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NOTICE SUR LES TRAVAUX SCIENTIFIQUES

1° Recherches sur l’acidité du suc gastrique de l’homme et observations sur la digestion stomacale faites sur une fistule gastrique.

i° De la recherche des acides libres du suc gastriqi

ts acides contenus dans le suc gastrique.

ll° Sur l’acide du suc gastrique.

ton : le suc gastrique pur contient de l’acide chlorhyte, s’il est mélangé aux divers aliments, par suite des

Depuis la publication de ce.mémoire, j’ai fait quelques recherche ' des sujets analogues.

T De quelques conditions de la fermentation lactique.

(Comptes rendus de l’Académie des sciences, 7 avril 1879, t. LXXXVUI, p. 700.)

Les sucs digestifs rendent beaucoup plus active la fermentation du sucre de lait. La rapidité de la fermentation croît avec la température jusqu’à àli°, et décroît à partir de 52*. L’ébullition retarde la fermentation, en coagulant les matières albuminoïdes primitivement solubles.

8“ De quelques faits relatifs à la digestion gastrique des poissons.

Nous avons démontré que les divers poissons n’ont pas la même quantité de pepsine active dans l’estomac. La pepsine des raies et des squales est assez active et digère à une température très basse. Le suc gastrique des poissons est extrêmement acide, et contient jusqu’à 15 grammes de HCl par litre. Il ne saccharifie pas l’amidon, et dans un milieu alcalin ou neutre il se putréfie très rapidement.

9“ Con férences faites au Collège de France sur la chimie physiologique de la nutrition.

J’ai exposé dans ces etudes 1 état présent de la science sur la matière colorante du sang. J’ai pu indiquer les moyens de préparer facilement l’hémoglobine cristallisée, l’influence de la température sur

Voici les résultats de nos expériences. L’injection de lait tue par anémie bulbaire, de sorte qu’il est très dangereux d’injecter du lait après une hémorrhagie grave, car on provoque précisément les accidents auxquels on veut remédier. Le lait n’agit pas sur la circulation pulmonaire : il provoque, lorsqu il est injecté en quantité notable, des ecchymoses sous-endocardiques, des vomissements, et l’arrêt du cœur, etc., tous symptômes oui témoignent d'une anémie bulbaire.

lit” De quelques faits relatifs à la sécrétion urinaire.

' (Comptes rendus de l’Académie des sciences, 26 janvier <880, t. XC, p. <86.)

15° Recherches expérimentales sur la polyurie.

(Archives de physiologie, 4 881, p. h à 48.)

Dans ce mémoire se trouvent exposées avec plus de détails les expériences indiquées dans les trois notes précédentes.

L’injection de sucre dans les veines provoque, même quand la quantité injectée est minime (cinq grammes, par exemple), une polyurie immédiate, telle que le nombre de gouttes qui s’écoulent par minute des deux uretères, et qui est, chez un chien, de trois en moyenne par minute à l’état normal, peut s’élever jusqu’à cent après injection de sucre. En même temps, l’urée est excrétée en plus grande quantité, quoique sa proportion centésimale dans l’urine diminue. On a donc trois phénomènes corrélatifs : la glycémie entraînant la glycosurie, la glycosurie entraînant la polyurie, et la polyurie entraînant l’azoturie. Au contraire, l’eau, qui est regardée en général comme provoquant la polyurie, ralentit la sécrétion urinaire ; si bien que toutes les sécrétions s’arrêtent après injection d’une certaine quantité d’eau (50 grammes par kilogramme de poids de l’animal). De même, pour la sécrétion intestinale, après injection de sucre il y a sécrétion d’une sérosité abondante ; tandis qu’après injection d’eau on n’observe rien de semblable. Certaines substances qui font monter la pression artérielle, comme les gommes, ralentissent et diminuent l’excrétion de l’urine. Quant au sucre qui accélère tant la sécrétion, il fait baisser la pression artérielle. Toutes les substances qui passent dans l’urine

(chlorure, iodure, phosphate, ferrocyanure de sodium, etc.) accélèrent la sécrétion, et la polyurie coïncide précisément avec l’élimination de la substance qui la provoque.

Toutes ces expériences ont été faites dans le laboratoire de M. Vulpian, à la Faculté de médecine.

16° Effets des injections d’urée et élimination de l’urée.

(Comptes rendus de l'Académie des sciences, J8 février 1881, t. XCII.)

Nous avons montré que l'urée injectée dans le sang en quantité considérable ne provoque pas la mort, même à la dose de 300 grammes, sur un chien de 20 kilogrammes. L’urée injectée dialyse dans les tissus et les humeurs, de sorte qu’un quart d’heure après l’injection on n’en retrouve que la huitième partie dans le sang. Elle est éliminée avec une extrême lenteur ; au bout de vingt-quatre heures il n’y a pas encore, par l’urine, élimination totale de la quantité injectée. Les chiens qui ont eu les deux uretères liés meurent plus vite, après injection d’urée, que s’ils n’ont pas, au préalable, reçu celte injection.

17° Note relative à la fermentation de l’urée.

(Comptes rendus de l’Académie des sciences, 43 mars 4881, t. XCII.)

La muqueuse des chiens morts d’uremie est très ammoniacale. On peut donc penser qu’il y a eu là une fermentation ammoniacale de l’urée par le Uicrococcus ureæ. Ce qui confirme cette supposition, c’est que la muqueuse stomacale d’un chien quelconque, placée dans une solution d’urée, la fait fermenter avec une rapidité très grande. Tant qu’il y a une solution concentrée d’urée, il n’y a pas putréfaction, mais seulement fermentation ammoniacale. L’urémie est donc probablement

20' D'un mode particulier d’asphyxie dans l’empoisonnement par la strychnine.

(i Comptes rendus de l'Academie des icicnces, août 1880, t. XCI, p. 443.)

Les recherches de M. Vulpian avaient établi que chez les batraciens on peut injecter des quantités considérables de strychnine sans déterminer la mort. A ces fortes doses la strychnine agit cbmme le curare, et il n’y a pas de convulsions. J’ai pu montrer que cette propriété de la strychnine est générale, et que, même chez les mammifères (lapins et chiens), des doses énormes de strychnine n’entraînent pas la mort. Il suffit, pour empêcher la mort, d’empêcher l’asphyxie, en faisant une respiration artificielle énergique. A cette forte dose les convulsions ont cessé, la résolution est complète* le sang est rouge, les muscles sont relâchés, et il n’y a plus ni mouvements réflexes ni mouvements volontaires. La mort par la strychnine résulte donc de l’asphyxie, qui est rendue plus rapide, et comme foudroyante, par la contraction généralisée de tous les muscles. La mort survient, en effet, après une attaque de tétanos strychnique, beaucoup plus vite qu’après la ligature de la trachée.

(Recherches faites au laboratoire de M. Vulpian, h la Faculté de Médecine.)

21' Des dérivés chlorés de la strychnine.

i rendus de l’Académie des sciences, 43 décembre 1880, t. XCI.)

Nous avons préparé la strychnine monochlorée, et étudié ses propriétés physiques et physiologiques : sa formule est C“ H’ 1 Cl Az ! 0‘.

Traitée par l’acide sulfurique et le bichromate de potasse, elle se colore en rouge, et non en violet, comme la strychnine. L’acide sulfurique cl l’acide nitrique la colorent en rouge cerise. C’est un poison aussi actif que la strychnine. A la dose de 0 S ',0015 elle a provoqué la mort d’un chien. Au contraire, la strychnine trichlorée ne forme pas de sels définis par les acides. Elle paraît sans action sur l’organisme. En faisant bouillir de la potasse alcoolique avec la strychnine, on obtient très facilement des hydrostrychnines, dont je me propose de faire l’étude physiologique. — (Travail fait au laboratoire de M. Berlhelot.)

22" D’un nouveau procédé de dosage des matières extractives de l'urine.

(Bulletin de la Société de biologie, 13 août 4881.)

En traitant l’urine par une solution d’iodure de mercure et d’iodure de potassium, on a une réduction immédiate du mercure due h la présence d’une matière oxydante dans l’urine. Si l’on chauffe, il se forme de rurale de mercure, qui, à l’ébullition, se transforme en donnant de l’oxyde de mercure. On peut alors, à l’aide d’une solution de protochlorure d’étain dans la potasse, voir s’il y a encore du mercure après ébullition, et, par ce procédé, apprécier la quantité d’acide urique ou de la matière oxydable qui est contenue dans 1 urine. D’ailleurs nous nous proposons de revenir sur ces études, pour lesquelles nous n’avons encore fait qu’une communication préalable.

l’influence de la durée et de l'intensité de la lumière sur la perception lumineuse.

(Archives de physiologie, (880, p. 689 à 696.)

Nous avons montré que, cont en ont h l’opinion générale, une lumière faible n’est pas perçue immédiatement. Nous avons fait con-

struire un appareil spécial, fondé sur le principe du magnétisme rémanent, qui nous a donné des éclairs lumineux ne durant qu’un millième de seconde. Ainsi, on peut constater qu’une lumière faible, perçue très nettement, lorsqu’elle excite la rétine pendant quelque temps, devient invisible quand la durée diminue ou quand son intensité s’amoindrit. Lorsqu’on répète cette même excitation plusieurs fois de suite, la lumière devient de nouveau visible. Le phénomène de l’addition latente est donc aussi applicable aux excitations optiques.

21° De l'électrisalion des ferments.

[Congrès des sociétés savantes de ta Sorbonne, avril (881, et Revue scientifique, (881, p. 603.)

Les courants électriques, même très intenses, n’arrêtent ni ne ralentissent les fermentations. En particulier, la fermentation lactique n’est pas modifiée, et il se produit autant d’acide lactique, quand on lait, pendant plusieurs heures, passer des courants extrêmement forts à travers le liquide en voie de fermentation, que quand on laisse simplement le lait fermenter. Il en est de même pour les microbes de la putréfaction, et pour la fermentation ammoniacale de l’urée. Les courants électriques employés étaient assez forts pour tuer des grenouilles ; mais ils n’empêchent pas la putréfaction de ces animaux.

25° De l’influence des milieux alcalins ou acides sur la vie des écrevisses.

[Comptes rendus de l’Académie des sciences , juin (880, t. XC, p. ((66.)

Les milieux alcalins ou acides n’agissent pas en raison directe de leur alcalinité ou de leur acidité. Les acides minéraux sont beaucoup plus toxiques que les acides organiques. L’acide nitrique est le plus toxique des acides minéraux. Une écrevisse peut vivre plusieurs heures

: céphalopod

Me consécutifs à l’excitation

les opérations chirurgicales. En reprenant différents faits exposés sommairement dans des communications précédemment citées, j’ai montré l’analogie remarquable des réactions du système musculaire, placé à l’extrémité des nerfs moteurs et du système cérébro-médullaire placé à l’extrémité des nerfs sensitifs'. J’ai pu ainsi étudier le phénomène (le l’addition latente, qui jusque-là avait été appliqué seulement à la moelle.

Dans la seconde partie de ma thèse, mettant à prolît les observations recueillies dans le service de M. le professeur Verneuil, j’ai étudié les différentes formes des anesthésies et j’ai cherché à faire l’étude complète du phénomène douleur, lequel, malgré son importance, avait été jusque-là le sujet d’un très petit nombre de travaux

31° Structure et physiologie des circonvolutions cérébrales.

Cette thèse a été traduite en anglais par le docteur Fowler, sous le titre suivant ; Physiology and hislology of the cérébral convolulions. New-York, 1879.

” 32“ Traduction du livre d’Harvey sur la circulation du sang, avec une introduction historique et des notes.

J’ai pensé qu’on lirait plus facilement l’œuvre d’Harvey en français qu’en latin. Dans la partie historique, utilisant des documents nouveaux,

j’ai pu trouver que la circulation pulmonaire était connue, quoique assez vaguement, des contemporains de Harvey ; mais que l’idée générale de la circulation du sang n’existait pas avant ce livre immortel. J’ai essayé d’expliquer clairement les idées ingénieuses de Galien sur la circulation du sang. Quant aux notes critiques qui suivent la traduction, elles n’ont d’autre intérêt que de permettre la comparaison entre la science du temps d’Harvey et la science d’aujourd’hui.

33 De l'influence de la chaleur sur les fonctions des centres nerveux

38° De l'onde secondaire du muscle.

(Comptes rendus de l'Académie des sciences, novembre ( 880, t. XC1, p. 848.)

39° Contribution à la physiologie des centres nerveux et des muscles de l’écrevisse.

(.Archives de physiologie, 1880, p. 462 à 294 et p. 822 à 876.)

Ce mémoire renferme les recherches mentionnées dans les notes précédentes, et il contient un assez grand nombre de faits nouveaux.

et le muscle de la queue, ont des contractions et des tétanos dont la forme est très différente ; différences de forme liées h la différence de fonctions de l’un et l’autre de ces muscles.

Toutes ces recherches, ainsi que toutes celles pour lesquelles je ne donne pas d’autre indication, ont été faites au laboratoire de mon maître, M. Vulpian, h la Faculté de médecine.

40“ Leçons sur la physiologie générale des muscles, des nerfs et des centres nerveux.

(t vol. in-8” de 900 pages, chez Germer Baillière, 1889.)

Ces leçons ont été en partie publiées dans la Revue scientifique. (Des mouvements de la cellule; de la rigidité cadavérique ; des phénomènes chimiques de la contraction musculaire ; historique des opinions relatives à la physiologie du système nerveux ; de la vibration ner-

Elles représentent non seulement les leçons que j’ai professées à l’École de Médecine pendant l’année 1880-1881, mais encore les résultats des recherches personnelles que j’ai entreprises depuis près de cinq ans sur cette partie fondamentale de la physiologie. En effet, dans mes recherches sur la sensibilité et dans mes études sur la physiologie de l’écrevisse, j’ai envisagé surtout ce qui intéresse la physiologie générale des tissus de la vie de relation.

J’ai cherché à étudier les conditions et les lois de l’irritabilité, de manière h établir un rapport entre l’excitation d’un tissu et la réaction de ce tissu à l’excitation. Cette étude établit d’une manière frappante la similitude du tissu nerveux et du tissu musculaire. La secousse musculaire donne l’image de la vibration de la cellule nerveuse : de là son importance, qui explique pourquoi je l'ai étudiée avec autant de détails.

Sans entrer dans le détail des faits contenus dans cet ouvrage, je noterai les chapitres suivants, que mes expériences personnelles m’ont

permis de traiter, je crois, d’une manière nouvelle : contraction musculaire, — tétanos musculaire, — élasticité, travail et force du muscle,

— phénomènes thermiques de la contraction, — irritabilité du muscle, du nerf, de la cellule nerveuse, — réaction cérébrale et excitabilité cérébrale, — excitabilité du muscle, du nerf et de la cellule nerveuse,

— rôle des terminaisons nerveuses périphériques.

41" Du somnambulisme provoqué.

J Revue philosophique, 1880, p.*337 h 374 et p. 462 à 483.)

J’ai eu l’occasion, en 1875, c’est-à-dire deux ou trois ans avant les recherches si nombreuses qu’on a faites en France et en Allemagne sur cette importante question, d’étudier le somnambulisme provoqué et de prouver, de manière à entraîner beaucoup de convictions, la réalité de cet important phénomène qui, jusqu’alors, n’était guère entré qu’à de rares intervalles dans le domaine scientifique.

Je reproduis ici les conclusions que je donnais en 1875, conclusions que j’ai eu la profonde satisfaction de voir vérifiées par les expérimentateurs qui m’ont suivi.

« 1“ On peut, par des passes dites magnétiques, provoquer une névrose spéciale analogue au somnambulisme spontané ;

« 2“ Cette névrose, difficile à amener la première fois, survient presque toujours quand on a la patience de faire plusieurs séances consécutives; dès qu’on l’a obtenue une fois, elle est très facile à repro-

« 3° Tous les phénomènes qu’on observe se retrouvent dans les intoxications et les névroses du système nerveux central ;

« 4° Les phénomènes caractéristiques sont les hallucinations et l’automatisme ;

« 5“ En présence de faits constants et réguliers, on doit admettre l’existence de cette névropathie, qui diffère de toutes celles que nous connaissons par son origine expérimentale. »

12° Expériences relatives au choc périloné i

(■Comptes rendus de l'Académie des sciences , 1880, t. XC, p. tm)

Nous avons pu reproduire quelques-uns des phénomènes étudiés par tes chirurgiens, sous le nom de choc traumatique et choc péritonéal. Si I on miecte dans la cavité abdominale d’un lapin quelques gouttes d’une solution concentrée de perchlorure de fer, la mort de l’animal survient en quelques heures en même temps qu’un refroidissement général du corps, qui va jusqu’à 2!i°. Il est probable que ce refroidissement est dû à une diminution des combustions interstitielles réglées par le système nerveux. Sous l’influence d’une excitation forte, il y a dépression des fonctions médullaires, et l’animal meurt avec les mêmes symptômes qu’un lapin dont la moelle a

Ces études n’ont été publiées encore qu’en partie ( Revue scientifique, 1880, p. 1232).

Nous avons étudié l’action physiologique des différents éthers, et montré qu’ils sont tous anesthésiques, quand ils sont incomplètement solubles dans l’eau. Certains éthers, comme l’éther benzoïque, anesthésient des grenouilles, mais n’agissent pas sur les mammifères. lechlo-

rare de méthyle bien purifié peut être considéré comme un bon anesthésique, qui n’agit pas sur le cœur. Une des causes de la mort par le chloroforme, c’est l’abaissement dé la pression artérielle ; de sorte que, lorsque la mort est imminente, en élevant la pression intracardiaque par la compression de l’aorte, on remédie souvent aux accidents mortels.

44° Oe deux formes différentes de tétanos, reconnues far le pneumographe. [Bulletin de la Société de biologie, (876, p. 7(.)

45° De quelques anomalies musculaires régressives.

[Bulletin de la Société anatomique, 1 873, p. ( 37.)

46° Traitement du tour de reins par l’électricité.

[France médicale, mai (874.)

47° Essai sur les méthodes qui permettent d’apprécier la fécondité et la vitalité.

(Berne d’anthropologie, (880, p. 203.)

48° De quelques faits relatifs aux contractures.

(Comptes rendus de tAcadémie des sciences, août (879, t. LXXXIX, p. 489.)

Nous avons expliqué la fréquence des contractures chez les hystériques par l’augmentation extrême de l’excitabilité médullaire, ou,

autrement dit, de la tonicité musculaire. Une excitation musculaire quelconque, et, entre autres, la contraction énergique du muscle, détermine la contraction permanente ou contracture de ce muscle. Nous avons proposé d’appeler myoréflexes ces contractures. L’excitation mécanique du tendon provoque le relâchement, tandis que l’excitation mécanique de la fibre musculaire augmente la constriclion. L’application de la bande de caoutchouc, en anémiant le muscle, fait cesser la contracture.

49“ De /’excitabilité réflexe des muscles dans la première période du somnambulisme.

(Archives de physiologie, <881, p. ISS.)

Dans la première période du somnambulisme, alors qu’il n’y a aucun symptôme apparent, on peut constater comme premier phénomène l’augmentation de la tonicité musculaire, qui se traduit par la facilité de la contracture.

50“ Du tétanos électrique.

La cause immédiate de la mort par le tétanos peut être soumise il une étude expérimentale. En effet, si l’on fait passer des courants électriques puissants h travers le corps d’un chien ou d’un lapin, tous ses muscles se tétanisent. Chez le lapin, la respiration s’arrête. Aussi cmp'che-t-on la mort en pratiquant la respiration artificielle. Chez le chien, les combustions musculaires s’accroissent énormément, et finalement lu température s’élève jusqu’à 45°. La mort est déterminée par cette élévation thermique extrême, car si l’on refroidit l’animal, il ne meurt pas. 11 y a des températures immédiatement mortelles (45“) et des

températures mortelles à plus longues échéances (43”7). Ce tétanos paraît donc être funeste à la vie par les contractions musculaires qui amènent soit l’hyperthermie, soit l’asphyxie.

51” Leçons sur la chaleur animale.

(Revue scientifique, 1884, 2* sem., p. 141 et 298. —1885, 1" sem., p. 202,424,620. —

Ces leçons exposent l’ensemble des faits connus aujourd’hui sur la température et la production de chaleur chez l’homme et chez les animaux à l’état de santé et de maladie. J’ai tâché, dans ces leçons sur la chaleur animale, comme dans mes leçons de Physiologie générale sur les muscles et les nerfs, non seulement de donner l’exposé de l’état actuel delà science; mais encore de présenter d’une manière claire les recherches nombreuses que j’ai faites h cet égard au Laboratoire de physiologie de la Faculté. On trouvera dans ces leçons beaucoup de courbes graphiques et de mensurations thermométriques et calorimétriques.

Voici les chapitres de ces leçons. Elles constituent la matière d’un volume qui paraîtra prochainement :

Lavoisier et la chaleur animale. — La température normale de l’homme. — La température de l’homme dans les maladies. — La température des animaux à sang chaud. — La température des animaux à sang froid. — La température après la mort. — Les muscles et la production de chaleur. — La calorimétrie et la production de chaleur. — Les poisons et la température. Essai de classification générale des poisons.

5° La Fièvre traumatique nerveuse et l’influence des lésions du cerveau sur la température générale.

p. 248. — Comptes rendus de l'Acad. des sciences, 1884, t. XCVIII, p. 827.)

Ces notes relatent en détail un fait expérimental important. Quand on pique le cerveau d’un lapin, on fait, en une demi-heure ou une heure, monter sa température de près de 2°. Il y a donc dans le cerveau des centres thermiques qui agissent, soit sur la régulation de la température, soit sur la production de chaleur. Cette expérience a été répétée par M. Ott, à Chicago; MM. Aronssohn et Sachs, à Berlin ; et M. Girard, à Genève. Elle prouve qu’il y a une fièvre traumatique nerveuse, c’est-à-dire que les centres nerveux peuvent agir sur les actions chimiques de l’organisme et déterminer une production de chaleur plus intense qu’à l’état normal.

Pour vérifier la part relative de la déperdition plus intense ou delà production exagérée de chaleur dans cette expérience, je me suis trouvé amené à étudier la calorimétrie, et j’ai fait construire un calorimètre qui m’a montré que la fièvre traumatique nerveuse s’accompagne d’une production exagérée de chaleur.

53° Le calorimètre à siphon et la production de chaleur.

six notes précédentes. l’ai démontré, sur la production de chaleur, l’influence prépondérante delà taille, l’influence du tégument et des divers poisons, l’action de la température extérieure, encore inexpliquée, puisque les animaux ne se refroidissent pas comme les objets inertes, conformément à la loi de Newton. Quoique ce calorimètre à siphon présente des inconvénients sur lesquels j’ai, tout le premier, appelé l’attention, il est néanmoins d’une application facile, et peut servir h de nombreuses expériences. Récemment M. Langlois a fait des mesures calorimétriques

sur les enfants à l’aide de cet appareil, et il en a fait l’objet d’une thèse intéressante, soutenue à la Faculté (juillet 1887). 11 est à noter que ce sont là les premières expériences de caiorimétrie directe et totale qui aient été faites sur l’homme.

En ce moment, j’ai un nouveau calorimètre en voie de construction, qui donnera probablement des résultats plus précis et qui est fondé sur un principe différent.

60° Influence de la fréquence de la respiration sur la chaleur

(.Bull, de la Soc. de Biol., 9 août 1884, p. 548, et 81 juillet 1886, p. 397.)

61° De la Dyspnée thermique et de la Dyspnée asphyxique cheq le chien.

{.Comptes rendus de l'Académie des sciences, 4 août 1884, 2' sem., t. XCIX, p. 279.)

C’est une expérience qui réussit constamment et qui est très caractéristique. l’ai donné l’explication de la résistance des chiens à la chaleur extérieure. Ils se refroidissent par l’évaporation pulmonaire. Aussi, quand il ne peuvent pas être anhélants, s’échauffent-ils et meurent-ils de chaleur, quand on les expose au soleil. On empêche l’anhélation en les muselant ; car la respiration fréquente ne peut avoir lieu que si la résistance à l’inspiration ou à l’expiration est tout à fait nulle. Comme il s’agit là d’un réflexe, les chiens curarisés ou chloralisés ne résistent plus à une chaleur extérieure trop forte. Des expériences en cours d’exécution montrent la différence notable qu’il y a entre la dyspnée, ou plutôt la polypnée, thermique, qui est caractérisée par une respiration précipitée ; et la dyspnée asphyxique, caractérisée par une respiration lente.

62“ Une balance enregistrante.

63“ Du coefficient de dénutrition.

(Bull, de la Soc. de Biol, 18 décembre 1886, p. 623.)

La balance enregistrante, de nouveau modèle, que j’ai fait construire permet d’enregistrer minute par minute les pertes de poids d’un animal vivant ; ce que j’appelle son coefficient de dénutrition. En analysant les conditions de l’expérience, on voit qu’il s’agit là d’une perte d’eau et que le coefficient de dénutrition est un coefficient de déshydratation. En mettant un chien au soleil, on voit qu’il perd une grande quantité d’eau par le poumon, grâce à une respiration très fréquente. Cette perte d’eau s’accompagne d’une production de froid, et explique que l’animal ne s’échauffe pas, malgré l’élévation de température du milieu extérieur. Cette perte de poids s’inscrit directement sur la ba-

6Il“ Nouveau procédé de dosage de l'oxygène et de l'acide carbonique de la respiration.

e la Soc. de Biol., 18 dé

65“ Influence de la volonté sur les échanges gazeux respiratoires.

{Comptes rendus de l'Acad. des sciences, 9 mai 1887, t. CIV, p. 1327.)

66’ Influence du travail musculaire sur les échanges respiratoires.

{Comptes rendus de l’Acad. des sciences, 27 juitt-1887, t. CIV, p; 1S65.)

67’ Relations du travail musculaire avec les actions chimiques respiratoires.

{Comptes rendus de fAcad. des sciences, 4 juillet 1887, t. CV, p. 76.)

68° Dosage de l’acide carbonique expiré après lavement gazeux d’acide carbonique.

. {Bull, de la Soc. de Biol., 14 mai 1887, p. 306.)

Ces divers travaux, faits en collaboration avec mon collègue M. Hanriot, ne sont encore que le point de départ de toute une série d’expériences. Nous avons, en effet, pu employer une méthode nouvelle pour le dosage du gaz de la respiration, qui consiste essentiellement en une mesure volumétrique de l’air inspiré et de l’air expiré avant et après passage à travers la potasse. C’est au moyen de compteurs à gaz, plus précis que les appareils employés jusqu’à ce jour, que se fait la mesure des volumes. Cette méthode est d’une simplicité et d’une rapidité qui la rendent, pensons-nous, préférable à celles qu’on a employées jusqu’ici. Elle se prête à l’emploi de la méthode graphique, et permet d’avoir non seulement la somme des effets obtenus, mais encore la marche de l’expérience; ce que les autres appareils ne donnent pas, et ce qui a en physiologie une importance de premier ordre. Elle sera applicable à la clinique ; et on sait qu’aucune mesure précise n’a été faite encore des échanges gazeux respiratoires dans les états pathologiques de l’organisme, dans les fièvres et dans les dystro-

Parmi les résultats déjà signalés par nous dans les notes susdites, nous mentionnerons entre autres la détermination du rendement de la machine animale. En faisant exécuter à un individu normal un travail déterminé, mesuré en kilograminètres, nous avons observé un dégagement d’acide carbonique et une absorption d’oxygène directement proportionnels au travail effectué. Les données numériques ainsi acquises sont un peu différentes des chiffres incertains qu’on avait jusqu’ici. Le rendement de la machine animale nous parait compris entre la septième et la neuvième partie du rendement théorique.

5" De la Dialyse de l’acide du suc gastrique.

70" La sensibilité gustative pour les métaux. [Bull, de la Soc. de Biol., 29 décembre 1883, p. 687.)

71“ La sensibilité gustative peur les alcaloïdes. (Bull, de la Soc. de Biol., 18 avril 1885, p. 237.)

72" Quelques faits relatifs à la digestion des poissons.

73“ Milieux acides ou basiques dans lesquels peuvent vivre les poissons de mer.

(Bull, de la Soc. de Biol., 6 novembre 1885, p. 482-488.)

71“ L’action toxique suivant la température.

lBull. de la Soc. de Biol., 18 avril 1885, p. 239.)

75“ Influence de la température sur l’intoxication des poissons.

( Bull. de la Soc. de Biol., 17 novembre 1883, p. 587.)

76“ Influence de la pression et de la température sur l'asphyxie des poissons.

77“ Durée des phénomènes réflexes dam l’anémie, chez les animaux à sang froid.

(Bull, de la Soc. de Biol., 10 novembre 1883, p. 578.)

92° Action physiologique des sels alcalins.

(.Archives de Physiologie, 1886, p. 101 à 150.)

J’ai résumé, dans deux mémoires détaillés, insérés dans les Archives de Physiologie, mes expériences sur l’aetion physiologique des sels alcalins. J ai montré, par près de 500 expériences, que la loi de Rabuteau sur la toxicité comparée à l’atomicité était tout à fait inexacte ; que, de plus, il est impossible de faire une classification physiologique des poisons d’après l’atomicité ; car la toxicité est variable suivant la nature des tissus qu’on envisage.

J’ai étudié l’action des poisons alcalins avec plus de détail qu’on ne l’avait fait jusqu’ici, notamment le Rubidium et le Lithium, dont les propriétés physiologiques étaient peu connues. J’ai poursuivi ces études sur les ferments organisés, les mollusques, les poissons et les vertébrés supérieurs, et j’ai pu ainsi établir des faits de toxicologie générale im-

portants, entre autres : la toxicité plus grande chez les animaux à sang chaud, quand la température extérieure s’abaisse, et le phénomène inverse chez les animaux à sang froid.

J’ai pu surtout donner la démonstration de cette loi i Que les actions toxiques sont des actions chimiques, et que, pour des substances qui portent leur action sur les mêmes éléments anatomiques, les doses mortelles sont proportionnelles non au poids absolu, mais au poids moléculaire.

93“ Expériences sur le cerceau des oiseaux.

9tl° Expériences sur le cerveau des oiseaux.

(Demie Philosophique, juin 1887, p. 663, et Bult. de la Soc. de Biol., 26 juin 1886, P* 306.)

95* Réflexe de direction de l’oreille chez le lapin. (Bull, de la Soc. de Biol., 19 juin 1886, p. 307.)

90° Effets de l’excitation traumatique du cerveau chez les lapins. (Bull, de la Soc. de Biol., 1885,'p. 487.)

97” De la vie des animaux enfermés dans du pldtie.

(En collaboration avec M. BonMAo.)

IBM. de la Soc. de Biol., 41 nov. 4882, p. 692 i 695.)

98” A propos de l'expérience de Galvani.

(Bull, de la Soc. de Biol., 16 janvier 1883, p. 17.)

99” Conservation des fruits par le chloroforme,

(Bull, de la Soc. de Biol., 13 janvier 1883, p. 26.)

100“ Contribution aux paralysies et aux anesthésies réflexes. (Archives de Physiol., 1883, t. XI, p. 367.)

101“ Expériences sur le haschich.

(En collaboration avec MM. Gtav et Boaneatt.)

(Bail, de la Soc. de Psychologie physiologique, 1885, p. 9 à 13).

Nous avons montré que, dans l’empoisonnement des chiens par le haschich, on pouvait isoler un symptôme remarquable : l’hydrophobie. — Nous avons aussi établi que le haschich, pour être toxique chez les animaux, doit être donné à dose plus forte que chez l'homme.

J’ai pensé, en effet, que les études psychologiques et les études physiologiques ne devaient pas être séparées les unes des autres, et qu’elles relevaient toutes deux de l’observation et de l’expérience.

104° Essai de Psychologie générale.

(Un vol. in-12 de la Bibliothèque de Philosophie contemporaine. Paris, Alcan, 1887.)

Dans ce livre j'ai cherché à établir le lien qui unit les phénomènes non psychiques des organismes vivants avec les phénomènes psychiques supérieurs qui caractérisent l’intelligence de l’homme. J’ai étudié successivement l’irritabilité, le système nerveux, l’action réflexe, l’action -réflexe psychique, l’instinct, la mémoire et la conscience. Ce n’est, en somme, qu’une ébauche et une tentative de synthèse ; mais il est permis, en présence des obscurités qui régnent encore dans les sciences psychologiques, de tenter d’y apporter la clarté des phénomènes plus simples de la physiologie générale et de la physiologie comparée.

Je mentionnerai aussi, pour mémoire, des analyses, des articles de vulgarisation qui ont paru dans différents recueils : dans la Revue des Travaux scientifiques, dans la Revue des Sciences médicales, dans la Revue philosophique, dans la Revue des Deux Mondes, dans The Lancet, dans Brain, dans les Bulletins de la Société d'anthropologie, dans le Dictionnaire de Médecine et de Chirurgie pratiques, dans la Grande Encyclopédie .

Depuis l’année 1880, directeur dé la Revue scientifique, j’ai pu donner à ce journal une impulsion marquée vers les sciences biologiques et médicales, et j’y ai collaboré activement.

En novembre 1885, j’ai fondé, avecM. Maurice Mendelssohn. les Archives slaves de Biologie, dont le quatrième volume est sur le point d’être achevé, et qui sont destinées à faire connaître au public savant français, italien et anglais, les travaux scientifiques slaves, jusqu’ici réservés aux périodiques allemands.

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