DONNÉE DE FRANÇOIS VIDAL
4. L'école éclectique dont le système est de n'en point avoir, mais de prendre partout ce qu'il y a de meilleur ou de moins mauvais.
5. L'école chrétienne qui réduit l'économie sociale à une théorie sur la bienfaisance, sur l'aumône et sur la charité. , 6. L'école socialiste qui admet l'association et l'organisa • tion du travail.
Quesnay a très-bien démontré que l'or et l'argent ne sont pas la seule richesse ; mais il confond la circulation avec la consommation, il ne comprend pas qu'une nation vit de son revenu brut, et que les propriétaires consomment le produit net : de là ses erreurs. Cependant il veut que le cultivateur soit rémunéré convenablement et très-protégé par les lois, et que le propriétaire paye la totalité de l'impôt.
« Aujourd'hui, naturellement, le propriétaire s'efiforce d'imposer le fermage le plus élevé ; le capitaliste de percevoir le plus fort intérêt; l'entrepreneur de prélever les plus gros profits ; le travailleur d'obtenir les plus forts salaires. Les uns et les autres défendent leurs droits et débattent de leur mieux leurs intérêts :
C'est la liberté. — Tant mieux pour les forts ; tant pis pour les faibles ; chacun pour soi, et vive la concurrence ! — Voilà la répartition selon les économistes.
Évidemment, ce n'est pas la société ; c'est la guerre, et partout nous voyons des ennemis en présence. Oh ! non, telle ne saurait être la destinée de l'humanité. La force et le hasard ne peuvent à tout jamais triompher du droit et de la raison ; car ce n'est pas en vain que Dieu a gravé dans nos cœurs le sentiment impérissable de la justice.
(Vidal. — Vues et moyens de réformes sociales,)
Programme communiste. — « Les communistes veulent réaliser l'utopie chrétienne de la fraternité ; ils veulent installer ici-bas le règne de Dieu ; ils veulent que la volonté de
notre fpère, qui est dans les cieux, soit faite sur la terre comme au ciel. Tous ceux qui récitent matin et soir l'oraison dominicale ne se doutent certainement pas qu'ils professent le symbole de ces réformateurs, qu'ils adressent à Dieu des vœux ardents pour la commimauté. Le globe est peuplé de communistes.
« L'école communiste a des traditions imposantes. Sans remonter au-delà de l'ère chrétienne, elle compte au nombre de ses apôtres les disciples du Christ et les évangélistes, les premiers chrétiens, tous les pères de l'Église d'Orient, la plupart de ceux de l'Église d'Occident, les différentes sectes religieuses qui ont successivement tenté de rétablir l'Église primitive, un grand nombre de philosophes qu'il serait facile de nommer ; enfin, les plus vigoureux penssurs de tous les siècles. »
La réforme communiste peut être réduite à ces conditions essentielles :
« Maintenir l'unité indivisible du fonds et de la demeure commune ;
« Établir l'usage commun des instruments de travail ;
« Rendre l'éducation la plus complète accessible à tous ;
« Distribuer les emplois ou les fonctions selon les goûts et les aptitudes, les travaux selon les forces, les produits selon les besoins ;
« Conserver autour de la cité, un terrain suffisant pour nourrir les familles qui l'habitent ;
« Réunir mille personnes au moins, afin que, chacun travaillant solon ses forces et ses facultés, et consommant selon ses besoins et ses goûts, il s'établisse, sur un nombre suffisant d'individus, une moyenne de consommation qui ne dépasse pas les ressources communes, et un résultat de travail qui les rende toujours assez abondantes ;
« N'accorder d'autre privilège au talent, que celui de diriger les travaux dans l'intérêt commun, et ne pas tenir compte, dans la répartition, delà capacité, mais uniquement