HYGIÈNE PROFESSIONNELLE
27. De la pneumoconiose anthracosique des mouleurs en cuivre, avec une planche qui montre les altérations du parenchyme pulmonaire.
Ce travail a été lu à l’Académie de médecine, en 1874, a été le sujet d’un rapport de M. le professeur Tardieu, et a paru dans les Mémoires de l'Académie.
Ce travail se termine par les conclusions suivantes, qui embrassent trois points différents :
L’hygiène professionnelle ;
La physiologie et l’anatomie pathologique ;
La nosologie.
1" Les modifications qui ont été introduites dans le travail des mouleurs en cuivre ou en bronze, la substitution presque générale de la fécule au poussier de charbon, rendront de moins en moins fréquente l’observation de l’anthracosis chez les mouleurs en cuivre. Toutefois, la manifestation de cette maladie sera encore
monaircs, suites de lésions anciennes et non guérissables.
Cependant la réforme n’est pas absolue, et nous savons que chez les fondeurs en fonte on se sert encore de poussier de charbon; il y aurait là quelques mesures à prendre ; il faudrait chercher une substance dont on prit conseiller la substitution à la poussière de charbon.
Quant aux individus qui travaillent à la fabrication du bronze artificiel, la composition dont ils se servent a le zinc pour base. L'anthracosis n’est donc nullement à craindre ici.
2“ Nos conclusions physiologiques et anatomo-patholosiques nous paraissent assez importantes ; elles décident une question de physiologie pathologique longtemps controversée, à savoir: la possibilité de l’introduction de la poussière de charbon dans les voies aériennes. La pénétration dans te parenchyme pulmonaire se fait seulement dans.les alvéoles ou canalicules respiratoires; les bronches n’en sont pas le siège ; les molécules pulvérulentes traversent les cellules d’épithélium pavimenteux qui tapissent les alvéoles et la membrane mince qui leur sert de
Elles s’accumulent successivement dans le tissu conjonctif interalvéolaire et donnent lieu plus tard à une hyperplasie conjonctive; la matière noire, en s’accu-
A ce moment, l’anlhracose ressemble aux cas de corps étrangers introduits dans les voies aériennes, donnant lieu aux phénomènes symptomatiques de la phthisie (hémoptysie, fièvre, sueurs nocturnes, amaigrissement), et pouvant guérir si le corps étranger est expulsé.
Ce qui rapproche toutes ces lésions, ce sont les ulcérations pulmonaires qui leur succèdent et la phthisie pulmonaire qui en est l’expression symptomatique.
11 existe d’ailleurs un certain nombre d’altérations qui sont déterminées par l’inhalation de poussières de nature diverse.
On a généralement confondu sous le nom de phthisies professionnelles toutes les maladies de cette espèce.
11 nous parait préférable de leur réserver le nom de pneumoconiose, qui leur a été donné parZenker.
On a eu tort, en effet, de confondre ces faits avec la tuberculose, et, pour éviter à l’avenir cette erreur, il serait utile de donner à la maladie un nom spécial ; dans le cas particulier qui nous occupe, il s’agissait d’une pneumoconiose anthracosique (maladie des poumons produite par le poussier de charbon). Il y aurait la pneumoconiose anthracosique des mouleurs en cuivre et celle des houilleurs ; dans ces deux cas, la cause est la même, la poussière inhalée est également semblable, la profes-
28. Des éruptions quiniques chez les ouvriers qui travaillent à la fabrication du sulfate de quinine et du sulfate de cinchonine.
Ce travail a été fait en collaboration avec M. J. Bergeron, président de l’Académie de médecine ; il repose sur un certain nombre d’observations dues presque toutes à M. Bergeron. Il a été inséré dans les Annales dhygiène de 1876. Il se termine par les conclusion» suivantes ;
1° On observe chez les ouvriers employés à la fabrication du sulfate de quinine et du sulfate de cinchonine une éruption qui présente les caractères de l’eczéma.
2° L’éruption dont ie développement a succédé à l’administration interne du sulfate de quinine parait plutôt affecter la forme érythémateuse.
3” L’éruption quinique ne doit pas rentrer dans la classe des éruptions profes-
sionnelles; elle est due à une idiosyncrasie particulière, et dépend d’une susceplibililé tout individuelle. Cette éruption récidive très facilement.
4“ L’acclimatement est tout à fait exceptionnel, et la susceptibilité qui prédispose certains individus à l’éruption devient plus intense lorsqu’ils ont subi une première atteinte de l’affection.
5” L’éruption quinique ne présente pas ordinairement de gravité : elle cède habituellement sous l’influence des émollients ; mais elle exige impérieusement l’éloignement delà cause provocalriee.
29. Intoxication saturnine chez les ouvriers qui travaillent à la fabrication des mèches à briquet.
M. Chenet, mon interne, a publié dans la France médicale (décembre 1875) une série d’observations suivies dans mon service à l’hôpital Saint-Antoine, démontrant cette intoxication, et a donné des indications intéressantes sur le procède industriel, l’etiologie des accidents et la prophylaxie qu’il convient de conseiller.
30. Projet de création d'une ferme nourrice pour un certain nombre d’enfants. Paris, 1870.
L’idée exposée dans ce travail a été recommandée, à titre d’expérimentation. dans le rapport fait à l’Assemblée nationale par M. Roussel, sur la protection des enfants du premier âge.