Castilla-del-Oro
9. Le 25 septembre 1513, Balboa fit la découverte de la mer du Sud ; mais avant que la nouvelle d'un événement aussi glorieux et aussi désiré parvînt à la cour, le roi don Fernando, informé des cruautés et des usurpations de Balboa, ainsi que des richesses que renfermait Tierra-Firme, nomma gouverneur de cette province un illustre gentilhomme de Ségovie qui s'était distingué dans la guerre contre les Maures et avait le rang de colonel à la prise de Grenade, en 1492.
10. 11 se nommait Pedrarias Davila. Frère du premier comte de Punonroslro, il élait allié à la famille de la marquise de Moya par sa femme, dima Isabel de Bobadilla, et il dut en grande partie sa nomination au désir de fonder à Tierra-Firme un établissement sérieux qui grâce au prestige d'une bonne administration pûl attirer et engager à s'y fixer les meilleurs parmi les colons.
H. La real cédula de Valladolid, 27 juillet 1515, qui le nomme capitaine général et gouverneur de Castilla-del'Oro « appelée jusque-là Tierra-Firme », ne pouvait en signaler les limites précises, car elle était encore terra incognila, mais ce document exclut d'une manière claire et définitive la province de Veragua de la juridiction de Pedrarias, car cette province « appartient à don Diego Colomb, parce que l'amiral son père l'a découverte ». Il en exclut également les terres découvertes par Viccnte Variez Pinzon et Juan Diaz de Solis, ainsi que la province de Paria*.
i. Navarrete, tome Ifi, p. 545. — Cotte morne exclusion de Veragua se renouvelle dans la real cédula du 3 mai 1526 par laquelle on confère des pouvoirs et l'on donne des instructions à Pedro de los Rios, successeur de Pedrarias Davila dans le gouvernement de Caslilla-del-Oro, pour l'administration de cette province. — Colecciôn de documentos inéditoi del Archiva de ïndiasy tome XXllI, p. 384.
CASTILLA-DEL-OKQ, 1514. 9
12. Celte real cédula èlahWi donc la première division territoriale de Tierra-Firme dans la partie que géographiquement on appelle aujourd'hui l'isthme de Panama.
Castilla-del-Oro devait commencer à Test du port du Retrele et s'étendre dans la direction de l'est; Veragua devait commencer au même endroit et s'étendre dans la direction de l'ouest.
On ne peut interpréter autrement le sens de cette real cédulay puisque le port du Rctrete fut le point extrême des découvertes de Rodrigo de Bastidasen 1500 et de Christophe Colomh en 1502, venant tous deux en sens opposés. Quand Balhoa parle de Veragua en 1515, il dit qu'elle commence à partii* du golfe de San-Blas, qui se trouve en effet à dix milles a l'est de ce port.
13. Du mois de juillet 1514, date de son arrivée au Darien, jusqu'à 1521, Pedrarias ou ses lieutenants firent plusieurs explorations et visitèrent le pays dans tous les sens. Ils fondèrent la ville de Acla, celle de Panama (15 août 1519), celle de Nata, et firent une reconnaissance de la mer du Sud et des côtes méridionales de l'isthme jusqu'au golfe de Nicoya. L'alcade major de Castilla-del-Oro, le licencié Gaspar de Espinosa, arriva dans la province de Uurica « qui se trouve sur la côte de Nicaragua' », et de la retourna vers
i. Andagoya. Relaciôn de lus sucesos de Pedi^arias Ddvila, etc- — Navarrete, Colecciôn, 111, p. 407.
panama en fondant sur son passage la ville de Nala sur le versant du Pacifique du territoire de Yeragua.
14. La ville même de Panama, située à quaranli; milles au sud de Portobelo en ligne droite, appartenait virtuellement à ce qui était encore Yeragua, à cette première Yeragua « dont le gouvernement appartenait h l'amiral don Diego Colomb », ainsi qu'il est dit dans la real cédtila déjà citée. C'est ainsi que, par suite de l'occupation faite au nom de la couronne, le domaine de Colomb décrut suceessivemenl et l'exlfiision tenitoriale de Yeragua se réduisit de telle sorte (|u'après avoir compris en 1508 toute la terre découverte au iiortlouest du golfe d'IJraba, en iol5 clic ne comprenait plus que la terre découverte personnellement parChrislopbe Colomb.
15. Ce fait explique que le roi ait pu confirmer, par une real cédula datée de Burgos le 6 septembre 1521, une nouvelle démurcution de la ville de Panama, faite à la demande de ses habitants, et par laquelle il donne pour limites et domaines à cette ville des territoires qui, jusqu'alors, avaient appartenu légitimement h Yeragua et que Pedrarias attribua h son gouvernement.
iQ. Gonzalo Fernaiidez de Oviedo, acteur ou témoin de la conquête de Tierra-Firme et de Nicaragua et bis-