‹ Exposé des titres et travaux scientifiquesChapitre 2 sur 17 · TRAITÉS · texte numérisé non relu

TRAITÉS

1. Essai sur l’hygiène internationale ; ses applications contre la peste, la fièvre jaune et le choléra asiatique; avec une carte indiquant la marche des épidémies de choléra par les routes de terre et la voie maritime. Paris, 1873.

(Cet ouvrage a été couronné par l’Institut en 1873.)

Le titre de ce livre indique parfaitement la nature des matières qu’il renferme. Vhygiène internationale, science toute récente, a donné lieu cependant à de nombreux travaux ; mais ils sont disséminés dans des recueils et n’avaient jamais été réunis en corps d’ouvrage.

C’est contre les maladies transmissibles que les gouvernements ont le droit et le devoir de garantir leurs peuples. C’est le concert des mesures adoptées par les gouvernements pour se préserver de ces maladies qui forme le sujet et la matière de l’hygiène internationale.

Mais toutes les maladies transmissibles ne ressortissent pas à la police sanitaire. Celles qui, par exemple, naissent sous notre climat, comme la fièvre typhoïde, la diphlhérie ; ou d’autres qui, d’origine exotique, se sont profondément acclimatées, comme la variole, la rougeole, la scarlatine, ne peuvent être l’objet de mesures sanitaires internationales. Il en est de même de la syphilis, de la lèpre et de la dengue, qui, pour des motifs divers, ne doivent pas exiger des mesmeo mternut.v^nJe.,.

Les seules maladies épidémiques transmissibles qui incombent à l’hygieno internationale sont ; la peste, la fiime jaune et le choléra asiatique, maladies qui ne naissent jamais spontanément parmi nous et sont COI a int le résultat de l’importation.

L’ouvrage est divisé en deux parties. La première, traitant de l’hygiène internationale consiaeree en général, sobrement exposée, car elle ne renferme que 72 pages, contient cependant des notions exactes et précises sur l’ensemble du système aujourd’hui en vigueur, sur les modifications qu’il a subies à diverses époques, et sur les lois et reglements qui l’ont institué.

La deuxième partie, la plus importante et la plus volumineuse, est consacrée aux applications particulières de l’hygiène internationale et est divisée en trois livres ; le premier traite des applications de l’hygiène internationale contre la peste; le second, de ses applications contre la fièvre jaune ; le troisième, de ses applications contre le choléra asiatique.

Dans le livre consacré à la peste, on trouve la discussion sur l’antiquité de cette maladie. Un passage ignoré, de Rufus, d’Éphèse, remis en lumière par Daremherg, a ruiné de fond en comble la théorie de Pariset. La peste a régné dans le monde avant que les habitants de l’Égypte eussent renoncé à la pratique de l’embaumement; donc ce n’est pas la cessation de cette pratique qui a causé l’apparition de la peste dans cette contrée; donc ce n'est pas fÉgypte qui est le berceau exclusif de la peste.

La peste se développe au milieu de populations dégradées par une profonde misère physique et morale. C’est la condition essentielle qui engendre cette maladie; mais son développement peut être plus ou moins influencé par des circonstances accessoires multiples.

Nous citerons en terminant quelques lignes que M. le professeur Bouillaud a consacrées à la troisième partie de l’ouvrage dans le compte rendu des prix de l’Institut ;

« M. Proust professe, conformément à la doctrine de la conférence internationale de Constantinople, que, quelle que puisse être la divergence d’opinions sur la contagion du choléra, la loi de transmission de cette maladie est établie par les

dont il s’agit à deux agents principaux, savoir : \agenl cholérique lui-même et

« Le premier a, selon son auteur, i’Inde pour son point de départ. Le second, ou le milieu favorable et complètement indispensable au pouvoir de Xagent cholérique, est constitué par certaines conditions telluriques, par l’encombre-

« Après avoir considéré, au point de vue clinique, l’agent cholérique en luimême et successivement examiné les nombreuses conditions dont se compose son milieu, M. Proust n’oublie pas l’étude de l’agent cholérique au point de vue expérimental.

« Les données, malheureusement encore bien incomplètes, que nous possédons aujourd’hui sur la transmission du choléra par voie d’expérimentation sur les animaux ayant été exposées par lui, M. Proust termine pai le» conclusion»

« Il paraît probable que le choléra est transmis par un agent constilué, comme semblent l’être tous les ferments, par des germes microscopiques, susceptibles de proliférer avec une grande rapidité, dès qu’ils se trouvent dans un milieu favorable; mais le ferment cholérique, s'il existe, est encore inaccessible à nos moyens d’exploration.

« L'agent cholérique a pour véhicule l’air ou l’eau. »

« 5” Enfin M. Proust termine son ouvrage sur le choléra par l’étude de la prophylaxie de cette maladie.

«" Si la prophylaxie du choléra ne peut avoir dans l’Inde qu’une action limitée et si cette maladie doit y trouver un développement presque forcé, l’Europe du moins doit être absolument préservée, et c’est vers les frontières de cette partie du inonde que doivent être reportées toutes les forces, foute la vigilance de l’adniinislration sanitaire. li termine en exposant de la manière la plus lumineuse les différents éléments dont devrait se composer un système bien organisé de prophylaxie, pour que l’Europe fût mise désormais à 1 abri des nouvelles invasions du choléra asiatique. »

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