CHAPITRE III
GRIPPE - DENGUE - SUETTE - DIPHTÉRIE - RUBÉOLE
102. — Recherches bactériologiques sur les complications de la grippe. Société médicale
des hôpitaux, U janvier, 7 février 1890.
Le pneumocoque et le streptocoque ne sont pas les agents pathogènes de la grippe. Ils se rencontrent normalement dans la bouche des sujets sains. Ils acquièrent sans doute au cours de la grippe une virulence toute spéciale et engendrent des infections secondaires.
J’ai vu dans la grippe le streptocoque dans 7 pleurésies purulentes, dont 2 broncho-pneumonies et 2 otites moyennes.
J’ai rencontré le pneumocoque dans 2 broncho-pneumonies, 1 otite moyenne, 5 pleurésies purulentes.
On peut rencontrer associés le pneumocoque et le streptocoque, et dans ce cas le pneumocoque peut avoir perdu sa virulence et même sa vitalité.
La pneumonie lobaire est toujours due au pneumocoque lancéolé, aussi bien la primitive que celle de la grippe, de la fièvre typhoïde ou de la scarlatine.
103. - Recherches bactériologiques au cours d'une épidémie de grippe à Chardon- Lagache en 1891. Société médicale des hôpitaux, il décembre 1891.
Les examens ont porté sur les crachats de 15 malades, dont 12 avaient simplement de la bronchite, 5 des broncho-pneumonies ou des pneumonies. Ces crachats renfermaient tous des pneumocoques lancéolés encapsulés.
8 fois sur 15 les pneumocoques présentaient les particularités suivantes : Leurs capsules étaient colorées avec une grande netteté. Les éléments placés
ensérieslinéairesde4, 6, 8 grains et plus constituaient de véritables chaînettes qui auraient pu en imposer pour des streptocoques. Les colonies développées à la surface de l’agar formaient une saillie notable et présentaient une grande viscosité. Les éléments microbiens contenus dans ces colonies conservent leurs capsules colorables pendant plusieurs générations. Ces germes, très pathogènes pour la souris blanche, ont une action moins violente sur le lapin.
Ces caractères ont déjà été notés par Kirchner et Nifikoroff, qui admettent qu’il s’agit d’un microbe différent du pneumocoque et spécial de la grippe.
Aoms pensons qu’il s’agit d’une simple variété du pneumocoque. Nous avons rencontré plusieurs fois cette variété en dehors des épidémies de grippe, dans des pneumonies franches, des otites moyennes, des méningites suppurées, des pleurésies purulentes, des péritonites suppurées.
Nous relevons une constatation de ce genre en 1886, une en 1887, deux en 1888, huit en 1889, cinq en 1890, quatre en 1891.
D’autre part, chez un certain nombre des malades de Chardon-Lagache, les pneumocoques avaient l’apparence habituelle.
104. — Grippe. Traité de médecine et de thérapeutique, I 1895.
Les points plus spécialement développés dans cet article sont le chapitre Étiologie dans lequel nous indiquons tous les arguments invoqués en faveur de la contagion. Le parasite de la grippe découvert par Pfeiffer a été retrouvé par nous en nous conformant aux prescriptions de cet auteur. C’est pour nous l’agent pathogène de la grippe.
Les relations entre la grippe épidémique et la fièvre catarrhale sporadique ne sont pas encore établies d’une façon définitive. Elles se rapprochent de celles qui existent entre le choléra asiatique et le choléra nostras. On ne sait pas encore si le bacille de la grippe peut exister dans la grippe sporadique ou si même on ne peut le rencontrer dans la bouche de sujets sains.
105 Dengue. Traité de médecine et de thérapeutique, I, 1895.