OUVRAGES PUBLIÉS
i° La Mort des Rois de France, depuis François I" jusqu’à la Révolution française. Etudes médicales et historiques. Paris, Germer-Baillière, 1873,1 vol. in-12.
Dans cet ouvrage, j’ai étudié au point de vue médical les morts royales et princières, depuis François 1" jusqu’à la Révolution française. A l’aide des dossiers pathologiques que j’ai pu reconstituer et des autopsies des personnes, j’ai réfuté un certain nombre d’erreurs historiques, répandues par la légende. Je crois avoir démontré, par des preuves authentiques, que François I" n’est pas mort de la syphilis ; que son fils, le jeune Dauphin François, n’est pas mort empoisonné, pas plus que François II ; que Charles IX n’a jamais eu de sueurs de sang, mais qu’il a succombé à la phthisie pulmonaire, avec complication de purpura; que le duc d’Alençon, frère de Charles IX, est également mort phthisique ; que Louis XIII est aussi une victime de la phthisie; que la gangrène de Louis XIV nous parait avoir été de nature diabétique, affection qui ne fut démontrée péremptoirement qu’en 1778, par Cawley.
J’ai cherché à remplacer la légende par la vérité scientifique et à Élire voir l’influence des diathèses dans l’hérédité.
2° L’Ancienne Faculté de Médecine de Paris. Paris, Delahaye et Lecrosnier, 1877,1 vol. in-8.
11 existe dans les Archives de la Faculté de Médecine vingtquatre gros volumes in-folio, écrits en latin, de la main des cent quatre-vingt-quatorze doyens qui se sont succédé à la tête de la Compagnie depuis 1395 jusqu’à la Révolution française. Ces registres, désignés sous le nom de Commentaires, contiennent l’histoire vivante et journalière de l’ancienne Faculté. Chaque doyen y relatait les actes importants de son administration biennale. C’étaient d’abord la séance d’élection du doyen et des professeurs, les questions proposées aux argumentations quodlibétaires, cardinales, etc., les actes de la Faculté, ses rapports avec l’Etat, avec l’Eglise, avec l’Université, avec les chirurgiens, etc. C’est dans ces vingt-quatre précieux volumes que j’ai étudié toute l’histoire, toute l’organisation, tout le fonctionnement, toute la vie de l’ancienne Faculté de Médecine.
J’ai raconté son installation bien misérable dans les vieilles Ecoles de la rue de la Bucherie, dont l’amphithéâtre, rebâti en 1744, aux frais des docteurs régents, est encore debout, et dont la grande salle est devenue un lavoir public. J’ai pu, en feuilletant, en traduisant et en analysant ces Commentaires, raconter la vie des étudiants, leurs moyens d’études, le genre et la nature de leurs examens, de leurs thèses, les cérémonies en usage à la Faculté, depuis le baccalauréat jusqu’à l’acte de régence, qui donnait au jeune docteur le droit de prendre part aux actes de la Faculté, aux examens, à l’enseignement. J’ai exposé l'organisation de cet enseignement, le mode de nomination des examinateurs, des professeurs, des doyens — dont j’ai donné la liste complète — des censeurs, des bibliothécaires, en un mot la vie intime et autonome de la vieille Faculté. J’ai rappelé, dans deux
longs chapitres, les luttes mémorables de la Faculté avec les chirurgiens, les barbiers, les apothicaires, les sages-femmes, avec les médecins des autres Facultés du Royaume, avec la Chambre royale de Médecine et la Société royale de Médecine, — les procès retentissants entre Guy Patin, au nom de la Corporation, et Théophraste Renaudot, le créateur du Journalisme et des Consultations charitables, — les querelles à propos de la circulation, — l’histoire de l’antimoine, médicament qui a mis cent ans avant de pouvoir être admis officiellement dans la thérapeutique. J’ai donné un aperçu des moyens budgétaires de la Faculté, de son indépendance vis-à-vis de l’Etat et j’ai terminé par la traduction de ses Statuts.
J’ai fait reproduire par la gravure l’amphithéâtre de l’ancienne Faculté, ses sceaux, ses armes, celles des chirurgiens, etc.
3° De la Mentulagre ou Mal français, par Joseph Grünbeck.
Paris, G. Masson, 1884.
Cet opuscule n’avait pas encore été traduit en français. C’est l’un des plus anciens sur la syphilis. Il contient l’observation très détaillée de la maladie dont l’auteur a été atteint (1496). Il a été reproduit dans le supplément à YAphrodisiacus, de Luisinus. C’est sur l’indication de M. le professeur Fournier que j’en ai fait la traduction pour la Collection des syphiliographes.
J’ai fait précéder ma traduction d’une Introduction dans laquelle j’ai exposé l’état de la science à la fin du xv” siècle et au commencement du xvi°, l’influence des idées chimiques, l’action de Paracelse, et le prélude de la métallothérapie.
4° Les médecins grecs depuis la mort de Galien Jusqu’à la chute de l’Empire d’Orlent(210-1453). Paris, J.-B. Baillière, 1885.1 vol. in-8» avec carte.
La médecine, comme science, compte aujourd’hui vingtquatre siècles d’existence, et sur ce nombre il en est dix-neuf que peut revendiquer la Grèce, depuis Hippocrate jusqu’à la chute de l’empire d’Orient. Quand une nation a laissé dans une science des traces si profondes, elle mérite une place à part dans notre histoire médicale ; c’est ce qui m’a engagé à étudier avec une attention toute spéciale la médecine chez les Grecs. Le professeur Andral, en 1852, dans son cours de pathologie générale, avait analysé avec une remarquable compétence Hippocrate et Galien, et il s’arrêta là. Daremberg avait entrepris, sous les auspices du Ministère, une collection des auteurs grecs, et Rufus et Oribase seuls parurent (1851-1875).
J’ai repris à nouveau Galien, parce que ses idées ont fait autorité pendant des siècles et qu’on retrouve dans ses écrits bien des choses qu’on croit neuves. J’ai envisagé Galien comme anatomiste, comme physiologiste, comme pathologiste, comme hygiéniste et comme philosophe, car il fut tout cela.
Chaque siècle a fourni quelques médecins dont les noms ou les livres sont parvenus jusqu’à nous, et j’ai analysé tous les ouvrages qui ont été conservés, en suivant l’ordre chronologique. Au ni' siècle, c’est Alexandre, d’Aphrodisie, plus philosophe que médecin; c’est Philagrios, souvent cité par Rasés, qui a dénaturé son nom ; c’est Aotyllos, qui traitait l’ànévrysme par l’ouverture du sac et qui a tenté les premiers essais de résections osseuses dans la continuité et dans la contiguïté.
Auiv'siècle, apparaissent Palladios, l’iatrosophiste, et Oribase qui, le premier, a donné la description des glandes salivaires et
dont toutes les œuvres ont e'té traduites par Daremberg, Bussemaker et Molinier.
Au v' siècle, c’est Aétius, dont la pratique était très étendue, qui faisait un fréquent usage des révulsifs, des cautères et qui traitait avec succès le prolapsus du rectum parla cautérisation, la fistule à l’anus par l’incision et l’ablation des callosités.
Un seul médecin occupe le vi' siècle, mais il y tient une large place, c’est Alexandre, de Tralles, dont la réputation fut considérable; et qui a résumé en douze livres toute la pathologie.
La peste, dite peste de Justinien, constitue le grand événement médical du vi' siècle, et ce sont les historiens byzantins qui nous en ont donné la description. J’en ai fait la traduction dans Procope, qui eh a été le témoin oculaire et qui l’a admirablement décrite dans le livre II dé la Guerre persique. C’est la première description dé la peste à bubons.
Dans les siècles suivants, Théophile, le protospatharios, donne la première description des nerfs de l’odorat ; Paul d’Egine écrit un Mémorial (imjivYiji*) de médecine d’après Galien et Oribase, et il y consacre à la chirurgie un livre entier qui a été fidèlement traduit par René Briau.
Des événements d’ordre politique avaient bouleversé l’empire d’Orient : la vie intellectuelle semblait avoir abandonné l’Europe et s’être reportée dans l’Asie mine.ure. C’est dans cette contrée que nous trouvons les quelques médecins compilateurs dont les écrits nous sont parvenus, tels que Jacques le psychreste ou le rafraîchisseur, Mélétios, Michel Psellos ou le bègue, Siméon Seth, Actuarfos, Nicolas le myrepse ou le préparateur d’onguents,’etc., etc. Ce sont eux qui ont jeté les dernières lueurs d’une lumière qui allait s’éteindre, après avoir brillé du plus vif éclat.
Tel est le résumé très succinct de mon livre sur Les Médecins grecs, dans lequel j’ai analysé les ouvrages de tous ces médecins
d’après les éditions que possède la Bibliothèque de la Faculté de Médecine.
J’ai dressé une carte géographique indiquant toutes les localités où sont nés les médecins grecs et permettant de suivre le grand courant qui s’est porté d’Alexandrie vers 1 Asie mineure, depuis les côtes occidentales jusqu’en Mésopotamie.
5° Prostitution et syphilis; études d’hygiène publique
(Paris, J.-B. Baillière, 1887, in-12).
Bien des auteurs, depuis Parent-Duchatelet, ont écrit sur ce sujet délicat, qui préoccupe les administrateurs, les législateurs, les moralistes et les médecins. Je ne l’ai envisagé que sous le côté médical, et c’est d’après des documents authentiques et d’apres une ctude seneuse de la prostitution à Paris que j’ai rédigé ce mémoire. J’ai exposé l’état actuel de la prostitution ; j’ai indiqué le fonctionnement du service médical et me suis appuyé sur la statistique pour démontrer les dangers de la prostitution clandestine, au point de vue de la syphilis considérée à juste titre comme un agent de dépopulation. Au corps médical seul appartient la mission de proposer les moyens d’arrêter le mal à sa source, et c’est au point de vue de l’hygiène sociale que j’ai fan cette etude et que j ai proposé quelques-unes des réformes et des modifications que réclame cette importante question.
6° Histoire de l’Anatomie A la Faculté de Paris (en préparation).