‹ Exposé des titres et travaux scientifiquesChapitre 10 sur 58 · TRAVAUX PERSONNELS · texte numérisé non relu

TRAVAUX PERSONNELS

Considérations générales sur la chirurgie des aliénés ;

But pratique et scientifique.

La chirurgie des aliénés s’applique à une catégorie très spéciale mais très étendue de malades. Son domaine doit, en effet, comprendre tous les psychopathes internés ou non, et c’est ainsi quelle intéresse à la fois le chirurgien général et le chirurgien d’asile. Elle représente un art et une science.

Sous le premier rapport, elle est comparable à la chirurgie des enfants qui est depuis longtemps l’objet d’un enseignement officiel. Lejeune âge crée en effet au chirurgien des difficultés cliniques particulières qui commandent des méthodes spéciales d’examen.

Chez les psychopathes, l’état mental crée egalement des difficultés cliniques et opératoires dont on ne peut triompher que par une éducation toute spéciale.

D’ailleurs, chez les aliénés comme chez les enfants, on rencontre un groupement de maladies spéciales qu’on no voit guère à l’hôpital, au moins avec celte fréquence. Ce sont les corps étrangers, les prolapsus de .l’intestin et spécialement du rectum, les suppurations péri-inlestinales, les luxations récidivantes de l’épaule, les fractures spontanées, les malforma-

lions des membres, elc..., affections sur lestiuelles mes élèves ont écrit une série de travaux insérés dans mon recueil annuel.

Envisagée au point de vue clinique, la chirurgie des aliénés et des psychopathes présente un intérêt véritable. Chez ces malades, en effet, tous les syndromes fonctionnels des affections chirurgicales sont déformés, parfois ils manquent complètement.

Aussi le chirurgien d’asile doit-il s’appliquer tout particulièrement à l’étude de la symptomatologie fonctionnelle.

Très négligée aujourd’hui en clinique generale, celle-ci domine toute la clinique des psychopathes et son étude exige des connaissances spéciales en psychiatrie.

Combien d’affections méconnues et qu’il faut dépister par des procédés spéciaux chez des malades à sensibilité diminuée, comme les paralytiques généraux ou simplement réticents, au cours de troubles mentaux divers, sous peine de laisser passer le moment opportun pour inlenenir.

D’autre part, combien ne faut-il pas tenir compte de certains étals mentaux (comme l’hystérie et l’hypocondrie) grâce auxquels les malades exagèrent les symptômes d’une affection légère ou les inventent meme, exposant ainsi le chirurgien à intervenir inutilement.

Vue alfection chirurgicale est nettement reconnue chez m psychopathe.

I! convient de l’opérer sans aggravation de l’état mental préexistant.

11 est une opinion erronée mais très répandue chez le médecin que louie affection chiruraicale chez 1 aliéné appelle une intervention sanglante qu’il convient de pratiquer, sans tenir compte de l’étal mental du sujet.

L’étude des psychoses post-opératoires prouve siiflisammont qu’on ne touche pas impunément aux psychopathes.

I/élat cérébral du sujet peut en effet comme tout état viscéral donner lieu, sauf en cas d’urgence, à des contre-indications opératoires.

L’étude de celles-ci constitue un important chapitre de la chirurgie des aliénés.

L’intervention est décidée.

1° La question de l’anesthésie doit tenir la première place dans les préoccupations du chirurgien.

2° Les opérations simulées doivent également être envisagées.

5" Quant au choix du traitement, il soulève de nombreux et délicats problèmes. Celui-ci doit varier pour une même affection selon la forme mentale. Tantôt le chirurgien doit recourir aux divers procédés de la méthode conservatrice, tantôt au contraire à la méthode sanglante. Enfin la technique opératoire, si le chirurgien s’est décidé à l’opération, doit varier de même selon la forme mentale.

A° Enfin il faut connaître les soins consécutifs tout à fait spéciaux qu’il convient de donnera ces malades.

l'ar l’exposé qui précède, on voit que la chirurgie des aliénés intéresse tout spécialement le chirurgien.

Son étude le met à même d’éviter des erreurs de diagnostic chez les psychopathes à symptomatologie fonctionnelle amplifiée ou d’intervenir en temps utile chez des malades dont l’état mental annihile toute symptomatologie.

Elle lui permet en outre de connaître les contre-indications opératoires tirées de l’état mental du malade et par conséquent de limiter le nombre des psychoses post-opératoires.

Une fois l’intervention décidée, elle guide encore le chirurgien dans le choix de la méthode et du procédé, et l’éclaire sur les soins consécutifs qui convieiinenl à chaque malade.

On voit d’après ce qui précède que, par les multiples questions qu’elle soulève au point de vue pratique, elle exige de celui qui veut s’y adonner une éducation toute spéciale et qu ainsi elle mérite de devenir à notre époque une branche intéressante de la chirurgie au meme titre que la chirurgie des enfants.

En dehors de ses applications pratiques, la chirurgie des aliénés mérite encore une place parmi les sciences médicales.

Les études de pathogénie y tiennent une place importante, pathogénie des psyeliosos post-opératoires, des psychoses puerpérales, des psychoses traumatiques, genèse périphérique des psychoses (étude du rôle de l’utérus, de l’intestin, de l’appendice et des viscères, en général, dans la production du délire).

Ces éludes sont comprises dans une série de chapitres dont on verra les litres correspondants dans l’exposé qui va suivre.

Mes études personnelles représentent, depuis l’année! 898,88 mémoires, études générales, leçons, rapports et notes.

Dans la même période mes élèves et collaborateurs ont publié, sur la chirurgie des aliénés proprement dite, 20 travaux dont 12 thèses de doctorat.

Les travaux du Pavillon de chirurgie comprennent encore 03 mémoires, dont 3 thèses de doctorat, publiés par mes élèves et par moi-même sur des sujets divers de chirurgie générale intéressant spécialement les aliénés.

Nota. — Ces travaux

contenus dans 8 volumes de 300 pages.

collègue des hôpitaux, Chapul, de venir la voir et de tenter une opération. Après une première tentative infructueuse, il réussit à la guérir définitivement. Dès ce jour son état moral s’améliora rapidement et elle put au bout de quelques semaines quitter l’asile complètement guérie.

Nota. —Il s’agissait d’une névropathe avec antécédents héréditaire.?.

2” J’ai cité à la Société de chirurgie l’histoire d’un malade chez lequel une cystotomie sus-pubienne avait produit un état semblable qui l’avait amené à Ville-Évrard dans le service do iM. Marandon. ba guérison de la fistule amena le même résultat que précédemment et le malade put quitter l’asile complètement guéri.

T>° J’ai eu l’occasion d’observer à l’asile de Vaucluse un pauvre homme qui avait subi, dans un grand hôpital de Paris, une résection de l’épaule, probablement pour une scapulalgie tuberculeuse ; il persistait en efièt, plusieurs mois après l’opération, des trajets fistiilcux qui lournissaient une quantité notable de pus et dont l’existence était pour le malade la cause d’un réel chagrin. Mais, de plus, cet homme présentait une double cataracte qui le privait absolument de toute vie sociale. 11 était tombé dans un état de mélancolie anxieuse qui l’avait conduit îi l’asile.

Sur ses instances pressantes, je l’opérai.

L’état mélancolique prit fin ; le malade quitta l’asile guéri.

2. — De l'assistance chirurgicale des aliénés dans les asiles publics du département de la Seine.

[Revue philanthropique, iO décembre 18t)9.)

Dans celte étude je me propose de faire connaître l’assistance chirurgicale des aliénés ainsi que ! organisation du .service de chirurgie dans les asiles.

Ce travail comprend trois chapitres :

Dans le premier chapitre j’étudie l’historique de la question. Celui-ci comprend deux périodes.

La première correspond aux obstacles divers qui se sont opposés long-

4. — La Chirurgie des aliénés envisagée au point de vue légal et administratif. Congrès international d’assistance publique et de bienfaisance privée.

(2* Seclion, 1900.)

J’ai repris celle qucslion au Congrès international d’assistance publique et de bienfaisance privée en 1900.

Page 1