RECHERCHES CLINIQUES ET SCIENTIFIQUES
Nos recherches hydrologiques, dont on trouvera la bibliographie à la fin de l’énumération de nos travaux, dans la première partie de cet exposé, ont porté surtout sur les cures de diurèse et aussi sur l’action thérapeutique des Eaux de Vichy.
Nous mentionnerons brièvement ici la série des travaux que nous avons publiés, notamment en collaboration avec le Professeur Gilbert, sur les troubles du débit urinaire et les cures de diurèse qui s’y appliquent et en découlent, en particulier dans les affections hépatiques.
Il résulte de ces recherches qu’il.existe, notamment au cours du syndrôme d’hypertension portale, un retard d’élimination de l’eau absorbée, connu, depuis
Ce retard du transit aqueux tient, dans les affections hépatiques, en partie è la congestion de l'intestin et à la barrière porto-hépatique, en partie aussi à l’hypotension artérielle, qu’avec M. Gilbert et M. Garnier nous avons signalée et dont nous avons ensuite étudié le mécanisme au cours de l’hypertension portale, enfin à la congestion des anastomoses porto-rénales, qu’après Lejars, nous avons décrites en détail. Nous avons montré de plus que l’opsiurie, bien
seaux, du rein et des tissus, chaque fois que le métabolisme aqueux de l’organisme se trouve troublé. Nous avons réussi à la reproduire expérimentalement chez le chien en élevant la pression de la veine porte et nous l’avons fait disparaître en faisant baisser celle-ci, notamment à la suite de l’opération de Talma.
Or, dans la station debout, ainsi que sous l’influence de l’absorption massive d’eau, ce retard s’exagère encore, comme nous l’avons démontré non seulement cliniquement mais encore expérimentalement dans une série de ligatures pro-
Un certain nombre d’épreuves, que nous avons décrites dès 1905, mettent bien en valeur ces phénomènes chez certains malades.
c) Application des recherches précédentes à l'Hydrologie.
C’esl de ces recherches qu’ont découlé, du fait d’études consécutives de nombreux médecins de station de diurèse, des notions très précises sur la façon dont doivent être conduites certaines cures. Il parait indispensable, en effet, et c’est là une règle presque partout admise maintenant, que la cure de diurèse soit faite, pour réussir complètement, en position couchée et avec absorption
bilité de l’acide urique après ingestion d’eau alcaline, et relaté en détail les travaux de Desgrez, Bierry et Rathery qui éclairent d’un jour nouveau la question de l’action chimique profonde que les eaux de Vichy jteuvent avoir sur les calculs uriques et oxaliques.
Il résulte de cette étude pathogénique que le traitement à Vichy ne doit pas être compris seulement comme une cure superficielle de lavage, de châsse urinaire, mais bien comme une thérapeutique modificatrice du terrain lithiasique.
Nous avons abordé ensuite les indications de la cure de Vichy dans la lithiase urinaire. Elle peut être isolée, lorsqu’il s’agit d’états prélithiasiques ou de lithiase au début, lorsque surtout il y a bilithiase, c’est-à-dire coexistence de lithiase urinaire et de lithiase biliaire, toutes [réserves étant faites sur les complications vésiculaires ou rénales qui peuvent interdire un traitement hydro-
La cure à Vichy sera, au contraire, associée aux eaux de lavage telles que ' Vittel, Contrexéville et Evian, voir même Saint-Nectaire, Royat ou La Roche- Posay, dans les cas de syndrome entéro-rénal ou de lithiase phosphatique nécessitant une cure de diurèse auprès de sources faiblement minéralisées.
Les contre-indications de la cure des lithiasiques urinaires à Vichy sont les grandes hypertensions, les hématuries, les œdèmes et les troubles cardiaques.
Nbus avons insisfé ensuite sur la manière dont il convient de conduire la thérapeutique hydro-minérale de la.lithiase urinaire à Vichy. Après avoir rappelé nos travaux avec le professeur Gilbert sur la nécessité du clinostatisme et de l’absorption fractionnée des liquides dans les cures de diurèse, fait d’ailleurs d’observation courante bien auparavant si l’on en croit un passage de Montaigne, nous avons montré que l’absorption des différentes sources de Vichy, en particulier Chomel et Hôpital, donne des résultats intéressants dans les lithiases uriques même confirmées. Cette cure sera aidée favorablement à Vichy par une installation physiothérapique de premier ordre, par une diététique qui peut être observée facilement dans cette station et enfin par des cures de repos qu’il conviendrait de développer d’une façon plus intense sur la rive gauche de l’Ailier.
En un mot, la cure hydro-minérale de Vichy, puissante modificatrice du terrain lithiasique, occupe une place de premier plan dans le traitement crénothérapique de la calculose urinaire. Ses indications et contre-indications déjà précises mériteraient d’être étudiées plus à fond sur place dans des laboratoires