INTRODUCTION
Les travaux dont je vais faire l’exposé relèvent, pour la plupart, d’un domaine à la fois chimique et physiologique. Ils sont la conséquence, d’une part, d’une éducation chimique acquise à l’Ecole de chimie de la Faculté des sciences de Bordeaux, sous la direction des Professeurs Gayon et Dubourg, et complétée, à la Faculté de médecine, par les savantes leçons de M. le Professeur Denigès; d’autre part, d’une éducation physiologique, théorique et pratique, que je dois à mes excellents maîtres, le regretté Professeur Jolyet et M. le Professeur V. Pachon.
En février 1905, il y a donc vingt-cinq ans, je suis entré au Labora-
Aussi bien, les questions qui m’ont préoccupé sont-elles peu nombreuses, mais je suis de ceux qui pensent qu’actuellement, étant données les difücnltés techniques croissantes de la recherche, il faut savoir restreindre son champ d’action pour tracer un sillon plus profond que celui de nos devau-
L’enseignement a pris une bonne part de mon activité. Je me suis efforcé de le faire simple, utile, original, et capable, le cas échéant, d’attirer vers le laboratoire quelques esprits curieux.
A la Faculté de médecine, j’ai, tous les ans, depuis 1912, été chargé de quarante conférences sur les fonctions de nutrition. Au début de l’année 1922, le Conseil de la Faculté des sciences m’a délégué dans les fonctions de maître de conférences, en vue d’assurer l’enseignement du Certificat d’études supérieures de chimie physiologique, enseignement brusquement interrompu par le décès du Professeur Dubourg. J’ai eu ainsi l’occasion, pendant deux années, d’enseigner la chimie physiologique générale (30 conférences) et la chimie physiologique appliquée à l’étude des fermentations (30 conférences).
Le nombre des publications scientifiques en Chimie biologique et en Physiologie est actuellement si considérable que l’effort que doit fournir le professeur pour se tenir au courant augmente de jour en jour. 11 est bon que de temps à autre la mise au point d’une question vienne jeter un peu d’ordre
3T PHYSIOLOOIE CHIMIQÜE
chez les Invertébrés, j’ai pu en tirer des conclusions très générales.
Le foie des Vertébrés et l’hépato-pancréas des Invertébrés jouent dans les échanges azotés un rôle fondamental de régulation analogue à celui qu’ils exercent dans les échanges hydrocarbonés. La fonction hépatique de mise en réserve des matériaux azotés de la digestion, sous forme d’albumine de réserve, difficile à mettre en évidence chez les Vertébrés, apparaît nettement dhez les Invertébrés.
La fonction hépatique de fixation et de dégradation des acides aminés est générale pour toute la série animale. Par contre, le foie n’exerce aucune action sur les peptones. Chez les Vertébrés, la rate, accouplée au foie, fonctionne comme un centre d’amino-acidogénèse et de protéolyse.
L’étude de la répartition des corps azotés non protéiques dans le sang des Vertébrés et dans le liquide cavitaire des Invertébrés m’a permis de montrer que l’acide aminé représente l’élément azoté fonctionnel, comme le glucose est l’élément fonctionnel des glucides.
Au cours de mes investigations, j’avais eu l’occasion de remarquer l’extrême confusion de nos connaissances sur l’excrétion azotée des êtres inférieurs. J’ai poursuivi l’étude de cette question difficile, de 1923 à 1927, avec
l’espoir de découvrir quelque loi biologique d’adaptatiou; j’ai eu la satisfaction de voir cet espoir réalisé, ayant pu démontrer, après de nombreuses recherches, que les Invertébrés se séparent en deux groupes, suivant les conditions de leur vie.
Les Invertébrés aquatiques excrètent beaucoup d’ammoniaque et peu d’urée, alors que les Invertébrés terrestres excrètent peu d’ammoniaque, beaucoup d’urée ou d’acide urique. La transformation de l’ammoniaque, corps très sOluble, en acide urique, corps très peu soluble, est un processus général d’adaptation biochimique aux conditions de la vie terrestre. Le manque d’eau de circulation conditionne ce processus. Ces recherches, qui ont fait l’objet de ma thèse de doctorat ès sciences, ont retenu l’attention des biologistes, en particulier de M. le Professeur Munro Fox (de Birmingham), qui m’a demandé d’écrire, pour les « Biological Beviews » (de Cambridge), une revue sur l’excrétion azotée des Invertébrés.
Je poursuis actuellement mes recherches sur l’excrétion azotée des Vertébrés inférieurs. Dans une récente note, j’ai montré que les Poissons féléostéens excrètent beaucoup d’ammoniaque, comme les Invertébrés aquatiques.