Anaplastie
(Long article inséré dans le Dictionnaire encyclopédique de Victor Masson. )
J’ai résumé mes idées générales sur les limites et les règles générales de la chirurgie réparatrice, et proposé une nouvelle classification des nombreuses opérations qu’elle comprend.
76. Hernies étranglées ; taxis forcé; perforation de l’intestin.
L’étranglement herniaire est si fréquent et si grave, le problème thérapeutique est si ardu et les cas individuels si variés, que le sujet semble inépuisable. A plusieurs reprises, j’ai communiqué à la Société de chirurgie les résultats de ma pratique.
Dans un long discours sur Quelques points de l’opération de la kélotomie {Bulletin de la Société de chirurgie, avril 1861), j’ai successivement discuté: le taxis forcé pour le proscrire ; le précepte d’attirer au dehors l’intestin mis à nu par les premières incisions pour le recommander ; la fixation de l’intestin perforé pour l’adopter de préférence aux sutures perdues ; enfin, j’ai combattu avec énergie la pratique qui consiste à réduire purement et simplement l’intestin blessé ou perforé.
Dans la même année, une discussion s’est élevée sur le’ traitement de la hernie ombilicale étranglée ou enflammée., et là encore j’ai attaqué le taxis qui, d’une manière générale, me paraît funeste. [Bulletinde la Société de chirurgie., 1861, p. 718.)
77. Hernie crurale étranglée; blessure de l’intestin pendant le débridement; suture
obturant la plaie et retenant l’anse blessée au voisinage de l’anneau. Guérison,
, {Bulletin de laSdciété de chirurgie, 1861, p. 1.)
Dans la même séance, j’ai communiqué l’observation à\m étranglement véritable par Vanneau externe du canal inguinal: ce cas est un exemple rare, mais bien avéré, d’étranglement par les anneaux fibreux.
En 1862, j’ai publié dans le Bulletin de thérapeutique ma statistique intégrale touchant la kélotomie. C’est en comptant tous les cas de succès et d’insuccès qu’on peut seulement arriver à des conclusions justes. Si limitée que soit une telle série numérique, elle vaut souvent mieux que les relevés pris dans les journaux, relevés qui sont rarement véridiques et qui d’ailleurs renferment des éléments très-disparates.
J’ai montré, dans ce travail, les différences radicales qui existent entre les hernies crurales et inguinales, tant au point de vue de la nature des aecidents que des indications thérapeutiques et du pronostic de l’opération.
Pour la hernie crurale, l’opération précoce, après quelques tentatives très-courtes de taxis, est le meilleur et le plus innocent des moyens; le taxis, les médicaments internes et externes et l’expectation réussissent beaucoup plus souvent dans la hernie inguinale, l’étranglement vrai y étant plus rare et moins insurmontable.
78. Affections organiques désarticulations; coxalgie ; plaies articulaires.
La fréquence, la gravité des maladies articulaires, l’efficacité remarquable de la thérapeutique, quand les indications sont bien saisies et remplies en temps opportun, ont depuis longtemps fixé mon attention. Aussi, dès le début de mes études, à l’amphithéâtre comme au lit du malade, ai-je poursuivi sans interruption mes recherches sur ce vaste sujet.
En 1845, j’en faisais l’objet d’un mémoire pour les prix de l’internat (inédit).
En 1850, je reconnaissais une variété d’hydarthrose du genou consécutive à la dysenterie, établissant ainsi la relation qui lie l’hydropisie articulaire aux affections du tube intestinal. {Bulletin de la Société de biologie, t. II.)
En 1851 et 1852, j’ai contribué par de nombreuses présentations de pièces à constituer l’histoire de Xarthrite sèche et des corps étrangers arüculaires, si bien tracée par les membres de la Société anatomique.
En 1852, je publiais les observations suivantes :
79, Hydarthrose chronique; lésions anatomiques multiples; abcès sous-synoviaux
pédiculés simulant des corps fibreux du qenou ; kystes synoviaux, etc.
{Mémoires de la Société de chirurgie, t. III, p. 367.)
80. Luxation de Vextrémité supérieure du radius en arrière remontant à une époque éloignée; soudure cornplète des deux os de l’avant-bras à la partie supérieure. Réflexions sur les luxations congénitales du coude.
{Union médicale, 1852.)
81. Luxation congénitale du fémur-, coxalgie suppurée chez un fœtus.
{Union médicale, 'g.
Dans le cours de cette année même, j’ai repris l’étiologie des luxations dites congénitales du fémur, et sans contester, ni la coxalgie intra-utérine, ni les malformations articulaires comme causes du déplacement, j’ai avancé qu’un certain nombre des luxations dites congénitales étaient postérieures à la naissance et devaient être attribuées à la paralysie de certains muscles pelvi-trochantériens, consécutive ellemême à cette affection de la première enfance, connue sous le nom Ad paralysie essentielle de l’enfance. On aurait donc affaire, en ces cas, à de véritables luxations pathologiques. Ces propositions ont soulevé une discussion assez animée ; la question est désormais à l’étude.
Lorsque les beaux travaux de Bonnet furent connus à Paris, je fus un des premiers à les suivre et à expérimenter, au lit du malade, le principe du redressement brusque dans les arthrites aiguës. Pour le genou il me donna des résultats surprenants, comme il en a donné et en donnera à tous ceux qui suivront à la lettre les préceptes du célèbre chirurgien lyonnais.
Le redressement et l’immobilité, secondés par une thérapeutique interne appropriée, procurent des succès inespérés, à ce point que le pronostic, autrefois si sombre, des tumeurs blanches du genou, est tout à faitchangé, et qu’à peine si, à de très-rares intervalles, on est conduit à l’amputation de la cuisse si fréquente autrefois. J’ai adopté, avec le même empressement et les mêmes avantages, la pratique de Bonnet dans la coxalgie; depuis 1858, j’étudie sans relâche cette cruelle maladie, qui, jadis, décimait l’enfance et, en cas de guérison,laissait après elle des difformités extrêmes. J’ai plusieurs lois soutenu les idées de Bonnet et leur ai peut-être apporté quelque appoint.
82. Du redressement brusque et de ïimmobilisation dans la coxalgie.
{Gazette hebdomadaire, 1858, p. 698, 745.)