Sur une série de traumatismes crâniens
(Soc. de chir., 1909.)
Dans le deuxième travail publié deux ans après (1909) je reprends la même question îi la Société de chirurgie, dans un long rapport basé sur 7 observations de mon élève Baudet, chirurgien des hôpitaux.
5. — A propos des indications opératoires dans les traumatismes crâniens.
(Soc. de chir., 1909.)
La môme année, à la Société de chirurgie, à propos des communications de Championnière et de Auvray, j’envisage spécialement parmi les accidents éloignés du traumatisme la paralysie générale traumatique. Je me
suis appliqué à monlref qu’on pouvait aujourd'hui concilier la notion du Iraumatismc avec les acquisitions actuelles sur la paralysie générale.
6. — Contribution à l’étude des épanchements sanguins intra-crâniens.
En 1910, à la Société de chirurgie, à propos d’une observation de mon élève Baudet, de deux observations personnelles et d’une observation de M. Darde, médecin de l’armée, j’étudie les épanchements sanguins intracrilniens au point de vue du diagnostic et du traitement. Je montre, en m’appuyant sur ces observations el celles très nombreuses publiées à l’étranger, combien le diagnostic est délicat, et cependant combien il est nécessaire à élablir pour intervenir à temps et éviter les accidents tardifs.
J’ai insisté également sur la nécessité, quand le malade est guéri chirurgicalement, d’établir le déficit démentiel précoce (nouveau document de pronostic éloigné).
J’ai, dans ce but, proposé à la Société de chirurgie un questionnaire qui permet d’étudier rapidement le mécanisme cérébral et de voir ainsi les modifications susceptibles de se manifester dans le domaine de l’intelligence, du sentiment et do la volonté.
7. — Traumatisme crânien. Épilepsie consécutive. Interventions multiples.
(Soc. de chir., 1910.) (Présentation du malade.)
Histoire d’un malade atteint d’un traumatisme crânien et qui a subi une série d’interventions inutiles, parce qu’on n’a pas tenu un compte suffisant des éléments multiples du problème.
A défaut de rensoignemont précis du côté des parents, il faut rechercher chez le malade l’existence de crises antérieures au traumatismc-
I/existence de cicatrices, leur siège et leurs caractères peuvent fournir des données précieuses.
,1’ai examiné dans ce but 72 épileptiques dans le service de M. Boiidrie il Ville-Evrard et j’ai classé en plusieurs catégories les cicatrices observées chez les malades.
J’ai fait une enquête semblable à la Salpêtrière, dans le service de M. Vurpas, surl83 épileptiques.
Ces recherches m ont démontré que ces cicatrices sont ordinairement postérieures à la première attaque, qu’elles n’ont pas l’importance que leur accordent les chirurgiens et qu’en conséquence la majorité de ces malades échappent à la chirurgie, contrairement h une opinion trop facilement admise.
En dehors de ces épileptiques traumatisés, l’epilepsie traumatique présente des points intéressants à envisager.
l'our beaucoup d’auteurs, l’hérédité y joue encore un rôle ; c’est h elle que les malades atteints de traumatismes crilniens emprunteraient une susceptibilité nerveuse spéciale.
Je me suis appliqué à démontrer que, malgré les auteurs, la prédisposition héréditaire tient une place trop grande dans la palhogénie de l’épilepsie traumatique et ne saurait seule expliquer les récidives qu’on observe si fréquemment après les interventions. lei, la doctrine de l’hérédité se heurte aux notions anatomo-pathologiques. Il convient, en effet, de tenir compte des lésions contemporaines du traumatisme qui « créent le terrain acquis de prédisposition ».
Les observations histologiques sont encore peu nombreuses, mais il faut espérer que les progrès incessants de la technique fixeront un jour la nature exacte des processus post-traumatiques.
Pour le moment, une thérapeutique bien conduite et une technique rigoureuse peuvent seules nous montrer dans le cas de lésions circonscrites la part qui revient dans les récidives h l’hérédité.
Les statistiques récentes montrent combien ces prévisions sont justifiées.
Dans une deuxième partie, je me suis appliqué à l’étude de quelques points relatifs au diagnostic de l’épilepsie traumatique.
J’ai particulièrement insisté sur les difficultés du diagnostic entre l’épilepsie vraie (traumatique ou spontanée) et l’ictus paralytique et aussi entre la démence paralytique et épileptique.
l/observation prolongée peut permettre d’éviter l’erreur dans un certain nombre de cas.
J’ai cité à cet égard quelques observations intéressantes empruntées à la pratique de nos collègues.
Mais on risque alors, à attendre, de laisser passer le moment opportun pour intervenir utilement.
C’est alors que l’examen cytologique du liquide céphalo-rachidien peut rendre de signalés services. 6 cas dont 2 personnels, ha radiographie peut en outre fournir i l’ohservation clinique un complément utile. J’y ai eu recours dans un certain nombre de cas. Même quand elle est négative, elle donne au diagnostic sa véritable direction. Parfois elle est positive. Un cas personnel.
e de traumatismes récents
Analyse de six cas nouveaux do traumatismes crâniens adressée à la Société de chirurgie par le médecin principal Darde, de Fontainebleau.
Il — Des troubles de la mémoire dans les traumatismes crâniens.
{Soc. de chir., juillet 1912.)
Nota. - Ce travail est destiné à fournir un document à l’étude clinique des troubles psychiques consécutifs au traumatisme.
C’est à propos d’une communication de notre collègue Tuffier sur les troubles de la mémoire consécutifs aux traumatismes crâniens que j’étudie dans ce travail quelques points particuliers de cette question.
Tout d’abord, j’y expose mon opinion sur le mode d’adaptation et d’utilisation de la psychologie à la patliologie chirurgicale.
Selon moi, le chirurgien doit voir dans la psychologie une branche de la physiologie, c’est-à-dire une science utilitaire complètement distincte de la métaphysique. Mais comment fixer le rapport de la psychologie avec la pathologie? Le psychologue s’appuie sur le fait pathologique pour déterminer le mécanisme normal de la conscience.
11 remonte ainsi de la psychologie pathologique à la psychologie
Le pathologiste, au contraire, doit, à mon avis, suivre une voie inverse, c’est-à-dire s’appuyer sur la psychologie normale pour écLiirer le fait pathologique. Il devra donc tout d’abord, contrairement à Tuffier, envisager le mécanisme de la mémoire à l’état normal pour arriver à comprendre Tamnésie, à limiter son domaine et à distinguer-les formes
Dans cette étude, je rejette la mémoire organique, admise par quelques chirurgiens, pour n’envisager que la mémoire psychique, c’est-à-dire consciente et dont je rappelle les éléments.
Dans l’étude de l’amnésie traumatique, il faut encore, pour faire œuvre utile, se limiter à l’amnésie globale du souvenir.
Quoi qu’il en soit, deux conditions sont nécessaires pour constituer l’amnésie traumatique vraie :
1° L’intégi'ité du fo"ct-on"emenl ''ci-ébi'al au moment du traumatisme; 2° son intégrité après, en dehors de l’amnésie.
Sous le premier rapport, il convient d’établir que 1 amnésie qui survient après le traumatisme relève directement de celui-ci et non pas d’une maladie antérieure ou contemporaine du traumatisme (amnésie liée à l’hystérie et à l’épilepsie).
En pratique, il faut donc établir si la chute est due à un ictus épileptique et si l’amnésie constatée est due au traumatisme ou à l’épilepsie.
Dans mes études sur l’épilepsie, j’ai montré les difficultés à élablir les antécédents personnels ou héréditaires des malades.
I/amnésie traumatique toutefois a des caractères qui poimetteiit de la reconnailre dans le groupe des amnésies spontanées.
La localisation chronologique de l’amnésie a, d’ailleurs, une importance spéciale.
D’une façon générale, le type de l’amnésie simple est l’amnésie épileptique ; le type rétrograde est particulier au traumatisme et le type antérograde à l’hystérie.
Il existe toutefois des exceptions que je mentionne dans mon travail et dont il faut tenir compte en pratique.
Au point de vue de la qualité psvcholomque. l’amnésie rétrograde et antérograde sont, d’après les auteurs, des amnésies d’évocation.
Quant à l’amnésie de fixation signalée par les auteurs, je me suis appliqué à démontrer que l’amnésie n’est qu’apparente et qu’elle doit rentrer dans le cadre de la confusion mentale. Je pense qu’il en est le plus souvent de même de l’amnésie antérograde et c’est ce ijui explique selon moi la bénignité plus grande de celte variété. J’ai publié plusieurs observations qui me paraissent conv.iincantes-
L’origiue de l’amnésie a retenu mon attention.
S agit-il, en effet, d’un trouble fonctionnel, comme l’émotion invoquée par quelques auteurs, ou d’un trouble organique?
Or, en ce qui concerne l’amnésie rétrograde, il est des cas où elle se produit à la suite de lésions-graves du crâne ou de l’encéphale. Il est alors naturel d’admettre des destructions cellulaii-es et de ranger les amnésies dans le cadre dos amnésies organiques ou destructives.
Mais il convient, dans les traumatismes léfrers, d’envisager les troubles de circulation cérébrale consécutifs au traumatisme.
Dès tors, en s’appuyant sur l’bypolbèse bylozoïste, tout peutse ramener pour la mémoire comme pour tous les modes de l’activité intellectuelle aux altérations des cellules et de leurs propriétés.
Je montre à la fin de ce travail l’intérêt qui s’attache à l’étude des troubles intellectuels dans les traumatismes crâniens. Les formes cliniques constituent un cadre trop étroit ; tous les éléments cliniques sont loin d’être utilisés.
L’anatomie pathologique, qui se constitue chaque jour au cours des opérations, déborde actuellement la clinique en montrant au chirurgien des lésions dont la symptomatologie n’est pas faite.
Peut-être un jour, les troubles de l’intelligence fourniront, comme les troubles sensitivo-moteurs et sensoriels, au chirurgien, d’utiles indications opératoires.