Des affections chirurgicales des nerfs
Thèse pour le concours de l’Agrégation à la Faculté de Médecine de Paris, en 1866.
8. Recherches cliniques et expérimentales sur les fractures malléolaires.
Voici les conclusions de ce mémoire :
1 “ On comprend à tort sous le nom de fractures du péroné un certain nombre de désordres résultant d’un mouvement anormal du pied, qui peuvent porter sur la malléole externe, sur la malléole interne et sur le corps du tibia lui-même ; *
3® Ces désordres doivent être réunis sous le nom générique de fractures malléolaires ;
3“ Les fractures malléolaires se produisent presque toujours dans un mouvement d’adduction ou d’abduction du pied, mouvement qui ne saurait exister sans un certain degré de projection de la pointe du pied en dedans ou en dehors ;
4“ Le mouvement d’adduction forcée peut produire :
A. L’arrachement de la malléole externe seule ;
B. Cet arrachement avec éclatement de la malléole interne;
c. Ce même arrachement avec fracture sus-malléolaire transversale du tibia. La luxation de la tête du péroné peut se substituer à, l’arrachement de la malléole externe pour produire cette fracture transversale ;
5® Le mouvement d’abduction produit ;
A. L’arrachement soit des ligaments latéraux internes, soit de la malléole elle-même ;
B. Consécutivement la fracture du péroné avec plus ou moins d’intégrité des ligaments péronéo-tibiaux inférieurs ;
6” De l’intégrité de ces ligaments péronéo-tibiaux inférieurs, ou de leur arrachement du tibia résulte le degré de luxation du pied en dehors ;
T Le péroné ne peut céder dans les fractures par abduction, que si les ligaments internes ou la malléole interne ont été préalablement brisés. (Mémoire lu à l’Académie de Médecine, à la séance du 1 mai 1872.)
9. Recherches expérimentales sur le mécanisme de la production dés luxations coxo-fémorales en arrière.
Voici les conclusions de ce Mémoire :
I^Dans la luxation iliaque en arrière, la tête du fémur ne s’échappe jamais au-dessus du pyramidal ;
2° La tête du fémur peut s’échapper ;
A. Entre le pyramidal et l’obturateur interne;
B. Entre l’obturateur interne et le muscle carré crural ;
c. Quelquefois mais rarement à travers le carré crural et même audessous du muscle obturateur externe ;
3° Ce n’est pas le point par lequel s’engage la tête du fémur qui détermine la variété de luxation en arrière, ainsi que le pensait Malgaigne;
4° La résistance musculaire n’apporte qu’un obstacle insignifiant sinon nul à l’ascension de la tête du fémur ;
5° La variété de luxation est déterminée étiologiquement par la plus ou moins grande flexion de la cuisse sur le bassin au moment de l’accident; anatomiquement par les portions de capsule qui restent intactes;
6“ La luxation coxo-fémorale en arrière est complète ou incomplète ;
T La luxation incomplète a pour condition anatomique la déchirure de la capsule en bas et en arrière, sa conservsftion en avant et en haut;
8“ La luxation incomplète est le prélude obligé, le premier degré de toute luxation complète;
9“ Cette luxation incomplète est toujours ischiatique, il ne saurait y avoir de luxation iliaque incomplète ;
10® Pour qu’une luxation incomplète puisse être transformée en luxation ischiatique complète, il faut qu’à la déchirure de la capsule en bas et en arrière se joigne la rupture du faisceau antérieur au ligament de Bertin ;
11® Pour qu’une luxation incomplète puisse être transformée en luxation iliaque, il faut qu’à la déchirure de la capsule en bas et en arrière se joigne la rupture du faisceau supérieur ;
121® Ces deux luxations : ischiatique complète et iliaque, loin d’être deux degrés différents de la même luxation comme le pensait Malgaigne sont tellement distinctes, qu’on ne peut jamais transformer l’une en l’autre si ce n’est par la déchirure intégrale de la capsule, auquel cas la luxation étant dite vague, il n’y a plus de classification possible ;
13“ La luxation iliaque ne présente qu’une seule espèce ;
14" La luxation ischiatique complète présente trois espèces qui sont déterminées par le degré de flexion de la cuisse sur le bassin, mais surtout par le plus ou moins de déchirure du faisceau capsulaire antérieur. Ces espèces sont :
A. Luxation ischiatique supérieure sur l’échancrure sciatique (va¬
riété ilio-ischiatique de M. Nélaton, sacro-sciatique de Gerdy);
B. Luxation ischiatique moyenne sur l’épine sciatique;
C. Luxation ischiatique inférieure sur la tubérosité de l’ischion.