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C. Éruptions d’origine alimentaire

D. Éruptions simulées.

Cette classification permet d’envisager toutes les éruptions artificielles.

Dans la description de ces éruptions, j’ai utilisé des documents personnels recueillis depuis plusieurs années. J’ai insisté sur les caractères particuliers que présentent certaines d’entre elles (caractères morphologiques, topographiques ou évolutifs) qui permettent parfois, par la seule observation clinique, de reconnaître d’emblée leur origine.

Acné Comédon généralisée. Bulletin delà Société française de dermatologie et de syphiligraphie , 14 décembre 1899, p. 454.

Nouveau cas d’acné chlorique. Bulletin de la Société française de dermatologie

et de syphiligraphie, n janvier 1900, p. 7. (En collaboration avec M. Ph.

Pagniez.)

L’acné chlorique. Annales de dermatologie et de syphiligraphie, juillet 1900, p. 81 5 . (En collaboration avec M. Ph. Pagniez.)

Ces trois publications ont trait à une dermatose singulière, observée chez les ouvriers qui travaillent à la préparation du chlore par électrolyse du chlorure de sodium.

Signalée en Allemagne par Herxheimer, dans un court article paru en février 1899, elle était inconnue en France au moment où j’en ai observé un premier cas que des caractères cliniques m’ont fait appeler acné comédon généralisée, mais dont le malade m’avait indiqué l’étiologie et la coexistence avec d’autres cas chez ses camarades d’ateliers.

Grâce aux renseignements fournis par nos deux premiers malades, nous avons pu, avec M. Pagniez, étudier cette dermatose chez 4 ouvriers de la même usine.

L’affection ne s’observe que chez les ouvriers travaillant à l’électrolyse du chlorure de sodium, suivant un procédé breveté allemand, procédé employé dans une usine des environs de Francfort-sur-le-Mein où Herxheimer a pu l’étudier, et dans une usine située aux environs de Paris et appartenant alors à la même firme allemande. La division du travail et la spécialisation des ouvriers, poussées à l’extrême dans ces usines, sont telles qu’un petit nombre d’ouvriers seulement manipulent les mêmes substances, substances sur lesquelles nous n’avons pu avoir de renseignements précis : nous savons seulement que l’éruption affecte uniquement les ouvriers employés au nettoyage et à la recharge de vases renfermant la substance à électrolyser ; il est à supposer que les produits nocifs sont des dérivés chloriques dont nous n’avons pu connaître la composition chimique.

L’éruption est caractérisée par le développement assez rapide sur la presque totalité du tégument de comédons acnéiques extrêmement nombreux, entremêlés de pustules acnéiques et de véritables kystes sébacés pouvant atteindre la dimension d’une noisette; sur le visage les

comédons arrivent dans certains cas à en recouvrir toute la surface d’un piqueté noir rappelant le tatouage produit par une décharge de poudre de chasse, les kystes sébacés sont moins nombreux; le cuir chevelu, où l’acné vulgaire à comédons est inconnue, les oreilles sont le siège de lésions semblables et très considérables où prédominent, surtout aux oreilles, les pustules et les kystes; le cou, le tronc sont également atteints ; sur les organes génitaux, aux comédons très abondants se mêlent des kystes sébacés de volume souvent considérable.

L’examen histologique nous a montré les lésions habituelles de l’acné comédon vulgaire avec intégrité de l’épiderme et des glandes sudoripares. Les glandes sébacéès présentent sur presque toutes les coupes de petites cavités kystiques plus ou moins volumineuses, entourées d’une infiltration de cellules embryonnaires toujours peu prononcée.

Les comédons renfermaient dans un cas le bacille de Unna et des cocci de volume variable; dans les trois autres cas, le bacille de Unna faisait défaut et les cocci étaient très rares.

La dermatite primulaire (éruption provoquée par les primevères) des gens du monde. Bulletin médical, 26 avril 1911.

La dermatite provoquée par les primevères (Primula cortusioides et surtout Primula obconica) a été décrite par un certain nombre d’auteurs étrangers et un très petit nombre d’auteurs français. Elle est bien connue des jardiniers spécialistes en plantes de serre.

Elle est loin d’être exceptionnelle chez les gens du monde qui soignent des primevères, mais passe inaperçue et est habituellement confondue avec des poussées d’eczéma.

Elle se présente cependant sous un aspect qui permet de la reconnaître à coup sûr : poussées subites de dermite érythémato-ortiée avec petites vésicules, produisant un gonflement œdémateux du visage et principalement des paupières et donnant l’apparence de l’érysipèle, si bien que parfois les malades sont considérés comme atteints d’érysipèle récidivant. Cette éruption, très prurigineuse, occupe le visage et les parties découvertes (mains, poignets) qui sont mises accidentellement en contact avec les primevères.

Elle récidive, et c’est là un important caractère diagnostique, quelques heures après chaque contact avec les primevères, pendant toute la

période où ces contacts se répètent, c’est-à-dire surtout pendant la période de floraison de ces plantes, laquelle s’étend de février à juillet. Aussi une de ses caractéristiques est-elle sa reproduction plusieurs années de suite pendant la même saison.

Cette éruption est due à l’action sur la peau du produit des glandes annexées aux poils qui couvrent les feuilles des primevères. Elle ne s’observe que chez certains sujets, chez lesquels il faut admettre une prédisposition.

L’étude de cette dermatite est particulièrement intéressante, parce qu’elle montre qu’un examen attentif des localisations d’une affection cutanée, de ses caractères objectifs, de son évolution et de son époque d’apparition permet souvent de remonter à sa cause ou du moins de circonscrire rapidement les hypothèses étiologiques.

Éruption érythémato-ortiée à petites vésicules provoquée par le contact

du lierre. Annales de dermatologie et de syphiligrapliie, février 1909, p. nu.

Cette observation est, à ma connaissance, la première qui fasse mention d’une éruption provoquée par le contact des feuilles de lierre : cette éruption présente les caractères des dermatites de cause externe, le type urticarien en plaques avec vésicules extrêmement fixes, prurit très violent, provoquant parfois un léger degré de lichénification ; elle persiste pendant une quinzaine de jours.

Pigmentations bleues consécutives à des injections de morphine. Bulletins et mémoires de la Société médicale des hôpitaux, i er décembre 1899, p. 912.

Des taches de coloration bleue ont été signalées sur la peau chez des morphinomanes et des cocaïnomanes. J’ai pu, dans un cas, les étudier et constater qu’elles correspondent aux cicatrices, légèrement déprimées, laissées par des injections plus ou moins septiques ; leur coloration rappelle celle des tatouages par l’encre de Chine.

L’examen histologique, fait par M. Pagniez, a montré à leur niveau la présence de particules présentant les caractères de la silice et de grains de coloration noire résistant aux acides et de nature charbonneuse.

Il s’agit donc bien de pigmentation d’origine externe, produite par l’introduction de corps étrangers avec des aiguilles malpropres.

Des éruptions médicamenteuses. Revue générale de clinique et de thérapeutique, l 8 9 3 .

Éruption quinique à forme bulleuse à élément unique chez une femme ayant eu des éruptions analogues après l’usage de l’antipyrine. Bulletins et mémoires de la Société médicale des hôpitaux, :2 février 1906, p. 120.

Ce cas est un exemple curieux de la prédisposition qu’une première atteinte d’éruption médicamenteuse crée au développement d’accidents ultérieurs de même ordre et de même aspect, alors même que le médicament ingéré en dernier lieu n’est plus celui qui a provoqué les premières éruptions.

Gangrène multiple de la peau provoquée artificiellement par des cautérisations au nitrate d’argent chez une hystérique. Bulletins et mémoires de la Société médicale des hôpitaux, 20 décembre 1907, p. 1509.

Cette observation a été produite à l’appui de l’.opinion que l’hystérie ne crée pas de troubles trophiques de la peau et que les lésions cutanées attribuées à l’hystérie sont toujours des lésions provoquées artificielleaent, opinion que je soutiens depuis longtemps, et qui est actuellement à peu près unanimement admise.

Elle a trait a une jeune femme présentant à la région fessière une série d’eschares sèches, d’un noir d’encre, de dimensions variées, entourées d une zone érythémateuse, qu’elle déclarait survenir spontanément et être précédées d’une sensation prurigineuse.

L’examen histologique montrait, autour d’une nécrose totale de l’épiderme et du corps papillaire, à limites brusques, des fibres conjonctives offrant l’aspect que prennent ces éléments sur des coupes imprégnées à l’argent ; au delà, les tissus avaient conservé leur structure à peu près normale.

Un fragment de l’eschare a donné les réactions chimiques caractéristiques de l’argent.

La malade a reconnu avoir eu à sa disposition un crayon de nitrate d’argent, mais a nié l’avoir employé pour produire les lésions observées, Il n’en est pas moins certain que ces lésions sont le résultat d’une application prolongée et énergique de nitrate d’argent.

Cas de pathomimie. Imitation de plaques trichophytiques du cuir chevelu par une jeune fille antérieurement atteinte de teigne tondante. Bulletin

de la Société française de dermatologie et de syphiligraphie , 3 mars 1910, p. 68.

Observation d’une jeune fille de 19 ans qui rentre dans la classe des simulatrices d’états morbides.

C est une hystérique, menteuse, dirigée et suggestionnée dans sa pathomimie par la trichophytie dont elle avait été atteinte précédemment. Elle produisait ces plaques par simple arrachement de mèches de cheveux; les uns venaient en entier; quelques autres se rompaient à une distance variable mais courte de leur insertion, laissant des moignons pseudo-trichophytiques.

Déformation de la face par des injections de paraffine chez une jeune

fille. Bulletin de la Société française de dermatologie et de syphiligraphie, 2 juin 1910, p. 164. (En collaboration avec R.-J. Weissenbach.)

Jeune fille de 26 ans, victime d’injections dites « esthétiques » de paraffine, faites pour combattre des déformations très minimes du nez, poursuivies pour rectifier des déformations [plus minimes encore du reste du visage. Il s’agit de lésions inflammatoires développées autour de la paraffine injectée, avec retentissement ganglionnaire.

L’aspect du visage rappelle le léontiasis avec tuméfaction irrégulière des téguments ; la peau est lisse, parsemée de taches érythémateuses.

Au toucher, on sent des masses très dures assez nettement limitées. Il s’agit là de lésions qui ne peuvent guérir complètement, dont il est nécessaire de signaler la production à la suite d’injections injustifiées de paraffine.

DERMATOSES DE LA SÉRIE DES ÉRYTHÈMES

Reproduction expérimentale de certaines dermatoses de la série des érythèmes par l’injection intradermique de tuberculine et de divers Sérums. Bulletins et mémoires de la Société médicale des hôpitaux , 3 o avril 1909, p. 759. (En collaboration avec M. P. Gastinel.)

Réactions cutanées expérimentales chez un sujet atteint de dermatite bulleuse. Prédisposition.et immunité régionates. Bulletin de la Société française de dermatologie et de syphiligraphie, 7 mai 1914, p. 207. (En collaboration avec M. P. Gastinel.)

En pratiquant, suivant la méthode que Mantoux venait de faire connaître, des injections intradermiques de tuberculine chez des sujets porteurs de lésions cutanées de la série des érythèmes (érythème simple, urticaire), nous avons obtenu avec M. P. Gastinel une réaction locale revêtant souvent le type dermatographique et l’évolution des éléments spontanément développés.

Comparativement, nous avons injecté, en employant la même technique, du sérum antidiphtérique, du sérum antitétanique, de l’eau salée à 7,5 p. ioo, et nous avons obtenu des réactions locales de type analogue, mais d’intensité un peu variable.

Ces expériences montrent qu’il faut mettre quelque réserve avant de déduire la nature tuberculeuse d’une lésion cutanée de sa reproduction par l’injection de tuberculine. Elles traduisent aussi d’une façon précise la réactivité spéciale du tégument chez les sujets atteints d’érythème et confirment cette observation clinique que, en matière d’éruptions artificielles, médicamenteuses ou autres, la prédisposition individuelle joue un rôle capital dans la détermination du type dermatographique de l’éruption.

Nous avons pu, ultérieurement, montrer qu’il en est de même dans les dermatites bulleuses et que la sensibilité cutanée aux injections peut être régionale et ne pas se manifester indifféremment sur toute la surface du corps.

Érythème récidivant symétrique des extrémités avec desquamation à larges lambeaux de la paume des mains et de la plante des pieds. Bulletin

de la Société française de dermatologie et de syphi/igraphie, n février 1897, P- ^4 •

Les engelures et leur traitement. Revue générale de clinique et de thérapeutique, 9 janvier 1897, P- ! 7 -

Purpura à disposition symétrique, survenu à la période ultime d’un cancer de l’estomac. Société clinique de Paris, iv, juillet 1 883 . France médicale, 1 883 , t. II, p. 517.

Le purpura et ses principales formes. GazeUo hebdomadaire de médecine et de chirurgie, 14 novembre 1894, p. 545 .

Un cas d’urticaire pigmentée. Bulletin de la Société française de dermatologie et de syphiligraphie, 11 novembre 1896, p. 536 . (En collaboration avec M. J. Dubrisay).

DERMATOSES PRURIGINEUSES

Des lésions de la muqueuse buccale dans le lichen plan. Annales de dermatologie, février 188a, p. 65.

Les lésions des muqueuses dans le lichen de Wilson ont été signalées par quelques auteurs anglais. Elles étaient à peine soupçonnées en France lorsque, ayant eu l’occasion d’en observer trois cas sur la muqueuse buccale, j’en ai donné la description. Elles sont depuis lors devenues d’observation courante et servent, dans bien des cas douteux, à reconnaître la nature des localisations cutanées de celte maladie, tant leur aspect est caractéristique et différent de celui de la leucoplasie.

Note sur un cas de lichen de Wilson chez une négresse. Bulletin de la Société

française de dermatologie et de syphiligraphie, fi novembre 1891, p. 4°5- (En

collaboration avec M. Leredde.).

Les affections cutanées présentent chez les nègres des particularités cliniques, qu’il est toujours intéressant de signaler. Dans ce cas de lichen, les éléments offraient les mêmesicaractères morphologiques que chez les blancs ; leur coloration était, Shr la plupart, plus foncée que celle de la peau saine adjacente; quelques-uns ne se révélaient par aucune coloration anormale et n’étaient appréciables qu’à la palpation.

Histologiquement, les lésions étaient identiques à celles bien connues du lichen de Wilson., avec cette particularité que la pigmentation épidermique était plus accusée que dans la peau normale du sujet.

Traitement des affections prurigineuses par les applications de gélatines.

Association française pour l'avancement des sciences. Congrès de Bordeaux , 1895.

L’emploi des gélatines médicamenteuses a été préconisé par Pick dans le traitement des dermatoses; elles ont l’avantage de constituer un pansement propre, restant en place pendant plusieurs jours.

Leur application sur de grandes surfaces du tégument provoque une sensation intense de froid parfois pénible même en été.

Elles sont particulièrement utiles dans les affections prurigineuses : prurigo de Hebra, prurigos diathésiques de Besnier, prurits par autointoxications; leurs effets sont variables et souvent insuffisants dans le lichen de Wilson et dans les lichens circonscrits.

THIBIERGE

L’influence de la ponction lombaire sur le prurit du lichen plan. Bulletin de la Société française de dermatologie et de syphiligraphie, 9 novembre 1905, p. 264. (En collaboration avec M.Paul Ravaut.)

Des effets favorables de la ponction lombaire dans quelques dermatoses prurigineuses. Bulletins et mémoires de la Société médicale des hôpitaux , i er décembre 1905, p. 918. (En collaboration avec M. Paul Ravaut.)

La ponction lombaire dans les dermatoses prurigineuses. Congrès français de médecine. Genève, 1909, Compte rendu, t. II.

Sur les effets remarquables de la ponction lombaire dans les affections

prurigineuses. VU Congresso internazionale di dermatologia et di sifdografia, Rome, 1912, t. II, p. 763.

Au cours de recherches sur le liquide céphalo-rachidien, nous avons observé, avec M. Ravaut, que l’état de certains prurigineux pouvait être amélioré et même guéri par de simples ponctions lombaires.

Nous avons en effet publié les observations de malades atteints de lichen de Wilson, de prurigo diathésique, de lichen circonscrit, d’eczéma sec prurigineux, chez lesquels une rachicentèse de 6 à 8 centimètres cubes de liquide a déterminé une atténuation et même quelquefois une cessation complète du prurit en 2 ou 3 jours; chez quelques malades, il a été nécessaire de recourir à une seconde ponction 8 jours après la première. Leslésions cutanées suivaient une marche parallèle au prurit; le grattage ayant cessé de les entretenir et de les exaspérer, elles s’atténuaient rapidement et, si elles ne guérissaient pas complètement à la suite d’une seule ponction, comme nous l’avons vu dans un cas de lichen de Wilson, elles subissaient du moins une transformation qui dans l’espace de quelques jours les rendait presque méconnaissables. Des malades, tourmentés depuis des mois ou des années par un prurit intolérable, se trouvaient en quelques heures soulagés et pouvaient, avec des topiques anodins, venir à bout de dermatoses qui jusque-là avaient résisté à tous les traitements employés.

Depuis cette époque, nous avons obtenu de nombreux résultats confirmatifs, surtout dans le lichen de Wilson, dont le prurit est parfois atrocement pénible : les résultats sont d’autant plus remarquables et rapides que l’affection est plus récente et les lésions plus étendues.

La ponction lombaire est indiquée dans les cas de lichen de Wilson où le prurit provoque une insomnie persistante.

Elle rend fréquemment des services dans d’autres affections prurigineuses ayant résisté aux méthodes classiques de traitement.

DERMATOSES SQUAMEUSES

Un cas de psoriasis avec localisations prédominantes sur le territoire du nerf saphène interne gauche et des nerfs musculo-cutanés du plexus

brachial. Bulletin de la Société française de dermatologie et de syphiligraphie , 16 novembre 189Î, p. 479.

Ce cas de psoriasis est remarquable par la localisation des lésions. Le malade, atteint depuis plus de 20 ans de névralgie sciatique gauche, avait depuis 28 mois du psoriasis, dont la première atteinte a porté sur le territoire du nerf saphène interne gauche ; plus tard, les lésions ont occupé le territoire des nerfs musculo-cutanés du plexus brachial, puis les lieux d’élection du psoriasis (coudes et fesses), mais en respectant toujours le membre inférieur droit.

Ces localisations remarquables viennent à l’appui de la théorie nerveuse du psoriasis, affection dont la pathogénie est depuis longtemps discutée et reste encore actuellement obscure.

Contribution à l’étude de la médication thyroïdienne. Le traitement thyroïdien du psoriasis. Annales de dermatologie et de syphiligraphie, septembre 189J, p. 760.

B. Bramwell, ayant constaté, au cours du traitement thyroïdien du myxœdème, une desquamation plus ou moins prononcée, a proposé de traiter par les préparations thyroïdiennes les dermatoses squameuses et spécialement le psoriasis.

J’ai étudié sur 11 psoriasiques les résultats de l’emploi du corps thyroïdien en nature, non cuit.

Ces résultats ont, chez trois malades, consisté uniquement en une diminution de la rougeur, sans aucune modification des squames, c’est-à-dire ont été pratiquement nuis, malgré l’absorption de plus de 25 o grammes de corps thyroïde.

Chez les huit autres malades, ils ont consisté en une diminution de la rougeur, de l’étendue et de l’épaisseur des squames ou d’un certain

nombre des éléments psoriasi([iies et, au cours du traitement, il est apparu quelques éléments nouveaux.

Il faut tenir compte des accidents que peut provoquer la médication thyroïdienne, dans lé psoriasis comme dans d’autres affections.

Cette médication ne peut donc être érigée en méthode de traitement du psoriasis. Elle peut seulement être employée, sous réserve d’une surveillance très attentive, dans les cas rebelles, chez des sujets qui veulent tenter toutes les chances de guérison. Son rôle est donc des plus limites.

Le pityriasis rosé de Gibert. Revue générale. Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie, 27 décembre 1890, p. 612.

.En discutant la nature de cette affection, qui reste toujours obscure, j’ai fait valoir en faveur de sa spécificité le fait que, à la manière des fièvres éruptives, elle ne récidive pas : ce fait, que j’ai signalé dès 1888, a été confirmé par mon maître Besnier et est aujourd’hui acquis.

Traitement du psoriasis. Semaine médicale, 1893, p. ',82.

Pityriasis. In La Pratique dermatologique.

DERMATOSES VÉSICULEUSES

Traitement des eczémas. In Traité de thérapeutique pratique, publié sous la direction de M. Albert Robin. T. V. Paris, 1912, p. 481.

Méthodes récentes de traitement de l’eczéma. Journal de médecine et de chirurgie pratiques, 10 novembre 1913, p. 809.

Les badigeonnages de coaltar dans le traitement des eczémas.

L'Hôpital, février 1914, p. 35 .

Ces divers articles forment la mise au point de la question, sans cesse en évolution, du traitement des eczémas, question pratique par excellence en raison de la variété et de la fréquence des dermatoses comprises sous ce vocable.

Les principes généraux de la médication des eczémas, les règles de diététique et les indications des traitements internes et externes les modes de réalisation de ces traitements y sont étudiés avec détail.

Les badigeonnages de goudron de houille, qui ont été si heureuse-

ment appliqués par Dind au traitement des eczémas, y sont l’objet d’une étude spéciale, basée sur une expérience personnelle très étendue de cette méthode; deux indications jusque-là méconnues ou insuffisamment indiquées en sont posées, à savoir les eczémasrebelles-des seins où elle constitue le traitement de choix, et les eczémas des enfants, chez lesquels un certain nombre d’auteurs n’ont pas osé les employer : une grande pratique des eczémas infantiles m’a permis, en suivant rigoureusement une technique précise, de les guérir rapidement et sans danger par les badigeonnages de coaltar.

Herpès récidivant de la face. Mercredi médical, 22 octobre 1890, p. 5 ai.

Description d’une localisation de l’herpès récidivant, dont on ne connaissait guère à cette époque que les localisations sur la fesse et les organes génitaux.

L’herpès récidivant de la face se distingue de l’herpès fébrile par la reproduction à intervalles variables d’une plaque unique d’herpès de dimensions relativement considérables, occupant toujours une même zone de la joue. Il diffère du zona, comme en diffère l’herpès récidivant de la fesse ou du prépuce, lequel est souvent à tort considéré comme une forme avortée de zona, par l’absence totale de cicatrices, et cela quelle que soit la fréquence de ses récidives, tandis que le zona, affection non récidivante, laisse toujours après lui des cicatrices plus ou moins étendues.

Traitement de l’herpèS et du ZOna. In Traite de thérapeutique, publié sous la direction de M. Albert Robin. T. V. Paris, 1912, p. $29.

SCLÉRODERMIE

Contribution à l’étude des lésions musculaires dans la sclérodermie. Revue de

médecine, avril 1890, p. 291.

Les lésions musculaires avaient peu attiré l’attention dans la sclérodermie et les observations publiées n’avaient pas été interprétées exactement.

L’observation d’une jeune fille.atteinte de sclérodermie généralisée ayant débuté par des lésions de sclérodactylie, et présentant une atrophie très prononcée des muscles des membres supérieurs, principale-

ment des avant-bras, m’a permis de montrer les relations des scléroses musculaires avec la sclérodermie.

Une forme de concrétions calcaires sous-cutanées en relation avec la sclérodermie. Bulletins et mémoires de la Société médicale des hôpitaux, i or juillet 1910, p. 10. (En collaboration avec M. Weissenbach.)

Concrétions calcaires sous-cutanées et sclérodermie. Annales de dermatologie et de syphiligraphie, mars 1911, p. 129. (Eneollaboration avec M. Weissenbach.)

En constatant, chez une femme atteinte de sclérodermie généralisée, l’existence de concrétions calcaires disséminées, nous avons été frappés de l’association de ces deux états morbides dont l’un — la sclérodermie — est peu fréquent et l’autre — les concrétions calcaires — extrêmement rare, et nous avions émis d’emblée la supposition qu’il pouvait y avoir plus qu’une coïncidence fortuite, d’autant que les concrétions calcaires prédominaient dans les régions intéressées par la sclérodermie.

Des recherches bibliographiques montrèrent la justesse de cette supposition et nous permirent de relever huit cas indiscutables d’association de la sclérodermie et des concrétions calcaires, sans compter des observations incomplètes de concrétions calcaires où l’existence de la sclérodermie est probable, mais insuffisamment spécifiée. Cependant aucun des auteurs qui ont publié ces observations n’avait attaché d’importance à la coexistence des deux ordres de lésions.

Dans ce type morbide bien net, les concrétions calcaires disposées symétriquement et systématiquement occupent les régions atteintes de sclérodermie, dont elles suivent en général de fort près le début; la sclérodermie revêt la forme généralisée à début par les extrémités des membres (sclérodactylie), de sorte que les concrétions calcaires débutent par les mains et les pieds où elles sont plus nombreuses que partout ailleurs. Des lésions musculaires importantes (atrophie, rétraction) sont signalées dans tous les cas.

L’examen histologique montre que la calcification se produit au niveau d’un tissu de sclérose en dégénérescence hyaline et colloïde : ces lésions sont, d’ordre général, celles qui précèdent la calcification dans les différents tissus : artères, plèvres, myocarde, etc. Il s’agit donc d’un phénomène compliquant la sclérose du tissu cellulaire sous cutané et en dépendant, en constituant l’aboutissant.

Les concrétions calcaires associées à la sclérodermie ne sont qu’une

variante symptomatique de cette maladie, au cours de laquelle il est vraiment intéressant de les constater.

Sur une forme rare de périphlébite en plaques pouvant simuler la sclérodermie. Bulletins et mémoires de la Société médicale des hôpitaux , 16 octobre

Cette note renferme la description d’une lésion qui n’avait pas encore été signalée et dont j’ai depuis lors rencontré d’assez nombreux exemples.

11 s’agit de plaques, de coloration blanche, rosée ou même rouge, à surface lisse, brillante, à centre souvent légèrement déprimé, à configuration ovalaire, à contours souvent mal déterminés, à périphérie entourée d’une zone rosée, souvent desquamante. Ces plaques ont une consistance dure, semblable à celle du cuir ou du lard gelé; elles se laissent cependant déprimer par une pression énergique; à leur périphérie et en dehors des plaques apparentes à la vue, on constate à la palpation une infiltration plus ou moins étendue, dans laquelle se détachent des cordons durs ou des nodosités arrondies.

Ces plaques, d’apparence sclérodermique, uniques ou multiples, occupent la partie interne de la jambe, ordinairement vers le tiers inférieur. Elles ne s’observent que sur des membres ayant été atteints de phlébite du type de la phlegmatia alla dolens et sont le résultat d’une infiltration périphlébitique, se produisant sous l’influence de la fatigue et de la station debout prolongée. Elles durent plusieurs semaines.

Sclérodermie systématisée de la face. Bulletin de la Société française de dermatologie et de syphiligraphie, 7 décembre 1905, p. 3 o' t .

Sclérodermie. In La Pratique dermatologique .

ATROPHIES CUTANÉES

Atrophie cutanée. In La Pratique dermatologique.

Considérations sur la nosographie des atrophies cutanées. Reoista derma-

tologica de Buenos-Ayres. Numéro especial en homenaje al D r Baldonitro Sommer, 1916.

L’atrophie cutanée est considérée par les dermatologistes allemands comme constituant un type morbide spécial, une sorte d’entité.

J’ai, dans ces articles, protesté contre une pareille doctrine et montré que, sur le tégument comme dans les viscères, l’atrophie ne peut servir à caractériser un état pathologique. Elle n’est, au contraire, que l'aboutissant de lésions cutanées, lésions qui peuvent être diverses.

Le chapitre de l’atrophie cutanée n’est qu’un chapitre d’attente, dans lequel on a rangé toutes les lésions atrophiques du tégument quelles qu’en soient la cause, la nature et l’évolution.

Il faut en faire résolument la dissociation.

Dès maintenant, on peut y reconnaître des faits qui doivent être rapportés à la sclérodermie en plaques, au lichen de Wilson, au lupus érythémateux, aux tuberculides.

L’avenir permettra certainement de rapporter à des types morbides définis les faits qui sont encore réfractaires à une classification et de leur assigner comme caractéristiques des états pathologiques préatrophiques.

Nodules dermiques aboutissant à la production de plaques d’atrophie

CUtanée. Bulletin de la Société française de dermatologie et de syp/ii/igrap/iie,

G février 1913, p. ia'î.

Il ne semble pas qu’on ait signalé de faits de dermatose nodulaire, tendant à l’atrophie dermo-ôpidermique.

Dans l’observation rapportée, des plaques atrophiques s’étaient développées sur le thorax, à la suite de nodules, à structure fibro-eellulaire, apparus spontanément et ne pouvant être rattachés à aucun type morbide connu, lésions dont on pouvait encore trouver quelques spécimens dans les régions voisines.

Ce fait vient confirmer les idées exposées plus haut au sujet de la non-existence des atrophies cutanées primitives.

Étude clinique sur lekraurosis vulvæ. Annales de dermatologie et de syp/ti/igrap/iie , janvier 1908, p. 1.

Simple dénomination anatomique (<pxupw<7t;, rétraction), le terme de kraurosis, attribué par Breisky aux états de l’orifice vulvaire caractérisés par l’atrophie et la rétraction du revêtement cutanéo-muqueux de la vulve, a été improprement appliqué par la plupart des gynécologues à des états pathologiques variés.

L’étude des observations publiées et leur comparaison avec des

types dermatologiques précis permettent d’éviter une confusion et une obscurité regrettables.

Il faut distraire, pour les rapporter soit à la leucoplasie qui ne fait pas partie intégrante du kraurosis, soit au lichen circonscrit, soit ahx brides cicatricielles, les faits décrits par les gynécologues sous le nom de kraurosis blanc.

En fait, la dénomination de kraurosis ne convient qu’aux faits dits de kraurosis sénile et de kraurosis post-opératoire.

Réduit à ces faits, le kraurosis constitue un type clinique très net; facile à reconnaître,. extrêmement fréquent, ou plus exactement un stade involutit des tissus avoisinant l’orifice vulvaire, résultant de la suppression des fonctions ovariennes soit par le fait de l’âge, soit par le fait d’une intervention opératoire.

Caractérisé à sa période d’état par une constriction plus ou moins considérable de l’orifice vulvaire, par une atrophie et un état lisse des téguments de la vulve dont l’aspect rappelle celui de la capsule de Glisson dans le foie gras, avec perte de leur élasticité, il est précédé par une période plus ou moins longue dans laquelle l’atrophie et l’état lisse de la muqueuse vulvaire existent seuls et sans coarctation de l’orifice (stade prékraurosique ou prés trie tarai)*

NÉOPLASIES CUTANÉES

Coïncidence de verrues planes du visage et des mains et de végétations des organes génitaux chez une même malade. Bulletin de la Société

française de dermatologie et de syphiligraphie , 9 novembre 1905, p. 267.

La coexistence des verrues vulgaires et des végétations est très fréquente ainsi que je l’ai constaté chez les malades de l’hôpital Broca, mais la coïncidence des verrues planes avec les végétations est assez rare pour qu’on la signale. La parenté de structure entre ces diverses formations, leur rapprochement en clinique incitent à admettre une communauté d’origine.

Cicatrices chéloldiennes de la région présternale consécutive à une cautérisation par la teinture d’iode. Bulletin de la Société française de dermatologie et de syphiligraphie, 14 janvier 1897, p. 11 •

THIBIERGE

Chéloïde récidivée après ablation chirurgicale. Bulletin de la Société française de dermatologie et de syphiligrap/iie, io novembre 1898, p. 388 .

Ces deux notes concernent une jeune fille atteinte de cicatrice chéloïdienne de la région sternale, c'est-à-dire du lieu d’élection des chéloïdes, consécutive à une brûlure au 2 e ou 3 e degré par de la teinture d’iode appliquée au moyen d’un tampon d’ouate fortement imbibé de teinture d’iode et laissé en contact prolongé avec la peau.

Le rôle de la teinture d’iode dans la production de la chéloïde a été nié. L’observation rapportée en démontre la réalité et le mécanisme.

La malade ayant consulté un chirurgien, celui-ci pratiqua l’ablation large de la chéloïde qui ne tarda pas à récidiver avec des dimensions plus considérables qu’avant l’intervention.

Ce résultat, fréquent et bien connu, méritait d’être rapporté, en présence de la vogue que tendait à reprendre à cette époque l’intervention chirurgicale dans les chéloïdes.

Xanthome tubéreux disséminé et généralisé avec hypercholestérinémie considérable. Bulletins et mémoires de la Société médicale des hôpitaux, 3 i mars 1911, p. 3 g 3 . (En collaboration avec M. Weissenbach.)

Cette observation apporte une confirmation aux recherches de MM. Chauffard et Guy Laroche sur la cholestérinémie dans le xanthélasma.

Il s’agit d’un homme de 27 ans, atteint d’une forme de xanthome tubéreux disséminé cliniquement identique au xanthome des diabétiques : l’analyse du sang, faite par M. Grigaut, a montré qu’il renfermait 5 gr. 75 de cholestérinémie (la normale est de 1 gr. 20 à 1 gr. 80); celle d’un nodule xanthomateux a montré que la cholestérine formait la plus grande partie du poids de ce nodule.

Corne èpithéliomateuse très volumineuse de la région frontale chez une femme âgée atteinte d’épithèliomatose disséminée du visage. Bulletin de

la Société française de dermatologie et de syphiligraphie, 9 juin 1898, p. 293.

Épithéliome plan cicatriciel du front. Annales de dermatologie et de syphiligraphie, avril 1911, p. 233 . (En collaboration avec M. Weissenbach.)

Épithélioma serpigineux de la région frontale; difficultés de diagnostic avec Une syphilide tertiaire. Bulletin de la Société française de dermatologie et de syphiligraphie, 12 avril 1894, p. 123 .

DYSTROPHIES PIGMENTAIRES

Sur les relations du vitiligo et de la syphilis. Annales de dermatologie et de syp/iiligrap/iie, 1905, p. 128.

L’étiologie du vitiligo reste complètement ignorée : sa coexistence avec les lésions nerveuses, avec le tabes, etc., a amené à penser à son origine syphilitique. Quelques auteurs en ont fait, sans preuve formelle, une manifestation de la syphilis; quelques-uns ne paraissent pas loin d’en faire un stigmate de la syphilis et de l’ériger en élément de diagnostic .de celte maladie.

J’ai eu l’occasion de rencontrer des lésions anciennes de vitiligo chez des femmes atteintes de syphilis récente, ainsi que j’en rapporte trois observations : à moins de faire de ces cas, qui ne sont pas exceptionnels, des cas de réinfection syphilitique, ce qui n’est pas admissible, il faut reconnaître que le vitiligo peut se développer en dehors de la syphilis.

Il est incontestable, d’ailleurs, que la syphilis peut provoquer la production ou au moins la localisation du vitiligo au voisinage de ses manifestations cutanées. Il est également certain—-et j’en rapporte un très bel exemple personnel — que les lésions syphilitiques papulo-tuberculeuses ou même ulcéreuses peuvent laisser après elles des surfaces décolorées, dont l’état cicatriciel extrêmement minime se confond avec celui de la peau normale et dont une pigmentation périphérique parfois très étendue complète la ressemblance avec le syndrome vitiligo : lorsqu’on n'a pas assisté à la phase initiale, on peut croire qu’il s’agit d’un vitiligo primitif. Enfin, comme dans un cas que j’ai observé avec M. Ravaut, la syphilide pigmentaire peut simuler de très près le vitiligo.

Les rapports du vitiligo et de la syphilis sont donc variables; mais ils sont souvent — le plus souvent même — nuis.

Du vitiligo. Semaine médicale, 28 octobre 1891, p. / 4 33 . ÉphélideS. Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales.

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