Sur la valeur relative des amputations sus-malléolaire
tibio-tarsienne et sous-astragalienne. (Mém. de la Soc. de
chir ., 1873, t. VII.)
Couronné du prix Laborie,par la Société de chirurgie, en 1869, ce mémoire est basé sur l’analyse d’un nombre considérable d’observations empruntées surtout aux chirurgiens français. Non seulement nous étudions avec les statistiques la valeur relative de ces opérations, mais de plus nous discutons le mérite des méthodes employées. En effet, si la mortalité est peu modifiée par l’emploi de modes opératoires différents, il n’en est pas de même des résultats ultimes. Moins gravé pour la vie que les désarticulations tibio-tarsienne et sous-astragalienne, la section de la jambe au-dessus des malléoles permet rarement l’appui direct sur le plat du moignon; elle exige le port d’une jambe mécanique, et ne convient qu’aux riches et aux vieillards. Dans l’amputation sous-astragalienne, rarement pratiquée, les faits nous montraient la fréquence des échecs par la récidive de l’ostéite et la valeur ultime discutable.
En somme, l’amputation totale du pied avec le grand lambeau talonnier de Syme, ou la raquette de J. Roux, fournit les meilleurs résultats fonctionnels et les plus durables. La modification de Pirogoff paraît digne d’examen, mais à condition, comme nous l’indiquions déjà, de remplacer la section verticale du calcanéum par une section plane horizontale, ainsi que le professeur L. Le Fort et notre collègue Pasquier l’ont proposé à peu près en même temps.