Du siège réel et primitif des varices du membre infèrie
Si le microscope rend des services indéniables, il ne détrône point les autres procédés, parmi lesquels la dissection tient et tiendra toujours un rang élevé. C’est à elle que je dois des recherches originales sur la phlébectasie.
Dans le cours des années 1854 et 1855, j’avais'publié, dans la Revue de thérapeutique médico-chirurgicale, plusieurs articles sur le traitement chirurgical des varices , et j’avais été frappé des lacunes que présentait l’anatomie pathologique de cette affection. C’est pourquoi je résolus de faire quelques dissections nouvelles, en employant un procédé d’amphithéâtre qui, par un oubli extraordinaire, avait été négligé jusqu’à ce jour; en un mot, j’injectai les veines variqueuses.
Mon étonnement fut grand en constatant que les données acceptées jusqu’alors sur le siège de la phlébectasie des membres étaient tout à fait erronées.
Je multipliai à l’infini mes dissections, et je déposai au musée Dupuytren des pièces nombreuses laborieusement préparées et conservées, qui me permirent d’exposer devant Y Académie de médecine , en 1855, les trois propositions fondamentale suivantes :
1° Toutes les fois que des varices superficielles spontanées existent sur le membre inférieur, on observe en même temps des varices profondes dans la région correspondante de-ce membre.
2" La réciproque n’est pas vraie, car on peut trouver la dilatation des veines inter et intra-musculaires sans que les vaisseaux superficiels soient atteints ; mais lorsque les premières sont encore seules dilatées, il est presque certain que dans un délai plus ou moins long, les derniers à leur tour s’amplifieront, deviendront serpentins, et apparaîtront sous la peau.
3" La phlébectasie ne porte donc pas primitivement sur les vaisseaux souscutanés, pas plus la saphène interne que tout autre ; elle prend, au contraire, son origine dans les veines profondes en général et dans les veines musculaires du mollet le plus souvent; ces vaisseaux sont d’abord atteints de dilatation et
d’insuffisance valvulaire, lésions qui se propagent ensuite aux branches susaponévrotiques de deuxième et de troisième ordre.
La lecture faite à l’Académie a été reproduite dans la Gazette médicale, 1855.
Dans un article complémentaire inséré dans la Gazette hebdomadaire, 18S5, p. 8H, j’ai combattu la prétendue fréquence des varices du côté gauche, et les causes mécaniques invoquées à l’appui.
En 1861-, j’ai repris l’histoire des varices profondes, mais cette fois au point de vue pratique; j’ai montré que la lésion était très souvent méconnue au préjudice des malades, qu’un simple appareil compressif délivre rapidement de divers symptômes incommodes.
56 .Note sur les varices profondes de la jambe envisagées au point de vue clinique : symptomatologie, diagnostic et traitement de cette lésion.
(«Mette hebdomadaire, 1861, p. 428, 446, 447, 532.)
C’est à la rupture des varices profondes que j’ai attribué la gravité de certains cas de coup de fouet, avec œdème de la jambe, ecchymose, etc. dans le mémoire suivant :