‹ Exposé des éléments de la grammaire assyrienneChapitre 94 sur 178 · VI" CONJUGAISON · texte numérisé non relu

VI" CONJUGAISON

ISTAPHAL.

La forme régulière de cette voix, qui est, à proprement parler, dérivée du shaphel, en insérant un n entre la première et la seconde consonne de la voix formatrice, se trouve régulièrement formée comme l'hitpaël des verbes hébreux commençant par une sifflante; de sorte que la loi de formation de ces voix, par linterposition des serviles entre la première et la deuxième consonne de la racine, se trouve, en assyrien, parfaitement d'accord avec une loi phonétique commune aux autres langues sémitiques que nous'avons déjà eu occasion de signaler à propos des formes dans lesquelles on voit apparaître le n servile !. Les flexions caractéristiques de cette voix sont exprimées, en assyrien, par ET ET et >—{< 2 TT, ou par les signes de la syllabe complexe, et forment la seconde syllabe pleine de la conjugaison.

L'emploi de cette voix est assez restreint; sir Henry Rawlinson la confond avec l'iphtaal des verbes commençant par une sifflante?. Quant à sa signification, elle exprime en général une notion passive, et ne paraît pas se ployer à la signification indiquée par la dixième forme arabe, qui cependant en représente identiquement la flexion.

Nous n'avons pas besoin de rappeler ici que les permutations de la labiale et de la sifflante, telles que nous avons déjà eu occasion de les indiquer plusieurs fois, sont également applicables à cette voix.

Dans les verbes qui commencent par un +, les formes dérivées de la labiale sont les plus fréquentes; nous n'avons pas trouvé d'exemples de listaphal du verbe sakan, aussi nous ne le reconstruisons ici que par analogie. Les formes altabus, ultibis, fréquentes dans les inscrip-

! Oppert, Éléments de la grammaire as- ? Rawlinson, Analysis of the Babylonian syrienne, p. b7, extrait du Journal asiatique , text at Behistun, dans le Journ. of the R.

1860. A. S.vol. XIV, part. 1, p. 77-79...

tions trilngues, et d’autres formes analogues dans les mscriptions as-

syro-chaldéennes, ultaspiru, iltaspiru, justifient du reste cette mduction.

1" pers. com.

2° pers. masc.

2° pers. fém.

3° pers. masc.

3° pers. fém.

2° pers. masc.

2° pers. fém.

3° pers. masc.

3° pers. fém.

ISTAPHAL.

= D D Verbe Vo

« établir » ( D v) !

AORISTE

Singulier. Pluriel.

as - QUE - se na - as — L - va) Eu - tas - kan, - AR r ka - nu, CE TRN ERNEST = eu Rare € tas = tas” = ka =, tas 2 = ka - na, a] DE (1e D 2 = EM EI is AE MEATGS 1 "kan ka - nu, a JR QUE | | Rte PE CE UN een ENS Re es I tas - tas - kan, isa IMPÉRATIE.

Singalier. Pluriel.

æ se y 2 {1 | IX NI sus - tis-hin, sus - tis - ki - nu,y Y [> — FE Y <« a Ci A RER Res CFE, sus — tis - ki - mi, sus - tis —- ki - na.

PRÉCATIF.

Singulier. Pluriel.

<= En LA Led YY Re MS IX sil = ER lis “ — tas. - in, lis - ki - nu, M PS NOR mile RER IS S is - tu; 00 cn.

INFINITIF. PARTICIPE

ue

su —tfis - un.

Do LU LE EN

mus — tas — hin.

ISTAPHAL.

Verbe GE (PT cembellir» (5%).

AORISTE

Singulier, Pluriel.

1 pers. comm. TES" CR ln | ul - tas - pir, mu - ul - tas - pir, 2° pers. mas. TE MT Ed CE A € III tul - tas - pir, tul - tas - pi - ru, 9° pers. fém. TE LE SF (JE LA ET k tul - tas - pi - ri, tul - tas - pi - ra, 3° pers. mas. EMI EE DT SF II] yul - tas - pir, yul - tas - pi - ru, 3 pers. fm. JET ES CHR ET tul - tas - pir, yul :- tas - pi - ra.

IMPÉRATIF

Singulier. Pluriel.

2° pers. mas. EN | = 4 = el LS II] sul - tis -pir, sul - tis-pi - ru, pers. fm. EM | FH MN ET sul - tis - pi - ri, sul — tis-pi = ‘ra.

PRÉCATIF.

Singulier. Pluriel.

3° pers. masc. a« MT = ECa MT ÈF STI] UT - tas - pir, lil - tas - pi - ru, pes mnt AS a Las 2 Ph EX A« NI Ses | ll — tas - pi - ra.

INFINITIF. PARTICIPE

EF Sr Er = a su — {is - pir. mul - tas - pir.

* Les inscriptions donnent 2l{asparu par L.pl.9,c.r,1. 33). Nous avons, ici, conservé

un =? ][f Y (Sargon, Botta, pl. 41,1.58), l'orthographe de Tiglat Pileser pour donner et éltasparu par un EWY (Tiglat Pileser 1,W. A. un exemple de l'emploi des homæphones.

VIH CONJUGAISON.

NIPHAL.

Le niphal est le passif régulier du kal'. Cette forme paraissait particulière à l’hébreu et à es au milieu du groupe des langues sémitiques. Aujourd'hui il est constant que l’assyrien forme son passif comme lhébreu, par un » préfixé et suit la flexion de cette voix ?:

A ET és» | EME

n& — Ma = a « Voir,» in — mar, «il a été vu.»

(Sargon , les Fastes , 1. 26, 44, 63, 144.)

En hébreu, linfinitif prend un n ponctué chirick devant le 3, qui s'élide et qui est compensé par un daguèsch fort, qui se met dans la première radicale; l’assyrien conserve le nasal à Finfinitif.

Du reste, les règles de l’élision de ln sont communes aux deux lanoues, et l’assyrien diffère en cela de l'arabe, qui n’élide jamais le > caractéristique dans la septième forme, qu'on peut regarder comme la voix correspondante. Ainsi on dit, en hébreu et en assyrien, appakid où eppakid, mais on dit en arabe enfakid, unfakud, etc.

La conjugaison réoulière du niphal présente une particularité qui est assez remarquable. Toutes les lois, en eflet, que le : est quiescent, il s’élide et s’assimile à la lettre suivante. Or le 3 est quiescent à toutes. les personnes de laoriste, il nereparaît qu'aux autres modes, de sorte que cette voix n’est véritablement régulière que dans les verbes irréguliers 3°»; l'assimilation n'ayant lieu que lorsque le ; termine une syllabe, il s'ensuit en eflet qu'à la voix niphal la nasale est toujours élidée.

L'élision de lx, ou plutôt l'assimilation de ln, produit une confusion

! Rawlinson, Analysis of the Babyl.textat * On Assyrian verbs, dans le Journal of

Behist. dans le Journ. ofthe R. A.S.p. h,9h, sacred literature, avril 1856, p. 158. 26 et la note, p. 79, 1891.

que nous avons déjà signalée à propos de l'assimilation du n servile à l'ithpeal. En effet, en formant régulièrement l'ithpeal du verbe +3, nous avons d'abord az-ta-kar, mais, en faisant l’élision, nous avons az-za-kar, exactement comme, en formant le niphal du même verbe, nous avons an-za-kar, et, en suivant l’élision , az-za-kar ; le sens seul de la phrase peut nous guider alors pour donner à l’une ou à l’autre de ces formes, quand on les rencontre dans les textes, la traduction qui lui convient.

La signification de cette voix est, à proprement parler, celle du passif du kal, quelquefois cependant elle a une signification réfléchie !.

Dans les verbes neutres qui marquent une qualité ou une manière d'être du sujet, le niphal prend la signification de Fhitpaël.

Voici le tableau des différentes formes du niphal dans le groupe de langues auquel nous pouvons l’assimiler ?.

Page 1