EXPOSÉ GÉNÉRAL
Mes travaux scientifiques sont surtout des travaux de chimie physiologique. Il ont eu pour origine cette idée qu’il fallait rechercher dans l’étude des êtres inférieurs, la solution des problèmes difficilement accessibles à l’expérimentateur chez les êtres supérieurs. Il est hors de doute, en effet, que, chez ces derniers plus que chez les premiers, les phénomènes physiologiques sont complexes et sous la dépendance de facteurs multiples qu’il est, la plupart du temps, impossible d’envisager isolément.
J’ai débuté par des recherches sur les phénomènes de la digestion chez Titre I les Mollusques Céphalopodes. J’ai donc été aux prises immédiatement avec ^^chimSuêT les ferments digestifs, c’est-à-dire avec les ferments solubles hydratants eiadieestion. agents de la digestion. Ces recherches, en attirant mon
attention sur le rôle que jouent les ferments solubles chez les êtres vivants, m’ont convaincu que, si l’on voulait faire faire quelques nouveaux progrès à la physiologie de la digestion, ou plus généralement à la physiologie de la nutrition, il fallait étudier avec plus de soin qu’on ne l’avait fait jusqu’alors, ces ferments eux-mêmes.
De là une deuxième série de recherches portant sur les ferments en Titre II quesüon, recherches qui m’ont fait passer peu à peu du domaine de la S?bj“'s“ physiologie animale dans le domaine de la physiologie végétale. Mais de y ratants. premiers travaux, j’avais pris pour sujets d’étude des
animaux inférieurs, de même, lorsqu’il s’est agi de choisir des végétaux capables de fournir des ferments solubles, je me suis adressé, non pas d’une façon exclusive, mais de préférence, aux végétaux inférieurs, et même aux plus simples d’entre eux, aux végétaux sans chlorophylle, c’està-diré aux Champignons.
11 , avait là d’ailleurs tout un champ d’études chimico-biologiques enlore inexploré, dans lequel on pouvait espérer faire des observations
J’ai constaté d’abord que les Champignons XeLesferLnts solubles
matériaux dont ils se nourrissent, =“«*2 ® t ütiller ultérieurement J’ai dans quelques-uns de P actifs que ceux des
'Traux” et "a e q- ^^0 surprendre si l’on réfléchit à
descham;gnons.àce.^^^^^^
le rôfe de ces derniers est P>’éc>sétnent de detru 1 SLj^fermenTquî pLède la .^^tns c“es Zt
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méthylsalicylique en mettant^
'‘""'Tetot m s rXrches sur les Champignons qui m’ont conduit à :::;é=ca:,ené^i^.~
iTrluTerirplrquelques-ûns de ces principes rencontrés chez les Champignons, dont beaucoup qui sont tous dépourvus de chlorophylle.
. hes fonctions de nutrition, viennent se placer les fonctions de Titre ni A cote „ates répétées et pourtant peu connues.
qui se produisent lorsqu’on coupe certains champignons dans l'air, sont dues à l’action du ferment oxydant sur une substance chromogène particulière que renferme chacun de ces champignons. C’est ainsi qu'on voit bleuir les Boletus cijanescens, mjthropus, purpureus, etc., rougir, puis noircir le Russula nigrkans, les Boletus aurantiaous et strobihceus, rougir les Stereum sanguinolentum et crustulatum, jaunir le lait des Laetarius lheiogalus et scrobiculatus, devenir violet le lait des Lactarius
uvidus et flaviduSy etc., etc.
ui peuvent résulter de l’action successive aes .er.uc.its hydratants et des ferments oxydants dans les êtres vivants, j’ai supposé que cette action devait être l’ongme dun certain nombre de principes immédiats, renfermés dans les tissus, tes ainsi, effet oue si l’on fait agir d’abord l’émulsine sur la salicine, puis un ferment oxydant peu actif sur les produits de dédoublement de sabcme, on voit se former, au bout de quelque temps, de l’aldéhyde salicylique, résultant de l’oxydation de l’alcool salicylique mis en liberté dans a
“oie ouverte é l’expérimentation et il ne me parait pas doutelx que ceux qui la suivront découvrent des faits intéressants.
Titre IV On sait que les ferments solubles ont été classés en plusieurs groupes , J, t t fips; porns sur lesquels ils exercent leur action. On peut
citeriomme le plus important de ces groupes celui qui comprend les ÆSe. fe^ents solubles qui agissent sur les hydrates de carbone (polyglucoses sucrés tels que le sucre de canne, et polyglucoses plus condenses tels que
' Xns"Ls premières recherches, j’avais principalement étudié l’action des ferments qui composent ce groupe ; on conçoit donc que mon attention ait été attirée spécialement sur les corps qu’ils hydrolysent. c’est-àdire sur les hydrates de carbone sucrés et non sucrés. C’est là, en effet, ce nui m’a amené à m’occuper spécialement des propriétés chimiques et phy- Llogiques des hydrates de carbone en général, et des matières sucrees en particulier.
L’une des matières sucrées les plus importantes au point de vue biolo- „.i„ue est certainement le maltose. Le maltose, en effet, prend naissance t utes les fois que la diastase agit sur l’amidon et le glycogène ; il peut donc se rencontrer chez tous les végétaux à chlorophylle, lesquels, comme on sait, produisent de l’amidon, ainsi que chez tous les animaux, puisque ces dLiers élaborent du glycogène Aussi est ce sur le maltose quont en nremier lieu, mes investigations.
Le maltose est un biose, c’est-à-dire un sucre isomère du sucre de canne. Or Cl. Bernard avait établi que, pour être assimilable, '=’«st-à-d.re pour pouvoir être utilisé par les êtres vivants, le sucre de canne uoii eue préalablement dédoublé en ses composants : glucose et lévulose, H avait
établi en outre que ce dédoublement est déterminé chez les animaux et chez les végétaux par un ferment soluble, Vinvertine. Il y avait donc lieu de se demander 1“ si le maltose, si semblable au sucre de canne, est un sucre assimilable directement ou non, 2" s’il existe un ferment soluble capable de le dédoubler en ses composants (deux molécules de glucose', et, 3“ le cas échéant, si ce ferment existe chez les animaux et chez les végétaux.
Déjà, d’ailleurs, à l’époque où j’ai commencé mes recherches sur cette question, quelques travaux avaient été faits — mais uniquement sur des animaux — qui avaient résolu la question dans le sens affirmatif pour ces animaux, J’ai répété et confirmé les expériences de mes devanciers, puis, étendant mes recherches à la physiologie végétale, j’ai établi que les moisissures capables de vivre sur une solution de maltose, comme YAspergillus niger et le Pénicillium glaucum, secrétent un ferment soluble hydrolysant du maltose. Ce ferment, je l’ai séparé et l’ai désigné sous le nom de maltose.
Cependant, en étudiant la fermentation alcoolique du maltose par la levure de bière, j’avais remarqué que, à aucun moment de cette fermentation, on ne trouve de glucose dans la liqueur, comme si le maltose était détruit directement. D’autre part, on n’avait jamais réussi à retirer de la levure un ferment hydrolysant du maltose. La levure, comme je l’ai pensé tout d’abord, faisait-elle donc exception à la loi générale ? Il n’en est pas ainsi,et j’ai pu montrer par des expériences indirectes que la levure se sert bien, comme les autres végétaux, d’un ferment qui dédouble le maltose. J’ajouterai que le fait a été confirmé récemment par M. Em. Fischer.
Ces résultats m’encouragèrent à entreprendre l'étude d’un autre biose, le tréhalose, dont personne ne s’était encore occupé au point de vue physiologique.
Le tréhalose est aussi un isomère du sucre de canne, et, sous l’influence des acides minéraux étendus bouillants, il donne du dextrose, comme le maltose. 11 existe en assez forte proportion dans une sorte de manne, appelée tréhala, manne qui est vendue sur les marchés en Syrie,et,utilisée pour sucrer les pâtisseries ou pour faire des potages à la manière du tapioca. C’est dans cette manne que M. Berthelet l’a découvert en 1357, quelques mois avant que Mitscherlich ne retirât de l’ergot de seigle cette matière sucrée à laquelle le chimiste allemand a donné le nom Ae Mycose.
Seize ans plus tard, M. Müntz démontrait l’identité du mycose et du
tréhalose, en même tempe qu’il réussissait à extraire ce sucred’une douzaine d’espèces de ^mpignon. ^
mais J ai preiere e.baju ^ tentatives, l’occasion
pio-nons. supposant que j aurais, au cou
''“fe n’afFslTlÎsriil^dfM e“ptos de Champignons, appartenant
trenaiose, a „inén\e chez ces végétaux, puisque j en ai extrait
dr-lï’’espèces J’m ai même retiré d’espèces qu’on avait analvsées autrefois è ^t^Lurs reprises. et dans lesquelles on ne l’avait pas trouve
^“rSa—r JS pour une partie, aux perfectionne raents que i’ai apportés à la méthode d’analyse ; mais ils sont dus surtout
àouelques- inesdeces obserbations dont je viens de parler, qui m ont amène i quelques unesuece Champignons frais.récem-
m^tSS^t relativement jeunes, au lieu de champignons quelconques,
.M.,i,no^r.olUs, et du
:rrxs":s ù pu*... aêpé-
du «ou ^
ce aufSSe pourietréhalose, chezles champignons,doit sepas^
ce qui -e pa, p ,, végétaux. Elle laisse supposer que,someat,
d’autres composs,chezdautre^^^^^^^^^
rL ,nnrl des tissus Pour comprendre qu’il en est fréquemment ains,
"de songer aux réactions déterminées les ferme it lydi t it
connus ou inconnus se trouvaient ainsi détruits et l’on n à redouter de leur action.
C’est en appliquant cette méthode aux plantes phanért découvert récemment, dans le Monotropa Hypopitys, un ferment de ce glucoside.
la vie du champignon, de quelle substance préexistant origine ? Et, puisqu’il disparaît dans une autre période, en , forme-t-il, et quel est l’agent de cette transformation?
De ces trois questions, les deux dernières seules sont résolues. De même qu’il existe un ferment soluble hydrolysant du maltose, de même, comme je l’ai déjà dit plus haut, il existe un ferment soluble hydrolysant du tréhalose. Ce dernier ferment se rencontre dans les champignons et, grâce à lui, chez ces végétaux, le tréhalose peut être transformé en dextrose, sucre utilisable.
11 est d’ailleurs vraisemblable qu’on trouvera ultérieurement que le . tréhalose provient, par hydrolyse,d’un hydrate de carbone plus condensé, emmagasiné dans le pied du champignon sous forme de réserve, de la même façon que le maltose tire son origine de l’amidon. La ressemblance entre les deux sucres est si grande qu’on ne peut s’empêcher de les rapprocher dans leurs propriétés physiologiques. A cet égard, le tableau suivant parlei'a davantage à l’esprit que tous les développements qu’on pourrait donner à la question.
Amylase j “ Ferment inconnu j S Dlxtrlte Tréhalose j
Il montre que, pour compléter l’histoire physiologique du tréhalose, ou du moins pour l’amener au point où en est celle du maltose, il nous
Les bwses e sont pas préalable, imnsformes
plus car elle me parait .appliquer aux hydrates de carbone plus
“ttinr ÏÏ teLches que i’ai publiées : 1” sur Vhydrolyse de Du moins, présence de l’inulase dans les moisissures ;
»7,..'=r’ari
le verra plus loin, des rapports plus J;
nique à la levure une énergie suffisante pour qu’elle puisse ensuite décomposer le galactose.
A l’époque où j’ai fait celte observation, on ne connaissait rien d’analogue dans la science.
Les recherches dont il me reste à parler, doivent être séparées de celles que je viens d’exposer, lesquelles, comme on a pu le voir, découlent les unes des autres. Je ferai remarquer cependant qu’elles ont été entreprises, pour la plupart, dans le but d’élucider quelque question qui m’avait frappé en effectuant ces dernières.
;n quatre groupes, d'après la sc:
,rai rapproché daus ce groupe un certain nombre de ^
lissant à la chimie physiologique. Les unes se rapporte
Les autres ont trait à la biologie des animaux et des végétaux sup
■ (■ -t -«..tu^mment oue ie me suis occupé de questions se C-est tout U fart mc.demment que je
rapportant à 1 f^^^ti^^nement des filtres en terre poreuse,
!1 rùsTertrois dernières années à l’occasion d’empoisonnements par les ru ■ survenus en divers points de la France.
Champtgnons survenu en P
' “ ' S aue dans certLls' conditions, les filtres en terre "olsrquel que soit’leur mode de fabrication, sont traversés par es
f ! rts et nLe par les filaments mycéliens des moisissures. Notre
oLervation; d’abord révoquée en dou^
mémoire sur -i^je^P enporce!««.e po«.T«.c,U
.rc::r;r:qui .t d^. aan..ap.^et..^. relations.
.tients pâtes Champignons, m ai
AJurançon(t892),l’empoisonnementport^-r5^^^^^^^^^^^^
sonnes ont succombé. Le champignon était 1 Amamla phalloïde
Pharmacopées étrangères à la suite des médicaments qu’elles caractérisent. 11 n’y en a pas dans la Pharmacopée française^ du moins dans la partie consacrée aux médicaments galéniques.
Ce n’est pas ii dire pour cela que ces sortes de réactions ne puissent être utiles aux pharmaciens français, car, en France aussi bien qu’à l’étranger, les pharmaciens tirent nombre de préparations pharmaceutiques de la droguerie.
En publiant les premières recherches que j’ai faites sur ce point, sous le ütre : Réactions d'i^ntité de quelques médicaments galéniques officinaux,
sur l’importance de ces réactions. J’ai tout lieu de penser que j’ai réussi, puisque dans un congrès récent de chimie, la question a été mise à l’ordre
Mes autres travaux de pharmacie sont surtout des travaux de révision ou de critique comme on pourra le voir à la lecture des titres qui se trouvent inscrits dans la seconde partie de cet exposé.
TRAVAUX SCIENTIFIOUES