I. — Travaux relatifs à l’étude de la digestion
Recherches sur les phénomènes de la digestion chez les Mollusques céphalopodes (1, 2 et 3). — Mes premières recherches sur la digestion des céphalopodes ont été publiées en dSSi. A cette époque la question avait déjà attiré l’attention de plusieurs expérimentateurs. Krukenberg, puis L. Frédéricq avaient étudié l’action digestive de la secrétion du foie de ces animaux sur l’empois d’amidon et sur la fibrine ; Jousset de Bellesme avait étudié celle des glandes salivaires et du foie sur l’amidon cru et sur la substance musculaire ; enfin, Paul Bert avait signalé quelques faits intéressants relativement au mécanisme de la digestion chez la Seiche.
Le sujet n’était pas, pour cela, épuisé. Les auteurs que je viens de citer se trouvaient en désaccord sur certains points, et d’autres points n’avaient pas été abordés.
'fout d’abord je me suis convaincu, par quelques recherches prélimi ■ naires, que pour faire des observations fructueuses, il fallait se placer dans des conditions expérimentales convenables ; que, pour étudier, par exemple, le rôle d’une glande dans la digestion, il fallait trouver le moyen de recueillir le suc secrété par cette glande pendant la digestion.
J’ai pu réaliser ces conditions au laboratoire de Roscoff, où se trouve un grand réservoir dans lequel l’eau de mer peut être renouvelée à chaque
liquides aboutissent dans un même canal) se présente sous deux apparences. 11 est à peu près incolore et très actif pendant la digestion ; il est brun, rempli de débris de cellules et presque inactif après la digestion. Dans le premier cas, on se trouve en présence du véritable liquide digestif ; dans le deuxième, on a affaire aux débris de la dégénérescence céllulaire des éléments glandulaires de ces deux organes.
Le sang de poulpe ne saccharifle pas l’empois d’amidon et n’hydrolyse pas le maltose.
Le liquide digestif secrété par le foie du poulpe n’agit ni sur l’inuline, ni sur la salicine, ni sur le sucre de canne. Celui-ci n’est pas dédoublé non plus par des liquides obtenus en faisant macérer dans l’eau l’un des organes suivants : jabot, estomac, intestin, cæcum spiral et pancréas.
Le foie des Céphalopodes, comme le foie des animaux supérieurs, renferme du glycogène et de la mucine ; mais il ne renferme aucun des acides ou produits colorés de la bile de ces derniers.
Il renferme, comme le pancréas des animaux supérieurs, de la leucine et de la tyrosine en grande quantité. Il renferme, en outre, une matière grasse d’une composition analogue à celle de l’huile de poisson.
On doit considérer ce foie comme une glande digestive n’ayant d’analogie complète avec aucune des glandes digestives des animaux supérieurs.
On ne peut l’assimiler, au point de vue physiologique, ni au foie des vertébrés, bien que l’analyse révèle dans ses tissus la présence du glycogène ; ni à leur pancréas, bien qu’il secrète de la trypsine et de la diastase ; ni aux glandes stomacales, bien qu’il secrète de la pepsine. Ce serait, en quelque sorte, une glande digestive générale.
Les phénomènes de la digestion chez les animaux imerlébrés (4). — A la suite de mes recherches sur la digestion des Céphalopodes, j’ai rassemblé et groupé dans un seul article toutes nos connaissances sur les phénomènes chimiques de la digestion chez les invertébrés (Céphalopodes, Gastéropodes, Lamellibranches, Insectes, Myriapodes, Arachnides, Crustacés, Yers et Echinodermesl, et j’en ai résumé le sens général dans les termes suivants : « Nous trouvons chez les Invertébrés deux sortes d’organes glandulaires pouvant prendre part au travail chimique de la digestion par les secrétions qu’ils produisent: d’une part, les glandes salivaires ou œsophagiennes qui, tantôt sont développées sous forme de
CI Le système glandulaire de l’inlestin moyen. sous ses différentes formes, esf le seul véritable appareil digestif. 11 s’adresse à la fois aux matières grasses, aux matières protéiques et aux matières amylacées. 11 y a donc, chez les Invertébrés, concentration du travail digestif. Chez les Vertébrés, au contraire, où les matières protéiques, en particulier, sont digérées successivement dans l’estomac par le suc gastrique, puis, dans l’intestin, par le suc pancréatique, il y a division de ce travail, ce qui contribue sans doute à sa plus grande perfection t.