Le6n Fernàndez, ColecciônyWj p. 57. Appendice ^ doc. A
2. Leô.n Fernâsdez, Colecciôny IV, p. [61 et 65. On y peut voir le texte complet de la real cédula qui créa l'audience de Panama et celui des ordonnances qui furent dictées à son égard.
En vertu de celle cédulay quoique avec une ignorance complète des attributions qu'elle lui conférait, le docteur Roblos, auditeur de Taudience et le seul qui jusqu'alors eût pris possession de sa charge, contracta avec son gendre llernan Sanchez de Badajoz, la conquête et la pacification de la province de Veragua ou Cosla-Ilica.
Fray Tomas de Berlanga avait, au nom de la vicereine, confié le gouvernement du duché de Veragua à Sanchez de Badajoz, et le docteur Robles, « ne voulant pas qu'il cessât de servir Sa Majesté et voyant que l'un sans l'autre n'irait pas », décida « de lui confier, au nom de Sa Majesté, la conquête et colonisation du territoire situé au delà du duché de Veragua dans la direction du couchant^ jmquaux confim de Honduras et de Guaymura* ».
44. A la même époque, les capitaines Machuca de Zuazo et Alonso Calero exploraient le Desaguadero ou rio San-Juan par commission de Rodrigo de Contreras, gouverneur de Nicaragua'; mais comme le Desagua-
1. Peralta, Costa Rica, Nicaragua y Panama, I, p. 741. Lettre du D*" Robles au conseil des Indes, datée de Panama, le i9 juillet 1539, et duplicata du 20 septembre suivant. — « No queriendo que éi se apartase de servir a Su Majestad y viendo que io uno sin lo otro estaba coxo, acordô en nombre de Su Majestad dalle la conquista de to restante despiies del ducado de Veragua, hacia et Poniente, hasLa con/inar con Honduras é Guaymura. »
dero se jette dans la mer du Nord, sur les côtes de la Veragua royale, aussitôt que Taudiencc reçut la nouvelle de cette exploration faite sur le territoire accordé à Badajoz, elle envoya une real provision à Contreras pour lui faire savoir que Hernan Sanchez, capitaine général des provinces de Costa-Rica qui s'étendent depuis les confins du duché de Verdgtm et de Zorobaro jusquà Guaymura et Honduras d'une mer à l'autrej avait porté plainte à ce tribunal du chef des agitations et des émeutes fomentées par les capitaines Calero et Machuca dans une grande partie de la province de Costa-Rica^ à partir du Rio-del-Desaguadero dans la direction de Guaymura\ et avait demandé que ni le gouverneur de Nicaragua, ni aucune autre personne ne pût se diriger vers cette province dans le but d'en faire la conquête, car la colonisation de cette province lui avait été confiée.
L'audience donna raison à Ilernan Sanchez et défendit à Rodrigo de Contreras et a toute autre personne d'aller dans la province de Costa-Rica, dont les limites ont été déjà indiquées, ou d'y envoyer des soldats ou d'autres gens, exception faite de ceux de Ilernan Sanchez de Badajoz. Elle ordonna en outre que ceux qui se trouveraient dans la province devraient en sortir immédiatement sous peine d'être frappé d'une amende de
i . Guaymura est la contrée de Truxillo, à 1 ouest du Ilio-Grande, aujourd*hui rio Roman ou Aguan.
50 EXPOSÉ DE COSTA-niCA.
'iOOO pesos pour la Camara et le fisc el d'encoiirii-
'"ute la rigueur de la loi'.
L'audience envoya à tous les gouverneurs cl autres ilorités des Indes une provision circulaire pour les inrmei' qu'elle avail confié à Badajo/ lu conquête de )sla-ltica, depuis les confins du duché de Zorobaro squ'à GuaymuiTi el Honduras, d'une mer à l'autre'.
45. Depuis quelques mois déjà, Sanchez de Badajoz se 'éparait à entreprendre sa conquête. Le 15févrierl540,
s'embarqua à Nombre-de-Dios pour se rendre dans n gouvernement; mais les caprices du vent l'cmpélèrent deiii mois durant de s'approclicr de la côte. Il u'vint néanmoins à se réfugier pendant quelques urs à l'île, de l'Escudo el de là il saisit un moment vorable pour atteirir le 25 avril à l'emboucburc du
Tartre {aujourd'hui Sixola ou Tiliri), où il fonda ville de Badajoz el le port de San-Marcos*, premier
1. Heat provision du 17 dc(«iubre l.'w9, pKnAi.T*. ibiilem, I, 747. Lkô\ FkiiUsdeï, Coleccion, IV, p. 70.
2. Reat proviion Ju 19 jacivicr 15i0, Lkôs Feunànuez. ibiilein,
ô. LegolfedeSan-Murcos se trauvcliidiqiK: entre leDesaguadcroà )ucsl et le port de San-Jcronimo à l'est, sur la carie de Diego iilicrrez, tracée en l.j.'iO el publiée |)ar M. Gabriel Marcel d'après
1 Ms. du llépôt des cart<!s de la Marine, feuille n" '>! de tieproiclio>ii de cartes el de globes relatif* à la dècoiwerle de l'Ame' que, Paris, 1894. {Itecveil de voijaget et de ducumenU pour rvir à l'hiiloire de la géographie, E. Lcruux, éditeur.)
établissement des Espagnols sur le littoral atlantique de Costa-Rica.
Dès qu'il eut constitué la ville et qu'il l'eut dotée de l'organisation politique usuelle, il pénétra dans Tintérieur à plus de dix lieues de la ville de Badajoz et s'établit à Corotapa, dans un endroit qui domine la baie de l'Almirante et qu'il nomma Marbelta à cause de sa beauté. 11 y fit construire une forteresse qui devait être le noyau de sa colonie, car elle se trouvait dans le voisinage de nombreuses peuplades d'Indiens.
11 avait déjà soumis plus de soixante-dix caciques avec leur principal chef Coaza et la conquête suivait son cours sans obstacles, grâce à l'expérience consommée et à l'excellente discipline de Ilernan Sanchez, lorsqu'il fut arrêté dans son entreprise par la volonté du roi, justement offensé de l'usurpation commise par ceux qui avaient confié à Sanchez de Badajoz le gouvernement de Costa-Rica, alors que la provision de ce poste dépendait directement de la couronne. Sanchez de Badajoz reçut l'ordre de quitter la province sans délai*. D'un autre côté, le gouverneur de Nicaragua, commettant également une usurpation, arriva à la tête de quatre-vingt-dix Espagnols et quatre cents Indiens Chichimecasde Nicaragua en face de Corotapa, qu'il assiégea et réduisit par la famine. Badajoz, dépouillé et fait
i. Real cédula du 24 avril 1540, Lk6n Feri^Andez, Colecciôn, IV, p. 75.
prisonnier, fut ramené en Espagne (mars 1541) et enfermé dans la prison royale de Valladolid. Il mourut en 1546, harassé de procès et de déceptions.
46. Sanchez de Badajoz fonda les premières colonies espagnoles sur la partie du territoire cosla-ricien appelé aujourd'hui Talamanca : Tune à l'embouchure du rio Tarire (rio Tiliriy Tiriri ou Sixola) et l'autre à Corotapa, sur la baie de TAlmirante, « dans la partie qui se trouve du côté du Rio-de-la-Estrella » (aujourd'hui Tilorio, Changuene ou Changuinola^).
]jà ville de Badajoz était située à l'endroit où se trouve aujourd'hui le hameau {caserlo) de Sixola, à 82*^34' de longitude ouest de Greenwich et à 9^33' latitude nord, et la forteresse de Corotapa ou de Marbella, dans la vallée de Coaza, à quelques lieues de distance dans la direction du sud-est, à 82** 26' de longitude ouest et à 9® 22' de latitude nord. Toutes deux se trouvaient par conséquent en dehors du duché de Veragua.
Au cours d'une enquête judiciaire datée de Panama le 3 septembre 1541, plusieurs témoins déclarèrent que la bouche du rio Tarire et la vallée de Coaza sont situées à près de quarante lieues du Desaguadero et à quinze lieues du duché, près des îles de Zorobaro.
i. Archivo de Indias de Sevilla. Justicia, consejo, distrito de Guatemala. Autos fiscales, afios 1541 â 1542. — Peralta, Co$la fiiW/, fsicaragua y Panama^ p. 742,
Ces îles se trouvent également en dehors du duché de Veragua, puisqu'elles sont situées au nord du parallèle 8^54', qui est celui de l'embouchure du rio Belen, el appartiennent à la Veragua royale ou Costa-Rica.
47. L'audience de Panama, chargée par real céJula du 5 septembre 1559 de mesurer et de borner le duché de Veragua, confia à Ilernan Sanchez la conquole de Costa-Rica, en parfaite connaissance de ce qu'elle n'empiétait pas sur les domaines ducaux, car les mesures astronomiques et les distances d'aujourd'hui correspondent avec celles de 1540.
Comme il a été dit au § 40, si l'on compte par lieues de vingt au degré le duché de Veragua finissait au méridien 82^6' ouest de Greenwich (84^ 26' 14" de Paris), point extrême des vingt-cinq lieues mesurées à partir du méridien 80*51' sur le parallèle 8*54' (la bouche du rio Belen) el se trouvait à la rigueur complètement en dehors de la baie de Zorobaro, non seulement dans sa partie occidentale à laquelle il n'atteignait pas, mais encore dans sa partie orientale, car la ligne frontière du duché passe vers l'intérieur des terres à deux milles de la côte, a l'endroit où celle-ci se trouve le plus rapprochée dudit parallèle. Il suffit d'examiner une carte de cette région, d'unp échelle moyenne, pour être convaincu de cette vérité, et l'on verra plus loin que la province de Veragua, qui en
EXPOSÉ DE COSTA-RiCA.
"0 succéda aii duché, n'eut d'autres Htniles eitrèmes celles que posséda le duché.
8. Il a clé dit que Dadajoz reçut l'ordre d'abaiiner sa conquèle. l.e conseil des Indes blâma sévèenl le D' Itublcs pour l'usurpation dont il s'était lu coupable en accordant à Badajoz le gouverneit « des terres qui dans la province de Veragua s appartiennent, car cela doit être traité seulement
notre personne royale et dans notre conseil des s* ».
a vice-reine dona Maria de Toledo fit également une imation contre Dadajoz, mais sans aucun fondet, car ce capitaine ne dépassa pas les limites du lé, quoiqu'il eût passe un contrat à ce sujet avec
■ Tomas de Bcrlanga.