CARTAGO OU COSTA-RICA
lui fut imposée par lu real cédula du 51 décembre de la même année. Il lui fut ordonné non seulement de respecter et d'exécuter les lois de 1542 concernant le bon traitement des Indiens, mais on lui prescrivit en outre de ne rien entreprendre et de ne pas entrer dans sa province sans avoir obtenu préalablement des in^structions spéciales de l'audience.
Juan Ferez de Cabrera fit tous les préparatifs d'usage et vers le mois de mars 1551 il demanda à l'audience les instructions prescrites. Ce tribunal les lui refusa sous prétexte que, contrairement aux vues de l'audience, il se préparait à faire la conquête par le feu et le sang.
Cabrera s'adressa alors au conseil des Indes pour lui demander la permission de se rendre dans son gouvernement avec ou sans les instructions; mais celui-ci dans sa séance du 18 juin 1552 slatua que la conquête serait ajournée et nomma Ferez de Cabrera aux fonctions de gouverneur de Honduras pour le dédommager de ses dépenses.
Juan Ferez de Cabrera mourut en 1555, et jusqu'en 1560 le gouvernement de Cartago subsista dans les conditions où l'avait laissé Diego Gutierrez*.
le Peralta, Costa Rica, Nicaragua y Panama y I, p. 157 i\ 161.
VllL Retour du dux^hé de Veragua à la couronne.
50. Pareillemenl à la malheureuse expédition de Gulierrez à Carlago, une nouvelle tentative non moins désastreuse que les précédentes eut lieu en 1546 dans la Vei*agua ducale.
Par commission de l'amiral don Luis Colomb le capitaine Gristobal de Pena se rendit à Veragua à la tête de cent trente hommes, pourvus d'abondantes provisions, mais il fut battu par les Indiens et ne put échapper qu'avec quinze ou vingt de ses hommes, laissant parmi les morts le propre frère de l'amiral, don Francisco Colomb*.
L'amiral ne perdit pas* courage et l'année d'après il nomma Juan Fernande/ de Rebolledo gouverneur du duché. Cette nouvelle tentative ne fut pas plus heureuse, et don Luis Colomb, abattu enfin par tant de revers, prit la résolution de céder à la couronne le duché et la terre de Veragua ainsi qu'une grande partie des privilèges qui, après vingt-neuf ans de procès, lui avaient été reconnus en 1537. La cession de l'État de Veragua
\ . FernAndez de Oviedo, Historia de las Inilias, II, p. 500, et IIL p. 185.