Société de biologie, 1890, p
2, Société de Biologie, 20 décembre 1890, p. 720.
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tion de sang de chèvre à la dose de 80 grammes.
Le tissu cellulaire résorbe fort peu le sang qu'on lui confie, aussi en résulte-t-il un empâtement dur et douloureux.
M. Lépine s’est demandé s’il était nécessaire d’injecter le sang, si le sérum n'était pas suffisant. Voici son opinion à ce sujet :
« C’est, dit-il, selon toute probabilité le sérum qui agit et pour-préciser davantage, les matériaux albuminoïdes du sérum ; dès lors pourquoi injecter des globules qui, comme on sait, n’ont dans le plasma du transfusé, qu'une existence éphémère et qui d’ailleurs pour la plupart, n'étant pas absorbés tels quels, produisent une irritation du tissu cellulaire sous-cutané ? La conclusion s’impose, il faut centrifuger le sang frais et injecter le sérum ».
Quel sérum convient-1il d'employer ?
Le sérum le sang de chèvre semble préférable, car préparé dans les mêmes conditions que le sérum de sang de chien, 1l possède une action destructive moins grande sur les globules du sang humain. à
Si le sérum de sang de chèvre est moins inoffensif que le sérum de chien, est-il aussi curatif®?
L'injection doit-elle être sous-cutanée ou intraveineuse ?
Les injections sous-cutanées produisent une douleur assez vive, elle laisse après elle un empàtement dur et douloureux, aussi lui préfère-t-on
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l'injection intra-veineuse qui permet d'en introduire une plus grande quantité.
Manuel opératoire de l'injection intra-veineuse. — Après antisepsie préalable, une veine du pli du coude est choisie, gonflée et découverte. On ouvre la veine après l’avoir soulevée sur une sonde cannelée. On introduit dans la veine un petit trocart relié au récipient qui contient le sérum par un tube en caoutchouc. On a bien soin de purger d’air tout l'appareil, aseptisé prématurément bien entendu, avant d'introduire le trocart dans la veine. Il est recommandé de faire couler très. doucement.
L’injection terminée, on fait un pansement ordinaire. On peut renouveler les injections plusieurs fois dans la même veine qui est facile à retrouver, mais en ayant bien soin de faire couler la veine afin de chasser le caillot qui eut pu se former à l’orifice.
La quantité de sérum à injecter,est d’environ 80 à 100 centimètres cubes. L’injection doit être faite le matin à jeun; elle est contre indiquée chez les phtisiques ayant de la congestion pulmonaire ou une tendance aux hémoptysies.
Héricourt et Richet ont admis deux hypothèses sur l’action du sang ou du sérum. Ou bien le sang de l'animal réfractaire à la tuberculose possède un pouvoir bactéricide vis-à-vis du bacille de Koch : ou bien il développe la résistance du tissu Eva par le bacille.
M. le professeur Straus s'exprime ainsi au sujet
de la sérumthérapie, dans sont savant ouvrage : La tuberculose et son bacille : « En somme, la séro-
thérapie, si brillamment introduite dans la science expérimentale par Behring, et qui, dans le traitement de la diphtérie humaine, a déjà donné des résultats si encourageants, en est encore à la période de tâtonnement et d’incertitude complète dans ses applications à la tuberculose. Cette méthode, déjà féconde en résultats et plus riche encore en promesses, pourra-telle se montrer efficace contre la plus redoutable des maladies infectieuses? le sérum des animaux immunisés contre la tuberculose se montrera-t-il revêtu des mêmes propriétés antitoxiques, immunisantes et curatrices que
celui des animaux immunisés contre la diphté-
rie et le tétanos ? C’est là un problème qui préoccupe actuellement au plus haut degré tous les chercheurs et dont la solution ne se fera peutêtre pas trop longtemps attendre. »
AUTOSÉROTHÉRAPHIE. REMÈDE DE LIEBREICH.
On considère l’état œdémateux du poumon
comme défavorable à l’évolution du bacille tuberculeux. La rareté de la tuberculose existant avec
une lésion mitrale s'explique pour certains auteurs à cause de la stase sanguine et par suite de la
rate transsudation du sérum, provoquée par la lésion valvulaire.
Liebreich, se basant sur ce point, pensa s’opposer à la marche envahissante du bacille en provoquant l’ædème pulmonaire. Il pratiqua dans cette intention des injections sous-cutanées de canthari date de potasse et de soude.
Liebreich fait rentrer sa méthode dans la sérothérapie, elle favorise en effet la transsudation du sérum à travers les capillaires malades; mais malheureusement elle la provoque aussi probablement à travers les capillaires des autres organes, le rein par exemple et peut gêner leurs fonctions.
Lépine (1) propose de donner à la méthode de Liebreich le nom de « autosérothérapie », afin de la distinguer de la méthode ayant recours à un sang étranger.
La sérothérapie et l’autosérothérapie n’ont donné jusqu'ici aucun résultat brillant.