ORIGINE DES GLOBULES SANGUINS
Chez les Crustacés Phyllopodes et Leptostracés, je n’ai trouvé ni organes globuligènes, ni jeunes globules circulant en voie de mitose ; j’ai seulement remarqué quelques formes d’amibocytes se multipliant par amitose.
Chez les Thysanoures, comme chez tous les Insectes, il n’existe pas d’organe globuligène. Il en est de même chez les Diplopodes. Dans ces groupes, les globules se reproduisent par divisions indirectes des jeunes amibocytes et par amitose des globules en voie d’évolution.
Chez tous les Crustacés supérieurs (à l’exception des Leptostracés), j’ai découvert des formations lymphoïdes représentant de véritables organes globuligènes analogues à celui décrit par M. CuÈNOT chez les Crustacés Décapodes.
Accessoirement,, les globules sanguins des Crustacés se régénèrent par mitose des jeunes globules circulants. J’ai trouvé ainsi des globules en voie de division indirecte dans le sang des Caprellides, des Gammarides, des Isopodes et des Décapodes. La multiplication des globules en voie d’évolution s’opère par des divisions indirectes dont j’ai constaté l’existence dans le sang de tous les Crustacés étudiés (à l’exception des Schizopodes).
Les organes globuligènes sont constitués par un tissu lymphoïde formé de jeunes cellules présentant les caractères des globules sanguins au premier stade de leur évolution, mais en étant
nodules qui sont maintenus en place par des fibres conjonctives pouvant former un réseau et allant s’insérer dans le tissu conjonctif ou sur les organes avoisinants.
Les organes globuligènes privés d’enveloppe propres sont disposés dans des sinus sanguins où ils sont arrosés par le sang veineux. Ce dernier entraîne les jeunes globules qui se détachent des formations lymphoïdes pour poursuivre leur évolution dans le liquide
Les cellules des organes globuligènes se multiplient uniquement par mitose. Quelquefois, on constate la présence de cellules lymphoïdes dégénérant sur place.
Les organes globuligènes des Crustacés .sont histologiquement
constitués sur le même type que celui des Décapodes. J’ai montré que M. C. Schneider s’est trompé en fournissant dans un traité classiqued’histologiecomparée, une description (accompagnéed’une figure) de l’organe globuligène de l’Ecrevisse autre que celle donnée par M. Cdénot ; il a pris, en effet, les culs de sac testiculaires pour des nodules lymphoïdes.
La mise en évidence des organes globuligènes ne peut se faire par dissection, sauf chez de gtandes espèces (Squilles) ; mais on les retrouve facilement sur des coupes sériées, sans qu’il soit néceS' saire de recourir à une technique spéciale.
Si les organes globuligènes des Crustacés présentent tous la même structure histologique, leur nombre et leur disposition sont des plus variables, suivant les groupes considérés :
Amphipodes. — Les organes globuligènes sont au nombre de deux. Ils sont disposés dans la région frontale, entre les deux yeux, au-dessus du niveau d’insertion des antennes de la première paire.
Chez les Gammarides, les organes en question (PL i, fig. a) sont formés par une mince lame de tissu lymphoïde ; ils se fusionnent dans la région médiane. Ils occupent une situation qui ne permet pas de les apercevoir facilement, car ils sont accolés à l’épithélium tégumentaire.
Chez les Caprellides, les organes globuligènes (fig. 3) forment. un manchon enveloppantdes invaginations tégumentaires qui jouent le rôle d’organes de soutien.
Le tissu lymphoïde des Caprellides et leurs formations de soutien avaient été autrefois aperçus par M. Meyer qui les prenait pour des glandes pourvues d’un canal excréteur débouchant au dehors.
Isopodes. — Les organes globuligènes (fig. 4) sont typiquement au nombre de trois paires (Cloportides). Ils sont suspendus au septum péricardique et disposés symétriquement dans la partie dorsale du sinus ventral, dans les sixième et septième anneaux thoraciques et le premier anneau abdominal.
Les Azellides et les Ancéides ne possèdent que deux paires
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