CHAPITRE II
BACILLE ENCAPSULÉ DE FRIEOLAENDER
32. — Du microbe de Friedlaender dans la salive et de3 réserves qu’il convient de faire au sujet de son influence pathogène chez l'homme, au moins dans le cas de pneumonie. Société de biologie, 24 décembre 1887.
Dans la saline de trois sujets sains, nous avons constaté par l'inoculation à la souris la présence d’un micro-organisme ayant tous les caractères de forme, de culture, de virulence du bacille encapsulé de Friedlaender.
Le microbe de Friedlaender existe donc quelquefois dans la bouche de sujets sains. Sur 125 sujets dont la salive a été étudiée nous l’avons trouvé 5 fois seulement. 11 est beaucoup plus rarement rencontré que le pneumocoque.
Friedlaender avait fait de son microbe l’agent pathogène de la pneumonie. Après les constatations de Fraenkel, qui trouvait un organisme identique à celui qu’avait isolé Talamon, il admit que la pneumonie pouvait être causée, tantôt par le pneumocoque de Fraenkel et Talamon, tantôt par le pneumobacille. Weiehselbaum croyait également à la pluralité d’origine des pneumonies lobaires. Ce n’est pas notre avis, et nous reconnaissons au seul pneumocoque le pouvoir de déterminer la pneumonie lobaire.
La constatation de la présence possible du pneumo-bacille dans la bouche de sujets sains explique la pénétration secondaire de ce microbe dans un foyer où existait primitivement le seul pneumocoque.
Si le pneumo-bacille est incapable de causer une pneumonie lobaire, il est peut-être susceptible de provoquer une broncho-pneumonie, une otite suppurée.
Un bacille encapsulé analogue a été cultivé dans les cas de rhinosclérome et de l’ozène.
33. — Présence du bacille encapsulé de Friedlaender dans l'exsudât de deux pleurésies purulentes. Considérations générales sur le rôle pathogène de ce micro-organisme. Société médicale des hôpitaux, §0 mai 1390.
Sur 113 pleurésies purulentes, nous avons vu deux fois le bacille encapsulé de Friedlaender.
Dans le premier cas, il s’agit d’un pyopneumothorax chez un tuberculeux. Le bacille encapsulé existait dans le pus, en même temps que le bacille de Koch, le staphylococcus pyogenes aureus, et le staphylococcus albus.
La deuxième observation sc rapportait à une pleurésie purulente accompagnée de vomiques renfermant exclusivement le bacille de Friedlaender. Ce cas s’est terminé par la guérison, comme un cas observé par M. Letulle.
Le bacille de Friedlaender peut devenir pyogène. Le pus dans ce cas est visqueux, plus encore que dans la pleurésie à pneumocoque.
Le bacille encapsulé a été rencontré par nous dans la salive où il a été retrouvé ensuite par Besser. Thost l’a vu dans le mucus nasal, nous l’avons trouvé dans le contenu intestinal. On a établi sa présence dans l’entrevous des habitations, dans le sol, dans l’air, dans le contenu des égouts.
Si le pneumo-bacille encapsulé ne peut déterminer de pneumonie lobaire, il peut en dehors de la pneumonie causer des broncho-pneumonies, des otites, des septicémies, des endocardites ulcéreuses, comme nous en avons vu des cas après d’autres auteurs.
Nous l’avons le premier rencontré dans la méningite suppurée, la péricardite suppurée. l’angéiocholite, la pyélonéphrite.
Les inflammations des poumons, de l’oreille causées par ce microbe sont très graves et la bénignité des pleurésies purulentes observées par M. Letulle et nous-même, forme un contraste surprenant avec cette gravité.
34. — Le bacille encapsulé dn rhinosclérome. Bulletin de le Société de dermatologie, 1892.
35. — Des broncho-pneumonies causées par le bacille encapsulé de Friedlaender et des pleurésies purulentes dans lesquelles on rencontre ce microbe. Société médicale des hôpitaux, 26 février 1897.
La broncho-pneumonie à bacille de Friedlaender dont nous nous avons rencontré 12 cas chez l’adulte, constitue un type bien différencié, comportant
un pronostic très sombre. Les recherches bactériologiques permettent d’en faire le diagnostic du vivant du malade.
Les localisations pulmonaires du pneumo-bacille peuvent se compliquer des mêmes manifestations diverses extrtv-pulmcmaires que les pneumonies à pneumocoques : pleurésies purulentes ou autres, péricardites, endocardites végétantes, otites, méningites, complications qui participent de la gravité de la maladie primitive.
On peut observer des pleurésies purulenles donnant lieu à des vomiques et se terminant par la guérison. Il n’existe que peu d’observations de ce genre. Peul-être s’agit-il d’espèces de bacilles encapsulés, différentes du bacille qui entre en jeu dans les broncho-pneumonies?