‹ Exposé des droits territoriaux de la République de Costa-Rica: soumis à S. EChapitre 65 sur 137 · I. FElL^XsDEZ♦ Colecciôn, V» p. 3i7* 2* Ibidem, y, p · texte numérisé non relu

I. FElL^XsDEZ♦ Colecciôn, V» p. 3i7* 2* Ibidem, y, p

de cent lieues sur le lilloral de la mer du Nord « embrassant à pa7'tir du Desaguadero de la lagune de Nica' ragua jusque près du rio appelé Calubebora*, ayant en face au large de la mer l'Escudo qu'on nomme de VeraguUj île distante de la terre ferme de 8 à 9 lieues environ, et en dedans de ces cent lieues se trouve la fameuse baie de VAlmiranle formée par l'abri et la défense que lui fournissent les trois îles citées de Toxa ou BocaS'del-DragOy nommées aussi îles du Viejo. »

« Dans cette baie débouchent les fleuves Talamanca^ Quequexque et le rio Estrella^ fameux par ses richesses, ce qui la rend plus belle encore*. »

135. Le conseil des Indes ne prit aucune résolution concernant la proposition de don Francisco Nunez de Temino; mais il fut jugé si important de soumettre

i. Le rio Calobebora, aujourd'hui rio Chiriqui. C*est le rio Culebradcs cartes de filaeu, Jansson,Colom, Oexmolin et autres du xviii« siècle. YoirpERALTA, Costa Rica y Colombia^ H, p. 62 (ou 46). Ideiiiy Limites, III, p. 546, 588, 604 à 625, les mots Calobebora, Culebras, Chiriqui. — Atlas histôrico-geogrdfico de la Repûblica de Costa Rica, cartes A, B, IV à XII pour la position géographique du rio Gulebra, Calobebora ou Chiriqui au sud de l'Escudo-dc- Yeragua .

L'identification du rio Chiriqui ou Calobebora est stipulée dans rarticle 2 de la convention additionnelle d'arbitrage signée à Paris, le 20 janvier 1886, entre Cosla-Rica et Colombia.

2. Peralta, Costa Rica y Colombia, II, p. 46 et suivantes (ou 62). — FernAndez, V, p. 351. — Lopez de Velasco, Geografia universal de las Indias, p. 33i, 547, 551.

Talamanca que, trois années plus lard, le gouverneur de Cosla-Rica, don Juan Fernandez de Salinas y de la Cerda, adressa au roi une proposition analogue, dans laquelle il définit la juridiction de Costa-Rica en conformité de la capitulation de Artieda, en y joignant un exemplaire de cette dernière.

Il dit que Costa-Rica « s'étend des confins de Nicaragua du côté nord jusqu'à l'Escudo-de-Veragua, et du calé sud et de la bande de Nicoya, jusqu'aux vallées de Chiriqui, limite fixée par la personne du roi* ».

La demande du gouverneur Fernandez de Salinas resta sans réponse; mais l'audience de Guatemala, par provision dix 16 octobre 1662, conféra des pouvoirs à don Rodrigo Arias Maldonado, gouverneur de Costa-Rica, qui entreprit sans retard la conquête de Talamanca*.

Cette provision du gouvernement supérieur de la province est un titre bien clair et bien probant de la juridiction exercée par Costa-Rica et des limites de cette juridiction, selon la loi I, titre I, livre V de la Recopilacion de Indias.

En effet, quatre-vingt-dix ans s'étaient écoulés depuis que Philippe II avait passé avec Diego de Artieda la capitulation du Pardo et fixé les frontières de la province de Costa-Rica, et durant ce laps de temps les audiences

1, Fernandez, Colecciôn, V, p. 341.

2. Peralta, Costa Rica y Colombia, II, p. 56 ou 72. — Fer- ^ANDEz, Colecciôn, V, p. 34i.

de Guatemala et de Panama, les gouverneurs et les autorités municipales deCosta-Rica avaient interprété ce titre royal, constamment et uniformément de la même manière.

Le territoire de Talamanca étant compris entre le rio Tartre (ou Sixola) et l'île de Y Escudch^e-Veragua j comme on Ta vu dans l'acte du 10 octobre 1605 (§ 125), la commission de l'audience royale ne fit qu'affirmer et corroborer le fait légal, le titre parfait de domination que Costa-Rica possède sur l'ancien territoire de Talamanca, c'est-à-dire sur les limites que lui fixèrent Charles-Quint et Philippe II par leurs cédulas et titres de 1540, 1573 et 1574.

Le roi se montra si satisfait de la conduite do don Rodrigo Arias Maldonado qu'il conféra à ce gouverneur le titre de marquis de Talamanca, titre promis à Diego de Artieda par la capitulation du 1'*^ décembre 1573.

Cette approbation confère la valeur d'un acte royal de première force à la commission de l'audience de Guatemala.

136. Don Juan Francisco Saenz, gouverneur et capitaine général de Costa-Rica, dans sa lettre datée de Cartago, le 6 mars, et dans le duplicata du 20 mai 1675 qu'il adresse à Sa Majesté la reine régente dofia Mariane d'Autriche, s'exprime ainsi :

« Son liltoral est-ouest a une étendue de cent cinquante lieues depuis le rio San-Juan, conlîn de cette juridiction , jusqu'à l'Escudo-de- Veragua * . . . . »

Du temps de ce gouverneur, la soumission de Talamanca se continua au moyen de curés catéchistes, et il est démontré, d'après l'affirmation de Fray Juan de Matamores, que du 2 au 15 février 1675, celui-ci « baptisa, oignit et administra le saint chrême à cent douze Indiens Cavécaras, NucuebaSy Cinirofi, Chicagnas, TariqiiiSj Taricis, Urinamas et Urarubos qui habitent dans la Talamanca la partie qui s'étend du rio Tariri à la mer du Nord, jusqu'au Rio-de-la-Ëstrella », et qui se fixèrent dans les villages de Cururo et Conamara*.

137. Le même gouverneur, dans la lettre qu'il adresse au roi en date de Cartago, le 25 décembre 1676, dit :

« Pour de nouveaux motifs je viens aujourd'hui informer derechef Votre Majesté que cette province de Costa-Rica est la plus grande et la plus vaste de la présidence de Guatemala ; que sa juridiction s'étend de la bouche du rio de San-Juan du Desaguadei^o de Granada jusqu'à l'Escudo-de-Veragua, cent cinquante lieues, et du nord au sud depuis le port de Matina jus-

1. Peralta, Costa Rica y Colombiay II, p. 62 (ou 78) et suivantes. — Fernândez, V, p. 550.

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