URÉE ET AZOTÉMIE CHEZ LES NOURRISSONS
les nourrissons sains et dyspeptiques. (En collab. avec M. Pn. Merklcn.) BuU.
de la Soc. de pédialHe, juin 1906.
17. — Azotémie et cendres des matières fécales chez les athrepsiques. (En collab. avec M, Bidot.) Bull, de la Soc. de pédiatrie, mai 1914 et Archives de médecine des enfants, septembre, 1914.
Le dosage de l’urée dans les urines et dans les humeurs de l’organisme fournit, chez les nourrissons, des renseignements aussi précieux qu'aux autres périodes de la vie. L’interprétation des faits observés dans la première enfance conduit à des données intéressantes sur la physiologie et la' pathogénie de certains états pathologiques qui lui sont propres.
Ces faits mis à part, l’azotéiniê est assez fréquente chez les nourrissons. Le taux de l'urée est généralement compris entre 0 gr. sn et 1 gramme par litre; il dépasse Souvent 1 gramme et peut atteindre 4 grammes.
Tantôt l’azotémie est passagère, tantôt elle est persistante. C’est alors surtout qu’elle est particulièrement intéressante.
Elle se rencontre principalement chez de très jeunes nourrissons, âgés de trois ou quatre mois au plus.
Elle apparaît dans des circonstances diverses. Il convient de distinguer : a) les affections aiguës, b) les affections chroniques.
a) Affections aignês. ~ On a rarement l’occasion de Tobsêrver dans les néphrites, affections qui d’ailleurs sont exceptionnellement bien caractérisées dans la première enfance. Chez deux bébés d’un mois environ, atteints de néphrites aiguës œdémateuses, il n’y avait pas d'azotémie, car le taux de Turée ne dépassait pas 0 gr. 42 et 0 gr. 48 (9).
On la rencontre dans certaines variétés d'affections gastro-intestinales (9,13).
Elle est la règle dans les formes aigues et suraiguës : l’urée était comprise, sur 18 cas, entre 0 gr. 75 et 3 gr. 53. Ce sont des formes sévères, qui s’accompagnent d’une diarrhée abondante, de baisses de poids importantes, d’une cachexie rapide, parfois de sclérème; mais la diarrhée peut être légère ou faire défaut. Le pronostic est particulièrement grave'; quand le taux de l’urée dépasse 1 gramme et surtout 2 grammes, il faut craindre la terminaison fatale à brève échéance (10).
Dans les formes subaiguës, Tazotéfflie est rare et reste légère. Le taux le plus élevé d’urée a été 0 gr. 58. La mortalité de ce groupe a cependant été assez grande. L’absence d’azotémie n’implique pas un pronostic bénin ; trop de facteurs entrent en jeu pour qu’un symptôme négatif acquière par lui-même une valeur absolue.
Les broncho-pneumonies déterminent assez souvent une azotémie moyenne ou forte. Elle existait 14 fois sur 25 cas. L’uréè était aussi souvent comprise entre 0 gr. 50 et 1 gramme qu’entre 1 gramme et 3 grammes. La mortalité a été pour les azotémiques de 10 sur 14, poulies non-azotémiques de 4 sur 11.
Dans des rougeoles graves, des méningites tuberculeuses, des tuberculoses aiguës, l’azotémie a fait généralement défaut ou est restée légère.
Les lésions rénales, quand elles existent, sont en général minimes et moins accentuées que celles constatées parfois chez d’autres malades non azotémiques.
Donc, et, notamment dans les états chroniques, s’il existe un trouble du fonctionnement rénal, il est léger et ne parait pas suffisant pour expliquer l’azotémie.
'D’autres facteurs doivent intervenir. La guerre a interrompu les recherches instituées pour essayer de les préciser.
11 convient de retenir que l’azotémie accompagne un amaigrissement considérable, une véritable cachexie. Il est donc permis de penser qu’elle est la conséquence d’une désassimilation exagérée, de la fonte des tissus.