Peralta, Costa Rica, Nicaragua y Panama^ p
32. Gutierrez, dans l'espoir de mieux réussir, associa à son entreprise le prêtre Juan de Sosa, hornme expérimenté en conquêtes, qui avait pris part à celle du Pérou, où il acquit une grande fortune. Il espérait qu'en si bonne compagnie il serait plus heureux que Nicuesa; mais il ne larda pas à éprouver les plusamères contrariétés, converties bientôt par la famine, les maladies et la guerre en une catastrophe complète. Vers le mois de juillet 1556, Gutierrez, désespéré, s'enfuit de Veragua vers le Pérou, où, pour avoir refusé de faire cause commune avec le rebelle Gonzalo Pizarro, celui-ci lui flt couper la tête.
35. La capitulation et le brevet de gouverneur de Felipe Gutierrez fixent d'une manière très vague encore les limites de la province de Veragua. Toutefois, le cap Gracias-a-Dios est désigné comme un de ses points extrêmes, car il est dit que c'est « depuis les confins du gouvernement de Castillordel-Oro, appelé Tierra- Firmcy assignés à Pedrarias Davila et à Pedro de los Rios, anciens gouverneurs de ladite province, de par les provisions qui leur furent données, jusqu'au cap Gracias-à-Dios*. »
i. Perama, ' Cos^a Rica, Nicaragua y Panama, I, p. 89 et 725. — Léon Fernândez, Colecciôn, IV, p. 35 et M. — Torres DE Me>doza, Colecciôn, XXII, p. 385.
DUCHÉ DE YERAGl'A, 1556. 27
34. Maintenant, quelles sont les limites occidentales de Caslilla-del-Oro? Est-ce le Rio Chagres du côté du nord et la pointe de Chame, celle de Chiru ou la bouche du rio Nata du côté sud?
Il n'est pas encore dit que Veragua s'étend d'une mer à l'autre et c'est à peine si l'on désigne les limites de son littoral atlantique.
55. La real cédiila du 14 juillet 1536', émise sur la demande de Felipe Gutierrez, ordonne au gouverneur de Tierra-Firme de ne pas franchir les limites de la province d'Urraca, parce qu'elle fait partie de la province de Veragua. Les terres d'Urraca étaient contiguës à Nata et formaient le plateau central et les sommets de partage des eaux; c'était pour ainsi dire l'intérieur de Veragua, et cette province se rapprochait déjà par ce côté de la mer du Sud ; mais on ne peut prétendre, d'après le texte des reaies cédulas^ que Veragua s'étendît déjà jusqu'à l'océan Pacifique.
36. Le désastre de Felipe Gutierrez fut connu en Espagne vers la fin de l'année 1556. On commençait sans doute à se méGer d'un pays qui se montrait si rebelle même aux plus sérieuses tentatives de colonisation et qui d'un autre côté se trouvait être l'objet de la