Rôle des glandes génitales dans l’organisme
(Journal de l'Anatomie et de la Physiologie, 4904, p. 536 et 1905, p. 79 et suivantes. —
C. R. Académie des Sciences , 27 novembre 1905. - C. R. Société de Biologie. Juillet
1904 et 1905, p. 511.)
Les idées nouvelles, que nous ont données nos recherches sur le fonctionnement des glandes génitales, ont été exposées par nous, dans un certain nombre de notes et dans nos conférences à la Faculté des sciences * mais elles n’ont pas encore été réunies en un travail d’ensemble. Nous en avons donné un premier essai, cependant, dans le Journal de l'Anatomie (loc. cit.)pource qui Concerne seulement la glande génitale femelle.
Si l’on admet généralement aujourd’hui, disons-nous dans ce journal, que l’ovaire est le siège d’une sécrétion interne, dont les organes seraient les éléments du corps jaune et les cellules interstitielles ; s’il faut ajouter à ces sécrétions les ovules non pondus et résorbés comme nous l’avons montré par l’exposé des travaux précédents, par contre, on ne connaît pas encore la signification physiologique qu’il faut attribuer à ces sécrétions internes.
Il est tout d’abord à noter que cette fonction ne saurait avoir une signification exclusivement- sexuelle; d’une part, en effet, des élaborations abondantes de graisse et de pigment se voient dans les glandes sexuelles embryonnaires ou fœtales, comme l’ont montré nos propres travaux sur les Oiseaux et les Mammifères; d’autre part nous avons vu, surtout dans l’étude des cellules interstitielles, que la fonction sécrétante ou élaboratrice de produits chimiques était indépendante de la fonction sexuelle; enfin nous savons que le principal organe de la sécrétion interne ovarienne, chez les Mammifères, le corps jaune, n’acquiert tout son développement glandulaire qu’après l’ovulation.
C’est pourquoi nous ne saurions accepter la théorie de Bard pour laquelle le corps jaune serait un dispositif, acquis dans le cours de l’évolution des Mammifères et fait pour supprimer ou pour rendre abortives les ovulations nouvelles qui pourraient se produire pendant la gestation.
On ne saurait davantage accepter le rôle nourricier de l’ovule que plusieurs auteurs, à la suite de Plato, attribuent gratuitement aux sécrétions chimiques des cellules interstitielles de l’ovaire. Cette théorie que l’on retrouve pour les cellules interstitielles du testicule et que nous avons combattue autre part,
labres chez les Invertébrés en général; les, ovules , les cellules folliculaires, : le corps jaune et les cellules interstitielles chez les Vertébrés.
De ces produits élaborés par l’ovaire, les uns sont excrétés purement et s impie-
sexuelle, vont servir à la vie de l’espèce ; d'autres enfin, réabsorbés par l'organisme sous fm-me de sécrétions internes, vont agir sur la vie de l'individu. ■
mencer à élaborer et qui devaient servir à la vie de l’embryon. Elle y fait rentrer également, comme nous l’avons vu plus récemment, des substances excitatrices du système nerveux qui auraient été rejetées avec les œufs pondus. Dès lors, on peut mieux comprendre certains phénomènes de la vie des individus comme ceux que présentent les femelles qui ne peuvent pas pondre' tous leurs