‹ Exposé des titres et travaux scientifiquesChapitre 3 sur 6 · ANATOMIE ET HISTOLOGIE PATHOLOGIQUES · texte numérisé non relu

ANATOMIE ET HISTOLOGIE PATHOLOGIQUES

La folie simple ou vésanique était considérée comme n’étant ordinairement accompagnée d’aucune lésion; M. Aug. Voisin a fait voir dans un certain nombre de publications [Union médicale, 16 septembre et 23 octobre 1869 ; Annales méd.-psych ., mars 1870 ; Association pour l'avancement des sciences , Bordeaux, 1872) que, après un temps relativement court, la folie est accompagnée d’altérations du cerveau; il a décrit plusieurs degrés de lésions de l’arbre vasculaire et secondairement de la trame et des cellules cérébrales.

Lésions des vaisseaux. — Lorsqu’un aliéné atteint de folie simple succombe en peu de jours à la manie aigué, la substance corticale présente une hyperhémie intense et une injection très marquée des capillaires les plus fins.

M. Auguste Voisin avait remarqué depuis longtemps que des malades qui ont des idées de suicide se plaignent ordinairement de céphalalgie bregmatique et syncipitale et décrivent cette douleur dans les termes les plus imagés, la comparant i la sensation que donnerait un clou, un fer chaud, une boule, une vessie pleine.

Des observations thermométriques et des autopsies qn’il a faites, il lui a paru ressortir que l’idée du suicide et l’impulsion au suicide sont

tine. Jamais on n’y rencontra de sclérose. Ces recherches lui ont paru répondre à une pensée qu’avait émise M. Baillarger en 1866 . (Union médicale, 10 septembre 1869, et Leçons sur les maladies mentales , 1883, p. 36.)

M. Voisin a observé encore des lésions spéciales de nature tuberculeuse chez des malades atteints d’aliénation.

Ces altérations occupent les méninges cérébro-spinales et la substance corticale et elles déterminent, outre les troubles mentaux propres à beaucoup d’aliénés, des phénomènes qui permettent d’en faire le diagnostic, c’est-à-dire des parésies partielles de la face et des membres et les caractères de la tuberculisation des poumons, des os et des méninges spinales. ( Leçons sur les maladies mentales, 1883, p. 747.)

L’anatomie et l’histologie pathologiques de la paralysie générale ont été, pour M. Aug. Voisin, le sujet d’un certain nombre de mémoires, entre autres d’un mémoire couronné par l’Académie de médecine (Mémoires de LAcadémie, t. XXXIII, p. 1 à 268), et, en 1879, d’un traité complet qui lui a valu de recevoir en 1880 un prix Montyon à l’Institut.

M. Voisin s’est efforcé de démontrer par des recherches histologiques que la lésion initiale de la paralysie générale est une endartérite et qu elle est analogue à celle que l’on observe dans les inflammations des parenchymes. Les corps nucléaires que l’on voit en si grand nombre forment des chapelets autour des vaisseaux, et leurs traînées suivent

fusiformes par l’effet de leur développement, et du tissu conjonctif se forme; c’est ainsi que la sclérose d’origine vasculaire et périvasculaire arrive à se répandre dans la trame cérébrale et à l’étouffer comme elle avait étouffé les capillaires.

Cette doublure de tissu conjonctif gagne la surface de l’écorce cérébrale et amène les adhérences qui sont une des lésions les plus caractéristiques de la maladie.

Les recherches histologiques de M. Voisin l’ont donc conduit à penser que la paralysie générale n’est pas la conséquence d’une sclérose interstitielle primitive diffuse mais bien d’une endartérite qui ne produit de

[lie pathologique

Un certain nombre d’autres sujets d’anatom traités par M. Voisin.

Tels sont :

1. Les altérations médullaires dans la myélite à frigore. (i Gazette des hôpitaux, 1865.)

Page 1