la prévision du temps était fkit séparément ' cinq grandes régions dans lesquelles on avait divisé la France et qui prenaient l'espace compris :

i^ Pour le nord-est. . . de Groningue à Dunkerque.

2® Pour le nord de Dunkerque à Cherbourg.

3<> Pour le nord-ouest, de Cherbourg à 8aint-Nazaire.

\* Pour Touest de Saint-Nazaire à Bayonne.

b^ Pour le sud de Barcelone à Antibes.

;puis, ce travail a été modifié, et il s'est étendu à beaucoup de localités

entre et de Test de la France.

» but de rObservatoire de Paris dans la centralisation des observations

440 APPUGATI0N8 DS LA TtLftGRAPHlB.

météorologiques» eik m effet aujourd'hui! non-ieulement la iffAvitioa im tempêtes et le eignaleinent de leur approche dani lei dUftrents ports, miii encore la transmissioa d'avertissements sur Tétat probable du temps eu différents points du territoire françaiSi afin de Tenir en aide aux agriculteurs dans rintérêt de leurs récoltes. Ce dernier service, touteftns, ïk% M réalisé d'une manière suivie que dans ces dernières années, et chsqoe localité peut aujourd'hui, moyennant une faible indemnité, recevoir tous IN matins aux divers centres mêtéorologiqueSf Fétat probable du temps. Un pareil service a été institué également en Amérique, et les avis transmis par les câbles transatlantiques ont fourni plus d'une fois en Burope, et plusieurs jours d^avance, d^utlles renseignements qui se sont pres<[ue toujours réalisés. C'est qu'en cfEét, les américains, par leur situatk» géographique, peuvent voir se fbrmer dans le golfld du Mexique, ces gtiAdi cyclones qui, poussés dans telle ou telle direction, doivent arriver sor l'Europe dans des conditions qui peuvent jusqu'à un certain point être calculées, et il est arrivé souvent que le jour de leur apparition s'est t^mé parfaitement correspondre au jour prédit en Amérique.

Pour obtenir oes résultats» toutes les données météorologiques tfsdl* mises télégraphiquement à l'Observatoire de Paris, sont pointées sur une carte, avec des signes de convention particuliers pour indiquer à quels phénomènes météorologiques elles se rapportent, et l'intensité de <:eux-ci. Les documents étant ainsi transportés sur la carte, on trace des lignes d'égale pression barométrique, en se guidant sur les chiffres inscrits près de chaque station, et ces Ugnes correspondent toujours à des pressions de 5 en 5 millimètres à partir de la pression 760, aiîn de rendre les comparaisons plus faciles d'une carte à l'autre. On obtient de cette manière des séries de coiu*bes d'égale pression qui sont le plus souvent fermées et concentriques, et qui, provenant des déplacements du ht du grand courant aérien venu de TAtlantique et du passage des mouvements tournants qui s'y produisent, constituent,les cyclones dont nous avons parlé; ces cyclones, ayant un centre de dépression qui se déplace avec le système, permettent de suivre facilement la direction de leurs déplacements. Or, ce sont ces déplacements qu^il s'agit d'épier pour avoir quelques données sur la prévision du temps. En saisissant les premiers signes de l'arrivée de chacun de ces cyclones ou mouvements tournants, en déterminant leur étendue et l'intensité des mouvements qui l'accompagnent, en calculant la distance à laquelle il doit passer dans là région considérée, la direction qu'il suit et la vitesse avec laquelle il se transporte, on peut annoncer sut pays, placés dans la direction suivie par le météore, non-seulcment ^

APPUGATIONB DB LA TtUftORAPHIS. Ul

uffrOQJèBt mais enoore l'époqua où il arrivant à tel ou Wl androit Sans doute caa prédictionfi nesarontpai UNigoura réalisées à oausa des perturbationa localesi mais, dans les conditions ordinaires, il est rare qu^on se trompa, surtout pour les forts cyclones qui engendrent les tempêtes, et comme je la diaaia, les atis de TObservatoire aux différents ports ont évité bien des malheurs.

Quant aux services que TObservatoire peut rendre à ragnculture au moyen des transmissions télégraphiques, ils sont tout autres que ceux qui s'adressent à la marine. Pour celle-ci, la force et la direction du vent sont les points essentiels, l'état du ciel est secondaire. Pour Tagriculture, au contraire, Tétat du ciel est le point capital. Les récoltes ne redoutent guère les tourmentes de Tbiver, mais les allures du grand courant équatorial qui descend dans nos régions tempérées, peuvent exercer sur elles une Bssez £àcbeuse influence, si ce courant se rapproche trop près de nos côtes sur l'Atlantique; s'il se prolonge trop avant dans Test et avec une persistance trop durable, l'hiver est doux et pluvieux; s'il remonte trop vers le nord, rhiver est sec et froid; s'il reste dans une position intermédiaire et que des bourrasques descendues du nord traversent l'Europe moyenne, le temps se couvre, le sol s'imprègne d'eau, les sources s'avivent^ les animaux nuisibles disparaissent.

« Le printemps, dit M. Marié Davy, est une saison critique particulièrement dans lee premiers jours de mai. Un été trop sec est défavorable à la plupart des produits du sol. Un été pluvieux est encore plus fâcheux. Dana cette saison comme dans l'hiver, le courant équatorialne doit^être ni trop près ni trop loin de nous, car c'est lui qui dispense les pluies sur son parcours.

« Tant qu'une récolte est pendante, le cultivateur subit le temps d'une manière passive, à de rares exceptions près; mais à l'époque des labours et des semailles, et particulièrement lorsque les fruits de la terre sont prêts à être recueillis, l'avis des changements du temps, de l'arrivée des beaux jours et des pluies, et surtout de l'approche des orages, peut être pour lui d'une incontestable utilité.

c Biais ces avis, pour être efficaces, doivent pénétrer jusque dans les hameaux. Us doivent être assez clairs et assez simples, non pour indiquer aux cultivateurs ce qu'ils doivent faire, mais pour aider à leur expérience des signes du temps, et pour mieux asseoir leur jugement en en élargissant les bases; enfin ils doivent gagner assez d'avance sur le temps réel pour parvenir utilement aux intéressés, soit qu'ils aient à se mettre en garde, soit qulls aient k choisir Tèpoque la plus ftivorable pour entreprendre des travaux de quelque durée. »

Application de la téléfl^apUe aux serrioea aéniaplio* rlques. — Dans un but militaire comme dans un but d'intérêt maritime, on a créé il y a ime douzaine d'années^ en France, un service électrosémaphorique qui relie télégraphiquement (par des lignes latérales issues de nos grands réseaux départementaux) les différents points de nos côtes aux chefe-lieux de nos cinq arrondissements maritimes, et qui est sous b dépendance du ministère de la marine.

Ce service a pour but, en temps de guerre, de signaler la présence des navires ennemis sur nos côtes et de transmettre aux navires de nos escadres en mer les ordres et les avis nécessaires. En temps de paix, il a pour mission de signaler les dangers que peuvent courir les navires sur nos côtes, de prévenir des sinistres qui peuvent survenir, d'échanger avec les navires qui passent ou qui reviennent d'un long cours, certaines correspondances destinées à être transmises télégraphiquement en divers points, et de feciliter les services des divisions navales sur le littoral, entre autres, la surveillance de la pêche. En outre, les postes électro-sémaphoriques reçoivent chaque matin de l'Observatoire le bulletin du temps probable, et doivent fournir les renseignements qu'il donne aux marins des diverses localités où ils sont établis ; plusieurs de ces postes sont même appelés à transmettre directement, deux fois par jour, les observations météorologiques intéressant la navigation, au ministère de la marine, qui les transmet, à son tour, aux diverses stations qui peuvent en faire le plus utile usage. Le nombre des postes qui transmettent ainsi ces bulletins météorologiques avait été jusqu'en 1864 limité à neuf, et celui des stations qui les recevaient à quatorze. Mais ces nombres ont été augmentés à mesure qu'on a apprécié davantage les effets heureux qui pouvaient résulter, pour la marine, de cette organisation.

On a pensé encore à utiliser le service électro-sémaphorique à la transmission des dépêches privées qui, quelque rares qu'elles puissent être, pourraient avoir néanmoins une certaine importance au point de vue commercial. Mais les dif&cultés résultant de l'immixtion de deux administrations différentes dans un même service ont fait quelque temps ajourner la réalisation de ce projet. Cependant il est aujourd'hui en partie établi.

Les postes électro-sémaphoriques sont sous la direction immédiate du major général de la marine de l'arrondissement maritime auquel ils appartiennent; toutefois, ils tiennent à l'administration des lignes télégraphiques au point de vue du matériel et des questions d'entretien et d'établissement des lignes ; en conséquence, ils relèvent aussi d'un inspecteur

APPUCATIONS DK LA TÉLÉGRAPHIE, 443

des lignes télégraphiques accrédité, à cet efièt, dans chacun des cinq ports militaires auprès du préfet maritime.

Les employés préposés au service de chaque poste électro-sémaphorique sont au nombre de deux et sont désignés sous le nom de guetteurs. L'un a le pas sur Tautre et porte en conséquence le nom de guetteur chef. Le service d'inspection est d'ailleurs confié à des capitaines de frégate qui relèvent du major général de la marine et qui prennent, dans cette circonstance, le nom dHnspecteurs des électro-sémaphores.

Les emplois de guetteurs ne sont accordés qu'à la suite d'examens auxquels sont admis seulement les capitaines au long cours, les officiers mariniers, les maîtres au cabotage, les quartiers-maîtres et marins de toute profession, soit de la marine impériale, soit de la marine marchanda

L*iastallation d'un poste électro-sémaphorique se compose de deux parties : du bureau télégraphique proprement dit, qui n'est autre qu'un poste ordinaire desservi par des appareils à cadran, et du sémaphore, qui consiste dans une espèce de télégraphe aérien constitué par im màt muni de trois bras mobiles. Ces bras, pouvant prendre six positions différentes, 8ont susceptibles de fournir im assez grand nombre de combinaisons pour les besoins du service; toutefois, comme ces signaux ne correspondent pas exactement à ceux du code Reynolds, aujourd'hui adopté par les marines des différents pays, on n'a pu encore utiliser les électro-sémaphores aux correspondances nautiques. Mais on espère qu'en modifiant quelque peu le code Reynolds on pourra obtenir, d'ici à peu de temps» ce résultat.

(Tétaient les électro-sémaphores de Belle-Isle qui signalaient vingt-quatre heures avant leur arrivée à 8aint-Nazaire, les navires qui venaient du Mexique.

AppliiMition de la télé|^rmpliie électrique aox watmomeem êmm iBondmtions. — Si la télégraphie électrique a pu être utilisée avantageusement pour prévenir les ports maritimes de l'approche des tempêtes, elle peut l'être d'une manière peut-être encore plus utUe, pour avertir les contrées en aval des fleuves sujets aux inondations, des crues d'eau anormales qui se manifestent en amont et qui pourraient causer des désastres incalculables si on ne prenait pas les précautions nécessaires. On a pu en avoir la preuve lors des dernières grandes inondations qui ont eu lieu.

Le gouvernement ayant été prévenu en octobre 1857, que l'on prévoyait à Blois, Tours et Angers des crues de la Loire qui pouvaient amener de gcands désastres, attendu que des dépêches du Haut- Allier et d« fat Haute-

4i4 APPUCÀTI0N8 DB LA TÉLËGAAPHIB.

Loire annonçaient une élévation tout à tait anormale du niveau de M deux rivières^ le ministre de la guerre a aussitôt envoyé h Tours et à Blok deux compagnies du génie et deux bataillons dlnfànterie pour diriger ks travaux en cas de danger et pour maintenir Tordre. On expédiait en mêma temps plusieurs milliers d'outils de terrassiers pour augmenter les ressourM des localités. Les troupes et les outils sont arrivés à destination tongtempi avant que la crue d*eau se produisit, et celle-ci eut lieu précisément au moment indiqué quatre jours auparavant par les dépêches télégraphiques. L'arrivée de ces renforts en bras et en outils, eut les conséquences les plut heureuses.

Dans ces dernières années, ce service a été fort bien organisé en France grâce aux soins de deux ingénieurs distingués, M. de Mardigny, ingémeur en chef du département de la Meuse, et M. Poincaré alors ingénieur de b navigation dans le même département, qui en avaient pris rinitiativs. Ai;gourd'hui on peut avertir les riverains menacés par Tinondation asief de temps à Tavance pour qu'ils puissent prendre les premières mesures les plus urgentes. La commission hydrométrique du Rhône et de la Sadne pré* sidée par M. Fournet, est arrivée sur cette question d'un grand intérêt à des résultats remarquables. Nous citerons encore les travaux de M. Belgrand sur les cours d'eau du nord et du nord-ouest de la France. L'inondation de la Seine de 1876 a révélé les services rendus par cet ingénieur. Nous en dirons encore autant de l'Observatoire du pic du midi qui avait annoncé plusieurs jours d'avance les affreuses inondations qui ont ravagé tout le bassin de la Garonne en 1875.

Applloatlon de La iéléifraphle 4 la pèche da luureii^. —

Pendant la saison de la poche, les bancs de harengs entrent dans lea fiordi de la Norvège à dos intervalles tout à fait inattendus, et dans des endroits où il ne se trouve souvent pas plus d'un ou de deux bateaux pécheurs. Avant que les bateaux des baies et des ûords environnants aient pu être appelés à prendre part au butin, les harengs ont déjà presque tous déposé leur frai et ont regagné la pleine mer. Pour prévenir ces désappointements souvent répétés et les pertes qui en résultent pour les pécheurs, le gouvernemeni norvégien a établi, sur une étendue de 200 kilomètres, le long de la oéte fréquentée par les bancs de harengs, un câble sous-marin, avec des station* à terre, à des intervalles suffisamment rapprochés et communiquant avec les villages habités par les pécheurs. Dès que le banc de harengs ait aperçu au large, et on peut toi^ours le reconnaître à une certaine distance par le flot qu'il soulève, une dépêcha télégraphiquOi expédiée le long dt la

APPUGATIONS DE U TÉLÉGRAPHIE. 445

côte, annonce à chaque village le âord ou la baie dans lequel le hareng a pinétré.

AjffUiomUmà de 1m téléfrapUe mnx affaire» pHvéem et

flMEK aaasee domeettquee. — Tous ceux qui ont parcouru dans ces diffnières années les rues de Londres, ont pu apercevoir au-dessus des maisons et sillonnant les différents quartiers de cette ville, un petit c&ble, soutenu de distance en distance par deux ÛIs métalliqueSi lesquels sont supportés euxHnèmes sur des espèces de poteaux en trépied placés sur les toita des maisons, Gecâhle que nous avons décriti tome II p. 446^ et qui conlient en ce moment cinquante âla, est la Ugne de la compagnie qui exploite la télégraphie au point de vue des affleures privées..Ghacun des fils est loué, peur une somme annuelle assez modique aux particuliers qui veulent être en Gonununication télégraphique dans les divers quartiers de {Londres. C'est ainsi que les offices des grands industriels de la capitale anglaise se trouvent reliés soit avec les demeures particulières de ces derniers, soit wwec les docks, soit avec les grandes usines des faubourgs de Londres. (7esi encore par leur intermédiaire que les bureaux des grands journaux loglaia sont reliés aux agences télégraphiques et au Parlement Cette bnneuse application» due à l'initiative de M. Wheatstone« est devenue aujourd'hui une excellente affidre pour la compagnie qui s*est chargée de son exploitation» et les avantages qu'elle procure sont de jour en jour appréciés davantage* Espérons que le peuple français sera un jour asses sage pour jouir de cette prérogative qui lui est aujourd'hui refusée. Nous devons ajouter que ce sont les télégraphes magnéto-électriques de M. Wbeatstone» que nous avons décrits» tome m p. 46. qui desservent les dilRrents fils de cette organisation télégraphique ; ils ont l'avantage de ne pas nécessiter l'entretien d'une pile et d'être par conséquent dans les meil* Jaurès conditions pour être confiés à des personnes étrangères au métier de télégraphiste. Pourtant les téléphones de M. Graham Bell seraient d'un emploi encore plus avantageux, puisqu'ils n'exigeraient aucun appren^r tissage, et qu'on s'en servirait comme des tubes acoustiques. Déjà trois villes d'Amérique. New-York, Boston et La Providence l'ont appliqué dans ces conditionsi et il est probable que d'ici à peu de temps, toutes les villes du monde organiseront de semblables systèmes. Ce sera un véritable service rendu, non-seulement au commerce et à rindustrie, mais encore k lliumanité.

n y a deux ans» on avait essayé d'appliquer à Paris à l'instar de plu* sîeuia vitt^ d'Amérique et d*Ai^terre« des systèmes télégraphiques ,da Bourses et Marchés dont les appareils étaient les imprimeurs du qfstis

d'Arlincourt;'mai8 bien que les appareils marchassent assez bien» la compagnie qui avait fait cette entreprise était si mal dirigée, qu'elle a (iBdt Cûllite au bout de peu de temps, et aujourd'hui tout est arrêté. Pourtant, ce système a réussi fort bien dans beaucoup de villes, et même plusiemi systèmes télégraphiques imprimeurs ont été imaginés à cet effet Bs IbtKtionnaient généralement avec deux fils, et même, dans un système américain qui a figuré à l'exposition de Vienne, et qui a été expérimenté en France I l'administration des lignes télégraphiques, ces appareils pouvaient fcD^ tionner au nombre de huit dans un même circuit, mais sous rinflœnoe de piles à acides. Ces appareils étaient spécialement destinés aux aflUm de Bourse.

Application de la télé|praplile aux aanoiioea dMaoeaito» '— Nous avons déjà traité un peu cette question dans le chapitre consseré aux systèmes proposés pour les annonces d'incendies; toutefois noof croyons devoir revenir ici sur cette question, parce que nous ne l^raoi pas ^suffisamment traitée au point de vue de la télégraphie.

A l'une des dernières réunions de la Société des ingénieurs des téUgitphes, M. Rvon Fischer Treuenfold a discuté d'une manière înlénMDte cette question, et nous allons analyser cette communication qui a M insérée d'ailleurs dans les Annales Télégraphiques du 7 octobre 18T7.

Suivant M. Treuenfeld, le premier objet qu'on doit se proposer pour prévenir les désastres des incendies, est d'avoir un télégraphe automatique afin de diminuer le temps qui s'écoule entre la découverte de Tincendie et l'arrivée de la brigade do pompiers sur le lieu du sinistre. En conséquence^ les postes doivent être en nombre suffisant, placés dans des endroits d*un accès focile, et être munis d'appareils convenables, au moyen desquels l'apparition du feu puisse être signalée par toute personne aux stations les plus rapprochées des pompiers ou des agents de police; ce signalement doit être fait à l'aide d'un appareil automatique, et de manière que le signal indiquant la rue et le quartier d'où est partie l'alarme du feu, puisse être télégraphié par une main non exercée à un point donné.

Bien que par les moyens employés en Angleterre pour prévenir les effets désastreux des incendies leur nombre, d'après les statistiques, se soit abaissé de 50 7o> ^* Treuenfeld pense que, malgré cette diminution, ^ existe encore 10 % d'incendies sérieux dont on pourrait diminuer le nombre au moyen du télégraphe automatique ; car grâce à cet appareil employé en Allemagne, la proportion des incendies graves atteint à peine S •/• ^ Berlin i,Ti •/• i^ Hambourg, 2,79 •/• & Amsterdam et ^ % ^ Francfort.

M. Treuenfèld donne ensuite un tableau des différents systèmes. Hambourg possède deux stations centrales oii se trouvent la brigade centrale d'incendie et la brigade centrale de police. Toutes les deux sont reliées par sept lignes qui rayonnent de ces centres aux faubourgs, et chacune de ces lignes est reliée avec un certain nombre de stations de police et de pompiers au moyen d'appareils automatiques. L*objet de ces sept lignes est de faire connaître immédiatement aux postes de la brigade, l'endroit où le feu est découvert. En outre, une communication télégraphique peut être maintenue entre les différentes stations, de sorte que l'on peut organiser convenablement l'assistance réclamée. Ainsi tous les incendies sont d'abord signalés à la station centrale qui prend les mesures nécessaires pour organiser les secours, et cette station centrale règle et contrôle tout le système.

L'appareil télégraphique est d'une simplicité extrême, et se rapproche du télégraphe autokinétrique. L'avertisseur ou interrupteur du courant est placé dans une boîte en verre aux coins des rues principales et aux staticms des chemins de fer, et il a pour effet de produire» à la station centrale sur im récepteur Morse, un certain nombre de signaux» qui se trouvent préparés d'avance sur le pourtour du disque interrupteur de l'avertisseur. Dès qu'un incendie éclate, on doit d'abord courir à la boîte de l'avertisseur le plus voisin, l'ouvrir ou briser le verre, et tirer une manivelle placée là dans ce buL Cette manœuvre met en action un disque de contacts qui transmet le signal plusieurs fois de suite. A Hambourg il y a quarante-sept stations avec appareils Morse, et cinquante avertisseurs automatiques. Les lignes sont en partie souterraines et en partie aériennes. Toutes les stations, sauf la station centrale, ont leur Morse en dehors du circuit, et n'ont dans le circuit qu'une sonnerie d'alarme très-bruyante. Un signal envoyé par une des stations à avertisseur ou à Morse, est enregistré à la station centrale sur un Morse à déclanchement automatique. La station envoie alors le signal d'alarme d'incendie à toutes les stations du district, ou si cela est nécessaire, à toutes les stations des sept districts, au moyen d'un commutateur ai</ioc.

Le système d'Amsterdam est connu sous le nom de système circulaire. La ville est divisée en trois grands cercles principaux qui ont chacun leurs bureaux en commimication avec une station centrale. H n'y a dans ces cercles 'principaux que des brigades d'incendies et des postes de police, et les stations sont reliées de telle sorte que les postes de police sont placés dans une moitié, et les brigades d'incendies dans l'autre moitié des cercles. Par suite de cet arrangement, les deux séries de stations peuvent ^

418 AFPUGàTIOm DS U TtLtORAPltlS.

dmièaf , et peavtfit communiquer séparément avec leur bureau cuùA propre. ▲ chacun de ces trois cercles principaux, est rattaché un certib nombre de drouits secondaires ayant leur centre dans une des statîoDS deh brigade d'incendie. En règle générale, ces cercles secondaires eontiemint •Bulement des avertisseurs automatiques ; cette règle n'est pas cepeodsot tout à feût absolue, H y a aussi un cercle suburbain qui est formé de fils de tÊtp tandis que les cercles principaux et les cercles secondaires sont tooi formés de iils souterrains. Le système comprend en somme trois cerctai principaux, treixe cercles secondaires, un cercle suburbain» cînqnsate appareils) Morse, et cent trente-cinq aTcrtisseurs automatiques d'inoeodk. Toutes les lignes fonctionnent par le système à circuit fermé. Les appanili Morse sont fixés de la même façon qu'à Hambourg, et le travail se fut de la même manière. Sur les bords des canaux et des rivières, on se sert dfune grande sonnerie pour avertir, en cas d'incendie, les bateaux qui y sont amarrés. A la station centrale, se trouve un inducteur magnétique fô peut Caire marcher les sonneries d'alarme de toutes les stations, et k lUde de oomhinaisons conventionnelles de sonneries, la station œntrale pioi appeler une station séparément ou toutes les stations ensemble. Le mécanisme de la cloche d'alarme est mis en mouvement par un poids et le courant n*a qu'à opérer un simple dèdanchement.

lie troisième type de télégraphe d'incendie ressemble au premier en œ qu'il est rayonnant, mais il en diffère en ce que les lignes de section sont munies d'embranchements ; c'est celui do Francfort sur le Mein. U a été présenté par M. Vogel et comprend huit circuits principaux et trente-deux circuits de ramification. Les premiers relient des stations pourvues d'avertisseurs ou d'appareils de transmission; les autres comprennent des stations munies seulement de signaux d'alarme. Il y a en tout vingt-dnq stations Morse avec trente et un instruments et cinquante avertisseuis automatiques.

Aucune maison ne se trouve éloignée de plus de 600 mètres d'un 8ve^ tisseur. Toutes les stations ont un personnel en faction la nuit comme le jour. Toutes les lignes principales reliant le poste central aux appareils Morse et aux avertisseurs, présentent un développement de %234 pieds; elles sont souterraines et construites en câbles armés de fils de fer. Outre les lignes souterraines il y a .55938 pieds de lignes aériennes ou branclisi secondaires pourvues seulement de sonneries, qui sont placées dans lei maisons des chefiB et des hommes des brigades régulières ou volontaifes,st dans les postes de police. Les lignes «xploitées» eommeà Hambourg el à Amsterdam, diaprés le principe du eircuit formé.

Le mécanisme du télégraphe d'incendie américain ressemble k ceux que DUS Tenons de décrire, mais avec une petite différence cependant.

Dans quelques villes, un arrangement automatique fonctionne en un Mnt œotraL Quand une alarme arrive, le signal traverse ce point central, ; le département du feu tout entier reçoit directement ce signal du point Ame qui Ta transmis. De cette façon, il ne peut y avoir de retard dans la ansmîssion de Talarme, puisque tout le département du (eu est directe» mai avisé sans aucune espèce d'intermédiaire. On a calculé qu'avec la 'Sième qui «nploie l'intermédiaire de la station centrale, il s'écoule 40 ou I aecondos entre le moment où l'avertisseur est mis en action et cdui ou

département du feu reçoit l'alarme définitive; mais il but observer 08 08 système permet à la station centrale de donner tous les ordres.

La meilleure preuve de la valeur du télégraphe d'incendie américain; '88t qu*il est en service actuellement dans soixante-dix-neuf villes des lat8->Unis et du Canada, et en construction dans plusieurs autres, et que

00 usage n'a pas encore été abandonné un seul instant ni même suspendu. M. Treuenféld a fait la statistique de tous les incendies qui se sont

coduits dans les villes où les systèmes d'avertisseur électrique ont été ilablis, et montre : i^ qu'avec les systèmes perfectionnés comme ceux dont

1 a été question précédemment, les incendies graves ont été réduits à 4 Vo» ^ qu'avec les systèmes où les stations sont pourvues de télégraphes dphabétiques avec des lignes aériennes dépourvues d'avertisseurs ou du Doins n'en ayant que très-peu, ces incendies graves atteignent encore !7 ^/^ 3* enfin que sans télégraphes d'incendies, le nombre des incendies Itaves atteint 29 <>/•.

D*après les calculs de M. Saxtun, directeur du télégraphe d'incendie de (aint*Louis, il paraîtrait que l'emploi du système télégraphique d'incendie mrait économisé 548.955 dollars par an.

M. Treuenféld conclut finalement.

!• Que les villes sans télégraphes d'incendies sont exposées k une prande proportion d'incendies graves, causés par le retard que met la irigade de pompiers à arriver sur les lieux du sinistre.

î* Que remploi des télégraphes d'incendies tend à diminuer cette pro- MTtion des incendies graves, et que plus le système est parfait, plus cette voportion diminue.

H. Treuenféld appelle ineendie grave celui qui exige plus de deux pompes pour l'éteindre.

Le télégraphe dit autokinétique est un des systèmes les ph» perfbclioimés. et nous en avons donné la description sommaire p. 283; mais on

pourra en trouver une description plus complète avec dessins dans Im

Annales téiégraphiques de septembre-octobre 1877, soit tome IV, p. 461.

AppUosktion de la iéléi^impliie suuk rméhmrehmm de pelles.

*- Les signalements des criminels que ion envoie télégraphiquement sui différents agents de police de la frontière pour procéder à leur arrestation, sont le plus souvent insuffisants, de sorte que Ton a eu Tidée, dans ces de^ niers temps, d'utiliser à la reproduction des traits de ces criminels le télégraphe autographique. Des expériences ont été faites en 1876 et 1877 à k Préfecture de police de Paris avec le télégraphe do M. d^àrlincourt» et l'on a obtenu, parait-il, de bons résultats. 8*il en était ainsi, cette applicstioo utiliserait cette classe si intéressante d'appareils, que nous sommes ètoonéf de ne pas voir plus recherchés.

Applios^tlen de la téléi^raphie A la BaT%atioa. — Ed dehors des électro-sémaphores, on s'est peu occupé jusqu'ici d^appliqner la télégraphie à la marine ou du moins à la transmission des ordres à bord des navires de grandes dimensions. Pourtant il doit exister une coBuniiBication de tous les instants entre l'officier de quart, le mécanicien et h timonier, et certainement un service télégraphique serait fort utila dsni ce cas. 8i les téléphones produisaient des sons plus forts, ce seraient Im appareils indiqués pour ce genre de service; mais comme il n'en est poi ainsi, c'est surtout entre les navires en rade et le port que Ton pourrait obtenir de ces inslrunicnls le phis d'avantages. « Ijcs essais fiiits entre la préfecture maritime do Cherbourg, les sémaphores et les forts de te digue, dit M. Pollard, ont fait ressortir les avantages qu'il y aurait à munir ces postes de téléphoncst ce qui assurerait une communication facile entre les bâtiments d'une escadre et la terre ou entre ces navires eux-mêmes. En mouillant de petits câbles qui viendraient à la surface de la mer le long des chaînes des corps-morts et aboutiraient aux bouées ou coffres disposés en permanence dans la rade, les navires de guerre, en s*amarrantt se mettraient de cette manière en relation avec la préfecture maritime, et en mouillant temporairement des cîibles légers d'un bâtiment à Tautre. Tamiral entrerait en communication intime avec les bâtiments de son escadre. » Avec le système de M. G. Bell, Tinconvénient des piles à bori n'existerait plus, et ce serait déjà une grande difficulté de vaincue.

Sur certains btitiments, on avait fait à une certaine époque l'essai d'indicateurs électriques pour indiquer de la passerelle au timonier le sens de i* man(i3uvre du gouvernail, mais ces systèmes ont paru moins sûrs que b simple indication de la main, et on ne s'en est plus occupé davantage.

AppUoailon du téléplione dans les eerTleea pablieSi -

APPLICATIONS DB LA TÉLÉGRAPHIE. lU

i déjà fait ressortir lés avantages du téléphone pour le serrîce ue des armées et de la navigation. Cet appareil est détià m$ ion dans différents pays^ et en ce moment même il est employé dans leur guerre avec la Turquie. Mais ce qu*il y a de curieux, constitue actuellement en Allemagne un service annexe du apraphique» alors que beaucoup de personnes demandent encore si cette invention est réelle, et semblent la considérer comme Ici quelques-unes des dispositions contenues dans la dreuiaife r des postes et des télégraphes de l'Ailemagne du Nord. reaux qui seront ouverts au public pour le service des dépêches tes en Allemagne seront considérés comme des établissements ts; mais ils seront en même temps rattachés aux bureaux téléordinaires, lesquels se' chargeront de la transmission» sur leurs igrammes envoyés au moyen du téléphone, smission aura lieu de la manière suivante : le burean qui anraun I à expédier invitera le bureau de destination à metin rappimQ es que les cornets auront été ajustés, le bureau de transmission signal de l'envoi de la dépêche verbale, liteur devra parler lentement, d'une manière claire et sans forcer syllabes seules seront nettement séparées dans la pronônditei ; » surtout de bien articuler les syllabes finales et d'observer une I chaque mot, afin de donner à remployé récepteur le temps . la transcription.

i le télégramme a été reçu et transcrit, remployé du bureau de vérifie le nombre des mots envoyés; puis il répète, à Taide du e télégramme entier rapidement et sans pause, afin de cons- :une erreur n'a été commise.

ssurer le secret des correspondances, les instruments téléphch installés dans des locaux particuliers, oil lea pononnes étranrvice ne peuvent entendre celui qui envoie la dèpêclie vert)ale, irdit aux employés de communiquer à qui que ce soit le nom de ou celui du destinataire.

es à percevoir pour les dépêches téléphoniques sont calculées lot, comme sur les lignes télégraphiques ordinaires, t aent M. Edison a adapté au ti'léphonc un système enregistreur ir sur une feuille d'étain les traces des vibrations produites par rente, sous Tinfluence de la voix. £n soumettant cette feuille un cylindre tournant, k Taction éTun second téléphone dont la

iSS APPUCÀTIONS DE LA TÊLfiGRÂPBIB.

lame vibrante est muoie d'une pointe à ressort appuyant but les traça laissées sur la feuille d'étaiit, on reproduit les paroles qui ont provoqué cei traces, et même le ton sur lequel elles ont été dites, si la vitesse du cylindre récepteur est la même que celle du cylindre enregistreur. On peut par ce tystime (Aunir la effets de la translation télégn^hique. Ce système d'enregistration de la parole avait été déj& combiné il y a une vingtaine d'années par M. Scott.

Nous reproduisons du reste dans la figure 124 le modèle de télëphooe li plus généralement employé et qui est représenté vu en coupe et m élèntim.

Fig. 134.

Légende de la figur

EE est la plaque vibrante qui est en tûle iDLoce et placée au fond de l'embouchure; elle est disposée perpendiculairement i l'axe de l'appareil en tite du p6le du barreau aimanté A.

A est le barreau aimanta deiliné à pravoquer Jes couraots induits et que mtîiitîenl une via traTersaot l'ettrémité de l'appareil opposée i l'etnhoucbure.

B est uaa bobine induite en Bl fin «rioitrant l'extrémité supérieure du bamuL

ce sont des flis de groi diamètn tUtchés auxeiirémitéi du fil de la bcAiiel et qui, après atoir traversé l'aMMrtB dans sa longueur, viennent aboutir ut bornes DD.

DD sont les boutons d'attache dtiBi qui relient les téléphone* entre eu-

Cllttl'ltll FAITII

Lm appticatioiu électriques qui vont foire l'objot de cette demièra

partie de notre ouvrage, amt basées sur les effets calorifiques produits par

t'élsctricité. Cas applications sont nombreuses et importantes, car elles

mprennent toutes celles qui mettent à contribution la lumière électrique

8 effets d'ignilion déterminée par le passage des courants. Nous aurons

c à nous occuper non-seulement des diverses applications de la lumière

trique et des appardb qui la produisent, mais encore des twpilles

marines, du tir des mines, des instruments électro-cautérisants, dM

moirs èleotriquest des machines électro-caloriâquee, et même des

F^antonnerres.

Pour mettre de l'ordre dans nos descriptions, nous diviserons cette partie de notre ouvrage en trois chapitres.

Dus le premier qui se rapporte à la lumière électrique et aux apparais qni la produisent, nous discuterons d'abord son mode de génération le jdaa perfectionné, les appareils régulateurs ou lampes électriques qui peimnt fixer le point lumineux, les essais tentés jusqu'ici pour obtenir la division de ce genre de lumière et le cdtè économique de la question. Dans le second chapitre nous étudierons les diverses applications qui ont été bâtes de la liuniëre électrique, à l'éclairage des phares, à la navigation, fc la ptebe, à l'éclaîrage des galeries de mines, h l'éclairage des parties s du corps humain, à la production de signaux sémaphoriques.à la e des places de guerre, à la projection des principales expériences dtt physique, à la photographie, à la reproduction et à la lecture de dépèébm mkioicopiques, au thé&tre, à l'éclairage des convois de chemins de fer, aux recherches sous- marines, etc., etc.

Dans le troisième chapitre nous passerons en revue les différents systèmes de tir électrique des mines, l'organisation dea torpilles sousmariDM, 1*B allamoirB électriques, les appareils électro-caustiques, etc.

Page 1