‹ Exposé des titres et travaux scientifiquesChapitre 16 sur 21 · SS'S 1200 54'5 1450 59= 1560'61'5 1380 58'= 1790 G · texte numérisé non relu

SS'S 1200 54'5 1450 59= 1560'61'5 1380 58'= 1790 G

117» jour. 1480 62 1610 60 2005 63 5 2060 66 5 1560 61 5 2340 67 5

Au 94" jour, nous laissons la femelle O particulièrement atteinte se rétablir sans nouvelle’injection; nous voyons, entrois semaines environ, son poids monter de 1.370 grammes à 1.610 grammes, mais surtout nous constatons pendant cette courte période une augmentation de longueur totale de 3 centimètres, augmentation qui s’est continuée ultérieurement.

Au total, nous avons observé un retard de croissance très net, marqué par la différence des poids et surtout des longueurs comparativement aux témoins de même portée; certains intoxiqués ont cessé de croître définitivement, ont dépéri et ont succombé; chez certains autres, après cessation de l’intoxication, nous avons noté une reprise de la croissance. Ces animaux devenus adultes n’ont pas atteint tout à fait la taille des témoins qui, dans nos séries, reste supérieure de 1 à 5 centimètres.

Les intoxiqués peuvent, en définitive, se classer en 3 catégories.

1“ Intoxication trop grande : l’animal cesse de croître et succombe ordinairement ;

2» Intoxication légère : ralentissement du développement pendant la durée de l’intoxication ;

30 Entre les deux, intoxication moyenne ; état stationnaire ou accroissement extrêmement lent, reprise de la croissance après cessation de l’intoxication, mais sans atteindre la taille moyenne des adultes.

Nous avons cherché sur quelle partie du squelette portait ce déficit, d’abord chez des animaux en cours d’intoxication, ensuite chez d’autres animaux ayant présenté une reprise de croissance après cessation de l’intoxication.

Les os ne présentent aucune déformation, aucun indice de rachitisme, aucune modification à l’examen du cartilage de conjugaison.

La radiographie, pratiquée par M. le Professeur adjoint Guilloz, confirme l’absence de modification structurale. Elle montre, de plus, que le degré d’opacité des os des intoxiqués et celui des os des témoins sont identiques, ce qui permet d’affirmer une calcification égale dans les deux séries.

Les os des membres ne montrent pas de proportion anormale d’un segment par rapport à la taille de l’animal; s’il y a des différences, elles sont insignifiantes, non constantes, et paraissent relever de dispositions individuelles; on est autorisé à conclure que l’arrêt de développement du squelette est constitué par un simple ralentissement de la croissance, qu’on peut légitimement attribuer à une inhibition exercée par l’intoxication sur les phénomènes de division cellulaire. La possibilité de la reprise de croissance, après la cessation de l’intoxication (quand celle-ci n’a pas été poussée trop loin), confirme cette interprétation.

D’autre part, le développement des organes génitaux, mâles ou femelles, après avoir subi un arrêt ou un retard (comme cela résulte de nos mensurations), a repris son cours chez les animaux qui ont grandi après la cessation de l’intoxication; ce développement retardé s’est effectué normalement. Chez les animaux longuement intoxiqués qui ont succombé, il n’existe pas de lésions scléreuses ou dégénératives, mais une simple persistance des caractères infantiles.

Résumé des constatations :

Première série. — Les organes génitaux externes des lapins A et B ne présententplus le mêmeaspeot que ceux desautres môlesde la série dès le soixan-

tièmejourdel-intoxioationlqui n’est plus continuée ensuite que cinquante jours environ). Deux mois après la cessation (l’animal ayant environ huit mois et demi), la verge atteint à peine 15 millimètres, la verge et le gland des témoins’ étant parfaitement développés. C’est seulement quatre mois après la suspension de l’intoxication que l’animal complète sa croissance, acquiert une verge normale et féconde une femelle.

Deuxième série. — Même arrêt de développement des organes génitaux très marqué chez les lapins H et I, dont l’intoxication a été poussée jusqu’à la mort. A ce moment, ils pèsent .875 grammes, 882 grammes (le témoin pesant 1.965 grammes); la verge mesure 10 millimètres (celle du témoin 25 millimètres), leurs testicules ont un diamètre de 3,5 à 4 millimètres), tandis que ceux du témoin mesurent 9 à 10 millimètres de diamètre. L étude microscopique de la glande testiculaire des intoxiqués nous révèle des différences très nettes par rapport à celle du témoin : canaux seminifères très petits avec une ou deux assises cellulaires; cellules arrondies, bien colorées ; aucune tendance à une réaction conjonctive soit dans la glande, soit autour des vaisseaux. Les canaux du testicule du témoin ont, par contre, un diamètre trois fois supérieur, contiennent plusieurs assises cellulaires et, dans la lumière, des spermatozoïdes très nets.

Troisième série. — Les organes génitaux internes ne sont nullement développés chez la femelle N, tuée un peu plus de six mois après le début de l’intoxication (à l’âge de 9 mois et demi), les ovaires mesurent 11 millimètres de longueur sur 4 millimètres de largeur, les trompes sont flliformes, les comee utérines ont 2”“,5 de largeur à leur origine; le vagin est minuscule, transparent. Par contre, la femelle O de la même série, tuée six mois plus tard, n'ayant subi aucune injection dans cet intervalle, avait repris sa croissance normale ; les organes génitaux internes avaient presque atteint leur entier développement. Les mâles, dans cette série se sont comportés comme dans la première série.

L’étude de la thyroïde, du thymus, des capsules surrénales ne nous offre pas de constatation intéressante ; il n’y a pas de différence tranchée entre les organes des intoxiqués et des témoins, aucune de ces glandes, pas plus que les grands viscères, n’a été

trouvée scléreuse, à quelque degré que ce soit.

Des lésions d’athérome aortique à des degrés divers (voir page .58") ont été notées sur quatre de nos animaux; aucun rapport déterminé ii’a pu être établi entre ces lésions inconstantes et variables et les troubles de croissance.

Le retard ou l’arrêt de développement ne porte donc pas spécialement sur tel ou tel système, sur tel ou tel viscère ; il ne s exerce pas spécialement par l’intermédiaire de l’un ou l’autre des organes qui influencent la croissance. On peut conclure à une inhibition exercée par l’intoxication sur les processus de division cellulaire,

Rapprochant ces expériences des faits cliniques et de celles de divers auteurs (Charrin, Gley, Le Play, L. Spillmann, Fleig, etc.), nous avons été amenés à conclure à l’importance de l’influence exercée par les intoxications sur le développement de l’organisme,' soit qu’elles aient agi sur les géniteurs, soit qu’elles aient intéressé l’individu lui-même.

11 nous semble que cette donnée est suffisante pour que la classification nosologique doive comprendre un chapitre spécialement consacré au « nanisme d’origine toxique », le mot étant pris dans son sens le plus large.

La notion du nanisme toxique (pour employer l’abréviation en usage pour d’autres variétés) peut permettre de classifier la plupart des cfis à étiologie indéterminée.

Cliniquement, ce nanisme paraît se caractériser essentiellement par l’absence de déformation et de caractères spéciaux, par l’arrêt de développement pur et simple, portant en bloc sur les divers tissus et organes.

Si l’intoxication cesse assez tôt pour que le développement reprenne son cours, les sujets n’arrivent pas à la taille moyenne des adultes. De même si l’intoxication légère, mais longtemps continuée, a ralenti longuement la croissance.

En parlant des animaux trop petits pour leur âge, mais non déformés, que donne l’expérimentation, on ne peut s’empêcher de penser aux « hommes en miniature » à la description desquels Lorain a attaché sôn nom. Le nanisme toxique et l’infantilisme de Lorain ont certainement plus C[u une analogie; sans doute, l’importance étiologique des facteurs antérieurement décrits, et particulièrement de la syphilis, laissé bien loin derrière elle celle des intoxications ; mais ces dernières, quand on les recherchera systématiquement, devront être incriminées dans bon nombre de cas ne relevant d’aucune autre cause évidente ; et ainsi on substituera . une notion positivé àl’ancienne formule : « étiologie incertaine ». D’autre part, il est permis de se demander si certains « hypotrophiques » ne méritent pas de rentrer dans la même catégorie' de malades, ^

fî. — ACTION DÉFENSIVE DU CORPS THYROÏDE CONTRE LES INTOXICATIONS

1“ Arséniate de soude.

Moindre résistance des lapins thyroïdectomisés à l’intoxication par l’axséniate de soude (avecM. P. Jeandelizb). Deux notes [n“‘120etl21]-

11 existe un certain nombre d’expériences réalisées par MM. Abelous, Renardi, Diez et Lerda, etc., en vne de savoir si la glande thyroïde possède un pouvoir antitoxique ; mais, à notre connaissance du moins, ces travaux n'ont pas porté sur les composés minéraux. M. Jeandelize et moi avons eu l’idée de faire des recherches dans ce sens (au laboratoire de thérapeutique de M. le Professeur J. Schmitt) et nous nous sommes demandé d’abord quelle est la résistance des animaux thyroïdectomisés, à l’égard des arsénicaux. N’était-on pas, en effet, amené tout naturellement à cette recherche en pensant aux travaux si importants de M. A. Gautier concernant l’arsenic du corps thyroïde? Comme type d’intoxication, nous avons choisi celle par l’arséniate de soude; l’animal en expérience était le lapin. Dans les différentes thyroïdectomies, l’ablation du corps thyroïde a toujours été complète et les parathyroïdes externes ont été respectées.

Trois séries d’expériences comprenaient : la première un animal thyroïdectomisé et un témoin, la deuxième deux thyroïdectomisés et un témoin, le troisième trois thyroïdectomisés et trois témoins. Opérés et témoins étant respectivement de même portée.

Nous avons cherché à réaliser un type d’intoxication par injec-

tions sous-cutanées d’une solution aqueuse d’arséniate de soude pouvant tuer en l’espace de quelques jours; nous avons ainsi introduit à chaque injection une dose correspondant à 1 centigramme pour 500 grammes de lapin ; et toujours la dose injectée a été rigoureusement proportionnelle aux différents poids que les animaux, témoins et thyroïdectomisés, ont présentés, soit au début, soit dans le cours des opérations. Dans la troisième série, l’intoxication a été plus rapide que dans les deux autres, et en quelque sorte massive.

Ces différentes expériences nous ont montré nettement que les lapins thyroïdectomisés subissent un abaissement de température plus vite que les témoins, lorsqu’ils sont soumis à l’intoxication par l’arséniate de soude, et que la mort survient plus rapidement chez eux.

De plus, les thyroïdectomisés et les témoins ont présenté, outre riiypothermie, d’autres symptômes morbides (parésie, inappétence, diarrhée, amaigrissement); mais, chez ces derniers encore, ces symptômes ont été moins manifestes et plus tardifs que chez les premiers. Les lapins thjjroïdectomisés sont donc beaucoup plus sensibles que les lapins normaux à l'intoxication par Varséninte de soude.

Les expériences qui ont fait l’objet de la seconde note ont les mêmes bases que celles relatées dans la communication précédente.

Toutefois, aux animaux témoins nous avons fait subir un choc opératoire analogue à celui des thyroïdectomisés en faisant un simulacre de thyroïdectomie. Nous mettions le corps thyroïde à découvert, nous le détachions de la trachée et de ses connexions conjonctives, en le laissant toutefois en place et en lui conservant ses attaches vasculo-nerveuses. Ce simulacre de thyroïdectomie a été réalisé pour mettre autant que possible les animaux dans les mêmes conditions.

Deux séries d’expériences comprenaient : la première deux lapins thyroïdectomisés et un témoin de même portée, la seconde un thyroïdectomisé et un témoin également de même portée.

Ces nouvelles expériences confirment les conclusions apportées dans notre première note.

Voici, à titre d’exemple, l’évolution des températures dans la première série.

Isrjour: 1" injection 2' jour : 2' injection 3' jour.

5” jour : 3" injection 6' jour : 4' injection 7' jour : 5' injection.

Ces expériences, rapprochéesde divers faits cliniques, nous oui fait conclure au Danger possible delà médication arsenicale chez les insuffisants thyroïdiens [n» 140]. Voir : Thérapeutique.

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