Étude sur les maladies chroniques d'origine puerpérale
(Archives générales de médecine, 1873, 6 e série, t. XXI, pp. 5, 421 et 567.)
L’état de grossesse amène dans la constitution de la femme des modifications organiques ou fonctionnelles qui non-seulement existent dans l’utérus, mais retentissent sur la plupart des autres organes et peuvent être la source d’accidents aussi nombreux que variés, les uns passagers, les autres permanents. Il y a certainement bien des maladies chroniques qui chez la femme ne reconnaissent pas d’autre cause que la grossesse. J’ai étudié les lésions le plus souvent passagères, mais qui peuvent persister, et que l’on trouve dans la glande thyroïde, le cœur, le foie, les reins. Pour la glande thyroïde, le dernier terme de ces lésions est l’hypertrophie simple (goitre chronique); pour le cœur, l’hypertrophie et l’endocardite chroniques ; pour le foie, la cirrhose, et pour les reins, la maladie de Bright.
La grossesse retentit peut-être aussi sur les centres nerveux, et certains cas de folie, de manie aiguë pouvant devenir chronique et amener la démence, ne reconnaissent pas d’autre cause que l’état de grossesse.
k9. Mémoire sur une variété non décrite de pyélo-néphrite.
{Archives de phys. norm. et path., 1873, t. V, p. 43.)
L’observation qui fait le sujet de ce mémoire est un cas de pyélonéphrite dans lequel le corps étranger, au lieu d’être un calcul, est simplement un amas de caillots fibrineux nés d’hémorrhagies successives dont la source provient d’anévrysmes multiples de l’artère rénale et de ses divisions.
C’est là une cause de ces hématuries qu’on observe chez les sujets d’un âge avancé ; et lorsqu’on ne trouvera point de calcul, il faudra se préoccuper de l’athérome des artères émulgentes. Si en explorant le pouls radial on trouve l’artère athréromateuse, on pourra, par analogie, soupçonner l’existence d’une lésion de même genre dans les artères émulgentes.
50. Contribution à l'histoire de l'empoisonnement mercuriel aigu .
{Ibid., p. 547.)
Je rapporte, dans ce Mémoire, l’observation d’une femme qui ayant pris en une dose environ 1 gr. 12 de sublimé corrosif, éprouva les accidents les plus graves de l’empoisonnement mercuriel aigu et cependant survécut. Les urines n’ont jamais renfermé de sucre, mais elles ont été albumineuses avec cylindres granulo-graisseux. C’est donc un exemple de néphrite albumineuse passagère, tenant à l’élimination du mercure par les reins.
En lisant l’observation on verra que l’ingestion d’une très-grande quantité d’albumine (32 blancs d’œuf en h jours) n’a pas suffi pour amener de l’albuminurie.
51. Note sur les dangers que présente T inhalation de l’hydrogène préparé avec des produits impurs.
{Comptes rendus des séances de la Société de biologie, 1873, 5 e série, t. V, p 161.
Il s’agit dans cette note de deux cas d’ictère avec, urines sanguinolentes, observés chez des personnes qui s’étaient soumises à des inhalations d’hydrogène. Cet ictère tenait à l’action de l’hydrogène arsénié qui, à doses presque insignifiantes, suffirait cependant pour donner lieu à des accidents graves. Le fait a été vérifié d’abord en faisant l’analyse du zinc employé pour la préparation de l’hydrogène, et qui était arsenical ; en second lieu, par des expériences que j’ai faites sur des animaux.
Dans tous les cas j’ai constaté l’ictère et les urines sanguinolentes.