THÉRAPEUTIQUE ET TOXICOLOGIE
MÉMOIRES
A. — Du sel marin et de la saumure.
Ce mémoire contient :
1° Des expériences relatives à l’action toxique dii sel marin et de la saumure ;
2" L’examen comparatif des effets produits par chacune de ces substances ;
3° La démonstration expérimentale que le principe toxique de la saumure n’est autre chose que le sel marin, qui entre dans la composition de ce résidu des salaisons. — Il a été publié (ians les Archives générales de médecine, année 1856. Tirage à part à 100 exemplaires.
De nouvelles et'nombreuses expériences, entreprises dans le but de répondre à plusieurs objections qui ont été présentées à l’Académie de médecine relativement à ce mémoire, ont fait constater de nouveau que les conclusions en sont parfaitement exactes, c’est-à-dire, que la saumure n’est un poison que par le sel qu’elle contient. Elles n’ont point été publiées.
B. — Becberelieis expérimentales sur l’administration des breuvages aux grands animaux domestiques.
Voici le résumé général et les conclusions de ce mémoire :
Au début de nos recherches, notre intention était de savoir si, dans quelques circonstances, on pourrait administrer des médicaments aux animaux ruminants, en les injectant directement dans l’appareil respiratoire. Les résultats de nos premières expériences nous firent renoncer à notre idée pour en poursuivre une autre, très-importante quant à l’application.
Personne n’avait encore songé à faire des expériences pour reconnaître quel est le meilleur mode d’administration des breuvages aux animaux domestiques.
Tous les auteurs, en effet, se sont bornés à indiquer le vase dont on doit se servir, comment il faut agir, les précautions qu’il faut prendre, elles accidents qui peuvent être Inconséquence de l’opération, soit pour l’opérateur ot ses aides, soit pour l’animal luimême. Quelques-uns aussi ont fait confectionner des appareils particuliers, connus sous le nom à'entonnoir on de bridon à breuvages^ pour faciliter cette administration, mais ces instruments n’ont été que fort peu employés.
Nous avons dù examiner d’abord ces différents points, et rapporter ensuite tous les faits d’accidents qui ont été relatés dans les publications diverses sur la médecine vétérinaire. ^ '
Les détails dans lesquels nous sommes entré touchant ces différents points forment les deux premières parties'de notre travail.
Ces deux parties constituent en quelque sorte une introduction à nos recherches expérimentales.
La troisième partie, qui a trait aux recherches expérimentales, se compose de 76 observations divisées en quatre séries.
A. Dans la première série, composée de 26 expériences, nous avons fait des injections médicamenteuses directement dans l’appareil respiratoire, après avoir pratiqué la trachéotomie.
Les résultats fournis par ces expériences sont très-intéressants, en en cê qu’ils montrent clairement que certaines substances pourraient être injectées sans danger, et qu’elles ne produiraient aucun accident si elles venaient à faire fausse route, alors qu’elles sont administrées en breuvages.
De plus, elles fournissent des renseignements certains sur le siège, la nature et l’étendue des lésions que d’autres substances déterminent invariablement, si, lorsqu’elles sont administrées en breuvages, elles viennent à s’introduire accidentellement dans les voies respiratoires.
Ces expériences nous ont permis de conclure que celles des substances médicamenteuses dont l'es propriétés sont irritantes, ou qui ne peuvent pas être absorbées dans les voies respiratoires, déterminent une pneumonie, le plus ordinairement double, plus ou
moins élenduO): dont le siège est invariablement à la partie la plus déclive du poumoni
Ces faits étant connus et parfaitement déterminés, nous avons adininistré des breuvages à un certain nombre de chevaux.
B. Dans la deuxième série, composée de 14 expériences, nous avons administré des breuvages par la bouche, à l’aide d’unebouteille ordinaire^ en; faisant tenir la tête dans une situation élevée, ainsi qu’on le fait ordinairement en se servant d’une anse en corde et d’une fourche^
Il résulte de ces expériences que:
Cinq fois sur quatorze, le breuvage a passé dans les voies respiratoires et a déterminé la pneumonie;
2® On ne peut pas conclure que la toux qui se manifeste lors de l’administration d’un breuvage soit toujours la conséquence de son passage dans les voies respiratoires, car sur 14 animaux :
10 ont toussé èt; 4, n’ont pas toussé;
Et sur les cinq animaux chez lesquels la pneumonie a été constatée à l’autopsie :
4 avaient toussé et 1 n’avait pas toussé.
Nous avons reconnu que l’élévation de la tête suffît quelquefois à elle seule pour faire tousser les animaux qui sont affectés d’emphysème pulmonaire.
C. Dans la troisième série d’expériences, composée de 10 observations, nous avons administré des breuvages purgatifs par le nez.
11 résulte de nos recherches que 8 fois sur 10, le breuvage passe dans les voies respiratoires.
Ce mode d’administration est donc encore plus dangereux que celui qui a fait le sujet des expériences de la deuxième série.
Les accidents qui sont la conséquence de la fausse rouie que prennent quelquefois les breuvages sont les suivants :
l*^ La toux;
2® La suffocation ;
3® L'asphyxie;
Et 4“ la pneumonie.
Nous avons étudié tous ces accidents en particulier, et nous nous sommes efforcé de rechercher la cause de leur manifestation dans la quatrième série de nos expériences.
D. La quatrième série, composée de 24 expériences faites avec les breuvages dont la déglutition est le plus difficile, a fourni des résultats extrêmement importants au point de vue de la pratique. En effet, en administrant le breuvage par le procédé de M. Bouley jeune, c’està-dire en l’injectant dans la bouche de l’animal, à l’aide d’une seringue ordinaire, alors que les lèvres sont rapprochées l’une de l’autre, on met l’animal dans de telles conditions qu’il boit le liquide qui est injecté dans sa bouche. 11 est évident que, dans cette circonstance, l’animal, ayant la tête dans la situation et la direction ordinaires, se prépare à avaler, tandis qu’il ne le peut faire dans aucun autre mode d’administration des breuvages. C’est là un point important qu’il ne faut pas perdre de vue.
Dans aucune de ces expériences, nous n’avons constaté que les breuvages aient fait fausse route; dans aucune d’elles, non plus, nous n’avons observé aucun des accidents qui ont été notés, soit par les auteurs, soit dans les autres de nos séries d’expériences.
Le procédé de M. Bouley jeune, pour administrer les breuvages aux grands animaux domestiques, est le seul qui devrait être mis en pratique.
Telle est la conclusion dernière de ce travail. (Il a été imprimé dans le Recueil de médecine vétérinaire, année 1861, pages 97, 190, 276, 377 et 549.)