BACTÉRIOLOGIE. - ANATOMIE
A. — ÉTUDE SUR L’AIR DE LA VILLE DE LIMOGES ET DES FABRIQUES DE PORCELAINES.
a. — limoges, imprimerie Ducourtienx, 1886.
b. — Journal de ta Haute-Vienne, 1885.
J’ai spécialement étudié les corpuscules tenus en suspension dans l’air de la ville de Limoges. Pour les recueillir, je me suis servi de l’aéroscope de Pouchet, modifié par Schœnauer et l’aspiration était faite par l’aspirateur à eau, ou par la trompe en usage à l’observatoire de Montsouris.
a) Pottssières d’origine minérale.
Au moyen de ces procédés j’ai trouvé que les poussières d’origine minérale les plus répandues étaient des corpuscules terreux ; des fragments de granit, de silex; des corpuscules de pâte à porcelaine et enfin de très nombreux débris de suie et de charbon. Le nombre, relativement considérable, des poussières de porcelaines ne peut cependant avoir aucune importance en dehors dé l’air des fabriques.
Dans les ateliers il n’en est pas de même, car certains ouvriers, les espasseurs, les retoucheurs et les ouvriers porcelainiers proprement dits vivent dans une atmosphère surchargée de ces poussières.
Les espasseurs sont les ouvriers chargés d’épousseter avec un plumeau (nommé espassin) les pièces de porcelaine qui ont subi la cuisson du globe. Ces pièces sont recouvertes de tous les débris du four qui ont été entraînés dans le globe par le tirage des flammes. Dans les fours chauffés au bois ces poussières contiennent surtout de la potasse, du charbon et du dégourdi de porcelaine qui est un silicate doublé d’alumine et de potasse. Pour les recueillir, j’ai placé l’aérosoope è 1 m. 50 de deux espasseurs en plein travail. J’ai trouvé qu’un
cube de l’air qu’ils respiraient contenait 640 millions de grains de
I retoucheurs, dont le travail consiste à enlever la poussière d’émail sur es de porcelaine bien séchées, vivent dans une atmosphère qui contient tre cube 680 millions de grains; mais ils sont plus petits, plus lourds et moins longtemps en suspension dans l’air. Aussi ces ouvriers paraissent Jtour d’eux un nuage moins opaque, quoique en réalité le nombre des ioit plus considérable.
i ouvriers porcelainiers proprement dits ont aussi autour d'eux des pousn très grande quantité ; mais comme ils se servent de pâte qui n’a subi aucun degré de cuisson, les corpuscules recueillis dans la glycérine forvec cette substance, une pâte homogène sur laquelle aucune numération ssible. J’ai fait copier sur le compte-globule Malassez ces trois espèces de res. On pourra se rendre compte des aspects différents qu’elles présentent, i chiffres que je viens d’indiquer sont vraiment étonnants et vous me peut-être d’exagération. Mais si j’ai commis une erreur, c’est en indin chiffre au-dessous de la vérité, car l’aéroscope laisse toujours échapper ssières dont je n’ai pas tenu compte dans la numération précédente.
I chiffres, à eux eeuls, expliquent la fréquence des bronchites et des affecoraciques que l’on observe dans les fabriques, et aussi l’existence de calmés d’agglomérats de poussières de porcelaines que plusieurs de nos colmt recueillis, post morlem, dans les poumons des porcelainiers.
b) Poussières d’origiue organique.
es sont toujours très nombreuses. Les unes sont des fragments de végées débris de vêtements; des poils de laine, de coton; des écailles d’ailes de 1, etc. ; les autres sont des cellules végétales organisées, telles que les le pollen et les spores des moisissures.
i grains de pollen sont très nombreux dans notre pays, et sont dus à la nte végétation du Limousin. On les trouve partout, même dans l’intérieur isons, où ils pénètrent facilement grâce â leur légèreté spécifique, i spores des moisissures s’observent en très grande quantité, et leur lombre est dû surtout à l’humidité qui favorise leur développement sur ol, sur les pierres, sur les toits des maisons. Une des plus fréquentes est
lepenidllium glaucum, moisissure bleue qui envahit si facilement les confitures, le pain, le fromage.
c) Pousssières formées par des germes vivants.
J’ai été obligé, après avoir recueilli l’air des places de la ville, d’employer la méthode des cultures pour reconnaître les germes vivants de l’atmosphère. Après bien des expériences et de longues études, j’ai trouvé que nous avions à Limoges 224 bactéries par mètre cube d’air, en faisant abstraction des moisissures. A l’observatoire de Montsouris, placé dans de vastes jardins, près des fortifications, le docteur Miquel n’en a trouvé que 75. Par contre, dans la rue de Rivoli, la moyenne des germes est de 880 par mètre cube.
J’ajouterai même que la proportion de nos bactéries doit être un peu plus élevée que celle que j’indique, car c’est à une époque où des pluies abondantes . avaient nettoyé l'atmosphère que les expériences ont été faites.