‹ Exposé des titres et travaux scientifiquesChapitre 3 sur 7 · ET PATHOGÉNIE DU LYMPHADENOME GANGLIONNAIRE · texte numérisé non relu

ET PATHOGÉNIE DU LYMPHADENOME GANGLIONNAIRE

cellulaire, un assez grand nombre de cas de lymphadénome.

Cette étude nous a permis de distinguer, dans le groupe encore confus du lymphadénome, trois variétés de tuméfactions ganglionnaires :

1° Des adénites infectieuses chroniques, banales, dont j’ai publié une observation avec M. Jacobson ;

2° Des lymphomes tuberculeux ;

3° Le lymphadénome ganglionnaire proprement dit, qui ne présente aucune des réactions et des altérations cellulaires que nos recherches nous ont montrées être caractéristiques du ganglion infectieux. La théorie infectieuse ne nous semble pas pouvoir expliquer la genèse de ce lymphadénome.

Au point de vue anatomique, on peut en distinguer deux formes :

1° Le lymphadénome typique, qui est caractérisé par la présence de cellules lymphatiques du type normal et par sa tendance à la général^ sation à tout le système hématopoïétique. Ce groupe rentre dans la lymphadénie leucémique ou aleucémique ;

2° Le lymphadénome métatypique, qui est caractérisé par la présence de formes cellulaires anormales, dérivées des cellules fixes et mobiles des organes lymphatiques. C’est l’examen hématologique qui permettra de faire le départ des faits qui appartiennent au sarcome ou à la lymphadénie.

LEUCÉMIE LYMPHATIQUE

Les deux cas de leucémie lymphatique dont j’ai publié l’observation complète, clinique, hématique et histologique, peuvent servir de base à l’étude anatomique de cette affection. J’y ai montré que la transformation lymphoïde du sang-était en rapport avec une transformation et une hyperplasie lymphoïde de tous les organes hématopoïétiques.

Non seulement les ganglions, la rate sont transformés en une masse de tissu lymphoïde indifférente où l’on ne retrouve plus l’architecture normale [de l’organe, mais ce tissu lymphoïde a également envahi la moelle des os, le foie et le rein. La localisation des lymphomes m’a fait admettre que, contrairement à l-opinion de M. Ranvier et à l’opinion d’Ehrlich, leur production n’est pas due à des embolies métastatiqùes dè leucocytes, parties dés ganglions, mais à une hypergénèse simultanée du tissu lymphoïde, qui existait à l’état rudimentaire dans tous les organes. C’est cette opinion, admise par M. Dominici, que j’ai développée avec M. F. Bezançon dans \s Traité d'Hématologie.

glions lymphatiques. La rate, pas plus que le ganglion, ne produit de polynucléaires à l’état normal ; elle est tout entière un organe lymphoïde. Mais il n’en est plus de même dans les infections.

Les corpuscules sont plongés au sein d’une nappe réticulée diffuse, en continuité avec les cordons de la pulpe. Cette nappe réticulée, dont l’existence avait échappé jusqu’ici aux anatomistes, présente une grande importance ; elle est capable de donner naissance, au cours des infections, à des leucocytes polynucléaires.

C’est la région de la rate où se produisent les réactions myéloïdes, où naissent des cellules analogues à celles de la moelle des os (leucocytes mononucléaires et polynucléaires à granulations éosinophiles ou neutrophiles, globules rouges à noyau).

Dans les infections expérimentales et humaines, la rate réagit de deux façons différentes :

1° Le plus souvent, elle réagit simplement comme un tissu lymphoïde ; dans les corpuscules naissent des lymphocytes ; dans la pulpe se font une destruction et une phagocytose très actives des hématies et des leucocytes ;

2° Quelquefois, dans certaines infections en particulier (variole), la rate réagit comme un tissu myéloïde et donne naissance à des cellules semblables à celles de la moelle des os (myélocytes, globules rouges nucléés), qui peuvent passer dans la circulation sanguine avant de s’être transformées en cellules adultes (polynucléaires, hématies anucléées).

De nos études anatomiques et expérimentales, il résulte que la rate est, ainsi que l’a vu également M. Dopiinici, un organe intermédiaire par sa structure et ses fonctions entre les ganglions lymphatiques et la

Page 1